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Adrien de Sora
Adrien de Sora
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Nouvelle infirmerie et premier patient Empty Nouvelle infirmerie et premier patient

le Dim 5 Mar - 23:41
Une place bien couverte et propre pour se soigner et prendre du repos, c'était bien la première pièce qu'on prenait soin d'aménager, dans ce genre de cas. Savoir que son futur lieu de travail était déjà prêt mettait un certain baume au cœur à Adrien, puisqu'il savait qu'il pourra reprendre son boulot dès son arrivée. Entre ceux qui allaient sûrement se blesser en travaillant sur le chantier, les habituels malades de l'hiver et ceux qui auront juste besoin de se confier, ce n'est pas le travail qui allait manquer. Le docteur était debout dans la petite cour de l'auberge, appuyé contre le mur près de la porte de derrière. Il attendait qu'un des élémentaires du refuge vienne les chercher en voiture, lui et le père de Genji, arrivé le matin même. Adrien, lui, était déjà ici depuis un moment, à atteindre son transfert. Serrant un peu son manteau contre lui, une longue écharpe autour du cou, il alluma une cigarette qu'il cala ensuite entre ses dents, soufflant un peu dans le vent hivernal. Il faisait vraiment un froid de chien, dans cette région... Tirant sur la cigarette, il lança un coup d’œil au Japonais lorsqu'il sortit à son tour, se souvenant vaguement de sa tête pour l'avoir croisé une fois chez Solène et son mari, lorsqu'il était venu soigner ce dernier.

Adrien – Qu'est-ce que vous êtes venu foutre dans ce pays, en fait ?

M. Nakajima – Je voulais savoir pourquoi Genji m'évitait à ce point, il ne donnait plus aucun signe de vie... Et après avoir reçu la police chez moi pour mon frère, j'étais loin d'être rassuré.

Adrien – Ah, je vois. Il est mignon, votre gamin, mais très naïf. Et aussi peu fichu que son oncle à avouer quand ça ne va pas. C'est un trait familial ?

Adrien demandait sans sarcasme, à vrai dire, il était réellement curieux de savoir si c'était vraiment inscrit dans les gènes de cette famille à cacher absolument lorsque quelque chose allait mal, s'ils étaient élevé comme ça. Rendu à ce stade, le docteur ne s'en étonnerait même pas... Une main dans une poche, l'autre tenant sa cigarette, il tira une petite bouffée en couvant son interlocuteur d'un air curieux, même s'il lui renvoya en retour un regard outré. Il pouvait bien être vexé, Adrien avait bien observé l'oncle et le neveu et en était arrivé à ce constat, ni l'un ni l'autre n'était capable d'avouer directement ses ennuis de santé.

M. Nakajima – Pas du tout, tout le monde parle en général. Sauf ceux qui en ont le plus besoin, comme eux...

Peu convaincant, enfin bref, chacun ses soucis. Le silence revint ensuite, Adrien terminant tranquillement sa cigarette, son sac de voyage à ses pieds, semblant très peu inquiet ou perturbé, alors même qu'il avait officiellement l'étiquette de terroriste en fuite. Une bonne dizaines de minutes plus tard, la voiture arriva, leur chauffeur, le petit Fabien, leur faisant signe à tous les deux de monter en vitesse. Le jeune père jeta son sac dans le coffre, souriant au jeune chauffeur qu'il avait déjà vu une fois ou deux au pensionnat, s'asseyant à l'arrière à côté du Japonais. La voiture redémarra aussitôt, quittant la cour de l'auberge de campagne pour filer sur la route. Fabien accéléra un peu, la mine sombre, puis tourna brièvement la tête en lançant qu'il avait de mauvaises nouvelles. Il raconta d'une voix morne et inquiète que Gabriella était portée disparue depuis déjà des jours, qu'elle était apparemment tombée dans un piège tendu par le gouvernement et personne n'avait de nouvelles depuis. Mauvaises nouvelles... Lui aurait plutôt dit "nouvelle alarmante", oui. Elle était la chef de ce réseau commençant à se bâtir ! Si elle tombait, beaucoup pourraient tomber avec elle et d'autres abandonner, par peur ou en pensant que le réseau était perdu. Il souligna ce point d'une voix neutre, bien qu'on pouvait y lire l'angoisse.

Fabien – Je sais bien mais que veux-tu y faire ? Ceux qui sont partis à sa recherche sont revenus bredouilles. On ne sait même pas si elle est toujours viv...

Adrien – Ne dis pas ça. Le gouvernement la ferait sûrement exécuter en public, ils attendent ça depuis des mois, déjà.

Fabien – Mais si elle était vraiment morte ?

Le docteur ne répondit pas, se mordant un peu les lèvres en s'obligeant à ne pas s'attarder sur cette idée. Elle ne pouvait pas être vraiment morte ! Elle était solide et... Non, jamais leur nouveau dictateur ne laisserait passer pareille joie que de crier haut et fort qu'elle avait été capturée et la faire exécuter dans la foulée. Il demanda ensuite des nouvelles de leurs autres collègues, s'attendant presque à entendre dire que l'un d'eux était gravement blessé. Mais non. Apparemment, Xiao-Hong était partie la nuit dernière pour une mission d'infiltration et espionnage, avec quelques militaires. Fabien ne put s'empêcher d'ajouter d'un ton incrédule qu'il n'aurait jamais cru qu'un si petit bout de femme à l'allure si innocente soit en fait une véritable espionne, se cachant sous la couverture d'un simple professeur. Ah ça. Adrien eut un léger rire en disant que lui non plus n'y avait pas cru tout de suite. Leur jeune collègue aussi douce et innocente que l'était Estelle, jamais un mot plus haut que l'autre, toujours souriante, toujours affable. Leur chauffeur soupira un peu puis donna des nouvelles des autres, vus avant son départ pour venir les chercher. A part Auguste qui était malade d'angoisse en recherchant sa fiancée, il y avait aussi Kimmitsu qui était tombé malade.

Adrien – De quoi ? Un truc classique ?

Fabien – Non, son second don... Il avait de la fièvre à bloc, encore, ce matin, mais il s'est levé quand même, tu le connais.

Adrien – Je vais le tuer, marmonna-t-il.

Il passa une main devant ses yeux avec un gros soupir de lassitude, imaginant déjà la scène. Sincèrement, à quoi servait-il de répéter certains conseils de santé à des gens si bornés ... ? Le sous-directeur savait très bien qu'il devait faire plus attention ! Et peu importe qu'il culpabilise en restant au lit une journée ou deux !

M. Nakajima – Cela dure depuis longtemps ? Je pensais que ça s'était calmé...

Fabien – Il ne s'en servait jamais, donc bon... Mais ce n'est quand même pas normal que ça provoque toujours ça, ce n'est plus un don naissant, maintenant. Si ?

Le docteur marmonna que non, c'était un don dénaturé, incomplet, qu'on lui avait imposé de force lorsqu'il avait été enlevé et torturé, il y a quelques mois. Un don forcé qui lui avait tout de même valu trois semaines entières dans un lit sans pouvoir en bouger, dont une qu'il avait passé dans le coma, ce que précisa Adrien d'un ton de plus en plus exaspéré, ajoutant ensuite qu'il avait espéré que ça passe un peu lorsqu'il était parti loin de la France durant l'été. Mis à part ces menus détails, c'est vrai, aucune raison d'y faire un peu plus attention ! Soupirant encore, il reposa sa tête contre la banquette, en pestant contre Gabriella et le sous-directeur qui commençaient à oublier la définition des mots repos, détente, santé, prendre soin et ainsi de suite. Ce n'était quand même pas si compliqué ! Ou pour eux, ça l'était. Il ne dit ensuite plus rien pendant un long moment, ruminant dans son coin, parfois râlant à voix basse qu'il ne comprenait pas que ces deux-là arrivent à oublier à ce point leur propre santé pour ne s'occuper que de celle des autres. Fabien sourit en soulignant que le sous-directeur était encore très loin du niveau de la directrice, sur ce terrain. Mouais, bon, même si c'était vrai, ça restait lassant.

M. Nakajima – Si vous trouvez une solution pour les inciter à se reposer, vous aurez ma reconnaissance éternelle. J'ai déjà essayé avec Kimmitsu, rien n'y fait, même quand il était cloué au lit.

Adrien – Je compte hurler. Z'avez qu'à essayer le chantage affectif, vous, c'est votre petit frère.

M. Nakajima – Je ne suis pas sûr que ça fonctionne... J'attendrai de voir comment il réagit à votre sermon avant de parler.

S'il voulait. Le silence revint une fois de plus, Adrien s'efforçant de contenir sa colère, du moins pour le moment. Patience. Un peu de patience. Il fallut encore une heure de voiture avant d'arriver enfin à ce fameux ancien sanctuaire. Ils empruntèrent de nombreux chemins détournés puis quittèrent la voiture pour prendre à pied sur un étroit chemin forestier, qui ralentit leur progression un peu plus, surtout avec les sacs de voyage. Plus inaccessible encore... Ils arrivèrent, après de longues minutes de marche, devant un haut et imposant mur de pierre qu'il fallut encore longer sur une bonne centaine de mètres en se prenant les pieds dans les racines et les ronces avant d'arriver à l'entrée. Ah, bon sang... Au-delà de la grille, un long chemin s'ouvrait devant eux, recouvert de feuilles mortes et de brindilles, puis, enfin, les différents bâtiments et l'immense chantier recouvrant tout. Il y avait du monde partout, le bruit des marteaux, scies et blocs jetés à terre résonnaient entre les lourds bâtiments de pierre. Fabien les orienta vers ce qui était autrefois le couvent, en expliquant que c'était là que se trouvait l'infirmerie, et qu'il y aura aussi les parties communautaires.

C'est en entrant que Adrien repéra, par coup de chance en regardant un peu partout, le sous-directeur un peu plus loin, occupé à ranger il ne savait quoi. Il fonça aussitôt vers lui en lui lançant un bonjour rapide avant de le tirer par le bras sans lui laisser le temps de protester, le traînant avec eux jusqu'à l'infirmerie. La pièce, plus grande que celle de l'autre pensionnat, était déjà équipée, propre, éclairée l'une des rares à être complètement terminée. Fabien s'éclipsa, filant rejoindre les autres pour aider, pendant que le docteur forçait son collègue à s'asseoir sur une chaise, en laissant tomber son sac dans un coin, lui faisant aussitôt redresser la tête pour l'examiner. Les yeux brillants de fièvre, le teint plus rouge, un peu de sueur sur le front, tremblant, brûlant, et vraiment une sale mine. Et il avait tout de même eu l'idée de se lever quand même ce matin, bravo ! Tout à fait typique de ce que fichait la directrice, il n'avait pourtant pas intérêt à l'imiter ! Grommelant, le docteur commença par prendre sa température, râlant encore plus fort en voyant s'afficher 39,5 sur le thermomètre. Il voulait aussi qu'on lui prenne sa tension, pour rire ... ? Adrien était absolument convaincu qu'elle sera à plus de quinze, une fois de plus, comme il n'y prêtait pas assez attention !

Adrien – Te reposer, tu n'as aucune idée de ce que ça signifie ?! hurla-t-il finalement, exaspéré et furieux. Merde, enfin ! Il y a plus d'une centaine de bénévoles, ici, qu'est-ce que ça changera que tu restes au lit à dormir et te soigner, hein ?! C'est complètement débile de culpabiliser lorsqu'on est malade ! Surtout dans ton cas ! Tu penses que tu n'en as pas encore assez fait, peut-être ?! Tu as vraiment besoin qu'on te rappelle comment tu as obtenu ce don et pourquoi tu dois y faire attention ?!

Le dernier coup était quand même cruel, d'accord... Adrien inspira un grand coup en s'efforçant de se calmer un peu, même s'il n'en pouvait vraiment plus d'assister à ça, pour le coup.

Adrien – Tu as une femme et des enfants qui t'attende ! Qu'est-ce qu'il faudra leur dire ? "Désolé, votre père est mort parce qu'il n'a pas fait assez attention à sa santé" ? C'est vraiment ça que tu veux ?

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le Lun 6 Mar - 22:51
La nuit avait été très mauvaise et passablement agitée. Ils étaient rentrés très tard d'une nouvelle "expédition" pour tenter de trouver des indices sur la disparition de Gabriella, en plus d'avoir eux-mêmes échappés de peu à un piège. Une journée très longue, laborieuse, puis une nuit où il n'avait presque pas dormi pour se réveiller avec un peu de fièvre. Le mois de novembre commençait bien... Encore allongé dans un lit de camp, près des autres qui se levaient plus ou moins vite, il porta une main à son front pour en évaluer la fièvre et grimaça un peu, se levant avec une certaine raideur, avant d'enfiler ses vêtements. Bon, ça devrait passer une fois remis dans le bain, la fatigue jouait aussi. Hier, il avait dû beaucoup utiliser le vent, tout comme le feu d'ailleurs, pour se sortir du marasme où ils avaient bien failli rester coincé. Et pour de bon, cette fois-ci. Un des bénévoles lui demanda en passant s'il allait bien, ajoutant qu'il avait mauvaise mine, le professeur hochant vaguement la tête en faisant signe que ça allait. Il fallait juste s'y remettre, voilà tout, ça passera. Une fois debout, il attendit une minute que le léger tournis passe puis suivit les autres pour manger avec eux, avant d'attaquer la journée.

