Aller en bas
Adrien de Sora
Adrien de Sora
Réseau Support
Médecin de terrain

Fonction :
  • Admin
Récits : 601

Âge RPG : 35 ans

Cours de Secourisme Empty Cours de Secourisme

le Mer 20 Mar - 7:21
HJ : Ne parlez pas de PLS, les gamins, ça n’existe pas encore, en 1392 !

Anet restait à tenir l’infirmerie, ce matin, il fallait au moins toujours une personne pour s’en occuper et recevoir les blessés, et les malades, surtout dans un endroit pareil. Un endroit où des hommes blessés par balles côtoyaient, en se reposant, des élèves avec une simple gastro. Adrien soupira un peu en vérifiant qu’il n’avait rien oublié, se préparant pour un « cours » qu’il devait donner ce matin aux mômes. C’était nouveau, ça aussi, tiens. Ce n’était plus juste les adultes de la résistance qu’il fallait former mais aussi les gamins. Il transporta le matériel voulu dans une salle encore vide, qui accueillera plus tard l’extension de l’infirmerie, une salle plus grande pour accueillir les convalescents, en plus de la salle d’opération qui était ajoutée en ce moment. Ce n’était pas trop tôt, d’ailleurs, vu les conditions dans lesquelles ils devaient opérer les blessés graves en ce moment… Il y avait plus de chance de les tuer à cause d’une infection que leur sauver la peau. Hélas, les hôpitaux du coin n’étaient pas très accueillants, avec ceux jugés comme des terroristes ou des criminels recherchés.

Pour le moment, et pour le moment seulement, les élèves venaient à ce cours sur base d’inscription et de volontariat. Lorsqu’ils auront plus de personnes, médecins ou infirmiers d’ailleurs, pour les tenir, ça deviendra obligatoire. Même les petits de onze ans pouvaient au moins apprendre la base. Dans la salle, quelques cartons, chaises dépareillées, le matériel qu’il avait emmené, un vieux tableau posé là en attendant et qui servira toute à l’heure. Les élèves arrivèrent peu de temps après, alors qu’il laissait sa blouse habituelle posée dans un coin, pas besoin de ça pour donner cours. Comme à son habitude, sa coiffure et chemise de travers lui donnaient un air assez débraillé ou négligé, mais la différence, c’est que ce n’était pas dû à l’alcool. Il avait juste passé une partie de la nuit à recoudre, soigner les brûlures et soigner comme il pouvait un soldat qui avait été pris en plein dans une explosion. Ils cherchaient plusieurs chirurgiens pour les aider, ne pas être réduits à laisser des médecins généralistes, comme lui, s’occuper des cas aussi graves. Bon, donc, les enfants, au boulot.

Il les fit installer en demi-cercle assis par terre, pour le moment, s’assurant au moins que tout le monde puisse voir le tableau noir d’où il s’était mis. Adrien s’efforçait vraiment de sourire comme d’habitude, sincèrement, car il n’avait pas envie de plomber le moral des mômes ou de se comporter comme si c’était la fin du monde. Et plus il essayait, plus ce sourire lui échappait et disparaissait derrière un visage plus lointain et marqué, qui n’était pas le sien. Sourire alors qu’on avait encore dans les oreilles les gémissements de douleur d’un homme aux portes de la mort, ce n’était pas spécialement évident.

Adrien – Donc, les enfants, on va tâcher de tous vous former aux premiers soins et à être capables de vous occuper, ensuite, des mesures vitales et urgentes, sur le terrain, en attendant de pouvoir conduire la personne auprès d’une personne compétente. A savoir les blessures par balles, par exemple, les os brisés, les hémorragies, brûlures profondes, etc. On va commencer simple, hein, ne vous inquiétez pas.

Par simple, il sous-entendait tout ce qui n’était ni handicapant à long terme ni mortel. Monter dès le premier cours comment faire un garrot à un type qui venait d’avoir la jambe arrachée ne lui paraissait pas très adaptée, alors que plus de la moitié des enfants ici présents ne devaient déjà pas savoir comment réaliser correctement un bandage pour un poignet foulé. Les grands classiques, c’était d’abord s’occuper d’une personne évanouie. Il fit venir un garçon assez grand comme cobaye et le fit s’allonger par terre, se mettant agenouillé derrière lui, au niveau de la tête.

