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Kimmitsu Nakajima
Kimmitsu Nakajima
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le Ven 6 Jan - 13:11
Lorsqu'on arrivait ici pour la première fois, la première chose frappante était d'aviser l'étendue des travaux à réaliser pour rendre cet endroit habitable et pratique pour y héberger des enfants et des adultes. Kimmitsu marcha avec lenteur dans le parc en friche, suivant le vieux tracé, presque effacé d'un chemin, en observant les bâtiments de pierres, les murs solides et ceux qui s'effondraient, les toits dont une bonne partie était en ruine, le délabrement général, et surtout, l'important chantier de restauration qui avait envahi l'espace. Des militaires qui avaient déserté, des militants prônant la liberté de ceux possédant des éléments, des personnes ayant fuis, de toute âgé, toute classe sociale, quelques collègues de Sainte Famille, des sympathisants de la cause, les familles venues aider pour une heure, quelques jours ou jusqu'à la fin des travaux. Tout le monde dans des vêtements chauds et qui ne craignaient ni la pluie, ni la poussière, ni la saleté, ni les trous qu'on pouvait y faire par accident en travaillant. Combien il y avait-il de personnes en tout ? Difficile de juger, le terrain était très grand et les personnes éparpillées un peu partout.

Kimmitsu rentra dans le bâtiment qui deviendra, à terme, la salle de sport, séparée en deux parties, dont une consacrée au dojo. Lorsqu'on avait affaire à un tel chantier, le mieux était de se concentrer sur un bout, un seul, puis de le finir entièrement avancer de continuer avec un autre. Chacun travaillait sur une partie précise, les personnes de métier étant bien évidemment aux manœuvres de tout. Charpentiers, maçons et autres supervisaient les travaux et en accomplissaient une bonne partie, apprenant aux autres comment s'y prendre et leur confiant certaines tâches à réaliser. C'était un chantier colossal, ils avaient de la chance que la majorité des murs soient encore très solides. La pierre était immuable. A l'intérieur, Xiao-Hong était plongée en plein travail, il la salua d'un signe de main en posant ses affaires puis en enfilant son manteau. Par-dessous, il portait un vieux pull servant juste lorsqu'il avait des travaux salissants à faire, des chaussures solides et un pantalon en toile. Arrivé la veille au soir, il avait quitté l'école dès qu'il avait reçu les informations sur où se rendre et comment, alors même que leurs collègues s'apprêtaient à emmener les enfants en classe de neige.

Avec sa collègue, ils commencèrent par déblayer et nettoyer tout ce qui allait les gêner dans leur tâche de réhabilitation. Pierres, cailloux, herbes, animaux morts, feuilles et branches en décomposition, terre, saleté... Deux grands balais, des pelles, un peu d'effort pour enlever la terre s'étant accumulée dans les recoins, avec le temps. Tout en travaillant, il songeait aux élèves qui devaient être en route pour le Jura, à l'heure actuelle. Aux collègues les accompagnant. Pour leur propre bien, ni Kimmitsu ni tous ceux qui étaient venus ici n'avaient raconté à qui que ce soit où ils se rendaient et quand ils allaient revenir, s'ils revenaient à l'école. Même à Genji ou aux enfants, Kimmitsu n'avait rien pu dire, il ne pouvait qu'espérer qu'aucun des trois ne s'angoisse trop, à propos de toute cette histoire. Ils étaient occupés à ça depuis un bon quart d'heure lorsqu'un des soldats de l'équipe de Gavin, le petit à lunettes, dont le professeur avait oublié le nom, entra dans la salle en lançant qu'il avait apporté des gourdes d'eau fraîche. Le visage un peu rouge à cause du froid, il en avait tout un sac rempli, prêt à faire la tournée générale pour tout le monde.

Kimmitsu – Merci beaucoup, souffla-t-il en arrêtant une minute pour prendre la gourde. Il y a d'autres nouvelles, concernant Paris ?

Enrick – Oui, le Coup d'Etat vient d'être rendu officiel. Pour le moment, la ville est très perturbée et il y a peu d'infos, c'est très confus... Avec ce genre de trucs, c'est trop soudain pour que la population le réalise facilement, de toute façon.