La matinée se passa dans une sorte de brouillard un peu opaque qu'il ne quitta jamais vraiment. Il faisait son travail en pilotage automatique, répondant vaguement à ceux qui lui adressaient la parole, parfois en Français, parfois dans sa langue maternelle, sans même s'en rendre compte. C'était complètement ridicule... Il s'en voulait d'être si fatigué alors qu'autour de lui, tout le monde était très actif et se bougeait pour faire de cet endroit une belle école et un refuge pour tous les élémentaires. Personne ne traînait, personne ne lésinait à la tâche non plus. Il s'efforça de reprendre un rythme normal et faire abstraction du reste, c'était tout sauf le moment de se laisser aller. A l'heure du déjeuner, il ne mangea qu'à peine, n'arrivant pas à avaler grand-chose, retournant ensuite dans l'ancien couvent pour continuer d'installer les futurs bureaux administratifs. Ils étaient, pour le moment, moins nombreux sur cette aile comme la priorité était de restaurer les murs, reconstruire une charpente solide à de nombreux endroits et consolider ce qui tenait debout.

Une bonne heure plus tard, il y eut un peu de bruit à la porte d'entrée, pendant qu'il était occupé à ramener quelques cartons rempli des premiers documents acheminés du pensionnat jusqu'ici. L'instant d'après, Adrien surgit brusquement à ses côtés, lançant un bonjour rapide avant de le tirer par le bras avec lui. Kimmitsu commençait à lui demander depuis combien de temps il était là puis sa question mourut sur ses lèvres lorsqu'il vit aussi son frère, ici, dans la nouvelle école ! Que faisait-il ici ... ? Bouche bée, il se laissa traîner jusqu'à la nouvelle infirmerie puis tombé sur la chaise sur laquelle Adrien le poussa, avant de lui faire relever la tête pour l'examiner. Soupirant un peu, il n'essaya pas d'arrêter Adrien, visiblement de mauvaise humeur, qui râlait tout en l'examinant. Il n'y avait pas mort d'homme non plus, ce n'est pas pour un peu de fièvre... Il se reposera ce soir, promis. L'infirmier soupira encore plus fort en maronnant en lui mettant ensuite le thermomètre sous le nez pour qu'il lise le résultat affiché. Pas loin de 40. Bon, il avait peut-être sous-estimé un peu la fièvre, ça, d'accord.

Adrien – Te reposer, tu n'as aucune idée de ce que ça signifie ?! hurla-t-il finalement, exaspéré et furieux.Merde, enfin ! Il y a plus d'une centaine de bénévoles, ici, qu'est-ce que ça changera que tu restes au lit à dormir et te soigner, hein ?! C'est complètement débile de culpabiliser lorsqu'on est malade ! Surtout dans ton cas ! Tu penses que tu n'en as pas encore assez fait, peut-être ?! Tu as vraiment besoin qu'on te rappelle comment tu as obtenu ce don et pourquoi tu dois y faire attention ?!

Kimmitsu pâlit un peu en entendant la dernière phrase, refermant la bouche alors qu'il allait lui répondre. Bien sûr que non, il n'avait rien oublié ! Il ne pensait juste pas que cette fièvre pouvait être liée à son don et pas à un simple coup de froid. Pour lui, c'était logique. La fatigue, le froid, la tension, ça rendait parfois malade, il ne s'en était pas angoissé plus que ça. Et comment savait-il que le sous-directeur culpabilisait, en plus de ça ?

Adrien – Tu as une femme et des enfants qui t'attende ! Qu'est-ce qu'il faudra leur dire ? "Désolé, votre père est mort parce qu'il n'a pas fait assez attention à sa santé" ? C'est vraiment ça que tu veux ?

Kimmitsu – Je ne pensais pas que c'était lié à ce don, je pensais à un simple coup de froid, qui allait passer.

Mauvaise réponse... A peine eut-il prononcé le dernier mot que l'infirmier hurla encore plus fort en lançant que c'était pourtant évident, qu'il avait un sérieux problème avec son second élément, que c'était tout sauf naturel d'en être encore à ce stade, que c'était pour ça qu'il avait de la fièvre et qu'il n'avait surtout pas intérêt à finir comme Gabriella et s'en moquer totalement de vivre ou mourir. Il cria ensuite, de toute la force de ses poumons, que même si on avait un "simple coup de froid", on se reposait quand même, surtout dans un pareil contexte, puis finit par un "Le docteur, ici, c'est MOI et je te dis de te reposer, tout de suite !". Juste avant de soupirer encore et d'aller fouiller l'armoire pour trouver des médicaments. Le professeur avait plaqué une main contre son oreille et l'autre contre sa tempe en grimaçant, les cris lui filant un mal de crâne monstrueux, les ôtant puis soupirant à son tour. C'était un crime de vouloir travailler plutôt que rester au lit à ne rien faire ... ? Franchement... Il avait tourné au ralenti, en plus de ça. Travaillant sans vraiment être dedans, l'esprit filant toujours ailleurs. Adrien tira tout à coup une couverture et la lui jeta dans les bras en lui disant d'aller se coucher dans la pièce d'à côté, sur un des lits de l'infirmerie.

Adrien – Si jamais tu deviens comme Gabriella, je vais finir par vous écharper tous les deux, marmonna-t-il en refermant brusquement le placard. Va te coucher.

Il lui colla une pilule contre la fièvre dans les mains pour qu'il l'avale puis le poussa dans la pièce d'à côté. Bon, ne rien dire, tant pis. Il se contenta d'avaler le médicament puis de passer dans la pièce à côté, culpabilisant toujours de traîner ici alors que les autres se mettaient corps et âme dans la préparation du réseau et de la résistance. Une fois allongé, il mit vite fait la couverture sur lui puis se frotta les yeux, le mal de tête persistant encore. L'instant d'après, il rouvrit vite fait les yeux en regardant d'un air complètement incrédule son grand frère venir près du lit pour mettre la couverture comme il faut et le border, comme s'il avait toujours sept ans. Il lui lâcha un "T'es sérieux, là ... ?" perplexe et incrédule, essayant de voir s'il se payait sa tête ou non.

Josuke – Evidemment que je le suis ! Je n'aurais jamais fait cela si tu avais pris soin de toi. Tu crois que ça me réjouit de te voir dans cet état alors que je venais prendre des nouvelles de mon frère ? Ce n'est même pas à cause de la situation, non, mais à cause de toi.

Kimmitsu – Prendre des... J'aurai compris si tu avais dit prendre des nouvelles de ton fils, mais venir ici ! marmonna-t-il d'un ton froid. Si j'avais voulu inviter tout le monde en vacances, je vous aurai envoyé une carte postale. Tu parles à un terroriste recherché, là.

Josuke – Arrête de dire des bêtises, je sais très bien que tu es recherché, c'est justement en voyant des policiers débarquer chez nous qu'on a décidé de venir, Munemori et moi. Lui est avec Solène et moi j'ai foncé retrouver Genji. Je ne suis venu qu'après comme je ne savais pas où te trouver.

Il avait levé les yeux au ciel, avec un petit geste impatient du bras. Donc ils étaient venus tous les dons jusqu'en France juste parce que des policiers étaient venus leur coller l'avis de recherche sous le nez. Charmant. Kimmitsu ne répondit pas tout de suite, posant le regard sur son front et regardant vaguement un point fixe au plafond, lèvres pincées, tout sauf détendu. Il pouvait entendre Adrien, dans son bureau-cabinet médical, occupé apparemment à soigner un des hommes du chantier qui s'était blessé avec un marteau. Avoir un docteur dans le coin devait sûrement soulagé tout le monde. Il se frotta les yeux plus longuement, la gorge un peu plus serrée.

Kimmitsu – Sérieusement, pourquoi es-tu venu ? Si c'est uniquement pour avoir des nouvelles, tu aurais pu en prendre sans te déplacer.

Il y eut un moment de flottement, durant lequel son frère se montra hésitant, cherchant sans doute ses mots. C'était si difficile que ça ? Pour un voyage pareil, pourtant, il fallait une bonne motivation, ça ne pouvait pas juste se résumer à demander quelques nouvelles.

Josuke – Je voulais parler à Genji... Il m'évite depuis des jours au téléphone et je n'arrive pas à le joindre, peu importe le moyen. Donc je devais absolument lui parler. Munemori voulait venir parce que tu avais des ennuis et je suis venu jusqu'ici pour inviter Océane à la maison étant donné sa situation.

Comment en était-il arrivé à penser à inviter Océane alors qu'il était venu pour retrouver Genji et s'assurer que tout aille bien pour lui ? Il haussa légèrement les sourcils en lui signalant que ce n'est pas parce qu'il était malade qu'il fallait le prendre pour un abruti, ajoutant que Josuke aussi mentait mal lorsqu'il voulait cacher les sujets plus sensibles. Il n'avait pas oublié sa voix bizarre au téléphone, la dernière fois, ni qu'il n'ait pas protesté du tout ni rien lorsqu'il avait appris qu'il ne reviendrait finalement pas au Japon, malgré sa promesse. Son frère lui répondit qu'il s'était juste disputé avec Genji, d'où sa décision, pour aider et lui faire plaisir, d'inviter Océane à la maison familiale pour les congés de fin d'année. Il ajouta ensuite sur un ton de reproches que Kimmitsu pensait directement à mal, alors que ce n'était que pour aider. C'est ça, oui. Le sous-directeur secoua la tête en le regardant, posant ne main sur son front encore brûlant.

Kimmitsu – Tu fais ce que tu veux avec ton fils, ça ne me regarde pas, soupira-t-il. Par contre, ne viens me reprocher de ne pas prendre soin de ma santé physique lorsque toi tu ne fais pas attention à ta santé mentale.

Josuke – Ma santé mentale va très bien, je ne vois pas pourquoi tu me parles de ça. Toi, tu es dans un lit avec presque 40 de fièvre et tu culpabilises de ne pas travailler alors que vous êtes assez nombreux. Tu en fais bien assez pour cette école, il faut que tu lèves un peu le pied pour reprendre des forces.

Kimmitsu – Je te parle de ça parce que si moi, je culpabilise de ne pas travailler, toi, tu culpabilises pour avoir perdu un don dont tu ne souviens même pas alors que tu n'y es pour rien. On ne fait de sermons aux autres que lorsqu'on a rien à se reprocher sur le sujet. Genji a si mal pris la nouvelle ?

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le Mar 7 Mar - 20:13
Dans certaines situations, mieux valait ne pas s’interposer et attendre que la vague passe. Josuke était venu avec l’infirmier, grâce à un enseignant du Pensionnat qui lui avait dit comment rejoindre son frère. Sans doute son inquiétude l’avait-elle touché… Dans tous les cas, il était ici, devant son frère et désespérait de le voir dans cet état. Adrien, c’était comme ça que leur « chauffeur » l’avait appelé plusieurs fois durant leur longue discussion, avait entièrement raison là-dessus. Et ils le lui avaient répété plein de fois en plus ! Kimmitsu était fiévreux, rejetant apparemment son deuxième don alors qu’il s’entraînait pourtant régulièrement d’après ce qu’il leur avait dit. Et il voulait tout de même travailler, aider les autres. A un moment, il faut savoir dire stop, leur frère avait suffisamment aidé cette école ! Quand allait-il l’intégrer, au juste ? Dans sa tombe ? Et dire qu’il avait comparé sa fièvre avec un simple coup de froid inoffensif alors qu’il savait qu’il devait tout surveiller… D’abord la tension, ensuite le repos, maintenant la fièvre en travaillant. La prochaine fois que Josuke reviendrait le voir, ce serait quoi ? Non, vraiment, qu’il le lui dise, histoire de se préparer. Parce que là, il ne voyait pas comment les choses pouvaient être pires. Enfin, si, s’il mourait.

Après une autre salve de jurons et une engueulade bien corsée, et surtout méritée par Kimmitsu, Adrien termina son sermon en disant que c’était lui le docteur et qu’il devait se reposer tout de suite. Parfaitement. Restant en retrait, observant toujours la situation de loin pour éviter de s’attirer les foudres du médecin sans rien faire – c’était souvent comme ça lorsque l’autre personne était énervée… -, Josuke le suivit du regard lorsqu’il se dirigea vers une armoire remplies de flacons et médicaments pour en trouver pour son frère, sans doute contre la fièvre. De son côté, Kimmitsu avait porté une main à sa tempe, de plus en plus mal en point. Et combien de temps aurait-il continué à travailler sans l’intervention de son collègue, exactement… ? Non, mieux vaut ne pas poser la question, il risquait de désespérer encore plus. Franchement, il était à tuer ! Se reposer ! Rien que ça ! Il y a quelques mois, cela lui aurait paru normal et logique, c’était dans leurs habitudes. Et là, aujourd’hui… Il était désespérant. Et, bien évidemment, Kimmitsu n’aurait jamais parlé de ce « détail » lorsqu’il les aurait revus. « Pas important », sans doute. Josuke poussa un soupir à son tour alors qu’Adrien jetait une couverture à son patient en lui ordonnant d’aller se coucher.

Adrien – Si jamais tu deviens comme Gabriella, je vais finir par vous écharper tous les deux, marmonna-t-il en refermant brusquement le placard. Va te coucher.