Adrien – Si la situation ne représente aucun danger, le mieux est de laisser la personne sur place en attendant qu’un médecin vienne vous aider. Sinon, supposons que soyez dans une maison en feu ou sur le point de s’écrouler, dans un passage dangereux ou que vous devez tous partir en courant et vite, il y a plusieurs techniques pour tirer une personne inconsciente.

Exemple concret. Il dit au garçon de ne plus bouger d’un pouce, puis commença par le tirer des deux mains sous les bras pour le soulever à moitié et le fit s’appuyer contre lui. Il passa ensuite ses mains sous les bras, attrape le poignet gauche avec la main droite, attrapa le poignet droit avec la main gauche, croisant ainsi les bras du garçon contre son torse, puis se releva lui-même avant de le tirer avec lui en l’emmenant. Cette position permettait de mieux stabiliser le corps, en cas de blessure importante, ce qu’il expliqua aux enfants après avoir fait remettre son cobaye en place.

Adrien – Le problème est que ça demande aussi à ce que le terrain ne soit pas trop accidenté. Vous pouvez simplement attraper la personne par les poignets et la tirer comme ça avec vous, toujours en évitant de cogner la tête, merci. Si vous êtes assez costaud, vous avez la façon de faire des militaires. La faire basculer en travers sur vos épaules, tenir par les jambes et les poignets, et courir. C’est le meilleur moyen quand vous êtes sur un champ de bataille, par exemple, et que vous n’avez que quelques secondes pour dégager. Mettez tous par deux,vous allez déjà vous exercer à ça.

_________________
Cours de Secourisme Bws3
Océane Kara
Océane Kara
Fonction :
  • Membre
Récits : 221

Âge RPG : 16 ans

Cours de Secourisme Empty Re: Cours de Secourisme

le Ven 19 Avr - 10:53
Les cours de secourisme n’étaient pas forcément ceux où elle avait un besoin vital de se rendre, sa mère veillait déjà à ce qu’elle possède les bases nécessaires et les entretiennent, cela dit, une piqûre de rappel ne pouvait pas faire de mal. Assise dans un coin au milieu des autres, face à l’infirmier près d’un grand tableau noir légèrement branlant, elle s’interrogeait surtout sur ce qu’il avait bien pu faire cette nuit. Cette tête de zombie… Elle imaginait qu’il avait dû passer des heures à soigner une personne blessée, le tout avec les moyens du bord et dans un bloc chirurgical de fortune. Une fois le silence fait, leur infirmier commença par présenter en gros l’affaire qui les attendait, et ce à quoi ils seront sans doute confrontées dans le futur. Signe que leur époque allait très mal, que des adultes trouvent parfaitement naturel de leur enseigner comment soigner des blessures par balle. Mais bon, commencer par le plus simple sera bien mieux… Plus de la moitié de la classe ne savait déjà pas réaliser les gestes simples. Mettre un simple petit pansement pour un bobo résumait toutes les capacités médicales de nombreux élèves. L’infirmier commença avec un élève cobaye, allongé par terre, et agenouillé derrière lui.

Monsieur de Sora – Si la situation ne représente aucun danger, le mieux est de laisser la personne sur place en attendant qu’un médecin vienne vous aider. Sinon, supposons que soyez dans une maison en feu ou sur le point de s’écrouler, dans un passage dangereux ou que vous devez tous partir en courant et vite, il y a plusieurs techniques pour tirer une personne inconsciente.

Océane connaissait au moins une méthode, qui était d’ailleurs seule que l’infirmier montra. Soulever à moitié la personne, la tenir par les poignets, croisés contre le torse, sur le devant, puis reculer en tirant. Ainsi, la tête n’était pas ballotée et surtout, la colonne vertébrale risquait moins. Dans tous les cas, mieux valait éviter au maximum de déplacer une personne évanouie, si on le pouvait… Au vu de la tête de certains, ils n’avaient effectivement jamais vu quelqu’un faire ça. Dans le même temps, pas quelque chose qu’on pratiquait couramment, du moins, pas eux, élèves dans une école protégée du mieux possible de la folie meurtrière de certains. La lycéenne détaché ses cheveux, massant un peu la nuque, puis les rattacha plus serrés pour ne pas être gênée dans ses mouvements, pour la suite. La théorie, c’est bien, mais ce qui compte vraiment, c’est la pratique, comme dit toujours son père. Avec un peu de chance, tous les élèves ici prendront ça au sérieux et pas comme un cours imposé de plus non utile.