Pas étonnant. Kimmitsu hocha la tête puis lança un des deux gourdes à sa collègue pour qu'elle boive aussi, reprenant ensuite le travail. Une fois la salle à peu près dégagée, le sous-directeur s'attaqua aux mesures pour préparer une cloison solide afin de la séparer en deux. Il s'attela d'abord à réaliser un plan, prévoyant l'espace des deux salles, un coin vestiaire, un autre, beaucoup plus petit, pour placer un bureau. Avec sa collègue et amie, il fallut mesurer soigneusement toute la salle puis poser des repères pour délimiter chaque partie. Travail de précision très important, puis qu'une erreur d'un centimètre pouvait rendre le tout fragile ou leur faire construire des cloisons trop grandes, trop petites, bancales.

Kimmitsu – Comment vas-tu t'organiser, pour la fin de l'année ? demanda-t-il tout en continuant de tracer le plan. Tu comptes quitter la France tout de même ?

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le Dim 8 Jan - 15:00
Les vieilles fenêtres de cette salle n'avaient dû être ouvertes depuis au moins un bon quart de siècle. La jeune femme s'écorcha les mains à force de tirer dessus, un pied en appui contre le mur, tirant de toutes ses forces pour enfin réussir à entrouvrir la première. Même si l'hiver approchait à très grands pas et que le vent était glacial, réaliser des travaux et déblayer le terrain vous donnait très chaud, elle n'avait guère envie de mourir étouffée dans la moiteur de la salle. Il lui fallait vingt bonnes minutes supplémentaires avant de réussir à entrouvrir, seulement, quatre autres fenêtres et laisser passer un petit peu d'air. Elle venait de finir lorsque son collègue arriva à son tour et la salua d'un signe de main,auquel Xiao-Hong répondit assez vite en reprenant son souffle. Saleté de fenêtres... Lorsqu'on entrait ici, il était impossible d'imaginer que cet endroit puisse accueillir des enfants en cours de sport, pourtant, ils devaient bien s'y mettre, se retrousser les manches et au boulot ! Dès que Kimmitsu fut prêt, chacun prit un gros balai, des pelles, des bacs pour les déchets, et c'est parti.

Au-dehors, ils entendaient facilement le bruit des travaux. Le sanctuaire tout entier était devenu un grand chantier, où chacun s'agitait et se remuait pour en faire un lieu habitable et une école digne de ce nom. Faire arriver l'eau courante jusqu'ici, reconstruire les charpentes, consolider les murs, faire les sols, installer l'électricité, le chauffage, bâtir de nouveaux murs et des cloisons, en abattre d'autre, etc. Elle parlait parfois avec Kimmitsu en travaillant, s'arrêtant un court instant pour aller traîner un des bacs plein dehors et le vider dans le coin compost, un compost qui sera ramassé plus tard par un paysan du coin et réutilisé dans ses champs. Rien ne se perd, et ils avaient pas mal de sympathisants, dans le coin, parmi la "population normale". En revenant, elle accéléra un peu la tâche, bien déterminée à avancer toujours au plus vite afin de rendre cet endroit viable et pratique, confortable à vivre. Eux avaient le temps de s'y mettre, au contraire de beaucoup de leurs collègues qui devaient assumer les cours, la protection des jeunes et compagnie. Même si Xiao-Hong et ses quelques collègues étaient recherchés, ils pouvaient au moins continuer à travailler sur ce lourd chantier. A un moment, la porte s'ouvrit à nouveau, laissant passer un des jeunes déserteurs de l'armée, qu'elle avait déjà vu souvent avec le colonel. Il venait leur apporter de l'eau, ce qui était bien appréciable.

Kimmitsu – Merci beaucoup, souffla-t-il en arrêtant une minute pour prendre la gourde. Il y a d'autres nouvelles, concernant Paris ?

Soldat – Oui, le Coup d'Etat vient d'être rendu officiel. Pour le moment, la ville est très perturbée et il y a peu d'infos, c'est très confus... Avec ce genre de trucs, c'est trop soudain pour que la population le réalise facilement, de toute façon.