L’infirmier lui mit une pilule contre la fièvre dans les mains avant de le pousser dans la pièce voisine où se trouvait un lit libre. Cette fois, Josuke allait lui coller aux basques pour s’assurer qu’il y reste et se repose, hors de question de le laisser se lever, ni même se redresser, tant que la fièvre n’aura pas diminué et qu’il n’aura pas recouvré un minimum de forces. Suivant Kimmitsu, il le regarda avaler le médicament contre la fièvre et presque se laisser tomber sur son lit en étalant vaguement la couverture sur lui, se frottant les yeux. Eh, minute ! Se reposer, cela signifiait se couvrir correctement ! Faisant un geste désespéré de la tête, Josuke se rapprocha de son frère pour mettre la couverture sur lui comme il le fallait avant de le border comme lorsqu’il était petit. Kimmitsu, évidemment, rouvrit les yeux avec un air incrédule, apparemment choqué qu’il fasse cela, et lui lança un « T’es sérieux, là… ? » qui acheva de convaincre son grand frère qu’il l’avait visiblement surpris. Oh que oui, il l’était ! Il comptait bien veiller sur lui jusqu’à ce qu’il se rétablisse ! Il venait en apprenant qu’il était recherché et le découvrait mal en point à cause de lui. Pas à cause du contexte politique, non, mais lui et lui seul.

Josuke – Evidemment que je le suis ! Je n'aurais jamais fait cela si tu avais pris soin de toi. Tu crois que ça me réjouit de te voir dans cet état alors que je venais prendre des nouvelles de mon frère ? Ce n'est même pas à cause de la situation, non, mais à cause de toi.

Kimmitsu – Prendre des... J'aurai compris si tu avais dit prendre des nouvelles de ton fils, mais venir ici ! marmonna-t-il d'un ton froid. Si j'avais voulu inviter tout le monde en vacances, je vous aurai envoyé une carte postale. Tu parles à un terroriste recherché, là.

Josuke – Arrête de dire des bêtises, je sais très bien que tu es recherché, c'est justement en voyant des policiers débarquer chez nous qu'on a décidé de venir, Munemori et moi. Lui est avec Solène et moi j'ai foncé retrouver Genji. Je ne suis venu qu'après comme je ne savais pas où te trouver.

Josuke n’avait pu s’empêcher de lever les yeux au ciel avec un geste las du bras devant les dernières paroles de Kimmitsu. Un terroriste ! Ce qu’il ne fallait pas entendre… Il était recherché, oui, il le savait, mais cela ne changeait rien au fait qu’il était son petit frère et qu’il devait veiller sur lui. Jusqu’à présent, il pensait que son frère était assez grand et responsable mais, vu son état actuel, il s’était trompé. La première chose à faire est de prendre soin de soi ! Même s’il détestait son père actuellement, même s’il comprenait la réaction de Kimmitsu à son sujet, ce principe avait été assez répété durant leur enfance que pour qu’ils le retiennent. Comment voulait-il se battre et vivre en homme recherché s’il était malade ? C’était du bon sens, enfin ! Le fixant, il balaya la pièce du regard et chercha s’il n’avait rien oublié pour que son frère soit bien installé alors qu’il ne répondait pas. Bonne idée, il avait dit assez d’âneries pour aujourd’hui, la fièvre ne lui réussissait pas. En plus, comme si Josuke n’allait pas voir son fils d’abord… Evidemment qu’il l’avait fait ! C’était de la logique, là aussi. Ce n’est qu’au bout d’un long moment qu’il reprit la parole, le regard toujours fixé sur le plafond.

Kimmitsu – Sérieusement, pourquoi es-tu venu ? Si c'est uniquement pour avoir des nouvelles, tu aurais pu en prendre sans te déplacer.

Heu… Dangereux. Là, ils arrivaient en terrain très glissant, surtout que Josuke savait qu’il n’avait été sauvé de l’engueulade de Kimmitsu que grâce à celle d’Adrien envers son propre frère. Josuke ne répondit pas tout de suite, hésitant et cherchant ses mots. Que pouvait-il dire ? Qu’il avait parlé à Genji, qui lui avait parlé d’Océane et sa mère et qu’elle ne pouvait plus rentrer en Chine à cause de ça ? C’était une solution… En plus, c’était vrai, Josuke avait voulu joindre Genji sans y être parvenu et l’avait recherché. Ensuite, il avait proposé cette alternative à Océane pour leur faire plaisir à tous les deux et ne plus voir son fils malheureux. Pour se racheter un peu, en quelques sortes… Ce qu’il ne comptait, bien sûr, pas dire à Kimmitsu.

Josuke – Je voulais parler à Genji... Il m'évite depuis des jours au téléphone et je n'arrive pas à le joindre, peu importe le moyen. Donc je devais absolument lui parler. Munemori voulait venir parce que tu avais des ennuis et je suis venu jusqu'ici pour inviter Océane à la maison étant donné sa situation.

Voilà, explication donnée. Et explication foirée… Il le comprit dès qu’il vit Kimmitsu hausser un peu les sourcils en arquant que, même s’il était malade, il ne fallait pas le prendre pour un abruti. Il ajouta ensuite que Josuke mentait mal, lui aussi, lorsqu’il voulait cacher des sujets sensibles. Mais ce n’était pas le cas ici ! Enfin… Si, un peu, mais il ne pouvait pas l’avoir compris en l’espace de deux minutes. Lui n’était pas couché sur un lit d’hôpital, en plus de cela, et il allait très bien. Bon, peut-être pas « très » bien mais ça allait passer tout seul, il lui fallait juste un peu de temps pour digérer. Du calme, Kimmitsu savait qu’il cachait quelque chose mais ne savait pas quoi précisément, rien n’était encore joué. Tâchant de ne pas se trahir et cherchant une excuse potable et plausible, Josuke finit par lui répondre qu’il s’était simplement disputé avec Genji – ce qui arrivait souvent – et qu’il voulait lui faire plaisir en invitant Océane, en plus de l’aider de cette manière. Pour enfoncer un peu le clou et éloigner les soupçons, le père de famille reprocha à son frère de penser directement à mal alors que ce n’était que pour aider, cette fois. Ce qui n’eut pas l’air de fonctionner plus que cela étant donné le mouvement négatif de la tête qu’il fit…

Kimmitsu – Tu fais ce que tu veux avec ton fils, ça ne me regarde pas, soupira-t-il. Par contre, ne viens pas me reprocher de ne pas prendre soin de ma santé physique lorsque toi tu ne fais pas attention à ta santé mentale.

Danger. Gros danger en vue. Josuke allait bien, pourquoi refusait-il de le voir ?! Son excuse était plausible et tout à fait logique, et puis il pouvait aussi vouloir changer un peu les choses, non ? Vouloir inviter la petite-amie de son fils pour ne pas la laisser toute seule, c’était bizarre ? Refusant de laisser son frère le pousser vers ce sujet encore trop délicat pour lui, Josuke garda un air normal en répondant directement et en tâchant de dévier un peu le sujet. C’était Kimmitsu le malade, pas lui. Il n’était pas venu ici, dans ce coin perdu, pour avoir la discussion qu’il avait cherché à éviter à tout prix au téléphone, par lettre et en face à face.

Josuke – Ma santé mentale va très bien, je ne vois pas pourquoi tu me parles de ça. Toi, tu es dans un lit avec presque 40 de fièvre et tu culpabilises de ne pas travailler alors que vous êtes assez nombreux. Tu en fais bien assez pour cette école, il faut que tu lèves un peu le pied pour reprendre des forces.

Kimmitsu – Je te parle de ça parce que si moi, je culpabilise de ne pas travailler, toi, tu culpabilises pour avoir perdu un don dont tu ne souviens même pas alors que tu n'y es pour rien. On ne fait de sermons aux autres que lorsqu'on a rien à se reprocher sur le sujet. Genji a si mal pris la nouvelle ?

Echec et mat. Comment est-ce que… Comment avait-il deviné ? Josuke lui lança un regard, ouvrant la bouche pour tout nier en bloc avant de la refermer sans rien dire. C’était stupide, cela ne ferait que l’enfoncer davantage. Et il ne voulait pas en parler, tout allait parfaitement bien. Qu’est-ce qui l’avait trahi ? Il n’avait rien dit du tout ! Personne n’en avait parlé avec lui, il avait réussi à éviter Munemori – qui n’était pas franchement chiant, il faut l’admettre – et il avait gardé le même rythme de travail malgré tout, continuant à s’occuper de ses filles, de la maison, de tout ce qui faisait leur quotidien. Seul Genji l’avait poussé à parler de tout cela, mais uniquement parce qu’il avait paniqué et que son père avait voulu le rassurer. Et il était impossible qu’il ait réussi à contacter son oncle en l’espace de quelques heures seulement. Il détourna le regard avant de pousser un soupir, lâchant un « Kimmitsu… », sans bouger pour autant. Qu’il ne l’oblige pas à parler de tout ça, c’était tout ce qu’il demandait. Il allait bien, en plus.

Josuke – Je ne veux pas en parler, tout va bien, maintenant. Genji est au courant, il est rassuré et ne s’inquiétera plus pour son don. C’est tout ce qui compte.

Kimmitsu – Comme tu veux.

Kimmitsu avait soupiré puis lui avait lancé un regard avant de parler, rendant les armes bien plus facilement que ce que Josuke n’osait espérer. S’il avait su qu’il suffisait de lui demander de ne pas en parler, il l’aurait fait bien plus tôt ! Il lui lança un regard à la fois choqué et reconnaissant, surpris d’avoir gain de cause avec cette simple demande. Soit il était vraiment très malade, soit il allait encore s’inquiéter pour Josuke en plus de tout le reste. Et cela, il en était hors de question. Il avait beaucoup d’autres soucis, inutile de rajouter des regrets par-dessus tout le reste.

Josuke – Tu me promets de ne pas t’inquiéter malgré tout ? Je suis grand, je t’assure que ça passera tout seul.

Kimmitsu – Si tu me promets que ça va réellement passer.

Ça, c’était bas. Avec cette réponse, il affirmait qu’il s’inquiétait et continuerait à s’inquiéter pour lui même s’il acceptait de ne pas en parler. Mais puisque Josuke lui disait qu’il allait bien ! Il lui fallait seulement du temps… Un peu. En soi, oui, il pouvait promettre que ça allait passer. Mais le mot « réellement » changeait tout et une promesse est une promesse. Il ne savait pas. Sincèrement, Josuke était incapable de dire si ça allait « réellement » passer sans rien changer pour lui. Pour l’instant, il en était encore à l’étape de la rancune et de l’incompréhension totale vis-à-vis de leur père, de la culpabilité à cause de ses propres réactions. Tout aurait été tellement différent s’il avait eu un don, s’il avait pu comprendre ce que ressentaient les membres de sa famille… Aucun n’aurait souffert. Hésitant un long moment, il finit par grimacer sans pouvoir promettre que ça allait passer. Rien qu’à penser à ce qu’avaient enduré Himako, Kimmitsu, Eisen et Genji… Il ne pouvait pas. Désolé. Mais ce n’était pas pour cette raison que Kimmitsu devait s’inquiéter, il avait plus urgent en tête pour le moment. C’était lui le grand frère, lui qui devait veiller sur eux, et pas l’inverse.

Josuke – Je... Écoute, tu as d'autres ennuis. Tu es cloué au lit et tu es malade, Kimmitsu, ce que je pense n'a pas d'importance pour l'instant. C'est pour cela que je ne voulais pas en parler...

Kimmitsu – En gros, tu me reproches de faire ce que tu fais toi-même, à savoir taire ce qui est moins important.

Mais non ! Ce n’était pas la même chose, ici. C’était différent, très différent. Kimmitsu leur cachait des informations concernant sa vie, sa santé physique et il continuait à les épargner pour ne pas les inquiéter alors qu’ils étaient tout aussi concernés que lui. Il était leur frère ! Et il vivait dans un pays en guerre, en guerre contre les éléments. Rien qu’avec cette information, cela suffisait à les inquiéter et à les inciter à se demander, quotidiennement, s’ils n’allaient pas apprendre une mauvaise nouvelle au petit matin à propos de leur frère ou de son fils. Il avait eu de la tension, développé un autre don de manière forcée, ce deuxième don le rendait malade et fiévreux et il en avait été touché très longtemps psychologiquement. Aujourd’hui, peut-être n’en parlait-il plus, mais Josuke savait que c’était un sujet délicat. Il avait le droit de s’inquiéter pour lui ! Il comprenait ses choix, était prêt à le soutenir sans aucun problème comme il l’avait toujours fait – même enfant. Mais il ne pouvait pas dire qu’il ne s’inquiétait pas pour son frère.

Josuke – Ce n’est pas la même chose, il ne s’agit pas de ma santé, contrairement à toi. A chaque fois que tu dissimules quelque chose, c’est un élément qui met ta vie en danger et qui te touche. Comme pour ton second don et la manière dont tu l’as eu. C’est normal que je m’inquiète de l’état dans lequel je vais te retrouver ! Ou même si je vais te revoir…

Kimmitsu – Je n'aurais jamais dû vous mêler à tout ça tout court, marmonna-t-il en plissant les yeux. Au moins, tu ne te serais jamais interrogé sur le passé, il y a des choses qui feraient mieux de rester enfouies. Je suis désolé, si c'était à refaire, je ne serais jamais revenu.

Josuke – Ne dis pas ça, dit-il aussitôt. Tu sais très bien que j’aurais fini par m’interroger sur le passé… Akane a développé un don et c’est Eisen qui a signalé que ce n’était pas normal. Que tu sois revenu ou non avant n’aurait rien changé, ce n’est pas toi qui as provoqué tout cela. J’aurais fini par te contacter, peu importe le moyen, pour avoir des réponses.

Josuke posa les yeux sur Kimmitsu, l’air triste. Il ne voulait pas perdre son frère à cause de ce que lui ressentait… Pas alors qu’il avait déjà vécu une enfance difficile à cause de leur père. Il en était hors de question. Ce n’était pas sa faute, qu’il ait été là ou non n’aurait rien changé à cette histoire de don. D’une manière ou d’une autre, Josuke l’aurait appris et aurait été bien plus démuni et paniqué sans l’aide de son frère, sans ses informations, sans tout ce qu’il avait pu apprendre sur les dons depuis le début de cette année. Il poussa un long soupir, se laissant tomber sur la chaise à côté du lit de Kimmitsu, se passant une main sur le visage. Il fixa un moment le vide, cherchant ses mots, n’entendant qu’Adrien dans la pièce d’à côté qui s’occupait d’un patient qui faisait une réaction allergique à une piqûre d’insecte assez gros. Non… Il n’y était absolument pour rien, ce n’était pas sa faute, il ne devait pas culpabiliser pour une chose aussi stupide. Sans lui, en plus de cela, Genji aurait risqué de graves blessures avec son élément et Josuke ne l’aurait découvert que bien des années plus tard, en multipliant encore et encore les disputes. Ou alors son fils serait parti, comme son oncle…

Josuke – Tu m’as permis de garder mon fils et de ne pas me réveiller, un jour, en découvrant qu’il est parti comme toi sans que je ne comprenne précisément la raison, la vraie. Si on ne t’avait pas revu, on n’aurait rien appris sur les dons, on n’aurait même pas pu faire parler Eisen et on n’aurait jamais su qu’il avait été gravement blessé. Aujourd’hui, il serait toujours dans le même état… Genji aussi. Nos disputes auraient continué, alors que nos relations s’améliorent un peu, même si cela reste difficile.

Encore que… Maintenant… Comment est-ce qu’elles allaient évoluer ? Genji allait-il lui pardonner pour ces deux années de disputes parce que lui-même ne comprenait pas ce qu’impliquait son élément ? Il n’en était pas sûr et, très sincèrement, comprendrait même s’il ne le faisait pas. Josuke aurait pu être plus ouvert, comprendre, réaliser que quelque chose clochait avec les départs de Kimmitsu et d’Himako. Il aurait dû ouvrir les yeux plus tôt, essayer de parler avec son fils plutôt que de tourner toujours en engueulade de manière stupide et destructrice. C’était dans son comportement, Genji n’y pouvait absolument rien ! Josuke n’avait aucune excuse, là-dessus. Il baissa un peu la tête, inspirant un grand coup, sans regarder Kimmitsu.

Josuke – Genji me tient responsable de tout ce qu’il a subi, finit-il par avouer. Des disputes, des remarques, de l’éducation imposée… Tout ce qui s’est passé. Il l’a très mal pris, oui. Je n’ai aucune idée de comment vont évoluer nos relations mais il viendra à Noël tout de même, comme prévu, pour revoir ses sœurs et sa mère. Si j’arrive à contacter la mère d’Océane, je suis sûr que… ça l’aidera. C’est à moi d’arranger les choses, tu n’es coupable de rien.

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Nouvelle infirmerie et premier patient Empty Re: Nouvelle infirmerie et premier patient

le Mer 8 Mar - 22:44
Josuke – Je... Écoute, tu as d'autres ennuis. Tu es cloué au lit et tu es malade, Kimmitsu, ce que je pense n'a pas d'importance pour l'instant. C'est pour cela que je ne voulais pas en parler...

Kimmitsu – En gros, tu me reproches de faire ce que tu fais toi-même, à savoir taire ce qui est moins important.

Merci pour l’exemple. Tout le monde avait des sujets plus sensibles, son frère comme tous les autres, c’était pour ça que la plupart des gens essayaient d’écarter certains sujets ou de les amoindrir pour ne pas ajouter des problèmes aux problèmes. C’était humain, bien sûr, et on trouvait toujours une bonne raison de ne pas vouloir en parler. Pour Kimmitsu, la plupart des ces raisons étaient assez valables, sauf lorsqu’il s’agissait des enfants – qui eux n’avaient vraiment pas besoin en plus de se torturer l’esprit et donc de mal grandir – ou lorsque le sujet était vraiment d’une importance vitale. Enfin… Cette conversation le fatiguait. Il ne savait pas si c’était du en parti à la fièvre ou non, mais il se sentait beaucoup plus las, moins enclin à jouer aux devinettes pour comprendre ce qu’il entendait ou voyait, et surtout, avec des idées beaucoup plus noires que de coutume. Des proches qui disparaissaient autour d’eux, Solène au loin, seule et enceinte, Jasper et Laura isolés eux aussi, Genji qui n’avait plus non plus de famille près de lui, le temps qui filait bien trop vite, leur fuite précipitée, c’était trop. Il était loin de supporter aussi bien la pression que Gabriella et avait aussi peur de mourir.

Josuke – Ce n’est pas la même chose, il ne s’agit pas de ma santé, contrairement à toi. A chaque fois que tu dissimules quelque chose, c’est un élément qui met ta vie en danger et qui te touche. Comme pour ton second don et la manière dont tu l’as eu. C’est normal que je m’inquiète de l’état dans lequel je vais te retrouver ! Ou même si je vais te revoir…

Ça oui, il avait fait une grosse erreur. En acceptant de revoir sa famille, longuement cette fois, en acceptant qu’ils reviennent dans sa vie, en acceptant que Genji le suive en France et se retrouve mêlé plus étroitement à toute cette histoire. A cause de ça, ses frères se sentaient concernés par ce qui arrivait en France et s’inquiétaient, se rajoutant ainsi des problèmes. Une main sur son front, bras appuyé contre le matelas alors que l’autre bras était posé en travers contre lui, le professeur imagina ce qui serait arrivé s’il n’était jamais revenu au Japon. Il s’était tenu à l’écart dix ans, avait craqué une fois face aux demandes de ses frères et Himako, puis était de nouveau parti des années avant de revenir pour quelques jours, en 1929, puis une autre fois avec Solène, l’été dernier. Et il n’aurait jamais dû, c’était complètement idiot. Josuke avait beau dire, Kimmitsu ne faisait plus parti de ce pays et aurait dû laisser plus fermement les siens à l’écart, quoi qu’il advienne. Loin des soucis que connaissait la France, loin de tout ce qui pourra leur arriver.

Kimmitsu – Je n'aurais jamais dû vous mêler à tout ça tout court, marmonna-t-il en plissant les yeux. Au moins, tu ne te serais jamais interrogé sur le passé, il y a des choses qui feraient mieux de rester enfouies. Je suis désolé, si c'était à refaire, je ne serais jamais revenu.

Josuke – Ne dis pas ça, dit-il aussitôt. Tu sais très bien que j’aurais fini par m’interroger sur le passé… Akane a développé un don et c’est Eisen qui a signalé que ce n’était pas normal. Que tu sois revenu ou non avant n’aurait rien changé, ce n’est pas toi qui as provoqué tout cela. J’aurais fini par te contacter, peu importe le moyen, pour avoir des réponses.

Ce qui n’aurait pas été une bonne idée… Le contacter après vingt ans passé pour le retrouver marié à une toute jeune femme, dans un pays au bord de la guerre civile et hurlant contre les élémentaires, en fuite et accusé de terrorisme, ainsi que d’espionnage. Ce dernier point n’était pas faux, d’ailleurs. Soupirant un peu, il tourna légèrement la tête lorsque son frère se laissa tomber assis sur la chaîne traînant près du lit, passant une main sur son visage puis fixant un point dans le vide. A quoi pensait-il ? Il ferait bien mieux d’arrêter de s’interroger sur tout ça. Au fond, même si l’admettre était blessant, Kimmitsu pouvait comprendre pourquoi son père avait agit ainsi. Le poids des traditions, la Noblesse de sa lignée, l’Honneur avant tout, le respect des aînés, l’obéissance des enfants… Dans un tel contexte, le choix était très simple. Obéir gentiment et vivre de la façon dont tout le monde attend, être révolté mais tout passer si silence et garder la tête baissée – un peu comme Eisen tiens – ou bien fuir. Partir, être renié, disparaître, ne plus jeter la honte sur toute votre famille. Il assumait d’avoir fait ce choix.

Josuke – Tu m’as permis de garder mon fils et de ne pas me réveiller, un jour, en découvrant qu’il est parti comme toi sans que je ne comprenne précisément la raison, la vraie. Si on ne t’avait pas revu, on n’aurait rien appris sur les dons, on n’aurait même pas pu faire parler Eisen et on n’aurait jamais su qu’il avait été gravement blessé. Aujourd’hui, il serait toujours dans le même état… Genji aussi. Nos disputes auraient continué, alors que nos relations s’améliorent un peu, même si cela reste difficile.

Oui, Genji aurait sans doute finit par partir… Pas Eisen, il avait une dose de patience remarquablement élevé pour une personne maniant le vent, mais leur neveu, lui… Il avait déjà l’habitude de fuguer, un matin, au cours d’un de ces départs sur le vif, il aurait fini par avoir l’idée de ne pas rentrer. Kimmitsu retourna la tête et se mit droit, jetant un regard un peu morne au plafond.

Josuke – Genji me tient responsable de tout ce qu’il a subi, finit-il par avouer. Des disputes, des remarques, de l’éducation imposée… Tout ce qui s’est passé. Il l’a très mal pris, oui. Je n’ai aucune idée de comment vont évoluer nos relations mais il viendra à Noël tout de même, comme prévu, pour revoir ses sœurs et sa mère. Si j’arrive à contacter la mère d’Océane, je suis sûr que… ça l’aidera. C’est à moi d’arranger les choses, tu n’es coupable de rien.

Kimmitsu – D’avoir fichu la merde, dit-il d’un ton mi-ironique, mi-agacé. D’avoir été l’enfant indigne ne respectant pas le code imposé. D’avoir incité, juste avant de partir, ma propre sœur à ne jamais étouffer son don, quoi qu’il arrive, ce qui a fait qu’elle aussi est partie, au final. Et coupable d’avoir provoqué, ou plutôt accéléré, la mort de mon propre père, d’après ce que j’ai entendu. Tu es très loin d’être rendu à ce point-là, avec ton fils, et je ne pense pas non plus que tu l’ais déjà frappé. Donc ça devrait s’arranger.

Il ajouta d’un ton plus neutre que la mère d’Océane allait revenir dans la journée ou demain, selon le temps que sa mission prendra, puis se tut un instant, son regard dérivant vers la fenêtre où une faible lumière entrait. Il allait sans doute pleuvoir, la lueur du jour était plus maussade, plus froide. La pluie, par contre, ne ralentira sans doute pas les travaux.

Kimmitsu – Finalement, notre père a agit normalement, suivant les critères de l’époque et son rang social. Notre mère aussi. Est-ce qu’Himako est revenue au moins une fois à la maison, depuis son départ ? Elle a dû accoucher, maintenant. Vous avez pu la revoir ?

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le Ven 17 Mar - 22:52
Le jeune charpentier le remercia après avoir jeté un regard dubitatif en bandage, marmonnant entre ses dents que ça n'allait pas être très pratique de travailler avec ça mais qu'il fera avec. C'est ça, mon garçon, qu'il fasse quand même attention. Adrien répondit à son signe de main lorsqu'il fila en courant dans le couloir, debout dans le pas de la porte, puis referma, allant se laver les mains dans le lavabo dans un coin de la pièce, juste à côté de la porte menant vers la seconde pièce où se trouvaient les lits destinés aux patients. Il entendait le grand frère du sous-directeur parler, notant qu'il avait une main sacrément plus grave, tiens, il n'avait pas vraiment fait attention, à venir jusqu'ici. Adrien retint un petit soupir, comprenant que chez eux aussi, il y avait des histoires bien enfouies et douloureuses, à cause de manque de compréhension. C'est ce qui arrivait un peu partout, dès lors qu'un élément apparaissait, car tout le monde n'était pas calé sur le sujet, très loin de là. Les disputes étaient une chose, mais ça pouvait aller beaucoup plus loin. L'infirmier leva les yeux au ciel puis attrapa une serviette pour s'essuyer les mains, marmonnant entre ses dents. Ce n'est pas possible, si ça durait encore des jours comme ça, voire des mois... Il y avait eu assez de signaux d'alerte !

Laissant retomber la serviette sur la chaise près du lavabo, il retourna fouiller dans les placards pour vérifier s'il n'avait rien d'autre, comme médicament, qui pourrait être efficace. Les réserves avaient beau êtres fournies, - bien plus qu'il n'avait osé l'espérer - il ne trouva cependant rien qui puisse l'aider dans l'immédiat. Evidemment, on ne combat une simple fièvre comme on combat un élément trop enfoui et qui rongeait littéralement son porteur pour sortir... Adrien ne pensait pas que Kimmitsu contenait vraiment le feu par volonté suprême, à son avis, c'était plutôt par volonté inconsciente car la naissance de l'élément était directement reliée à des souvenirs très douloureux. Il enfouissait tout, faisait bonne figure pour ne pas inquiéter les autres, écartait ces souvenirs pour être capable de veiller sur les plus jeunes et voilà le résultat. Le feu allait finir par le tuer. Réellement. C'était déjà arrivé ! Des personnes consumées intérieurement, brûlées vives, dont les muscles avaient fondu, dont le sang avait bouilli, des histoires particulièrement horrible et une particulièrement atroce, la plus douloureuse qu'on puisse imaginer. Penché dans l'armoire, il repoussa quelques fioles, une boîte de bandages, laissant retomber un petit paquet contenant des antalgiques. Non, ça ne servait à rien ! Rendu à ce stade, l'infirmier ne pouvait même plus user de son propre pouvoir pour affaiblir celui de son collègue en agissant sur la source même. Pas maintenant que cela durait depuis si longtemps, Adrien n'était plus assez puissant.

Kimmitsu – D’avoir fichu la merde, dit-il d’un ton mi-ironique, mi-agacé. D’avoir été l’enfant indigne ne respectant pas le code imposé. D’avoir incité, juste avant de partir, ma propre sœur à ne jamais étouffer son don, quoi qu’il arrive, ce qui a fait qu’elle aussi est partie, au final. Et coupable d’avoir provoqué, ou plutôt accéléré, la mort de mon propre père, d’après ce que j’ai entendu. Tu es très loin d’être rendu à ce point-là, avec ton fils, et je ne pense pas non plus que tu l’ais déjà frappé. Donc ça devrait s’arranger.

Oui, ça allait s'arranger pour Genji, pour son père, pour les gamins Karinof, mais certainement pas pour lui ! Même pour Océane et sa mère, ça s'arrangera sûrement. Comme ça s'arrangera pour Gaby, elle arrivera à s'en sortir et les retrouver. Mais lui... Non. Du moins, pas tant que ce problème-là ne sera pas réglé, une bonne fois pour toute. Baissant le regard sur ses mains, il serra les poings, la gorge nouée à cause de l'impuissance. Non, il ne pouvait rien faire avec son don... Il fallait un niveau au-dessus. Alice était certes beaucoup plus puissante que lui, avec le feu, mais elle n'avait jamais étudié les techniques médicales. Personne, ici, n'avait à la fois ce don, ce niveau de puissance, et la connaissance de cette technique particulière. Il n'avait pas le temps de l'enseigner à Alice non plus, ce n'est pas un petit détail de cours qu'on apprend en une heure. Donc comment faire ? Tremblant un peu, il se retourna et regarda autour de lui, réfléchissant à toute vitesse pour trouver une solution. La seule possibilité était que leur collègue se force à accepter ce don, mais, s'il y avait un tel blocage... Agacé, il soupira brusquement, passant une main dans ses cheveux déjà décoiffés.

Kimmitsu – Finalement, notre père a agit normalement, suivant les critères de l’époque et son rang social. Notre mère aussi. Est-ce qu’Himako est revenue au moins une fois à la maison, depuis son départ ? Elle a dû accoucher, maintenant. Vous avez pu la revoir ?

Josuke – Pas depuis la dernière fois et la dernière dispute... Seul Eisen a pu la revoir, il est allé jusque chez elle. Mais les traditions n'excusent pas tout, rien que la fuite d'Himako prouve que notre père a mal agi.

Sa sœur aurait peut-être pu... Non... S'il avait bien écouté, le feu était son second don et n'était pas si vieux que cela, pour elle non plus. Il ne restait pas cinquante solutions. Adrien soupira à nouveau puis revint dans la grande pièce, apportant avec lui un petit broc d'eau et un linge. S'asseyant à côté du lit, face au frère de son collègue qui s'était assis aussi, il tendit la main pour la poser sur le front du sous-directeur. Evidemment, le médicament qu'il lui avait avaler ne changeait rien à l'affaire. Grinçant des dents, il fourra le linge dans l'eau puis l'en sorti et l'essora un peu, avant de le plier et de le poser sur le front brûlant de son collègue. Comment aborder le sujet ? C'était déjà assez douloureux... Et le récit que leur en avait fait Gabriella ne l'avait pas aidé, c'était glaçant. Au moins avait-elle très bien fait de tirer sur l'autre cinglé ! Peu importe que ce soit à bout portant, qu'il n'ait eu aucune chance de se défendre, qu'on appelait ça un meurtre, il la soutenait à cent pour cent, sur ce coup-là. Il auraient même dus la laisser faire la première fois, lorsqu'elle avait failli le tuer dans le réfectoire. Dommage... Enfin bref. Réfléchissant à toute vitesse, il se mordit encore les lèvres puis tapota du bout des doigts contre le rebord du lit. Il commença par demander si Kimmitsu se souvenait de Rochard, le faisant aussitôt tressaillir et recevoir en retour un "Pourquoi tu me parles de lui ? Il est mort." Ah ça, oui, mort et enterré, personne pour le regretter.

Adrien – Ouais, il est mort, mon seul regret est qu'on ait empêché Gabriella de le tuer plus tôt. Si je parle de lui, c'est parce que, même mort, il continue à t'affecter. Je sais que tu ne restreins pas ton second don volontairement et à tout prix, mais inconsciemment, en revanche, c'est ce qui se passe. Ecoute... Je ne vais pas te raconter en détails ce qui arrive à ceux qui étouffent le vent et le feu, tu le sais aussi bien que moi. Ces deux pouvoirs sont mortels, on le sait tous les deux.

Aucune réponse, dès qu'il se tut. Son collègue se mordait les lèvres, le regard brillant de fièvre et d'une peur mal dissimulée. Soit une peur liée aux souvenirs du psychopathe, soit une peur liée à la mort. Au moins n'était-il pas comme la directrice et craignait encore la mort.

Adrien – Si cette guerre ne te tue pas, ton don le fera, reprit-il d'un ton plus ferme. J'ai su ce que Rochard t'a fait en juin, puis en septembre... Mais il est mort. C'est fini, terminé, Gabriella l'a tué devant toi, tu l'as vu. On ne peut rien changer à ce qui est arrivé, par contre, toi, tu ne peux pas rester comme ça, il faut que ce don-là sorte.

Mais qu'il sorte sans qu'il n'en ait peur, sans y relier ses pires souvenirs, sans y relier la honte et la terreur, sans y associer ce rejet fondamental car en continuant ainsi, son propre pouvoir finira par se retourner contre lui. C'est qu'il ajouta ensuite en insistant sur chaque mot, le ton plus pressant et aussi plus angoissé. Pour le coup, cela devenait une situation de vie ou de mort. "On ne joue pas avec le feu", jamais ce proverbe ne fut aussi vrai en cet instant.

Adrien – Tu peux te servir du vent pour pousser le feu à sortir et le faire grandir, ces dons se complètement parfaitement. C'est un élément de passion, de colère, de force, violent comme doux, et aussi imprévisible que le vent. Tu t'entraînes déjà depuis tout petit, grâce à ton premier élément, à tempérer les changements opérés puis vivre avec. Lorsque tu as tout quitté pour venir en France, souviens-toi de la sensation qui t'a emporté, la même que tu as ressenti lorsque tu es encore parti pour fuir jusqu'ici. C'est sur ça qu'il faut s'appuyer aussi pour le feu. Ouvre ta main et respire un bon coup, tu ne peux blesser personne ici, je connais cet élément. Même la colère peut te servir, au début. Utilise-le sans en avoir peur, juste une fois, même faiblement... Le vent peut le porter en toi.

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le Mar 21 Mar - 20:45
Josuke – Pas depuis la dernière fois et la dernière dispute... Seul Eisen a pu la revoir, il est allé jusque chez elle. Mais les traditions n'excusent pas tout, rien que la fuite d'Himako prouve que notre père a mal agi.

S'il n'y avait que ça, ce sera déjà plus facilement "réparable", en quelques sorte. Le professeur hocha vaguement la tête et reposa son bras le long du corps, l'autre en posé en travers, fermant un petit instant  les yeux pour essayer de se reposer. Puisqu'il le fallait, très bien... Pile au même moment, Adrien entra de nouveau à grands pas dans l'infirmerie, chargé d'un broc d'eau et de quelques petits linges. Une fois assis à côté, il en imbiba un pour le lui poser sur le front, faisant légèrement frissonner Kimmitsu à cause du froid soudain. Il remonta un peu la couverture, sans plus rien dire, sachant que l'infirmier était déjà assez agacé comme ça qu'il ne repose pas, ne fasse pas assez attention, etc. Oui, il y avait des sujets qui passaient à la trappe, ces derniers temps, étouffés par ce qui était jugé comme plus important. La préparation de la Résistance, les travaux pour bâtir cette nouvelle école, le Coup d'Etat, la guerre civile prête à se déclencher, le pays sur les dents. Mais Adrien ne reparla pas de ça, commençant plutôt par lui demander s'il se souvenait de Rochard. La simple mention du nom lui fit resurgir le visage de ce malade mental avec beaucoup de violence, alors qu'il demandait à son ami pourquoi il lui parlait de lui, tout à coup. Que venait faire ce fou ici ? Il était mort depuis plus de deux mois, maintenant, on ne le reverra plus, c'était terminé. Jamais, de sa vie entière, il n'avait ressenti un tel soulagement, lorsque la directrice avait assassiné ce fou furieux. Jamais, non plus, il ne s'était senti si redevable envers une personne.

Adrien – Ouais, il est mort, mon seul regret est qu'on ait empêché Gabriella de le tuer plus tôt. Si je parle de lui, c'est parce que, même mort, il continue à t'affecter. Je sais que tu ne restreins pas ton second don volontairement et à tout prix, mais inconsciemment, en revanche, c'est ce qui se passe. Ecoute... Je ne vais pas te raconter en détails ce qui arrive à ceux qui étouffent le vent et le feu, tu le sais aussi bien que moi. Ces deux pouvoirs sont mortels, on le sait tous les deux.

Oui, il le savait, mais ce n'était pas qu'il... Il avait juste encore du mal avec le feu... A chaque fois qu'il l'utilisait, il se rappelait de nouveau Rochard, revivait chaque instant passé entre ses griffes, associant malgré lui son second élément à la douleur et l'humiliation. Et cette peur, il avait encore du mal à la dissimuler, lorsqu'on évoquait ce "médecin" devant lui. Et il savait que cette peur ne faisait qu'aggraver les choses, qu'empirer encore le développement déjà contrarié de naissance de ce second pouvoir, qu'on ne jouait pas avec le feu comme on ne jouait pas avec le vent, qu'il devrait déjà savoir tout ça étant donné qu'il possédait déjà le vent. Silencieux, il ne put rien répondre sur le moment, déjà trop occupé à ne pas laisser tous ses souvenirs l'envahirent complètement et lui filer la nausée. C'était encore trop tôt, trop... La première agression avait eu lieu en juin, la seconde en septembre, à peine deux mois auparavant.

Adrien – Si cette guerre ne te tue pas, ton don le fera, reprit-il d'un ton plus ferme. J'ai su ce que Rochard t'a fait en juin, puis en septembre... Mais il est mort. C'est fini, terminé, Gabriella l'a tué devant toi, tu l'as vu. On ne peut rien changer à ce qui est arrivé, par contre, toi, tu ne peux pas rester comme ça, il faut que ce don-là sorte.

Le faire sortir, d'accord, le faire sortir sans honte ni peur, c'était encore très compliqué, et ce même s'il s'agissait d'une question de vie ou de mort. Même si son propre pouvoir pouvait se retourner contre lui, le blesser, le tuer. Toujours silencieux, il se contenta de lancer un long regard à son collègue, son cœur balançant entre des émotions très différentes. Que pouvait-il objecter à ça, de toute façon ? Il avait raison, entièrement raison ! On ne jouait pas avec son don, on ne tentait pas de le restreindre ou le contenir, on prenait garde à ne pas l'étouffer, tout cela était vrai. Mais la peur, elle, était parfaitement irrationnelle et il n'avait encore jamais osé raconter en détails tout ce qui était arrivé. Les seuls à savoir... La seule à savoir, plutôt, était la directrice car elle avait surpris Rochard sur le fait, à deux reprises. Et il ne se voyait pas lui en reparler aujourd'hui, lui avouer qu'il avait toujours peur... Tout d'abord parce que ce serait aussi ridicule qu'humiliant, et ensuite car elle aussi avait des soucis à gérer et ses propres démons à affronter. A quoi lui rajouter ça en plus ? Donc en parler... Il faudrait qu'il reprenne tout avec une personne n'ayant assisté à rien... Solène était enceinte et encore innocente, toute jeune, il ne voulait pas la charger encore plus de ce fardeau-là, elle ne savait déjà assez pour avoir des cauchemars. Quant à ses frères, ils étaient déjà beaucoup trop impliqués.

Adrien – Tu peux te servir du vent pour pousser le feu à sortir et le faire grandir, ces dons se complètement parfaitement. C'est un élément de passion, de colère, de force, violent comme doux, et aussi imprévisible que le vent. Tu t'entraînes déjà depuis tout petit, grâce à ton premier élément, à tempérer les changements opérés puis vivre avec. Lorsque tu as tout quitté pour venir en France, souviens-toi de la sensation qui t'a emporté, la même que tu as ressenti lorsque tu es encore parti pour fuir jusqu'ici. C'est sur ça qu'il faut s'appuyer aussi pour le feu. Ouvre ta main et respire un bon coup, tu ne peux blesser personne ici, je connais cet élément. Même la colère peut te servir, au début. Utilise-le sans en avoir peur, juste une fois, même faiblement... Le vent peut le porter en toi.

Le sous-directeur n'avait pas peur de blesser qui que ce soit dans cette pièce, il était déjà assez expérimenté pour savoir comment retenir un pouvoir, naissant ou non, avant qu'il ne blesse les personnes aux alentours par accident. En revanche, le faire sortir sans en avoir peur... Là, tout de suite, comme ça ? Il ouvrit une main en tremblant un peu puis la referma presque aussitôt, sans serrer le poing mais tendu tout de même. La peur était là, dans le creux du ventre, nouant la gorge et serrant le cœur dans un étau, il ne pouvait pas la repousser si facilement ni même la restreindre. Pas tout de suite. Il y eut tout à coup un peu de bruit à côté et Adrien se leva à nouveau avec un petit soupir. Pendant ce temps, Kimmitsu enleva le linge mouillé, déjà chaud, de son front et le laissa sur la table à chevet sur le côté, toujours sans lâcher un seul mot. Au bout de deux longues minutes passées à refréner une brusque envie de pleurer, il inspira un peu pour se reprendre puis demanda à son frère s'il comptait rester là. Son aîné ne tarda guère à lui répondre que oui, sur le ton de l'évidence. On ne savait jamais, des fois qu'il comprenne que ça ne servira pas à grand-chose de plus. La situation avançait, évoluait, un peu plus tous les jours. Il ne devrait sans doute pas s'en faire autant, oui, c'était plus fort que lui.

Kimmitsu – Tu peux aller te reposer, tu as le temps, la mère d'Océane ne va pas rentrer avant ce soir ou demain, au minimum.

Il reposa son bras sur ses yeux, pour les cacher à la lumière, et aussi s'empêcher de pleurer. Petit, il avait entendu dire que fermer les yeux faisait disparaître les monstres se cachant dans le noir, la nuit lorsqu'ils se réveillaient après un cauchemar. Aujourd'hui, devenu adulte, ils comprenaient que cette vague illusion ne repoussait pas bien loin la peur.

Kimmitsu – Si je meurs cette année, ou dans les suivantes, pourras-tu ramener Solène et les enfants avec vous ? Qu'ils vivent loin de tout ça, au moins.

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le Jeu 13 Avr - 22:53
Kimmitsu – D’avoir fichu la merde, dit-il d’un ton mi-ironique, mi-agacé. D’avoir été l’enfant indigne ne respectant pas le code imposé. D’avoir incité, juste avant de partir, ma propre sœur à ne jamais étouffer son don, quoi qu’il arrive, ce qui a fait qu’elle aussi est partie, au final. Et coupable d’avoir provoqué, ou plutôt accéléré, la mort de mon propre père, d’après ce que j’ai entendu. Tu es très loin d’être rendu à ce point-là, avec ton fils, et je ne pense pas non plus que tu l’ais déjà frappé. Donc ça devrait s’arranger.

Non, Josuke ne l’avait jamais frappé, évidemment ! Mais Genji avait le droit de lui en vouloir, de refuser de lui pardonner après tout ce que son père lui avait fait subir. Il avait été malmené durant des années, s’était senti à l’étroit et tout sauf à sa place, avait même culpabilisé de ressentir de telles choses… Alors que non, il n’y était pour rien. Pour rien du tout. C’était son don qui l’avait poussé à réagir ainsi, son don qui avait dicté sa conduite depuis le début, son don qui l’obligeait à agir d’une manière plutôt que d’une autre. Il hocha simplement la tête lorsque Kimmitsu ajouta, d’un ton plus neutre, que la mère d’Océane reviendrait dans la journée ou le lendemain, le temps de réaliser sa mission. D’accord. Dans ce cas, il attendrait, il devait bien cela à Genji. Après l’avoir fait souffert toutes ces années, même involontairement… Restant silencieux comme son frère, Josuke ne dit absolument rien, mal à l’aise, ne cessant de penser à ce qu’il avait dit. Ne pas culpabiliser, ne pas regretter… C’était si facile à dire, pour lui. Mais pas pour le chef de famille. Et son frère l’avait grillé si facilement… C’était désespérant, presque humiliant. Il s’était bien débrouillé, pourtant ! Enfin, c’est ce qu’il avait cru.

Kimmitsu – Finalement, notre père a agit normalement, suivant les critères de l’époque et son rang social. Notre mère aussi. Est-ce qu’Himako est revenue au moins une fois à la maison, depuis son départ ? Elle a dû accoucher, maintenant. Vous avez pu la revoir ?

Josuke – Pas depuis la dernière fois et la dernière dispute... Seul Eisen a pu la revoir, il est allé jusque chez elle. Mais les traditions n'excusent pas tout, rien que la fuite d'Himako prouve que notre père a mal agi.

Et ils n’allaient, probablement, plus la revoir avant le prochain retour de Kimmitsu au Japon à cause de cela. S’il revenait un jour… Avec les problèmes que connaissait la France aujourd’hui, rien n’était moins sûr. Entre le danger de mort, le fait qu’il soit recherché partout et les problèmes à l’encontre des élémentaires, autant dire que leur famille n’était pas près de le revoir. Seul Josuke avait eu cette chance parce qu’il s’était déplacé, ignorant le risque de sermon de son jeune frère à cause des risques qu’il avait pris. Il était arrivé entier et Kimmitsu était plus mal en point que jamais, fiévreux, bien moins insistant que d’habitude, laissant tomber les sujets qu’il jugeait importants plus rapidement. C’était à la fois rassurant pour Josuke qui s’en tirait très bien, et à la fois inquiétant parce que cette absence de réaction n’augurait rien de bon. Pourquoi n’avait-il pas parlé de cette crise, pourquoi ne s’était-il pas reposé… ? Il savait que la santé primait sur tout le reste, en plus ! C’était dans leur culture, dans leurs habitudes, c’était naturel. Enfin… Normalement. Mais, apparemment, la France l’avait changé à ce niveau-là aussi.

Josuke retint un soupir au moment où son frère fermait les yeux pour se reposer enfin lorsqu’Adrien entra à nouveau dans la pièce avec un broc d’eau et un linge. Il avait toujours l’air aussi mécontent, et vérifier la température de son collègue n’arrangea rien. Que du contraire… C’était mauvais signe, n’est-ce pas ? Il resta silencieux, laissant l’infirmier s’occuper de Kimmitsu sans bouger ni intervenir. Cette inquiétude ne faisait que renforcer la sienne alors que Josuke ignorait comment aider son frère et n’en avait, sans doute, même pas les capacités. Il risquait de le voir mourir à cause de la température et ne pouvait absolument rien faire… Si même les médicaments ne changeaient rien, quelle autre solution avaient-ils ? Pourquoi cet air, de la part de l’infirmier ? Une telle colère, tout à l’heure, semblait assez inédite pour que Kimmitsu n’ose rien dire et se contente de s’exécuter. Son frère l’avait rarement vu s’écraser à ce point depuis qu’il avait tenu tête à leur père… Ce n’est qu’au bout d’un moment, l’infirmier semblant toujours préoccupé, qu’il se mit à tapoter des doigts sur le bord du lit avant de demander, de but en blanc, si son collègue se souvenait de Rochard. Rochard… Celui qui lui avait… ? Oui. Oui, à voir la réaction de son frère, c’était bien lui. Mais pourquoi… ?

Kimmitsu – Pourquoi tu me parles de lui ? Il est mort.

Adrien – Ouais, il est mort, mon seul regret est qu'on ait empêché Gabriella de le tuer plus tôt. Si je parle de lui, c'est parce que, même mort, il continue à t'affecter. Je sais que tu ne restreins pas ton second don volontairement et à tout prix, mais inconsciemment, en revanche, c'est ce qui se passe. Ecoute... Je ne vais pas te raconter en détails ce qui arrive à ceux qui étouffent le vent et le feu, tu le sais aussi bien que moi. Ces deux pouvoirs sont mortels, on le sait tous les deux.

C’était à cause de ce fou furieux que Kimmitsu était dans cet état, maintenant… ? A cause de lui qu’il rejetait son don malgré lui ? Et que… Non. Non, mieux valait ne pas savoir ce qui se passait lorsqu’un élémentaire retenait le feu ou le vent trop longtemps. Il avait déjà vu les ravages du vent sur Eisen, après de bien trop longues années, et leur petit frère s’en était tiré seulement grâce à… à… Il ne savait même pas comment il s’en était tiré, à vrai dire. Par miracle, sans doute. Et encore, leur frère gardait de blessures, des séquelles à vie à cause de cela. Que produisait le feu sur son porteur si le vent pouvait déjà produire de telles conséquences… ? Si les blessures étaient à l’image du don, Josuke ne doutait pas une seule seconde du danger de mort. Pourtant, il ne possédait pas d’élément et ne découvrait ce monde que depuis le début de l’année, avec Genji. Il s’était renseigné autant que possible pour aider son fils mais n’était pas touché directement par toute cette histoire. Et Kimmitsu savait aussi ce qu’il risquait… Il ne répondit absolument rien à ce que venait de lui dire Adrien, ses réactions trahissant une peur qu’il ne parvenait pas à dissimuler contrairement à ses habitudes. L’infirmier avait vu juste…

Adrien – Si cette guerre ne te tue pas, ton don le fera, reprit-il d'un ton plus ferme. J'ai su ce que Rochard t'a fait en juin, puis en septembre... Mais il est mort. C'est fini, terminé, Gabriella l'a tué devant toi, tu l'as vu. On ne peut rien changer à ce qui est arrivé, par contre, toi, tu ne peux pas rester comme ça, il faut que ce don-là sorte.

Minute. En juin… ? Rochard lui avait fait quelque chose en juin aussi ? Kimmitsu ne leur en avait pas parlé ! Que s’était-il passé, exactement ? Josuke entrouvrit légèrement la bouche, se ravisant à la dernière seconde, jugeant plus judicieux de rester silencieux pour l’instant malgré le choc. Ce type, qui le traumatisait encore aujourd’hui, l’avait déjà agressé en juin ?! Il serra un peu les poings sur ses genoux, écoutant l’échange entre son frère et l’infirmier toujours sans intervenir. S’il ne leur avait pas parlé de cette histoire, c’est que oui, il était toujours affecté par Rochard et son agression. Il n’avait rien oublié du tout et seule la présence de Solène lui avait permis de sourire et de se montrer en meilleure forme lorsqu’il était revenu au Japon avec elle. Et puis, sur place, il avait eu d’autres problèmes à gérer…

Josuke s’en voulait de lui avoir infligé les problèmes familiaux en plus et de lui avoir demandé, justement à ce moment-là, de veiller sur Genji et d’essayer de lui faire remonter la pente. Il aurait dû attendre, faire… dire… Bon, il ne savait pas trop ce qu’il aurait dû dire, mais certainement pas ça. Lui demander de l’aide après ce qu’il avait vécu… Pourquoi Kimmitsu n’avait-il rien dit ? Pourquoi avoir tout gardé pour lui, insistant sur le fait que tout allait bien malgré son quotidien agité ? Il n’avait pas à leur mentir ! D’accord, il n’avait plus de vrai lien avec sa famille, mais avec eux ? Munemori et lui ? Ils avaient grandi en même temps, tous les trois, ils avaient vu son don naître et évoluer en même temps que sa relation avec leur père. Ils avaient vu le chemin que prenait leur frère, avaient essayé de le soutenir. Mais non, Kimmitsu gardait pourtant les coups durs pour lui… Josuke redressa la tête pour regarder ce dernier et l’infirmier qui insistait lourdement sur la dangerosité d’un don trop longtemps contenu, surtout le feu.

Adrien – Tu peux te servir du vent pour pousser le feu à sortir et le faire grandir, ces dons se complètement parfaitement. C'est un élément de passion, de colère, de force, violent comme doux, et aussi imprévisible que le vent. Tu t'entraînes déjà depuis tout petit, grâce à ton premier élément, à tempérer les changements opérés puis vivre avec. Lorsque tu as tout quitté pour venir en France, souviens-toi de la sensation qui t'a emporté, la même que tu as ressenti lorsque tu es encore parti pour fuir jusqu'ici. C'est sur ça qu'il faut s'appuyer aussi pour le feu. Ouvre ta main et respire un bon coup, tu ne peux blesser personne ici, je connais cet élément. Même la colère peut te servir, au début. Utilise-le sans en avoir peur, juste une fois, même faiblement... Le vent peut le porter en toi.

Josuke posa le regard sur Kimmitsu qui ouvrait la main, tremblant comme il le faisait rarement, voire jamais. Et il la referma presque aussitôt sans que rien ne se soit produit… Adrien avait visé juste, oui. Il avait peur de son don, ou en avait honte, ou quelque chose du même genre qui l’empêchait de le libérer comme il le fallait. Pourtant, le vieil homme l’avait déjà vu faire avec le vent plein de fois, surtout lorsqu’ils étaient petits. Ce n’était pas un effort, pour lui, c’était naturel, spontané. Mais voilà le problème… C’était naturel. Or, le feu ne s’était pas développé naturellement chez Kimmitsu et il en ressentait encore de la peur, de la honte, ou même de l’humiliation d’après ce que Josuke pouvait constater. Il avait rarement vu son frère dans cet état… Jamais il n’avait montré un tel sentiment, manifestant ce qu’il ressentait par le biais de son élément. Et là, il était incapable de faire quoi que ce soit. Une barrière mentale l’en empêchait… Une barrière qu’il était le seul à pouvoir briser.

Adrien se leva tout à coup, un bruit provenant de la pièce voisine indiquant qu’un autre patient avait peut-être besoin de lui. Kimmitsu ôta alors le linge qu’il avait sur le front, le déposant ensuite sur la table de chevet à côté de lui. Sans rien dire. Ce silence qu’il gardait lorsqu’il allait mal, qu’il ne savait même plus comment exprimer ce qu’il ressentait. Lorsqu’il était malade, aussi… Josuke le couva du regard en cherchant une solution de son côté, souhaitant aider son frère, refusant de le voir mourir à petits feux à cause de l’élément qu’il rejetait malgré lui. Il n’avait pas à avoir honte… Ce n’était pas de sa faute, rien n’était de sa faute. Si ce type s’en était pris à lui, c’était parce qu’il le trouvait menaçant et rien d’autre. Pourquoi Kimmitsu devait-il culpabiliser ou éprouver de la honte à cause de ce qu’il était devenu ? Il affirmait lui-même depuis des années qu’il ne regrettait aucun de ses choix, qu’il s’était construit en agissant de cette manière même si cela avait rompu certains liens avec sa famille.

Josuke retint un soupir au moment-même où son frère brisa le silence qui s’était installé en lui demandant s’il comptait rester là après avoir pris une petite inspiration. Quelle question ! Evidemment qu’il allait rester, surtout avec son petit frère dans un tel état. Ce qu’il ne manqua pas de lui répondre, l’air convaincu et déterminé. Pas de problème, s’il lui fallait dormir dans un fauteuil ou même au sol, il le ferait. Mais il ne quitterait pas le chevet de Kimmitsu tant que la fièvre n’avait pas diminué, tant qu’Adrien ne lui disait pas qu’il était hors de danger. Ce qui n’était pas près d’arriver, apparemment, tant que son frère ressentait de la honte et de la peur…

Kimmitsu – Tu peux aller te reposer, tu as le temps, la mère d'Océane ne va pas rentrer avant ce soir ou demain, au minimum.

C’est ça… Curieux, Josuke n’aurait pas cru son frère aussi naïf. C’était mignon, en un sens, de le voir se bercer de douces illusions malgré l’environnement dans lequel il évoluait en ce moment. Qu’il parvienne à croire, sérieusement, que son grand frère le laisserait seul alors qu’il était gravement malade et refusait de se reposer, avec le moral qui flanchait en plus de cela… Il pouvait toujours courir. Josuke comptait bien le veiller aussi longtemps que nécessaire, ayant plus de force que lui parce que venant directement du Japon. Il était plus reposé, moins tendu, moins nerveux, même si son degré de nervosité n’avait cessé de croître ces derniers mois. Il n’avait pas pu le protéger lorsqu’ils étaient enfants, il n’avait pas pu protéger leurs frères et sœurs non plus… Il n’était peut-être pas encore trop tard pour rattraper le temps perdu. Suivant les gestes de Kimmitsu, il leva les yeux au ciel pendant qu’il posait son bras sur ses yeux, cet air toujours aussi douloureux qui ne le quittait pas. Comprendre qu’il se retenait de pleurer n’était pas dur…

Kimmitsu – Si je meurs cette année, ou dans les suivantes, pourras-tu ramener Solène et les enfants avec vous ? Qu'ils vivent loin de tout ça, au moins.

Josuke – Ne dis pas de bêtises, je t’en prie, dit-il en se relevant pour passer de l’autre côté du lit. Tu ne vas pas mourir jeune, sauf si tu continues à te sentir comme maintenant. En plus de cela, je doute que le petit Jasper accepte de quitter la France pour le Japon en sachant qu’il sera sous mon toit. Retire ton bras, s’il te plaît.

Josuke plongea à nouveau le linge dans le broc d’eau posé à côté pour le tremper d’eau plus fraîche, l’essorant un peu avant de le reposer sur le front de Kimmitsu. Il refusait de voir son frère tenir un tel discours, c’était le début de la fin autrement et cela diminuait sérieusement sa capacité à tenir le coup. Il ne devait pas craquer… Qu’il pense à ses futurs enfants, à Solène, aux enfants qu’il venait de recueillir, aux élèves même, si cela pouvait l’aider ! Mais qu’il n’abandonne pas. Surtout pas. Inutile de lui dire qu’il avait compris qu’il se retenait de pleurer, cela ne l’aiderait pas. Par contre, un peu d’eau le pouvait et il était on ne peut plus apte à seconder Adrien s’il avait besoin d’aide avec son collègue. Puisque ledit collègue était son frère… Le chef de famille avait peut-être perdu son don mais ne demeurait pas moins utile en attendant de retourner au Japon. De toute manière, le passage par cet endroit était obligé, il était venu en France pour voir son fils et Kimmitsu et en apprendre plus sur la situation.

Josuke – Tu dois tenir le coup… Je sais que c’est plus facile à dire qu’à faire mais je sais que tu peux y arriver. Pense aux enfants que tu vas avoir, à ceux que tu as recueillis et aux élèves si ça peut t’aider. Ou encore à cette école que vous êtes en train de bâtir. La situation peut sembler catastrophique mais, moi, je trouve que vous vous en sortez très bien. Et je trouve que tu as évolué, et en bien, si on oublie cette tendance à négliger ta santé depuis quelques mois. Et tout particulièrement avec ce don forcé que tu n’arrives pas à sortir…

Et il ignorait comment l’aider. Il se creusait la tête, pourtant, refusant de voir son frère brûler de l’intérieur à cause de cet élément. Il s’installa à la place qu’avait prise Adrien quelques minutes auparavant, surveillant le linge que Kimmitsu avait sur le front pour le changer dès qu’il serait devenu chaud. Même si cela n’aidait pas énormément, c’était mieux que rien et peut-être l’eau permettait-elle à la température de ne pas trop grimper. Il couva son frère du regard, cherchant les mots susceptibles de l’aider même s’il n’était pas spécialement doué pour ça. Comment faire sortir ce don… ? De quoi avait-il peur, plus précisément ? Il connaissait les éléments et côtoyait des adolescents qui en manipulaient quotidiennement, n’avait pas peur de Gabriella et connaissait le vent qui fonctionnait plus ou moins de la même manière que le feu d’après Adrien. Alors… Pourquoi en avait-il peur ? Pourquoi en avoir honte ?

Josuke – Je n’ai pas d’élément, je ne connais même votre univers que depuis quelques mois, à présent. Je suis mal placé pour en parler ou te conseiller… Mais si tu bloques et que c’est une barrière psychologique, tu es le seul à pouvoir la briser. Pourquoi as-tu peur de cet élément ? Pourquoi ressens-tu de la honte alors que ce n’était pas ta faute ? C’est normal que cette histoire te touche… Mais ce type aura vraiment gagné s’il provoque ta mort. Que dis-tu aux élèves qui ont peur de leur don ?

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Nouvelle infirmerie et premier patient Empty Re: Nouvelle infirmerie et premier patient

le Mar 25 Avr - 11:26
Josuke – Ne dis pas de bêtises, je t’en prie, dit-il en se relevant pour passer de l’autre côté du lit. Tu ne vas pas mourir jeune, sauf si tu continues à te sentir comme maintenant. En plus de cela, je doute que le petit Jasper accepte de quitter la France pour le Japon en sachant qu’il sera sous mon toit. Retire ton bras, s’il te plaît.

Même s'il parvenait à tout surmonter, physiquement et mentalement, la vie qu'ils menaient au quotidien faisait qu'on ne pouvait décemment pas écarter cette question d'un revers de main. Certes, il était moins exposé que d'autres, mais il n'ignorait pas non plus ce qui adviendra si on les découvrait, s'ils étaient arrêtés, que ce soit ici ou dans un autre pays, d'ailleurs. Enlevant son bras à contrecœur, il frémit un peu lorsque le linge très froid entra en contact avec son front, marmonnant un vague merci. Le feu, encore et toujours, le feu et tous les soucis qu'il pouvait amener lorsqu'on l'étouffait, le feu, comme le vent ou la foudre... Adrien avait raison, vouloir étouffer, volontairement ou non, un des trois était mortel, tous les élèves et professeurs de l'école le savaient très bien. Il le savait. "Tout" ce qu'il lui restait à faire était de cesser d'associer la tête de Rochard à son second élément. Tellement aisé... Chacun ses démons personnels... Silencieux, il continuait à regarder le plafond en bois, les poutres apparentes, tout en essayant de ressentir le feu en lui. Avec ce genre de pouvoirs, ce n'était pas bien dur, ils étaient omniprésents et virulents, on ne pouvait pas les louper. Une petite grimace lui échappa, tandis que son regard se perdait toujours dans les nœuds complexes du bois, sur les poutres.

Josuke – Tu dois tenir le coup… Je sais que c’est plus facile à dire qu’à faire mais je sais que tu peux y arriver. Pense aux enfants que tu vas avoir, à ceux que tu as recueillis et aux élèves si ça peut t’aider. Ou encore à cette école que vous êtes en train de bâtir. La situation peut sembler catastrophique mais, moi, je trouve que vous vous en sortez très bien. Et je trouve que tu as évolué, et en bien, si on oublie cette tendance à négliger ta santé depuis quelques mois. Et tout particulièrement avec ce don forcé que tu n’arrives pas à sortir…

Sans doute, la situation n'était-elle pas si terrible, pour le moment, il était plus délicat d'envisager sereinement l'avenir. Lorsque les enfants seront là, lorsque les cours auront repris, lorsque les collègues qui le voudront bien les auront rejoints, là, oui, Kimmitsu savait qu'il se sentira mieux et plus confiant. Lorsque Solène sera de nouveau là avec son sourire, lorsque tout sera mieux organisé, lorsque chacun saura ce qu'il a à faire et comment. Il referma les yeux un petit instant, lâchant un léger soupir. Retrouver un semblant de vie normale serait déjà bien doux pour les nerfs, comme tout le monde ici. Rouvrant les yeux, Kimmitsu tourna légèrement la tête vers son frère aîné, regrettant une fois de plus qu'il se retrouve entraîné là-dedans, alors qu'il pourrait se contenter de venir voir Genji de temps en temps et mener une vie tranquille dans son pays natal. Et il ne servirait à rien de lui souligner ce "détail", de toute manière, à part pour l'agacer. Kimmitsu remonta un peu la couverture sr lui, passant sans cesse du chaud au froid, pas vraiment mieux allongé qu'il n'était debout. Ils pouvaient entendre les échos d'une conversation, dans la pièce d'à côté, la venue de l'infirmier avait dû en soulager plus d'un, les travaux amenaient des blessures très fréquentes, d'autant plus sur un chantier de cette taille.

Josuke – Je n’ai pas d’élément, je ne connais même votre univers que depuis quelques mois, à présent. Je suis mal placé pour en parler ou te conseiller… Mais si tu bloques et que c’est une barrière psychologique, tu es le seul à pouvoir la briser. Pourquoi as-tu peur de cet élément ? Pourquoi ressens-tu de la honte alors que ce n’était pas ta faute ? C’est normal que cette histoire te touche… Mais ce type aura vraiment gagné s’il provoque ta mort. Que dis-tu aux élèves qui ont peur de leur don ?

Kimmitsu – Ce n'est pas de la peur, marmonna-t-il, juste de la honte.

Il ne s'empêchait pas de vivre ou de lutter, ne s'enfermait pas non plus sur lui-même, preuve avec Solène, mais voilà, il y avait encore ça, cet élément, tout ce qui y était rattaché. la peur, la terreur, la colère immense, le besoin, même... Il avait voulu tuer... La haine avait été si forte, en juin... Cela aussi l'avait marqué, lui qui n'était pourtant pas habitué à perdre son sang-froid, plus depuis bien des années, il avait été très secoué par ces sentiments-là, assez pour pour que le feu lui vienne, assez pour dévoiler un fond de colère et de passions violentes, dont il ne croyait pourtant pas être capable. Cette part de lui-même, il avait appris à la gérer, depuis le temps, à accepter qu'il pouvait plonger là-dedans, ceci étant, il restait la honte. Incontrôlable pour le moment. Soupirant un peu, il se frotta un peu les yeux, toujours en ressentant le feu qui s'agitait, qui voulait sortir.

Kimmitsu – Ecoute, il me faut juste un peu plus de temps pour tout accepter, je ne peux pas perpétuellement passer au-dessus comme Gabriella le fait. Je voudrai bien, oui, mais pas comme ça, elle est trop... Trop... Je n'en sais rien, mais il y a des jours où je me demande si elle est vraiment humaine.

Josuke – Elle a été élevée autrement et a dû s'envelopper dans une carapace incroyablement solide. Ce n'est pas un mal si tu n'arrives pas à tout surpasser, c'est normal, mais c'est bien pour ça qu'on est là.

Son frère avait écarquillé les yeux, en se reprenant toutefois très vite, même si le ton de sa voix laissait sous-entendre qu'il n'était pas en désaccord. Tout le monde avait déjà dû se poser la question un jour, avec ça, même si personne ne l'exprimait clairement.

Kimmitsu – D'ailleurs, murmura-t-il, si Akane a développé l'eau, il y a de bonnes chances que sa sœur suive, avec ce don ou un autre, surveille les signes. Himako pourra les entraîner si tu arrives à lui reparler. Dis-moi, tu as vu Solène ? Comment va-t-elle ?

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le Dim 4 Juin - 22:04
Kimmitsu – Ce n'est pas de la peur, marmonna-t-il, juste de la honte.

Josuke posa le regard sur son frère, désolé et impuissant. Que pouvait-il faire pour l’aider… ? Il ne connaissait pas cet élément, l’ayant vu chez un adolescent pour la première fois auprès du jeune Jasper. Et Kimmitsu n’avait pas le même caractère, ce don ne s’était même pas développé normalement ! Dès lors, comment l’aider, comment trouver les mots susceptibles de le soulager ? Il n’y connaissait rien… Il observa son frère se frotter les yeux et soupirer, de plus en plus conscient de la gravité de son état. Si Kimmitsu ne relâchait pas son don, il risquait de mourir, de ne pas y survivre, et la honte qu’il ressentait ne pouvait se dissiper au cours d’une simple discussion… Ils en avaient déjà discuté ensemble à maintes reprises. A présent, c’était à lui de se convaincre et d’accepter ce don, comme l’avait dit l’infirmier. Ce qui inquiétait encore plus Josuke qui, même s’il avait confiance en son frère, avait réellement peur pour lui aujourd’hui.

Kimmitsu – Ecoute, il me faut juste un peu plus de temps pour tout accepter, je ne peux pas perpétuellement passer au-dessus comme Gabriella le fait. Je voudrai bien, oui, mais pas comme ça, elle est trop... Trop... Je n'en sais rien, mais il y a des jours où je me demande si elle est vraiment humaine.

Josuke – Elle a été élevée autrement et a dû s'envelopper dans une carapace incroyablement solide. Ce n'est pas un mal si tu n'arrives pas à tout surpasser, c'est normal, mais c'est bien pour ça qu'on est là.

Surpris d’une telle réponse de la part de son frère, Josuke avait été incapable de dissimuler son étonnement ni même son avis malgré ses paroles. Lui-même se posait de nombreuses questions à propos de cette femme, Gabriella de Lizeux, dont tout le monde parlait ici comme s’il s’était agi de la pire personne existant au monde. Elle était forte, nul doute là-dessus, et il l’avait déjà ressenti lorsqu’il l’avait rencontrée pour la première fois au mariage de son frère. Mais, de là à l’avouer à voix haute… En plus, Kimmitsu ne devait pas se sentir coupable à cause de ses propres faiblesses. Il était tout à fait normal de craquer à un moment donné, surtout dans son cas. Il avait perdu sa femme, ses enfants, sa famille, était en fuite et recherché dans deux pays. Comment ne pas craquer après tout ce qu’il vivait ? Surtout qu’il se construisait à peine une vie de famille, qu’il en découvrait tous les aspects depuis peu, et voyait tout lui être retiré en l’espace de quelques semaines… D’ailleurs, Josuke était sûr que Gabriella allait craquer d’un jour à l’autre car elle avait perdu tout autant que Kimmitsu. Il ne devait pas se sous-estimer.

Kimmitsu – D'ailleurs, murmura-t-il, si Akane a développé l'eau, il y a de bonnes chances que sa sœur suive, avec ce don ou un autre, surveille les signes. Himako pourra les entraîner si tu arrives à lui reparler. Dis-moi, tu as vu Solène ? Comment va-t-elle ?

Josuke – Kimmitsu, s’il te plaît, arrête de te préoccuper pour nous… Nous sommes loin de tout ça, au Japon, et je t’assure que je me débrouillerai en ce qui concerne les jumelles. Je ne pense pas qu’Himako acceptera de me parler et… Je ne suis pas sûr de pouvoir lui parler tout de suite vu ce que nous venons d’apprendre. Mais ce sont mes problèmes, pas les tiens. Concentre-toi sur toi et toi uniquement, d’accord ?

Il fit une très courte pause pour signifier à son frère qu’il ne plaisantait pas, qu’il était on ne peut plus sérieux à ce sujet. Kimmitsu avait déjà ses propres problèmes, il risquait sa vie à toute heure du jour et de la nuit à cause de son deuxième don et devait absolument se concentrer pour résoudre cela. Fort heureusement, il sembla se résigner puisqu’il se contenta de marmonner que Josuke était toujours trop protecteur. Ce à quoi lui-même répondit que c’était le rôle d’un grand frère, souriant et lui passant la main dans les cheveux pour lui frotter la tête comme lorsqu’il était enfant.

Kimmitsu – C’était mignon quand j'avais un an, aujourd'hui, j'en ai quarante-deux, dit-il en faisant la moue. Va faire ça à tes filles.

Josuke – Parce que tu crois que je ne le fais pas avec elles ?, dit-il avec un petit rire. Personne n’y échappe ! Et puis, au moins, tu as fait une tête autre que celle que tu as depuis tout à l’heure. Si tu veux, je recommence, aucun problème. Mais je ne suis pas un tortionnaire, j’accepte de te répondre pour Solène si cela peut t’ôter une préoccupation.

Josuke ne pouvait obliger Kimmitsu à ne pas penser à sa famille, lui-même le faisait en cet instant précis et c’est ce qui l’avait poussé à parcourir plusieurs fois les kilomètres séparant le Japon de la France depuis le début de l’année. Qui plus est, si son frère avait des nouvelles de Solène et de ses futurs enfants, peut-être parviendrait-il à se rassurer et à se concentrer sur son don. Actuellement, c’était la principale préoccupation de Josuke : éloigner les inquiétudes de Kimmitsu de manière à ce qu’il puisse relâcher le feu et ne plus risquer sa vie comme c’était le cas actuellement. A côté d’eux, dans l’autre « pièce », Adrien s’activait toujours et allait sans doute revenir à un moment ou à un autre, entre deux patients, pour contrôler l’état de son collègue. Ce qui n’était pas étonnant, Josuke ne pouvait absolument rien faire à propos de sa santé physique… Il se réinstalla dans son siège, regardant toujours son frère avant de lui répondre. Non, il n’avait pas pu voir Solène, mais il avait eu de ses nouvelles par le biais de Munemori qui était encore avec elle aujourd’hui. Et elle s’en sortait très bien, pour la femme fragile qu’ils supposaient qu’elle était. En réalité, il n’en était absolument rien.

Josuke – Solène s’en sort très bien et va bien. Evidemment, je ne peux te mentir en disant qu’elle est en excellente forme mais elle tient le coup et reste souriante d’après ce que m’a dit Munemori. Je n’ai pas encore pu la voir, j’ai immédiatement rejoint Genji pendant que lui allait chez tes beaux-parents pour parler à Solène. Elle est très forte, Kimmitsu, tu dois en être conscient et essayer de ne pas t’inquiéter pour elle plus que nécessaire. Elle est en sécurité, tes beaux-parents sont avec elle comme ses frères qui passent parfois. En tout cas, Munemori a pu les voir une fois au moins.

Josuke fit une pause pour laisser à Kimmitsu le temps de tout enregistrer, étant donné sa fatigue et son état physique. Il essayait vraiment de le rassurer, de lui prouver que, malgré la situation, sa famille n’était pas en danger. Solène était bien entourée à Paris et n’avait pas non plus l’étiquette de « femme de terroriste », même si sa sœur était recherchée et que des gens devaient passer près de la maison de ses parents plusieurs fois par jour. Ou alors, il n’en était rien parce que, justement, ils avaient peur de cette famille. Quoi qu’il en soit, Kimmitsu devait se détendre, au moins un peu… Ce que Josuke dit tout haut en appuyant, ensuite, sur le fait que les enfants allaient avoir besoin de lui. D’après ce qu’il avait vu, Jasper et Laura étaient mal en point et avaient besoin d’un adulte, d’un repère. Ce que seul Kimmitsu était en mesure de leur donner, vu le jeune âge de Solène.

Josuke – Dès que j’aurai pu parler à la mère d’Océane, je retournerai à la station pour essayer de les voir en même temps que Genji. Je ne leur dirai rien pour ton don, si tu ne le veux pas mais il faut que l’on s’organise, avec Solène, pour le voyage jusqu’au Japon. Quand ils seront là-bas, tu n’auras plus aucun souci à te faire, je te promets de veiller sur eux mais ils ont besoin de toi et je refuse de t’entendre envisager la mort. Tu sais ce qu’il te reste à faire… Je te donnerai des nouvelles dans la mesure du possible, tant que cela ne met pas en jeu ta liberté. Est-ce qu’il y a un moyen de te faire parvenir un message ? Même s’il faut un code ou quoi que ce soit, même si cela prend du temps, tu peux me le dire, je le ferai. Tu as besoin de nous et, si les nouvelles de tes proches peuvent te rassurer, je t’en donnerai.

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le Dim 9 Juil - 14:44
Josuke – Kimmitsu, s’il te plaît, arrête de te préoccuper pour nous… Nous sommes loin de tout ça, au Japon, et je t’assure que je me débrouillerai en ce qui concerne les jumelles. Je ne pense pas qu’Himako acceptera de me parler et… Je ne suis pas sûr de pouvoir lui parler tout de suite vu ce que nous venons d’apprendre. Mais ce sont mes problèmes, pas les tiens. Concentre-toi sur toi et toi uniquement, d’accord ?

Lui aussi passait son temps à s’inquiéter pour les autres plutôt que de s’inquiéter pour lui-même, donc lui sortir ça maintenant… Bah, il ne servait à rien d’entrer dans le débat et Kimmitsu n’en avait, très sincèrement, pas du tout le courage, d’autant plus qu’il ne servait pas à grand-chose de vouloir argumenter contre son frère sur ce sujet-là. Il se contenta donc de marmonner qu’il était bien trop surprotecteur, comme à son habitude, il ne pouvait pas s’en empêcher. Son frère sourit tout à coup et lui répondit que c’était là le rôle d’un grand frère, tendant la main pour la lui passer dans les cheveux, comme si le professeur avait encore quatre ans. C’est bon, c’est bon ! Il tendit la main pour repousser la sienne, enfonçant un peu la tête dans l’oreiller, avec l’impression d’avoir l’équivalent d’une tonne de briques lui pesant sur le crâne. Ce n’était même pas de la fatigue, en tout cas, pas une fatigue « saine », de celle survenant après une longue journée ou des efforts importants. Non, ici, c’était plutôt une fatigue maladive, pesante, engourdissant les muscles et l’esprit.

Kimmitsu – C’était mignon quand j'avais un an, aujourd'hui, j'en ai quarante-deux, dit-il en faisant la moue. Va faire ça à tes filles.

Josuke – Parce que tu crois que je ne le fais pas avec elles ?, dit-il avec un petit rire. Personne n’y échappe ! Et puis, au moins, tu as fait une tête autre que celle que tu as depuis tout à l’heure. Si tu veux, je recommence, aucun problème. Mais je ne suis pas un tortionnaire, j’accepte de te répondre pour Solène si cela peut t’ôter une préoccupation.

Disons que cela lui enlèvera vraiment une préoccupation lorsqu’elle pourra rester à ses côtés et qu’il verra qu’elle se porte du mieux possible. Qu’elle vive sans se mettre en danger ni mettre en danger la vie de l’enfant qu’elle portait, des deux enfants, même. Se frottant un peu les yeux en réprimant un frisson à cause de la fièvre, il tourna la tête vers son frère, laissant la main surs on front, pendant qu’il se rasseyait correctement. Lui aussi était fatigué, ça se voyait, ce qui fit se demander à Kimmitsu si son frère gardait tout pour lui ou s’il s’était confié à sa femme… Au fond, le professeur ne croyait pas que son grand frère ait raconté quoi que ce soit à Emiko, ou du moins, juste une toute partie pour ne pas l’angoisser. Si elle savait toute la vérité, elle ferait aussitôt revenir Genji au Japon et il ne se serait plus question qu’il quitte la sécurité de la maison. C’était bien pour éviter les crises d’angoisse et de panique que lui-même n’avait rien dit si longtemps… Aujourd’hui, le cacher n’était plus possible, plus avec les avis de recherches qui circulaient, en France ou au Japon.

Josuke – Solène s’en sort très bien et va bien. Évidemment, je ne peux te mentir en disant qu’elle est en excellente forme mais elle tient le coup et reste souriante d’après ce que m’a dit Munemori. Je n’ai pas encore pu la voir, j’ai immédiatement rejoint Genji pendant que lui allait chez tes beaux-parents pour parler à Solène. Elle est très forte, Kimmitsu, tu dois en être conscient et essayer de ne pas t’inquiéter pour elle plus que nécessaire. Elle est en sécurité, tes beaux-parents sont avec elle comme ses frères qui passent parfois. En tout cas, Munemori a pu les voir une fois au moins.

Il savait qu’elle n’était pas si fragile que ça, cependant, elle était aussi enceinte et il ne l’oubliait pas. Kimmitsu soupira un peu, ne pouvant se sentir vraiment rassuré pour le moment. Il était juste… fatigué. Et savoir Solène au loin, même entourée de sa famille, n’était pas rassurant, la pression n’était pas rien, avec une sœur et un mari recherchés dans tout le pays. Comment faisait Gabriella pour tout gérer ? Son frère ajouta ensuite qu’il devait absolument se détendre, que les enfants allaient avoir besoin de lui.

Josuke – Dès que j’aurai pu parler à la mère d’Océane, je retournerai à la station pour essayer de les voir en même temps que Genji. Je ne leur dirai rien pour ton don, si tu ne le veux pas mais il faut que l’on s’organise, avec Solène, pour le voyage jusqu’au Japon. Quand ils seront là-bas, tu n’auras plus aucun souci à te faire, je te promets de veiller sur eux mais ils ont besoin de toi et je refuse de t’entendre envisager la mort. Tu sais ce qu’il te reste à faire… Je te donnerai des nouvelles dans la mesure du possible, tant que cela ne met pas en jeu ta liberté. Est-ce qu’il y a un moyen de te faire parvenir un message ? Même s’il faut un code ou quoi que ce soit, même si cela prend du temps, tu peux me le dire, je le ferai. Tu as besoin de nous et, si les nouvelles de tes proches peuvent te rassurer, je t’en donnerai.

Kimmitsu – Je ne sais pas vraiment comment s’y prendre, nous n’avons encore rien défini, c’est trop récent et trop dangereux. Tout le monde commence à peine à s’organiser. Et votre courrier va sûrement être contrôlé, à la maison. Celui des parents et des frères de Solène l’est déjà.

Le professeur ignorait si ses beaux-frères géraient bien la situation et s’ils ne pensaient pas eux aussi à la fuite ou à simplement attendre que ça passe. Il ne les connaissait que peu, trop peu pour deviner leurs réactions, et savait que c’était le cas de Solène aussi. Dans tous les cas, se transmettre des messages était pour le moment encore trop risqué et cela ne concernait que les messages ne souffrant pas d’attendre longuement. Autant dire que les échanges familiaux ou amicaux étaient relégués au second plan pour le moment, voir risquaient de passer pour de bon à la trappe durant des mois et des mois. Il fallait être patient… La Résistance se montait, s‘organisait, les travaux progressaient, les élèves arriveront bientôt, peu à peu, il fallait simplement être patient. Tout ira bien…

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