Monsieur de Sora – Le problème est que ça demande aussi à ce que le terrain ne soit pas trop accidenté. Vous pouvez simplement attraper la personne par les poignets et la tirer comme ça avec vous, toujours en évitant de cogner la tête, merci. Si vous êtes assez costaud, vous avez la façon de faire des militaires. La faire basculer en travers sur vos épaules, tenir par les jambes et les poignets, et courir. C’est le meilleur moyen quand vous êtes sur un champ de bataille, par exemple, et que vous n’avez que quelques secondes pour dégager. Mettez tous par deux, vous allez déjà vous exercer à ça.

Oui… En situation d’urgence, ne rien casser de plus à une personne inconsciente passait largement derrière lui sauver la vie et préserver celle de celui qui la portait. Une remarque qu’elle dû souligner à un des garçons qui lança que c’était stupide, de porter comme ça, car on risquait de lui faire encore plus mal. Océane marmonna qu’entre lui casser une cheville en courant avec elle ou la laisser mourir sur place d’une balle en pleine tête, le choix était pourtant vite fait. Elle était même sûre que les soldats engagés, entre 1914 et 1918, avaient eux aussi dû hésiter très longtemps, avant de prendre cette décision ! Le garçon la boucla mais elle entendait nettement, quand il s’éloigna avec ses copains, marmonner « sale asiat’ ». Racisme ordinaire, quand tu nous tiens, c’était loin d’être la première fois. Enfin bref. Ils se mirent en équipe de deux pour l’entraînement, et comme Océane s’y était attendue, certains prenaient ça complètement à la rigolade. Quelle tristesse… Pourquoi en rire alors que c’était plus important que tout, ça les amusait juste de se traîner les uns les autres ?

C’était souvent comme ça, de toute façon, une salle de classe donne le sentiment que ce n’est pas si important ou utile. Que ce n’est pas si grave ou contraignant. Que ce n’est pas la réalité, somme toute… S’ils se trouvaient vraiment sur un champ de bataille… Le stress et la panique en plus, comment être sûr de bien réagir ? Personne ne pouvait dire à l’avance comment il se comportera dans la vie réelle…

_________________
Cours de Secourisme Edqt
Antoine Lefort
Antoine Lefort
Fonction :
  • Membre
Récits : 50

Âge RPG : 16 ans

Cours de Secourisme Empty Re: Cours de Secourisme

le Dim 21 Avr - 10:07
Les signes les plus flagrants prouvant la fatigue et l’inquiétude ambiante, c’était lorsque même les personnes habituellement très calmes et souriantes se comportaient d’une autre façon, exactement comme leur infirmier aujourd’hui. L’effort pour sourire quand même était louable, évidemment, mais bon… Il avait surtout la tête de quelqu’un qui n’avait fermé l’œil une seule seconde cette nuit, de quelqu’un qui avait plutôt hautement stressé et eut peur la nuit entière, et essayait tout de même de faire comme si tout allait bien ce matin. La curiosité avait un peu piqué Antoine, cela dit, il préférait encore ne pas savoir ce qu’avait fait le docteur cette nuit. Ils s’étaient installés en demi-cercle, face à monsieur de Sora et le tableau légèrement branlant juste à côté. Antoine baissa un peu la tête, le temps d’étouffer un bâillement.

– Donc, les enfants, on va tâcher de tous vous former aux premiers soins et à être capables de vous occuper, ensuite, des mesures vitales et urgentes, sur le terrain, en attendant de pouvoir conduire la personne auprès d’une personne compétente. A savoir les blessures par balles, par exemple, les os brisés, les hémorragies, brûlures profondes, etc. On va commencer simple, hein, ne vous inquiétez pas.

Ah oui… Les blessures par balle, carrément. Le lycéen eut un léger frisson, avant de se ressaisir, c’était la réalité et il fallait s’y habituer. Il observa avec un grand soin la technique utilisée pur tirer au loin une personne évanouie, ne connaissant quasiment rien dans ce domaine. Ça ne faisait vraiment pas mal à la personne, enfin, plutôt, ça ne la blessait pas encore plus ? Évidemment, si vous aviez des balles à vous siffler aux oreilles, tant pis pour les blessures supplémentaires, mais bon. Il se demandait aussi si on pouvait y arriver avec une personne bien plus grande ou grosse que vous. Son père lui avait souvent dit qu’il ne fallait pas négliger l’importance de la forme physique, qu’avoir la tête bien faite ne suffisait pas. Un esprit sain dans un corps sain, comme il répétait tous les jours ! Enfant, Antoine ne s’imaginait pas vraiment que cette maxime sera particulièrement importante dans une telle situation.