Ils n'avaient pas besoin d'avoir plus d'infos "officielles" pour comprendre que coup était, pour la population, le moyen rêvé pour retrouver la "vraie France". Peuh. Elle eut un petit reniflement méprisant et attrapa au vol la gourde que Kimmitsu lui lança, poussant un profond soupir résigné avant de boire. Bah, après tout, les foules pouvaient toujours être manipulées par ce genre de petit dictateur. Ils reprirent le travail ensuite, s'équipant de grandes feuilles vierges et de crayons de bois, puis prenant les mesures exactes de toute la salle. Il fallait séparer la salle en deux parties, prévoir l'emplacement pour un petit vestiaire - petit, car seules les filles se changeront dedans et les garçons derrière des paravents dans la salle - et prévoir également une petite pièce pour leur bureau. Xiao-Hong tira doucement sur le mètre pour le dérouler, reculant et s'arrêtant à un angle, lançant la mesure à Kimmitsu pour qu'il la note sur le plan. Ils prirent des pierres plus grosses que les autres en guise de balises et de repères, marquant les lignes de construction pour les murs et cloisons.

Kimmitsu – Comment vas-tu t'organiser, pour la fin de l'année ? demanda-t-il tout en continuant de tracer le plan. Tu comptes quitter la France tout de même ?

Xiao-Hong – Non, ça va être impossible, nos passeports seraient repérés en gares ou dans les aéroports, aux frontières aussi. On doit se cacher... Ce qui m'embête, c'est que je ne sais pas quoi faire d'Océane. Il n'y a personne en France pour la garder et les enfants ne doivent pas venir ici, s'ils disparaissent comme ça, les services d'ordre leur tomberont dessus aussi, les désignant comme complices.

Tous les membres de leurs familles respectives, à l'extérieur, étaient sous surveillance, aucun idiot ne pourrait douter de ça. Donc les fait venir ici, impossible. Donc comment faire ? La jeune femme grommela un peu entre ses dents en poursuivant le travail de mesure, sans savoir comment s'organiser pour s'occuper d'Océane cet hiver. Son père était de nouveau parti pour ses affaires et il ne pouvait pas décemment emmener leur enfant avec lui. Xiao-Hong ne pouvait pas laisser sa petite seule à Gray pendant toutes les vacances ! Il devait forcément y avoir une solution, quelque chose, surtout que les services sociaux seraient bien capables de venir la récupérer, en voyant qu'aucun membre de sa famille n'était avec elle durant les congés. Ce sera déjà très dur pour elle d'être désignée comme la fille d'une espionne. La Chinoise stoppa un instant ses mouvements, à genoux par terre et soupira à nouveau, serrant le mètre dans ses mains, soudain tremblantes. Faire venir Océane ici la condamnerait ! Elle ne pourra plus revenir en cours sans être accusée à son tour d'espionnage et de complicité avec des criminels, elle serait forcée de rester et vivre cachée, en plus de perdre aussi ce qui lui restait de vie normale.

Xiao-Hong – Je ne sais pas quoi faire, avoua-t-elle. Il faut absolument qu'un adulte la récupère aux vacances, mais qui ? Et où ira-t-elle, jusqu'au mois de janvier ? Je suis désolée, j'aurai aussi dû emmener ton neveu avec nous en Chine, il faut revoir tous nos plans. Même toi, tu ne peux plus quitter la France, n'est-ce pas ? Cette situation nous a tous pris à la gorge, il faut trouver une solution pour au moins préserver les enfants...
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le Dim 5 Fév - 13:23
Xiao-Hong – Non, ça va être impossible, nos passeports seraient repérés en gares ou dans les aéroports, aux frontières aussi. On doit se cacher... Ce qui m'embête, c'est que je ne sais pas quoi faire d'Océane. Il n'y a personne en France pour la garder et les enfants ne doivent pas venir ici, s'ils disparaissent comme ça, les services d'ordre leur tomberont dessus aussi, les désignant comme complices.

Oui, c’était bien le problème… Ils devaient tous rester au maximum éloignés de leurs familles respectives afin de ne pas les mettre en danger inutilement et ne devoir les forcer à disparaître à leur tour en cas d’ennuis ou pour éviter de vivre un enfer à cause d’une surveillance accrue. Kimmitsu ne savait pas quoi répondre à ça, honnêtement, son amie avait parfaitement raison et il ne voyait pas non plus de solution pouvant protéger Océane, sinon à la faire venir ici, ce qui la contraindrait à vivre dans la clandestinité, à son tour. Occupé à corriger le plan, Kimmitsu redressa la tête en entendant la jeune femme soupirer assez fort, le cœur serré en voyant qu’elle en avait les larmes aux yeux. Laissant ce qu’il faisait pour l’instant, il alla s’asseoir à côté d’elle, pour au moins la soutenir moralement comme il ne pouvait pas faire grand-chose de plus. Si eux avaient choisi cette voie, choisie de suivre la directrice dans cette histoire, les dommages collatéraux s’appliquant à leurs proches et enfants étaient aussi terribles qu’inévitables. Nul besoin d’être un grand génie pour se douter que la police avait dû interroger leurs conjoints, enfants, amis proches, tous ceux se trouvant en France et peut-être même dans leurs pays d’origine. Ni le Japon ni la Chine ne refuseront de collaborer avec la France pour arrêter des « terroristes » de leur genre.

Xiao-Hong – Je ne sais pas quoi faire, avoua-t-elle. Il faut absolument qu'un adulte la récupère aux vacances, mais qui ? Et où ira-t-elle, jusqu'au mois de janvier ? Je suis désolée, j'aurai aussi dû emmener ton neveu avec nous en Chine, il faut revoir tous nos plans. Même toi, tu ne peux plus quitter la France, n'est-ce pas ? Cette situation nous a tous pris à la gorge, il faut trouver une solution pour au moins préserver les enfants...

Kimmitsu – Les parents de Genji le récupéreront, je ne m’inquiète pas de ça. Et même s’ils ne peuvent pas quitter le Japon, les parents de Solène sont prêts à le prendre chez eux. Ça peut aussi être une solution pour Océane, personne ne lui reprochera de passer ses vacances chez des amis.

Cela dit, la mère de Solène était très fatiguée et Kimmitsu se sentait mal de lui mettre ainsi sur le dos deux adolescents de plus, alors qu’elle devait déjà prendre soin de sa propre santé, en déclin, gérer le stress quant à la disparition brusque de sa fille aînée, encore, sans oublier la pression gouvernementale. Même chez eux, Genji ou Océane pourraient ne pas être en sécurité. La question vint sur le tapis de savoir si oui ou non, leurs pays d’origines collaboraient à l’enquête… Pour Kimmitsu, oui, très clairement, oui, aucun doute possible sur le sujet. Il lui frotta un peu le dos pour tâcher de la réconforter et lui dit qu’ils en parleront aussi avec Gabriella et Auguste, peut-être qu’eux auront envisagé d’autres solutions, encore. En attendant, il ne servait à rien de ressasser, ils avaient beaucoup de travail et il restait un bon mois avant les vacances de fin d’année. S’efforçant d’être encourageant, il incita Xiao-Hong à se relever puis poursuivre le travail engagé avec lui, dans cette salle. Rien de mieux que le travail pour oublier les soucis impossibles à résoudre dans l’immédiat, ils devaient s’occuper à la fois les mains et l’esprit.

Un travail qui les occupa durant de longues heures. Une fois lancés, les plans en main, il fallait veiller à ne commettre aucune erreur, la structure se devait d’être parfaitement solide. D’autres personnes vinrent les aider pour délimiter les différentes zones, dans ce grand espace, puis à préparer les arrivées pour l’eau et l’électricité, construire une charpente, déblayer les gravas à mesure. Voir tant de mondes, tant d’élémentaires, venus aider pour la construction de cette école et du refuge impressionnait toujours autant Kimmitsu. Il espérait que voir ça allait faire ouvrir les yeux à Gabriella, qu’elle allait réaliser à quel point nombreuses étaient les personnes avides de vivre de liberté et refusant qu’on leur impose des dogmes étouffants. Même si le temps se rafraîchissait de plus en plus, plus particulièrement en fin de journée, l’activité leur tenait chaud et presque personne n’avait de manteau d’hiver. Au plus une bonne veste, mais généralement, ils portaient de vieux pulls.

Kimmitsu – Certaines parties vont être isolées du froid très vite et reliées à l’électricité et l’eau, dit-il à sa collègue en regardant les autres bâtiments, plus loin. A ton avis, pourrait-on commencer à faire venir des élèves dès janvier ? Ce sera du camping pendant un moment, je sais, mais au moins, ils seront déjà plus en sécurité.

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