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Céleste Dumoulin
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le Dim 24 Mar - 16:33
Ils venaient à peine d’arriver, étant les derniers dans les professeurs visiblement, et avaient pris le temps de tout bien ranger pour Lucas. D’autres de leurs collègues faisaient cela au fur et à mesure, n’étant pas pressés, mais Céleste tenait à ce que Lucas ne soit pas plus perturbé que nécessaire par cet énième déménagement forcé. Le pauvre ne restait plus au même endroit plus de quelques mois avant de devoir partir à nouveau… Même si, ici, c’était un mal pour un bien comme il ne s’entendait avec personne à l’école primaire. Cependant, la jeune femme ne pouvait s’empêcher d’avoir des remords, s’en voulant d’infliger cela à son petit frère. Encore qu’il serait peut-être tombé entre de mauvaises mains si ses parents n’avaient pas eu cet accident, que le don de son frère se serait développé dans tous les cas et que la famille proche ne pouvait le comprendre. Réprimant un frisson en imaginant ce qui se serait passé, Céleste déplia un carton pour le mettre dans un coin avec les autres, soufflant en ramenant une mèche rebelle derrière son oreille. Se redressant, elle mit ses mains sur ses hanches, observant leur nouvel appartement, pas encore habituée aux bruits des environs. Il leur faudrait, très certainement, plusieurs jours avant de s’accoutumer à tout cet environnement. Mais ils étaient vivants.

Et avec cette chance, Céleste s’était enfin motivée, résolue à aller trouver Kimmitsu pour lui demander des séances d’entraînement. En ces jours plus difficiles, autant moralement que physiquement, cela lui ferait le plus grand bien. Et puis, c’était ridicule de ne plus spécialement lui parler depuis un moment, en plus de l’éloignement forcé qu’il avait vécu en quittant le Pensionnat. En dehors des habituelles conversations entre collègues, elle ne restait pas vraiment seule avec lui alors qu’elle l’avait pas mal épaulé lors de sa « maladie ». La jeune femme n’avait pas encore demandé, il s’agissait d’une simple idée qu’elle avait eue ce matin pour éviter d’entendre Cyprien lui parler de son anniversaire très proche qu’elle refusait de fêter. C’était normal, et il la comprenait, naturellement, mais il essayait tout de même de faire un peu pression. De l’influencer, car c’était une bonne journée, que cela leur mettrait du baume au cœur. Oui, bah… Baume au cœur ou pas, elle ne comptait pas le faire. Désolée, c’était impossible, cette date resterait probablement douloureuse pour elle durant de nombreuses années encore. Maintenant, elle n’excluait pas que Cyprien parvienne à la faire changer d’avis, il l’avait bien poussée à réutiliser son don pour s’entraîner, alors bon…

Restait que l’entraînement était primordial, surtout si elle se mettait à effectuer des missions pour la Résistance à son tour, comme le lui avait dit Gabriella lorsqu’elle était allée la voir. Rattachant mieux ses cheveux, comme Cyprien et Lucas étaient sortis pour voir un peu le domaine « entre hommes », Céleste décida que c’était le bon moment pour aller trouver son collègue. Mais où le trouver… ? Autant commencer par la salle de gymnastique, qu’elle savait séparée en deux pour les arts martiaux et les cours de sport. Si elle ne trouvait pas Kimmitsu là-bas, cela signifierait qu’il était occupé et qu’elle ne devait pas le déranger maintenant, elle lui laisserait simplement un mot. Un plan B pour ne pas se défiler, cette fois. D’avance, elle prit du papier et un crayon, juste au cas où, et sortit de l’appartement en quête des terrains de sports. Elle n’avait pas encore reçu les plans, qu’ils devaient tous recevoir lors de la réunion de mise au point, et comptait se débrouiller avec sa mémoire en attendant. Cela prenait plus de temps, oui, mais c’était plus intelligent.

D’après ce que Céleste avait pu remarquer, il y avait deux bâtiments principaux : le couvent et le monastère, avec chacun plusieurs parties. Le couvent était destiné à la vie en général et le monastère aux cours, à la vie scolaire. Sur le terrain en lui-même, avec les extérieurs, il y avait aussi un autre bâtiment, plus éloigné, qui servait pour la Résistance au sens propre : les entraînements, la partie administrative sans aucun doute… Et d’autres choses du même genre. Mais elle aurait le temps de visiter plus tard, sauf peut-être le centre de la Résistance auquel on ne pouvait accéder sans autorisation, très probablement. Quittant le couvent silencieusement en croisant déjà des élèves qui visitaient le nouveau terrain, elle se pressa contre le mur pour ne pas les déranger, un sourire aux lèvres en rattrapant de justesse un de sixième qui avait manqué de glisser en courant trop vite. Son ami avait fait demi-tour en voyant qu’il courait tout seul, penaud, pensant qu’ils allaient se faire disputer.

Céleste – Ne faites pas ces têtes, les garçons ! Je ne vais pas vous manger, je voulais seulement empêcher un malencontreux accident. Ce n’est pas le moment de se blesser et de donner plus de travail à Monsieur de Sora donc faites attentions.

Ils répondirent, d’une même voix, qu’ils seraient prudents et la remercièrent sans que Céleste ne comprenne trop pourquoi. Elle avait vraiment cette réputation de professeure froide… ? Hum. Bon, tant pis, après tout, elle n’avait pas ces deux dons pour rien, elle assumait parfaitement sa réputation si cela lui permettait de se faire respecter en cours. Autant, au début, cela la dérangeait, autant maintenant… Peu lui importait. Cyprien lui avait prouvé qu’il était possible de l’apprécier malgré son comportement plus distant, elle n’allait pas se forcer à être chaleureuse alors que ce n’était pas dans son caractère. Par contre, glaciale… Il fallait qu’elle fasse des efforts. Descendant les escaliers et quittant le couvent, perdue dans ses pensées pendant le trajet, Céleste dut revenir sur ses pas à plusieurs reprises, se retrouvant près du camp d’entraînement puis près du monastère puis dans le parc simplement, avant d’enfin trouver les terrains de sport. Vivement la carte, finalement…

La jeune professeure avait resserré son manteau contre elle, habillée plus simplement sans se préoccuper des apparences, ici, mais bien couverte malgré tout avec le froid. Elle portait une jupe ample et un chemisier blanc, en plus de son gros manteau, n’ayant pas mis de robe pour faciliter le déballage des derniers cartons. Dans l’appartement, elle avait même retroussé ses manches pour être tranquille, privilégiant le côté pratique. Quant à ses chaussures, elle avait préféré sortir celles qu’elle utilisait pour les cours pratiques de la foudre, et qu’elle pouvait donc abîmer à loisir. La matinée terminée, le soleil réchauffait un peu l’atmosphère mais ils étaient en hiver… Le début de l’après-midi restait froid mais agréable, surtout pour elle qui y était nettement moins sensible que son compagnon. Cherchant l’entrée du dojo, elle se dirigea vers le petit bâtiment en pierre qu’elle vit au bord du terrain de foot, fermée par des doubles-portes en bois. De nombreuses fenêtres ainsi que des rideaux, ce qui était étrange à ses yeux puisque la salle de sports du Pensionnat n’était pas de ce genre-là, loin de là. Et le dojo… Il était là-dedans, vraiment ? Sans doute, puisqu’il n’y avait pas d’autre bâtiment dans le coin.

Poussant les doubles-portes, Céleste demanda tout haut s’il y avait quelqu’un, ne recevant que l’écho de sa propre voix comme réponse. La salle était très grande mais, visiblement, destinée aux cours de sports. A droite, cependant, son regard tomba sur une autre porte qui lui fit froncer les sourcils, la jeune femme s’y dirigeant pour l’ouvrir et trouver, enfin, ce qui devait être le dojo. Donc, le bâtiment était divisé en deux. Salle de gymnastique et dojo. Contrairement à la salle précédente, celle-ci était plus sombre malgré le nombre correct de fenêtres, les arbres couvrant cette partie du bâtiment et dissimulant la lumière du jour. Le sol de la salle entière était recouvert de tapis, sans rien, vide sans eux. Tout ce qu’elle vit étaient des placards en bois dans le fond de la salle près de paravents blanc cassés qui avaient déjà bien vécus. Mais aucune trace de Kimmitsu… C’était prévisible.

Elle s’installa à même le sol, comme il n’y avait pas de table et que tout était rangé dans un coin, et sortit la feuille pour commencer à écrire son mot à destination de son collègue. De longues minutes s’écoulèrent, durant lesquelles elle eut le temps de terminer le mot et de se relever, hésitant à partir et à laisser son mot sur la porte ou l’un des placards. Après tout, il était très occupé… Mieux valait ne pas rester ici durant des heures. Elle plia la feuille sur laquelle elle écrivit « Pour Kimmitsu, de la part de Céleste », cherchant un endroit où la mettre pour que son collègue tombe dessus, ignorant où le trouver et refusant d’aller le déranger dans le centre de formation. Son regard tomba alors sur les placards, dont les portes étaient fermées, lui donnant une idée. S’en rapprochant, Céleste glissa légèrement son mot entre les portes du placard de manière à ce qu’il soit suffisamment visible pour attirer l’attention. Au moins, elle avait franchi le pas, c’était déjà ça, non ? La jeune femme hésita encore quelques secondes puis reprit la direction de la sortie, ouvrant la porte… en même temps que quelqu’un d’autre. Kimmitsu. Surprise, elle recula d’un pas, comme si lui n’avait rien à faire ici, avant de réaliser qu’elle avait simplement fait un bond et que le directeur devait se poser bien des questions.

Céleste – Désolée, je m’étais habituée au silence, je…, commença-t-elle avant de s’interrompre. En fait, je venais te voir mais je m’attendais à ce que tu ne sois pas là donc j’ai laissé un mot sur la porte des placards. Je me demandais si tu pouvais me donner… quelques cours, comme tu avais essayé de faire avec ton élève, il y a déjà un bon moment maintenant. Pas maintenant évidemment, je me doute que tu as énormément de travail, mais c’était pour savoir si tu étais disponible, si tu avais un moment à me consacrer.

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Kimmitsu Nakajima
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le Sam 30 Mar - 10:40
C’était tout de même terrible de voir une telle habitude dans les yeux d’une personne face à ce genre d’événements. Même dans les yeux de toute l’équipe. Aucun d’entre eux ne prononça le moindre mot de plus, ni ne pleura, même, avant de repartir. C’était comme ça, c’était fini, les larmes ne pourraient plus soulager qui que ce soit. Seule le lieutenant resta sur place, les bras serrés autour d’elle dans une maigre tentative de se protéger du monde extérieur, debout face à la tombe dont on venait de reposer la dalle. Pour le moment, encore, rien n’était posé dessus, si ce n’était une inscription gravée dans le marbre, une bougie allumée et faible dans le vent léger de ce mois de janvier, et une photo du colonel Gavin, dans un cadre en bois posée près de l’inscription. Une photo où il souriait de toutes ses dents, plus jeune et l’esprit sûrement bien plus tranquille qu’il ne l’avait été au moment de son décès. L’enterrement s’était fait en petit comité, la dalle posée presque aussitôt pour sceller la tombe, sitôt le cercueil descendu à terre. Une cérémonie presque secrète, à l’écart dans le petit cimetière, loin des enfants qui arrivaient peu à peu dans l’école et partaient à son exploration.

Kimmitsu ne se sentait pas très bien, face à cette tombe, sans trop savoir ce qu’il ressentait exactement. Il avait bien plus côtoyé le colonel, depuis que tous avaient dû prendre la fuite, s’éloigner du pensionnat. Comme il avait fréquenté plus assidûment de nombreux militaires. Tout s’était passé si vite… Un bref mouvement de panique, des familles devant fuir, puis un tir par un sniper. Ils n’avaient même pas vu le tireur ou su depuis où il tirait, ils avaient juste vu le colonel se figer un bref instant puis s‘écrouler de tout son long, le visage en sang. Mort, comme ça, si soudainement, si… Évidemment, des morts aussi brutales, il y en avait eu d’autres, mais le professeur n’était pas encore habitué à ça, au contraire de pas mal de militaires ici. La mort avait frappé en une si brève seconde, sans crier gare, si vite qu’il n’avait pas réussi aussitôt à comprendre ce qui arrivait, que c’était bien réel. Il quitta le cimetière à son tour, après un dernier regard pour Isabelle, restée agenouillée devant la tombe. Que dire, de toute manière, dans ce genre de moments ? Elle l’avait dit elle-même, c’était la guerre…

Dans le parc, les enfants jouaient et se poursuivaient, insouciants pour la majorité, découvraient les lieux et s’amusaient. Ils criaient parfois, discutaient, parlaient avec animation de ce nouvel endroit ou des cours qui reprendront bientôt. Une scène parfaitement normale, naturelle, qui lui semblait pourtant complètement irréelle. Il était glacé, tremblant de froid alors que la température n’était pas si basse que ça. Rentrant dans le bâtiment réservé aux cours des port, il traversa la salle d’un pas rapide, poussant ensuite la porte du dojo et tomba nez à nez sur Céleste qui fit d’un coup un bond en arrière. Par pur réflexe, Kimmitsu tourna rapidement la tête, s’attendant à voir un homme en armes entrer brusquement et les menacer, mais il n’y avait rien. Qu’est-ce que… C’était lui qui lui avait peur ? Il ne portait même pas son uniforme, mais une tenue sombre et sobre, adaptée pour un enterrement. Que faisait-elle ici, de toute façon, avait-elle besoin de cette salle pour préparer un cours ? Dans ce cas, autant prendre la salle de sport, elle était bien plus grande.

Céleste – Désolée, je m’étais habituée au silence, je…, commença-t-elle avant de s’interrompre. En fait, je venais te voir mais je m’attendais à ce que tu ne sois pas là donc j’ai laissé un mot sur la porte des placards. Je me demandais si tu pouvais me donner… quelques cours, comme tu avais essayé de faire avec ton élève, il y a déjà un bon moment maintenant. Pas maintenant évidemment, je me doute que tu as énormément de travail, mais c’était pour savoir si tu étais disponible, si tu avais un moment à me consacrer.

Kimmitsu – C’est bon, je n’ai… plus rien de particulier à faire avant ce soir. Entre donc. Tu veux un café ?

Le ton de la voix était presque normal, preuve qu’il commençait tout de même à s’habituer malgré lui. Traversant le dojo, il fit signe à Céleste d’entrer dans le bureau commun qu’il partageait avec la mère d’Océane et les professeurs de sport ayant besoin de stocker quelques documents ou leur tenue, dans les vestiaires en ferraille, dans un coin. Trois petits bureaux étaient chacun couvert de divers documents, avec des plans de la salle, un inventaire du matériel disponible, des listes d’élèves sans doute oubliées et posées en pile contre un petit carton rempli de balles en mousse. Kimmitsu enleva sa veste noire et l’accrocha au porte-manteau, les gestes encore un peu secs. Il restait hanté par le souvenir du colonel s’effondrant tout d’un coup. Il oubliera, lui avait-on dit… le temps guérissait tout…. Le temps permettait d’intégrer tout cela et vivre avec, la greffe allait prendre au fil des jours. Il commença à préparer le café, et du thé pour lui, dans le petit coin où ils avaient laissé tout ça un peu en vrac, avec les tasses.

Kimmitsu – Tous nos collègues devraient suivre quelques cours, tu sais, ça vaudra mieux, pour rester préparés. Pour… Je ne sais pas si tu es déjà au courant, mais il y a eu des décès, dans l’équipe. Eva, la bibliothécaire, tu devais la connaître un petit peu… Elle est décédée au mois de décembre, au cours d’une bataille. Le colonel Gavin a été enterré ce matin. Il est mort il y a trois jours, pendant l’évacuation d’une petite communauté d’élémentaires. Il y a eu des blessés graves, le petit frère de Gabriella est encore dans le coma.

Il lui servit une tasse, une fois le café assez chaud, la posant dans le seul coin libre d’un des bureaux. Dans le cas de Paul, il avait été capturé et torturé pour donner des informations sur sa grande sœur, la résistance, tout ce qu’il avait pu apprendre… Gabriella n’était déjà pas très patiente, de base, alors qu’on touche à un de ses frères l’avait rendue très agressive. Adrien ne savait toujours pas si le jeune homme de vingt-trois ans allait se réveiller un jour.

Kimmitsu – Qu’est-ce qui t’a décidé, d’un seul coup ? Il y a eu un autre problème, avant l’effondrement de l’école ?

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le Sam 13 Avr - 23:35
Kimmitsu – C’est bon, je n’ai… plus rien de particulier à faire avant ce soir. Entre donc. Tu veux un café ?

Oh, heu… D’accord. Céleste ne s’attendait pas vraiment à ce que son collègue soit disponible aujourd’hui, maintenant surtout, mais soit. S’il était là, qu’il n’avait rien à faire avant ce soir, elle était là et avait envie de s’impliquer, d’apprendre à se défendre et à défendre ceux qu’elle aimait. Elle ne voulait plus subir, Cyprien le lui avait fait comprendre par ses réactions et ses pensées. Et se maîtriser devenait de plus en plus important, ses entraînements avec son don augmentaient de plus en plus en intensité pour qu’elle puisse récupérer le niveau qu’elle avait en quittant l’école, voire le dépasser. C’était son but, en plus de celui de quitter la peur qui rôdait toujours dans un coin, même si elle se faisait violence et parvenait à la chasser loin de son esprit pendant ses entraînements. Céleste apprenait… tout, en fait. Comment vivre avec quelqu’un, un enfant et un compagnon, comment s’ouvrir davantage aux autres. Comment ne pas vivre dans le passé, tout simplement. Elle y arrivait, petit à petit, mais Cyprien était incroyablement patient.

La jeune femme suivit son collègue, traversant le dojo pour rejoindre une petite pièce à l’écart qu’elle avait aperçue plus tôt sans oser y entrer, comme il n’y avait personne. Une fois à l’intérieur, il était clair qu’il s’agissait du bureau que Kimmitsu partageait avec sa collègue, des documents traînant çà et là sur les trois bureaux déjà placés dans la pièce. Céleste n’osa pas s’installer, attendant simplement son collègue qui ôtait sa veste noire pour la déposer sur un porte-manteau, agissant avec des gestes secs, ce qui l’étonna d’ailleurs un peu mais elle ne le souleva pas. Sans doute cette période loin de l’école et plongé dans les batailles l’avait-il changé… Il commença à préparer le café et le thé, tandis que Céleste promenait son regard un peu partout en attendant qu’il parle, dise quelque chose, trouvant la situation décalée par rapport à ce qu’ils vivaient aujourd’hui. Et puis, ils étaient tous les deux ailleurs, Kimmitsu pour une raison qu’elle ignorait, et elle-même pour son anniversaire et l’entraînement qu’elle souhaitait suivre. Le professeur d’arts martiaux intimidait nombre de leurs collègues, surtout depuis la dernière réunion qu’ils avaient eue tous ensemble, et elle n’échappait pas à la règle.

Kimmitsu – Tous nos collègues devraient suivre quelques cours, tu sais, ça vaudra mieux, pour rester préparés. Pour… Je ne sais pas si tu es déjà au courant, mais il y a eu des décès, dans l’équipe. Eva, la bibliothécaire, tu devais la connaître un petit peu… Elle est décédée au mois de décembre, au cours d’une bataille. Le colonel Gavin a été enterré ce matin. Il est mort il y a trois jours, pendant l’évacuation d’une petite communauté d’élémentaires. Il y a eu des blessés graves, le petit frère de Gabriella est encore dans le coma.

Comm… Quoi ? Céleste blêmit d’un seul coup, stoïque, ne parvenant pas à remercier Kimmitsu pour la tasse de café qu’il avait déposée sur la table pour elle. C’était pour cela, cette veste noire, ces vêtements, ces gestes secs… Elle resta muette, cherchant les paroles à prononcer sans oser les dire. « Désolée », « Mes condoléances », « Comment va-t-il ? »… Que des paroles creuses, en ces temps difficiles. Cela ne signifierait que meubler, et rien d’autre, parler pour ne pas laisser un silence s’installer – silence qui ne dérangeait pas Céleste habituellement. Mais ici… Il avait raison. Tous devraient suivre des cours, et ils étaient bien trop peu nombreux à en manifester l’envie. Ceux qui avaient suivi dans cette nouvelle école restaient peut-être par « habitude » ou par crainte de ne pas survivre à l’extérieur. Tout le monde était en danger, mais eux n’avaient pas encore le mental du danger omniprésent, de la mort qui pouvait surgir à tout moment et frapper les amis comme les simples connaissances.

Kimmitsu – Qu’est-ce qui t’a décidé, d’un seul coup ? Il y a eu un autre problème, avant l’effondrement de l’école ?

Céleste – Je… Heu…, commença-t-elle, encore perturbée. Il n’y a pas eu d’autre problème particulier au sujet de l’école, ne t’inquiète pas, je pense que vous savez tout. Je… Je pense que c’est plus personnel. J’écoute plus mon don, maintenant… Peut-être qu’il m’influence dans les choix que je fais, aujourd’hui. Je veux aussi être plus utile.

Réponse un peu simple et trop vague, elle le comprit par l’absence de réaction de Kimmitsu, il ne répondit pas à ce qu’elle venait de dire. Il fallait qu’elle reprécise, mais comment ? Il ignorait pour les problèmes avec son don, les entraînements qu’elle suivait depuis des semaines maintenant, peut-être même ignorait-il sa démarche pour s’engager dans la Résistance et servir à quelque chose, enfin. Elle ne voulait plus être spectatrice mais restait prudente par peur de faire subir à son petit frère une autre perte. Elle refusait également de faire vivre une nouvelle fois une vie de couple dangereuse et incertaine à Cyprien qui lui avait clairement dit ce qu’il attendait. Mais il savait… Il connaissait ses intentions, ils en avaient plus ou moins parlé ensemble même si certains points restaient encore à approfondir. Ils avançaient à tâtons, tous les deux. En fin de compte, maintenant que Céleste y repensait, Kimmitsu avait été le premier à réaliser tout cela. Depuis l’entraînement avec Océane, la peur qu’il avait décelé chez sa collègue et ses paroles. Ces quelques minutes avaient tout déclenché.

Céleste – Pour être honnête, j’y réfléchis depuis… très longtemps. Tu as sûrement oublié, mais quand tu entraînais Océane et que tu étais… malade, tu avais compris certaines choses chez moi sans que je ne dise rien. Depuis, il y a beaucoup d’événements qui ont fait que j’essaie de m’ouvrir davantage, d’écouter un peu plus mon don. Je suis allée trouver Gabriella pour m’engager aussi dans la Résistance. Je sens que je ne me maîtrise pas assez, que je me laisse submerger trop facilement par les événements et il y a encore des… blocages en moi. Sur lesquels je travaille de mon côté, avec de l’aide, mais ce n’est pas suffisant si je veux vraiment aider et défendre ceux que l’on protège.

Sa voix avait légèrement vacillé par moments mais Céleste avait pu s’expliquer un peu mieux, du moins elle l’espérait. Avouer platement qu’elle avait ignoré et bloqué son don pendant des années, elle ne le pouvait pas, c’était Estelle qui l’y avait poussée face à l’ancien directeur – et son ancien professeur de foudre. L’assumer face à Kimmitsu, c’était autre chose, il l’accuserait tout simplement d’irresponsabilité et du manque de sagesse d’esprit qu’elle avait eu. Et puis, il le savait sûrement, il avait tout compris avant tout le monde. Inutile de le dire et la jeune professeure doutait que Gabriella lui en ait parlé. Elle avait d’autres choses plus importantes en tête. Céleste cherchait à ne plus se laisser avoir par ses sentiments et impressions, même si sa jeunesse jouait beaucoup là-dedans, afin de ne pas commettre d’erreur irréparable en cas de danger. Elle voulait transformer ses faiblesses en force et savait que c’était possible, surtout auprès de Kimmitsu qui avait un passé chargé. De tous leurs collègues, il était le seul susceptible de l’aider, l’entraîner comme il le fait avec ses élèves.

Céleste – Je crains les erreurs stupides que je pourrais faire par manque d’entraînement, de réflexion, sur un coup de tête comme avec Sarah. Je ne voyais que toi susceptible de m’aider à ce sujet, si tu as vraiment le temps.

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le Dim 19 Mai - 10:56
Même s’il ne voyait pas ce qui pouvait encore bien arriver à l’ancienne école, mis à part un effondrement cette fois bien plus total et définitif, entendre qu’il en s’était rien passé de plus était un soulagement malgré tout. Et donc, maintenant, quoi ? Il s’assit à son tour à un coin du bureau, après avoir versé de l’eau chaude sur le thé, les manches de la chemise légèrement relevées, malgré la fraîcheur de la pièce. Ce que lança Céleste par la suite était un peu bizarre, il ne voyait pas où elle voulait en venir. Un don influençant les choix de la vie, ce n’était pas comme si c’était une nouveauté, il était bien placé pour le savoir. Quant à être utile, elle en avait déjà fait part à Gabriella en novembre ou décembre, il ne savait plus, c’était avant qu’ils ne doivent tous partir, disparaître avant de se faire arrêter et tuer. Quelle était donc la suite, puisque c’était engagé, pourquoi ne pas retrouver Gabriella directement, maintenant qu’elle le pouvait, et débuter les entraînements avec les autres dès le lendemain, avant de partir sur le terrain ? Rien ne l’en empêchait, au contraire.

Tout le monde n’hésitait pas à ce point, certains, même, s’engageaient trop vite, avant d’avoir bien réfléchi à toutes les conséquences possibles. Il y avait deux façons de prendre les choses, soit on tenait à leur faire ouvrir les yeux sur la réalité avant quoi que ce soit d’autre, soit on les laissait découvrir par eux-même ce qui les attendait vraiment. Triste à avouer mais la seconde solution était bien plus efficace et marquante, bien plus utile, également, car l’être humain était fait de telle sorte qu’il devait se brûler la main au moins une fois avant de prendre pleinement conscience du danger. Une fois la prise de conscience faite, certains abandonnaient. Certains continuaient et survivaient. D’autres poursuivaient et y laissaient leurs vies. Kimmitsu serra légèrement les mains autour de la tasse brûlante, où le thé infusait, se sentant toujours aussi glacé. Comprendre et accepter était une chose, ne pas avoir mal ensuite en était une autre. Le colonel avait été présent dès le début, il avait aidé dès le début, sa fin avait été très brutale.

Céleste – Pour être honnête, j’y réfléchis depuis… très longtemps. Tu as sûrement oublié, mais quand tu entraînais Océane et que tu étais… malade, tu avais compris certaines choses chez moi sans que je ne dise rien. Depuis, il y a beaucoup d’événements qui ont fait que j’essaie de m’ouvrir davantage, d’écouter un peu plus mon don. Je suis allée trouver Gabriella pour m’engager aussi dans la Résistance. Je sens que je ne me maîtrise pas assez, que je me laisse submerger trop facilement par les événements et il y a encore des… blocages en moi. Sur lesquels je travaille de mon côté, avec de l’aide, mais ce n’est pas suffisant si je veux vraiment aider et défendre ceux que l’on protège.

Il savait déjà tout ça, oui. Les problèmes qu’elle avait eu avec son don, et le reste. Là encore, sa vision des choses avait changé… Il y avait danger et danger, aujourd’hui. Certains dangers qu’on parvenait à transformer en atouts et d’autres dangers qui devenaient mortels, pour soi-même et les autres.

Céleste – Je crains les erreurs stupides que je pourrais faire par manque d’entraînement, de réflexion, sur un coup de tête comme avec Sarah. Je ne voyais que toi susceptible de m’aider à ce sujet, si tu as vraiment le temps.

Kimmitsu – Ce ne sont plus des cours de une personne à une autre, qu’on peut donner, tu le sais déjà, je suppose ? Si tu finis par t’engager pour de bon, même à petite échelle, peu importe ce que tu auras à faire, ce sera toujours en équipe. Il n’y a qu’un seul type de profils qui peut partir seul sur le terrain, ce sont les espions. Et les espions qui ont déjà une bonne expérience et qui peuvent se débrouiller seuls, comme Xiao-Hong.

Première à « disparaître », dès le mois de septembre, comme Céleste avait dû le remarquer, dernière à revenir, au mois de janvier. Il ôta avec la cuillère les feuilles de thé au fond de la tasse avant de les jeter à la poubelle, s’interrompant pour boire un peu, dans le vague espoir de se réchauffer. Pour lui, sa collègue en était encore restée à l’ancien système… Une simple école, des personnes spécialisées dans divers domaines, des cours qu’on pouvait organiser, plus ou moins facilement, des tracas plus ou moins lourds, en bref, une vie qui restait normale, malgré les quelques problèmes qu’avait connu l’école. Normale dans le sens où rien n’était encore insurmontable ni dangereux à très grande échelle. Que ça plaise ou non, dorénavant, il ne fallait plus penser qu’à ses propres soucis mais penser à comment améliorer la situation d’une manière plus globale. Le retour à la vie normale concernait tout le monde.

Kimmitsu – En résumé, si tu veux t’entraîner, tu dois aussi apprendre à le faire avec les autres et travailler en équipe. Les affaires en solo, c’est terminé depuis des mois, les enjeux sont trop importants. Je ne suis pas le seul à entraîner les adultes, beaucoup le font suivant ce que chacun maîtrise au mieux. Tu verras beaucoup d’adultes exactement dans la même situation que toi et d’autres qui ont appris à manier leurs éléments comme d’une véritable arme. Mais les petits cours comme ça, de temps en temps, en privé, ce n’est plus possible. Nous sommes en guerre, c’est soit on l’accepte, soit on reste dans son coin en attendant que ça passe.

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le Ven 12 Juil - 16:51
Kimmitsu – Ce ne sont plus des cours de une personne à une autre, qu’on peut donner, tu le sais déjà, je suppose ? Si tu finis par t’engager pour de bon, même à petite échelle, peu importe ce que tu auras à faire, ce sera toujours en équipe. Il n’y a qu’un seul type de profils qui peut partir seul sur le terrain, ce sont les espions. Et les espions qui ont déjà une bonne expérience et qui peuvent se débrouiller seuls, comme Xiao-Hong.

Oh mais… Ils organisaient vraiment des cours en groupe pour ce genre de demandes ? Si c’était le cas, Céleste n’allait pas exiger de s’entraîner seule, évidemment ! Même si elle n’avait pas pensé que la Résistance dispensait ce genre de cours, même pour des adultes dans son cas, elle ne refusait pas d’apprendre en groupe, ce serait idiot. Son intention était de mieux de maîtriser, de ne plus dépendre de ses émotions autant qu’aujourd’hui. Elle voulait devenir une personne plus stable et fiable, surtout pour Cyprien dont le souhait le plus cher était de fonder une famille, une vraie, sans avoir peur comme c’était le cas avec Gabriella – même si Céleste ne le reprocherait jamais à cette dernière. La prudence et l’expérience étaient requises pour le terrain, chose qu’elle savait également. Mais, les cours en groupe… Pour être honnête, elle ignorait qu’ils en donnaient. Du moins, que sa situation était similaire à d’autres. Elle n’en avait jamais vraiment parlé, aussi… C’était un sujet tabou, en quelques sortes, alors elle ne l’évoquait jamais. Elle avait même évité Kimmitsu pendant un bon moment à cause de cela, donc…

Kimmitsu – En résumé, si tu veux t’entraîner, tu dois aussi apprendre à le faire avec les autres et travailler en équipe. Les affaires en solo, c’est terminé depuis des mois, les enjeux sont trop importants. Je ne suis pas le seul à entraîner les adultes, beaucoup le font suivant ce que chacun maîtrise au mieux. Tu verras beaucoup d’adultes exactement dans la même situation que toi et d’autres qui ont appris à manier leurs éléments comme d’une véritable arme. Mais les petits cours comme ça, de temps en temps, en privé, ce n’est plus possible. Nous sommes en guerre, c’est soit on l’accepte, soit on reste dans son coin en attendant que ça passe.

Céleste – Je n’ai aucun problème avec les entraînements en groupe. J’ignorais seulement que vous en donniez… Tu sais que je reste assez distante, je suis loin d’être au courant de tout ce qui est organisé ou possible grâce à ce que vous avez mis en place depuis votre arrivée ici. Je ne parle pas… Surtout de mon don. Alors, forcément, je ne pouvais pas savoir que ce genre de cours existait. Je ne peux plus rester inactive mais, dans mon état actuel, je sais que je serais plus un boulet qu’une véritable aide. C’est pour cette raison que je souhaite suivre des cours. Le caractère « en groupe » ne me dérange absolument pas si j’y ai vraiment ma place…

Céleste doutait mais, d’un autre côté, elle ne savait pas qui participait à ces cours. Depuis combien de temps ils étaient organisés, si elle ne risquait pas d’arriver en plein milieu du « programme », s’il y avait une place pour elle… En soi, elle ne savait absolument rien. Il y avait un seul groupe ? Plusieurs ? Gabriella ne lui avait pas parlé du fonctionnement de la Résistance, ce qui était normal aussi, ni de ce qu’elle-même devrait faire avant d’accomplir la mission dont l’ancienne directrice lui avait parlé. En même temps, ce jour-là, elle était tellement fatiguée… Comment lui reprocher quoi que ce soit ? Céleste avait déjà été très étonnée qu’elle souhaite la rencontrer, s’attendant à prendre contact avec Bradley, de base. Mais non… C’était Gabriella. A la plus grande surprise de la jeune professeure. Mais soit, là n’était pas le sujet. Son collègue ne parla pas à sa suite, là où elle attendait une phrase, une remarque, une indication… Mais il restait silencieux. Elle avait accepté les cours en groupe, pourtant, alors que se passait-il maintenant ? Il fallait qu’elle se rende dans une salle à tel moment de la journée, quelque chose comme cela ? Et comment combiner ces cours avec ceux qu’elle donnait ? Parce qu’il était hors de question, pour elle, de laisser ses propres cours de côté, les élèves en avaient besoin. Et il y avait ses entraînements pour le don, aussi…

Céleste – Que dois-je faire, exactement, pour suivre ces cours ?, finit-elle par demander. Je m’entraîne déjà pour mon don, très régulièrement, et il y a aussi les cours que je donne aux élèves… Gabriella ne m’a rien dit à propos de tout cela. J’ignore comment vous vous êtes organisés, s’il y a un jour précis, des groupes… Je souhaite m’entraîner mais, si je dois choisir entre les élèves et moi ou mon don, je choisis les élèves. Je ne veux pas te faire perdre du temps précieux.

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le Jeu 18 Juil - 12:01
– Je n’ai aucun problème avec les entraînements en groupe. J’ignorais seulement que vous en donniez… Tu sais que je reste assez distante, je suis loin d’être au courant de tout ce qui est organisé ou possible grâce à ce que vous avez mis en place depuis votre arrivée ici. Je ne parle pas… Surtout de mon don. Alors, forcément, je ne pouvais pas savoir que ce genre de cours existait. Je ne peux plus rester inactive mais, dans mon état actuel, je sais que je serais plus un boulet qu’une véritable aide. C’est pour cette raison que je souhaite suivre des cours. Le caractère « en groupe » ne me dérange absolument pas si j’y ai vraiment ma place…

Tout le monde a une place à prendre. Et à perdre… Le professeur baissa un instant la tête sur la tasse de thé, entre ses mains, luttant pour ne pas laisser échapper quelques larmes. Ce n’était pas le moment de pleurer, et puis, des départs, il y en avait tous les jours… Mais ça restait injuste. La guerre était une chose, par contre, se faire faucher ainsi sans même avoir eu la moindre chance de se défendre, sans même avoir vu celui ou celle qui vous ôtait la vie… Évidemment, des snipers, il y en avait aussi dans la Résistance, contre certaines cibles, c’était essentiel, comme pour maîtriser des situations à haut risque. Ces arguments n’enlevaient pas pour autant la peine et l’amertume profonde qui s’ensuivait. Ces derniers mois, il s’était beaucoup attaché au colonel, comme à bien d’autres, il n’avait pas mérité de terminer ses jours ainsi ! Lui qui avait pourtant survécu à la Grande Guerre, tué lâchement de cette façon… Parti sur un rire, un dernier, alors que la mission était presque remportée. Le souvenir de cette balle lui traversant le crâne, le sang giclant sur le sol, tout cela lui hantait encore la mémoire.

– Que dois-je faire, exactement, pour suivre ces cours ?, finit-elle par demander. Je m’entraîne déjà pour mon don, très régulièrement, et il y a aussi les cours que je donne aux élèves… Gabriella ne m’a rien dit à propos de tout cela. J’ignore comment vous vous êtes organisés, s’il y a un jour précis, des groupes… Je souhaite m’entraîner mais, si je dois choisir entre les élèves et moi ou mon don, je choisis les élèves. Je ne veux pas te faire perdre du temps précieux.

Kimmitsu avait à peine écouté, très honnêtement, levant plutôt la main pour essuyer les larmes qui avaient fini par lui échapper. Il n’était pas encore assez « endurci » ou habitué pour supporter tout cela sans vraiment réagir, pour être apte à passer au-dessus et garder la peine seulement pour la fin des combats. Rien ne pouvait vous préparer à la cruauté de la guerre… Tout ce qu’on pouvait faire, c’était de s’y habituer. Une tâche très compliquée… Il lui fallait encore du temps.

– Navré, murmura-t-il. Cette semaine a été éprouvante. Fabrice a été tué si soudainement et…

Il n’y avait rien à dire, en fait. C’était comme ça, c’était passé, impossible de revenir dessus. Pour se reprendre, il but de longues gorgées de temps, avec une grande inspiration. « Ce n’est pas encore le moment de pleurer les morts, avancez ! », comme lançait parfois le maréchal Bradley. Une phrase qu’il avait sûrement crié plus d’une fois lors de la guerre. Donc, ces cours. Concentre-toi. On parlait des cours, de la préparation, des entraînements, tout cela était d’une importance vitale.

– Les entraînements dépend de qui y participent et des objectifs. Tu as des personnes qui n’ont jamais tenu une arme de leur vie et qui ne savent pas se battre, au corps à corps, et d’autres qui sont déjà des soldats aguerris. Même chose pour les élémentaires, les écarts de niveaux sont des gouffres. Il y a un entraînement obligatoire, si tu veux, qui consiste à donner à tout le monde une formation au corps à corps de base. Ça comprend savoir se dégager d’une étreinte ou d’une clé de bras, esquiver les coups, protéger ses points faibles, en plus de fondamentaux, comme savoir grimper, sauter, se couvrir…

Il était d’ailleurs étonnant de voir le nombre de personnes qui, en débutant, ne savaient pas exemple pas sauter facilement par-dessus un petit mur tout en courant. Ou grimper rapidement à un arbre. Souvent, cela venait d’un simple manque d’exercice physique et de souplesse, ce qui se corrigeait plutôt vite.

– Une fois cette base acquise, c’est selon ce que la personne veut faire et c’est qu’elle est capable de faire. Plus ses capacités, d’ailleurs… Les déserteurs de l’armée déterminent ce qui est possible selon ce qu’ils ont observé et testé chez une personne, au cours des premiers entraînements, car on ne peut pas mettre n’importe qui sur n’importe quoi. Le véritable entraînement dépend de la branche à laquelle chacun est rattaché. Espionnage, transport de troupes ou de marchandises, assauts en première ligne, stratégie de défense et d’attaque, créations de plans, décodage et encodage des messages, vol, fabrication et entretien des armes à feu, instruction et formation des résistants.

Et encore d’autres, le champ était large. Il fallait tant de personnes, sur tant de domaines, on n’imaginait pas ce que ça pouvait représenter, d’un point de vue extérieur. Il fit un vague geste de la main, avant de prendre une pause pour boire son thé, un peu calmé.

– En entrant dans la résistance, tu seras d’abord entraînée aux bases, donc, puis évaluée. Il sera déterminé si tu es meilleure pour commander des troupes, concevoir des plans et une stratégie, être agent de terrain, espionner, fabriquer des armes, ou encore autre chose. Les entraînements se font en journée et le soir, parfois la nuit pour les formations en conditions réelles. Pour les missions en tant que telles, par la suite, on te répondra que tes élèves et cours passeront en second. Tu en es consciente ?

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le Mer 7 Aoû - 15:51
Céleste lança un regard à Kimmitsu, ignorant ce qu’elle devait faire en le voyant pleurer aussi soudainement. Il essuya les larmes qui avaient coulé sur son visage d’un geste du bras, semblant touché par la mort de Fabrice Gavin malgré l’air qu’il avait affiché en entrant dans la pièce. Restant silencieuse, elle attendit et patienta, sachant que son collègue n’était guère tactile et qu’il se calmerait seul en se concentrant sur le sujet de la conversation. Il lui dit être navré, dans un murmure, ajoutant que cette semaine avait été éprouvante. D’autant plus avec la mort si soudaine de Fabrice. Qu’il ne s’excuse pas… Ce moment où il craquait prouvait qu’il n’était pas encore insensible, contrairement aux autres personnes de la Résistance comme Gabriella et Bradley. En soi, cela le rendait plus humain et proche d’eux, ce qui justifiait qu’il reprenne le flambeau après l’ancienne directrice à leurs yeux, petit à petit. Il était peut-être en train de changer, oui, mais l’école et les enfants comptaient toujours énormément à ses yeux. Elle lui laissa le temps de se reprendre, le voyant prendre de longues gorgées de thé sans qu’elle-même ne dise rien. Au moment où Céleste allait dire qu’ils pouvaient parler de tout cela plus tard, qu’il avait besoin de digérer la nouvelle, son collègue lui répondit.

Kimmitsu – Les entraînements dépend de qui y participent et des objectifs. Tu as des personnes qui n’ont jamais tenu une arme de leur vie et qui ne savent pas se battre, au corps à corps, et d’autres qui sont déjà des soldats aguerris. Même chose pour les élémentaires, les écarts de niveaux sont des gouffres. Il y a un entraînement obligatoire, si tu veux, qui consiste à donner à tout le monde une formation au corps à corps de base. Ça comprend savoir se dégager d’une étreinte ou d’une clé de bras, esquiver les coups, protéger ses points faibles, en plus de fondamentaux, comme savoir grimper, sauter, se couvrir…

D’accord, jusqu’à présent, c’était logique. Tout entraînement suivait les mêmes principes – même eux avec les cours d’élément. Revoir les bases pour que tous partent du même point et que chacun ait un minimum de bagage. Céleste hocha la tête, sans rien dire, attendant la suite. Apprendre à se défendre était essentiel et elle en était parfaitement consciente même si ce point lui faisait cruellement défaut. Seul son don l’avait préservée malgré elle lorsqu’elle avait vraiment eu besoin de se défendre… La glace, lorsqu’elle s’était retrouvée seule, puis la foudre à maintes reprises. Alors, oui, elle s’était déjà défendue… Mais pas vraiment d’elle-même. Posant son regard sur sa tasse de thé, Céleste réfléchit aux quelques occasions qui l’avaient poussée à se défendre. Son don l’avait toujours sauvée.

Kimmitsu – Une fois cette base acquise, c’est selon ce que la personne veut faire et c’est qu’elle est capable de faire. Plus ses capacités, d’ailleurs… Les déserteurs de l’armée déterminent ce qui est possible selon ce qu’ils ont observé et testé chez une personne, au cours des premiers entraînements, car on ne peut pas mettre n’importe qui sur n’importe quoi. Le véritable entraînement dépend de la branche à laquelle chacun est rattaché. Espionnage, transport de troupes ou de marchandises, assauts en première ligne, stratégie de défense et d’attaque, créations de plans, décodage et encodage des messages, vol, fabrication et entretien des armes à feu, instruction et formation des résistants.

Une nouvelle fois, Céleste montra qu’elle avait compris par un signe de la tête, toujours silencieuse. Elle voyait un peu mieux comment les choses s’organisaient, comment allaient se dérouler les prochaines semaines, voire les prochains mois, pour elle. Mais, très honnêtement, elle ne se sentait pas capable de mener un quelconque assaut, d’aller sur le terrain en étant dans le camp qui devait attaquer. Gabriella lui avait parlé d’espionner le Président Leblanc… Ce n’était pas la même chose que d’aller sur le terrain, porter une arme et tirer à bout portant. Enfin, dans tous les cas, elle avait son don pour se défendre mais il était moindre pour le moment. Elle ne pourrait, sans doute, pas partir en mission d’espionnage avant d’avoir retrouvé un niveau correct et suffisant avec la foudre – même si cela allait déjà beaucoup mieux aujourd’hui et qu’elle n’avait jamais cessé les entraînements. Et puis… Il y avait Cyprien. Lucas. Céleste ne pouvait pas les abandonner. S’impliquer dans la Résistance, oui. Mais elle avait sa famille qu’elle ne pouvait laisser tomber. Et puis, il y avait énormément de postes, comme le geste vague de la main de Kimmitsu venait d’en témoigner. Elle but un peu de thé en même temps que lui, constatant qu’il était parvenu à se calmer seul. Comme à chaque fois.

Kimmitsu – En entrant dans la résistance, tu seras d’abord entraînée aux bases, donc, puis évaluée. Il sera déterminé si tu es meilleure pour commander des troupes, concevoir des plans et une stratégie, être agent de terrain, espionner, fabriquer des armes, ou encore autre chose. Les entraînements se font en journée et le soir, parfois la nuit pour les formations en conditions réelles. Pour les missions en tant que telles, par la suite, on te répondra que tes élèves et cours passeront en second. Tu en es consciente ?

Céleste – Naturellement, répondit-elle assez vite. Les missions sont plus importantes mais les adolescents que j’ai en cours ont un don qui nécessite de l’entraînement… Si je dois partir en mission, je m’organiserai comme je le peux pour qu’ils ne doivent pas en subir les conséquences. Je souhaite m’impliquer, je l’ai affirmé face à Gabriella et je l’affirme face à toi aussi, mais je ne veux pas que certains soient blessés à cause d’un manque d’entraînement…

Céleste en avait subi les conséquences, et travaillait dur pour récupérer ce qu’elle avait perdu pendant ses années d’études au Pensionnat. Elle était dans les bons élèves, avait eu un très bon professeur, mais la mort de sa sœur jumelle l’avait profondément touchée et perturbée. Si, aujourd’hui, une mort ne l’affecterait plus au même point, elle était jeune et bien plus enflammée à l’époque. Difficile de ne pas être atteinte au sortir de l’école, surtout auprès de sa famille qui l’avait abandonnée alors que la jeune adulte souhaitait juste découvrir le monde. Aujourd’hui, elle ne voulait plus ressembler à son second don et comptait bien s’entraîner dur physiquement aussi même si, très honnêtement… Elle n’avait aucune base.

Céleste – Je n’ai que les maigres bases du cours de sport, rien de plus, au niveau physique je ne suis pas une personne spécialement sportive même si je me tiens en forme. Donc je doute être vraiment capable d’aller sur le terrain pour combattre, comme toi par exemple… Et j’ignore exactement à quel niveau je suis avec mon don. Puis, je n’ai jamais touché à une arme à feu, ou même arme tout court. Je n’en ai jamais eu besoin, j’utilisais mon don si, vraiment, j’étais en danger, lorsque j’étais adolescente. Mais, aujourd’hui…

Céleste fit un geste de la main pour signifier qu’elle n’utilisait plus son don à des fins offensives ou défensives depuis longtemps. C’était ce qui avait failli lui coûter la vie, selon Cyprien, mais aussi ce qui la bloquait plus que tout le reste. L’entraînement physique, elle avait une certaine base forcée parce qu’elle ne pouvait pas rester inactive et devait faire un tour, courir ou bouger tous les jours – peut-être était-ce la foudre qui jouait, elle n’en savait rien et s’en moquait. Mais les armes à feu, le corps à corps… Aucune notion. Leur professeur leur apprenait à se défendre, à l’époque, alors pourquoi apprendre le corps à corps ? La foudre suffisait, les agresseurs ont tendance à prendre la fuite en voyant un éclair frapper à côté d’eux.

Céleste – Les heures de travail ne m’effraient pas, je venais te trouver pour avoir plus d’informations et je ne savais pas que vous aviez organisé les choses à ce point-là comme la Résistance se construit et s’organise encore à l’heure actuelle. La seule question que je me pose encore concerne l’organisation de ces entraînements. Tu penses qu’il sera possible de combiner cours, les entraînements dont tu as parlé et ceux pour le don ? L’école a besoin de professeurs et… On en manque déjà. Je sais que c’est uniquement de ma faute, concernant le don, donc je prendrai sur mes heures de sommeil si je dois et si tu penses que ce n’est pas faisable. Si, en revanche, tout est possible, je suis prête et j’écoute tes indications.

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