Tirer un enfant, un camarade de classe, c’était une chose, tirer un homme adulte et bien plus grand que vous, s’en était une autre. Dans l’urgence, on racontait que la bouffée d’adrénaline qui vous envahissait vous donnait aussi plus de forces. Assez, néanmoins, pour sauver une personne comme ça si vous-même étiez plus petit ? Là, avec le docteur, ça paraissait facile ! Il était plus grand, sans nul doute beaucoup plus habitué, et il avait tiré Alexandre comme s’il ne pesait pas plus lourd qu’une poupée de chiffon ! Antoine savait déjà qu’il aurait déjà du mal à ne serait-ce que soulever un homme comme lui, le temps de lui attraper les poignets, alors ne parlons même de le tirer ensuite avec lui. Prendre un peu de muscle et des forces se révélait, de plus en plus, être une priorité absolue.

– Le problème est que ça demande aussi à ce que le terrain ne soit pas trop accidenté. Vous pouvez simplement attraper la personne par les poignets et la tirer comme ça avec vous, toujours en évitant de cogner la tête, merci. Si vous êtes assez costaud, vous avez la façon de faire des militaires. La faire basculer en travers sur vos épaules, tenir par les jambes et les poignets, et courir. C’est le meilleur moyen quand vous êtes sur un champ de bataille, par exemple, et que vous n’avez que quelques secondes pour dégager. Mettez tous par deux ,vous allez déjà vous exercer à ça.

Oui, bah, déjà qu’ils pouvaient avoir du mal à tirer une personne, la porter carrément sur ses épaules, et pire encore courir comme ça, relevait du niveau supérieur et il n’en était clairement pas capable. Pas tout de suite, en tout cas. Ils s’éparpillèrent un peu dans la salle, deux par deux ou petits groupes, pour s’exercer. Certains prenaient ça au sérieux, d’autres à la rigolade, quelques uns ne démontraient rien de particulier et se contentaient de faire ce qu’on leur demande. Antoine s’appliquait, même s’il n’était pas spécialement très fort. Ça semblait facile, ils avaient à peu près tous le même poids et la même taille, et justement, ce n’était pas bon. Apprendre les bons gestes, c’était bien, mais pour la pratique, il faudrait le faire même avec des personnes plus âgées ou grandes.

_________________
Cours de Secourisme 377744Signature1Antoine
Adrien de Sora
Adrien de Sora
Réseau Support
Médecin de terrain

Fonction :
  • Admin
Récits : 601

Âge RPG : 35 ans

Cours de Secourisme Empty Re: Cours de Secourisme

le Ven 9 Aoû - 7:55
Donner des cours, ce n’était pas vraiment son truc, même s’il fallait bien le faire, dans ce genre de cas. Parce qu’il avait toujours trouvé assommant de se retrouver face à des gamins qui ne réalisaient pas que ces gestes, même simples, pouvaient sauver une vie. D’un autre côté, tant mieux, s’ils ne réalisaient rien, car ça voulait dire qu’ils menaient une vie protégée. Adrien passa entre les groupes, corrigeant parfois, observant et donnant les bons conseils. L’argument « Mais comment faire si X est plus lourd/plus grand ?? » n’en était pas vraiment un… Une fois plongé en pleine action, la panique, la peur, le stress et l’adrénaline fournissaient, tous ensemble, une nouvelle force non négligeable. Une grosse poussée de stress et d’adrénaline permettait aux personnes de faire des miracles et c’était bien logique ! Lorsque le cerveau hurle « Danger ! », tout le corps se mettait en branle pour réagir et vite. Ce n’étaient que des simples réflexes de survie, exactement les mêmes que ceux vous faisant plonger à toute vitesse sous un abri, sur un champ de bataille, lorsque les balles commençaient à pleuvoir sur vous.

Pas que ces gamins allaient vite se retrouver sur un champ de bataille, cela dit, sauf si… Mmh… Bref…

Ils n’avaient malheureusement pas beaucoup de temps, pas autant qu’il le faudrait, y compris pour une leçon de base, aussi Adrien passa-t-il, une fois que tout le monde ait pu s’exercer, à la technique suivante. Très terre à terre, très pratique, très utile, très utilisée par pas mal d’adultes ici ces dernières semaines, comment stopper un saignement. Bien évidemment, il n’allait pas leur faire un dessin pour les petites égratignures. Un pansement, un bisou dessus et c’est réglé. Adrien commença par leur expliquer ce qu’étaient les hémorragies, surtout parce qu’il en avait déjà vu certains de ce groupe arriver à l’infirmerie, paniqués de perdre tout leur sang, alors qu’ils avaient quoi, une égratignure de quatre centimètres, à peine profonde ? L’hémorragie, la vraie, était bien plus impressionnante et dangereuse que ça. Il leur dit cependant que tout le corps n’était pas à « égalité ». Par exemple, avec une arcade sourcilière fendue, la quantité de sang semble impressionnante, alors qu’en réalité, ce n’est pas tant que ça. Dans ce cas, le plus dangereux reste le choc à la tête et la perte de sang elle-même.

– Imaginez le corps comme une grande bouteille. Si une grave coupure se fait au niveau du bras, la perte de sang va entraîner un grave déséquilibre. Pour y remédier en partie, il faut toujours allonger la victime bien à plat sur le sol, idéalement sur le dos.

Il s’interrompit lorsqu’un des plus jeunes élèves du groupe, de douze ou treize ans, ne put retenir un petit gloussement au début de la phrase. Adrien sourit, très doucement, laissant au placard les égards dus au jeune âge et tout ce qui avec,  comme le risque de choquer.

– Mon cher enfant, il y a, parmi tous tes professeurs, trois d’entre eux qui seraient morts comme des chiens si personne autour d’eux n’avait su quoi faire, lorsqu’ils étaient en train de se vider de leur sang. Donc écoute et ferme-la ! C’est clair ?

La diatribe eut au moins le mérite de faire taire aussitôt le petit garçon, comme tous ceux qui étaient autour. Bien ! Ils ne devaient pas non plus avoir l’habitude d’entendre le docteur de l’école parler de cette façon, mais peu importe, tant que ça fonctionnait. Adrien n’était pas là pour les materner mais pour leur apprendre comment survivre en cas de blessure grave ou d’accident, point final. Il reprit son explication, disant d’abord à quoi servait un garrot et comment en appliquer un. Il en fit la démonstration sur un des élèves, sans, bien sûr, serrer aussi fort qu’il le devrait. Pour le garrot, tout ce qu’ils avaient sous la main ferait l’affaire ! Un tissu, un vêtement, une ceinture, et leurs propres mains si jamais ils n’avaient vraiment rien de valable ou s’ils devaient agir en urgence le temps que quelqu’un trouve quelque chose. Jusque là, ils suivaient tous ? Bon.

– Il y a entre cinq et six litres de sang, dans le corps, suivant le poids, le sexe et l’âge. Le sang transporte l’oxygène, comme vous le savez, plus vous en perdez, plus votre corps va s’affoler, et plus vous vous affaiblirez. Lorsque que c’est une veine qui est coupée, le sang sera plus foncé, mais ce sera aussi plus facile à stopper. Une compression puissante, la victime au sol, et agir vite. Plus facile car le sang s’écoulera moins vite. Si l’hémorragie survient après une grave coupure de la peau, d’une artère ou autre, le sang sera plus clair, bien rouge, mais surtout, l’écoulement sera plus rapide et plus important. J’insiste sur l’urgence de l’action ! Il ne faut que très peu de temps pour qu’une hémorragie soit fatale.

Cette fois-ci, leur attention était complète. Sans doute parce que c’était extrêmement concret ? Tout le monde ici s’était coupé au moins une fois, ne serait-ce qu’avec le bord d’une feuille en papier, ils savaient tous qu’une petite coupure faisait déjà mal. Alors une énorme… Là encore, il les fit s’entraîner à serrer des garrots ou compresser sur des barreaux en bois et dans une moindre mesure, sur leurs camarades. Un des jeunes demanda si ça ‘allait pas faire encore plus mal à la victime, de serrer comme ça, ce à quoi Adrien répondit que c’était comme pour l’exemple précédent. Entre lui faire mal avec cette technique ou éviter de la toucher mais ne pas lui sauver la vie, le choix était vite fait.

– Dites-vous bien qu’en cas d’urgence vitale, vous ne devrez jamais hésiter, même si au passage, vous devez rajouter une autre petite blessure à la victime. Décrit ainsi, ça peut sembler simple. Mais en situation réelle, ce qu’on sous-estime souvent, ce sont la peur, la panique, le stress. Surtout si la victime est un de vos proches. L’un d’entre vous sait comment contrôler tout cela ?

_________________
Cours de Secourisme Bws3
Contenu sponsorisé

Cours de Secourisme Empty Re: Cours de Secourisme

Revenir en haut
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum