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Nicolas Marcoh
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le Dim 21 Avr - 10:46
Il y a trois ou quatre ans, Nicolas était déjà venu à Orléans, en vacances. Une semaine, avec sa petite amie de l’époque, où ils avaient visité la ville et passé du bon temps, en plein mois de juillet, au milieu des autres touristes. Mélange étonnant d’immeubles Haussmanniens et de maisons à colombages. Flâner sur les rives de la Loire, visiter la Cathédrale et quelques autres monuments, se balader dans les rues commerçantes en goûtant les spécialités locales, le tout en s’amusant comme le ferait n’importe quel couple. Le bon vieux temps. Si on lui avait dit que, quelques années plus tard, il y reviendrait en parfait clandestin, il n’y aurait pas cru. Nicolas avait quand même plus de chances que certains, son visage à lui n’avait pas été placardé absolument partout dans les journaux et sur de grands avis de recherches dans toutes les villes.

Le réseau local avait contacté le QG pour participer à une nouvelle mission d’éducation, un peu particulière celle-ci car il ne s’agissait pas d’adultes mais d’enfants. Le gouvernement avait organisé à Orléans une sorte de rafle des élémentaires, les adultes avaient été conduits à paris dans des centres de « rééducation » sociale et politique. Si la plupart des enfants avaient disparu avec leurs parents, d’autres avaient pu être sauvés. Par des voisins, des amis, des proches et des sympathisants, qui les avaient récupéré. Ces jeunes, parfois des bébés, étaient actuellement cachés dans un hôpital tenu par des religieuses, mais on savait qu’il ne faudra plus longtemps avant que la supercherie ne soit découverte et que ces petits soient emmenés à leur tour.

Ils n’étaient pas venus nombreux, ce serait prendre trop de risques, la surveillance restant très élevée dans cette ville. Mais ils s’étaient organisés, avec tous les sympathisants de la Résistance prêts à les aider. Les enfants allaient être emmenés chacun vers des points de rendez-vous différents, dans un premier temps, avant d’être pris par des équipes spécialisées de la Résistance et emmenées au QG. Le tout était d’éviter de se faire repérer et faire repérer l’école, où ils emmenaient tous ces jeunes. Une fois les petits mis à l’abri, ils pourront se concentrer sur l’autre tâche, à savoir où avaient pu être emmenés leurs parents et comment les en sortir. Assis à l’arrière de l’ambulance, caché, Nicolas vérifia que ses armes ne se voyaient pas, restant stoïque alors que le chauffeur passait les divers contrôles, avant d’entrer dans l’air de l’hôpital.

– On arrive, chuchota son comparse.

L’infirmier au volant leur fit faire le tour des lieux, allant se garer à l’arrière sous un grand porche, où une religieuse, très nerveuse, les attendant. En sortant du véhicule, Nicolas lui sourit pour la rassurer. La nuit commençait déjà à tombe, c’était parfait. Il suivit la Sœur, en silence, le cœur battant un peu plus vite que d’ordinaire. C’était toujours un peu plus délicat, lorsque ça concernait des enfants ou des bébés. Pourvu que tout se déroule bien.

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le Lun 22 Avr - 10:07
La descente de la police n’avait pas été une réelle surprise, en revanche, elle avait été plus rapide que prévue et ils n’avaient eu que très peu de temps pour réagir. Par « chance », ils ne vivaient pas dans des maisons isolées les unes des autres, dans un village, mais dans un collectif de trois immeubles, collés les uns aux autres autour d’une petite cour, avec un large porche donnant ensuite sur la rue. Peu d’enfants avaient pu être cachés ou sauvés, c’était horrible. Haru en était encore très bouleversé, cette nuit avait été terrible et il regrettait plus que jamais de n’avoir rien pu faire de plus. Ils étaient venus, à cinq heures du matin, arrachant les familles d’élémentaires du sommeil pour les faire monter de force dans des bus ou des camions. Une rafle, ni plus ni moins ! La persécution dans les grandes formes, en plein cœur d’Orléans.

Les petits qu’ils avaient réussi à sauver étaient encore traumatisés. Les plus âgés, jusqu’à quatorze ou quinze ans, comprenaient très bien ce qui se passait, malheureusement. Les plus jeunes, les bébés, pleuraient doucement sans comprendre, cherchant et appelant leurs parents, terrifiés lorsqu’on les avait conduits ici, dans cet hôpital, pour les y cacher, le temps de trouver une solution plus pérenne. Les leaders de la Résistance pouvaient dissimuler mieux tous les enfants, mais qu’en sera-t-il de leurs familles, de leurs parents, comment découvrir où ils avaient été emmenés, pourquoi et comment les en faire sortir ? Où les cacher ensuite ? Haru réfléchissait à tout à ça tout en aidant à donner le biberon aux plus jeunes des petits, avec les religieuses. Il marchait doucement dans la petite salle, en nourrissant un des bébés, essayant de ne pas montrer sa peine pour ne pas alarmer les enfants.

Un des garçons plus âgés se tenait assis contre le mur, dans la salle, jambes repliées contre lui, le regard dans le vide. Il avait seize ans, il était le plus âgé d’entre tous les enfants qu’ils avaient pu cacher cette nuit-là, et son regard vide témoignait de l’immense choc subi. Ses parents disparus et son grand frère avec eux, âgé d’à peine deux ans de plus. Haru soupira un peu, puis déposa le bébé avec douceur dans un des berceaux, une fois qu’il eut fini de boire et ait fait un petit rot. En tout, une vingtaine d’enfants, de quelques mois à seize ans, avaient pu être sauvés. C’était horriblement peu. Une des Sœurs vint avertir à ce moment-là que les membres de la Résistance étaient arrivés. Très bien. Il la suivit, retrouvant les nouveaux venus dans une petit bureau à l’écart. L’ambiance était très sombre, la peur se lisait dans les regards.

"Combien de petits ont pu être récupérés ?" demanda un des hommes, qui se nomma rapidement comment étant Joseph Garraud et qui devait être leur chef.

"Une vingtaine seulement. Ils sont arrivés avant l’aube et le quartier était déjà bouclé. Ils avaient déjà la liste des familles d’élémentaires, que ce soit un seul ou les deux parents, et avaient pour ordre d’embarquer tout le monde, y compris leurs enfants. Nous avons pu en arracher assez peu… La police devait aller vite et elle n’a sans doute pas fouillé autant qu’elle l’aurait dû. Mais ils savent maintenant que ces petits sont manquants, ils ont commencé à fouiller la ville et les environs."

La Mère Supérieure murmura ensuite que la police n’hésitait même plus à se rendre dans les maisons de retraite, les hôpitaux, les couvents et autres, à la recherche de réfugiés, qu’ils pouvaient perquisitionner n’importe quelle maison et fouiller où bon leur semble, personne ne pouvait s’y opposer. Et donc personne n’était à l’abri. Haru hocha la tête pour confirmer, lèvres pincées. Il fallait agir, maintenant, pas se laisser grignoter par la peur.

"Les bébés se ressemblent tous, ils seront plus facile à évacuer, il y a beaucoup de sympathisants, à Orléans, prêts à nous aider, à les accueillir et les protéger. Même ici, nous avons des jeunes femmes prêtes à déclarer qu’elles sont leurs mères. Mais que peut-on faire pour les enfants plus âgés et déjà fichés ? Ils ne seront plus en sécurité nulle part."

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le Jeu 25 Avr - 11:04
De larges rideaux couvraient la fenêtre, dans le bureau de la Mère Supérieure, qui dirigeait l’hôpital, aucune lumière ne pouvait plus se voir se l’extérieur. Ils étaient six membres de la Résistance, deux autres religieuses, en plus de la Mère, et trois hommes ayant participé au sauvetage des petits, lors de la rafle. Beaucoup de monde, pour un lieu aussi petit, mais ils n’étaient pas là pour le confort, la situation était très grave. Les premiers massacres avaient été restreints, enfin, si on pouvait dire ça, et les autres actions avaient été menées dans l’ombre, toujours, la population était restée ignorante des premiers actes de barbarie et beaucoup n’y croyaient toujours pas. Impossible, disait-on ! Comment imaginer des expériences atroces sur les dons ou même des tueries de familles entières, refusant d’obéir ?

La grosse différence venait que le Gouvernement, dorénavant, ne se cachait même plus de mener une politique autoritaire. Ces rafles ne se faisaient plus dans l’ombre mais en plein jour, au beau milieu de villes pourtant grandes et très animées, très loin des campagnes isolées où avaient lieu quelques massacres horribles, auxquels personne ne croyait. La presse parlait sans pression de ces nouveaux camps de rééducation, les présentant comme des sortes de colonies pour hommes, femmes et enfants, afin de leur apprendre comment utiliser leurs dons sans danger pour le reste de la population. L’argument sécuritaire était présent dans toutes les conversations. Nicolas en était malade, il voulait hurler à l’injustice, même en sachant que ça ne servait à rien, c’était agir, résister et combattre qui fonctionnera.

Juste vingt enfants, pour le moment, c’était à la fois beaucoup et très peu. Tous ces gamins allaient être marqués à vie et ne parlons même pas de ceux qui avaient été embarqués avec leurs parents ! Une véritable horreur, une rafle, ni plus ni moins, ils avaient agi comme s’ils avaient voulu chasser des rats. La police ne s’était pas rebellée ? Ou, quoi que… Les gendarmes étaient militaires, eux, ils pourraient être fusillés en se rebellant. Il pinça un peu les lèvres, bras croisés, en calculant mentalement combien de jeunes ils pouvaient déjà emmener dans l’ambulance et combien ils devront faire évacuer discrètement avec les sympathisants.

– Les bébés se ressemblent tous, ils seront plus facile à évacuer, il y a beaucoup de sympathisants, à Orléans, prêts à nous aider, à les accueillir et les protéger. Même ici, nous avons des jeunes femmes prêtes à déclarer qu’elles sont leurs mères. Mais que peut-on faire pour les enfants plus âgés et déjà fichés ? Ils ne seront plus en sécurité nulle part.

– En France, l’endroit le plus sécurisé, pour le moment, c’est le QG de la Résistance et l’école. Les jeunes peuvent y apprendre à y maîtriser leurs pouvoirs. Sinon, pour ceux qui ne veulent utiliser leurs dons qu’au minimum… Les cacher dans des familles ici et là reste risqué. Leur faire quitter le pays, sinon ?

Il interrogea leur chef du regard et il secoua doucement la tête, répondant qu’avant de penser à une évacuation du pays, il faudra tout de même tous les conduire dans des bases sécurisées, que ce soit au QG ou ailleurs. Juste… Maintenant, comment s’organiser. Il y avait vingt enfants, mais combien de bébés, de petits enfants, de jeunes adultes ? Ils commencèrent, ensemble, par définir, pour les sept bébés de moins de trois ans, à qui les confier et comment les faire ensuite quitter l’hôpital. A l’étroit autour du bureau, une large carte de la ville et de la région étalée dessus, l’opération fut confiée aux Sœurs et à un des membres de la Résistance, Frédéric. Quatre des bébés, assez petits encore, pouvaient être présentés comme des nouveau-nés de femmes ici, soit déjà vraies jeunes mères, soit Sœurs qui allaient jouer ce rôle.

La majorité des enfants, neuf en tout, avaient entre trois et douze ans. Jusqu’à quatre ou cinq ans, ils n’étaient pas encore trop reconnaissables et on pouvait les faire passer pour les grands frères et grandes sœurs des jeunes accouchées, de cet hôpital. Ensuite… Les alentours étaient surveillés, la police ne tardera pas à même fouiller cet hôpital, et on ne pouvait pas demander à une toute jeune mère de vingt-deux ans de prétendre avoir un fils de treize ou seize ans. A partir de cet âge, les seules différences physiques suffiront à éveiller les soupçons, sans oublier les fiches et photos que pouvaient déjà posséder la police. Nicolas demanda à la Mère Supérieure si ces lieux étaient reliés à des souterrains ou avec des accès de ce type, mais non, la construction était récente, il n’y avait même pas de cave.

Faire rentrer plusieurs voitures le soir serait trop gros et visible, et dans le même temps, plus ils attendaient, plus ils prenaient le risque d’une perquisition. Une crainte justifiée, car Joseph, qui surveillait en même temps discrètement par la fenêtre, leur signala tout à coup que les mouvements de patrouille s’accentuaient, dans le quartier. La petite maison de retraite, à l’autre bout de la rue, était visiblement perquisitionnée. Très bien, pas de temps à perdre. Ils se décidèrent à mettre dans l’ambulance les trois enfants de douze et dix ans, blessés lors de la rafle, et à les envoyer avec Joseph en conducteur, car il n’était pas recherché, il passera les contrôles et barrages routiers sans aucune difficulté. Quant à eux, ils allaient devoir partir à pieds, dans un premier temps, avant de filer en voitures et camions vers les bases.

Nicolas fit équipe avec monsieur Wakebe, avant de quitter le centre. Son partenaire du soir emmena un des enfants qui lui ressemblait assez, le seul type Asiatique, qui avait juste neuf ans. Le professeur, pour sa part, prit dans ses bras une fillette de six ans qui avait la tête à moitié enroulée dans un bandage épais et le plus âgé des enfants, seize ans au compteur, très pâle et le regard vide. La tension était grande, en quittant l’hôpital, mais Nicolas restait serein. Ils partirent à pieds, vers le centre de la ville, en disant aux enfants de garder un air détendu et naturel. Par bonheur, la police n’était pas de leur côté et pas très vigilante non plus…

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le Sam 4 Mai - 11:17
"En France, l’endroit le plus sécurisé, pour le moment, c’est le QG de la Résistance et l’école. Les jeunes peuvent y apprendre à y maîtriser leurs pouvoirs. Sinon, pour ceux qui ne veulent utiliser leurs dons qu’au minimum… Les cacher dans des familles ici et là reste risqué. Leur faire quitter le pays, sinon ?"

Pas évident. Et pour les envoyer où, ensuite ? Leur faire quitter la France, c’était bien beau, mais qui s’occupera d’eux ensuite, où, avec quels moyens, et pour combien de temps ? Les autres pays aussi avaient leurs problèmes, avec le fascisme ! Rien que l’Italie, en ce moment, c’était très… Enfin bref. Quitter la France ne voulait pas dire être en sécurité, du moins, pas en Europe. Et comme le souligna leur chef, il faudra de toute façon d’abord faire en sorte de les mettre en sécurité dans les bases de la Résistance avant de penser à une quelconque évacuation. En résumé, pas si simple. Pour le moment, le principal était de leur faire quitter la ville en toute sécurité et le plus rapidement possible. L’étau se resserrait sur eux, en ce moment même, Orléans continuait d’être fouillé, s’ils attendaient trop, ne serait-ce qu’une nuit de plus, ils se feront prendre et déporter à leur tour.

S’ils conservent leur sang-froid, tout se passera très bien, c’était ce qu’il fallait se dire. Pour sa part, Haru n’avait jamais eu le moindre problème avec ça, c’était plus pour les enfants, qu’il pourrait s’en faire. Quant aux adultes présents dans cette pièce, il était évident que tous devaient être un minimum exercés à faire face à ce genre de situations. Du moins, il l’espérait. Leur première tâche fut de répartir les enfants, selon le moyen utilisé pour les faire évacuer. Certains dans l’ambulance, d’autres confiés à des jeunes mères ici même pour les faire passer pour leurs nouveau-nés, d’autres encore qu’ils devront faire partir avec eux à pied ou en voiture, vers des refuges plus sûrs, avant de quitter la région. Très bien. Il ne restait plus qu’à y aller. Rester calme et sûr de soi, pour rassurer les enfants.

Chacun allait partir avec un binôme, autant pour mieux rassurer les jeunes que pour être plus apte à gérer les situations de crise qui allaient se présenter. Pour sa part, Haru fit équipe avec un des Résistants, Nicolas Marcoh. Les enfants avaient été rassemblés dans un petit hall, terrifiés bien évidemment, tremblant en attendant de savoir ce qui allait advenir d’eux. Haru prit doucement la main de Mineh, un petit type asiatique, qui lui ressemblait assez pour qu’il prétende qu’il soit son fils, ne cas de contrôle, et s’agenouilla à sa hauteur, pour lui dire son nom et qu’il allait le protéger. Le garçon de neuf tremblait de la tête aux pieds mais hocha la tête, sans pleurer. Nicolas, de son côté, fit glisser la petite Anne-Sophie, âgée d’à peine six ans et blessée, dans ses bras. Et enfin, Victor, le plus âgé du groupe avec ses seize ans, se joignit à eux.

Même si la police fouillant le quartier était très proche, personne ne fit spécialement attention à eux, quand ils quittèrent l’hôpital. Le soir tombait, les lampadaires avaient été allumés, et il ne restait plus grand monde sur les trottoirs à se promener. Il n’était pas très tard, pourtant, peut-être dix-neuf heures ou un peu plus. Les rues étaient surtout peuplées de touristes cherchant un restaurant et de travailleurs rentrant chez eux. Si Haru n’était pas armé, il gardait une main libre pour utiliser son pouvoir, en cas de besoin. Il se doutait que son confrère résistant, lui, devait cacher une arme, quelques part, sous sa veste ou ailleurs. Ils contournèrent un groupe plus important de touristes qui bavardaient gaiement en rejoignant la salle des fêtes à côté d’une église, certains visiblement enivrés.

"A droite, la rue de la Côme, chuchota-t-il. Elle sera plus discrète, avant de rejoindre le point de contact."

Le tout était de s’éloigner le plus possible des contrôles de police. Il pensait en trouver au moins quelques uns, pour ceinturer le centre-ville à cause des fouilles et éviter les fuites, mais bizarrement, il n’en détecta aucun. La police de la ville était décidément très négligente, ça arrangeait bien leurs affaires. La nervosité des enfants grandissaient, à mesure de leur avancée. Haru s’arrêta un instant pour rassurer au mieux le petit garçon, qui tremblait encore plus fort, puis ils reprirent la route. Tout allait bien, pour le moment, la chance était avec eux.

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le Mer 29 Mai - 12:25
La fillette tremblait très fort, dans ses bras, si fort qu’il se sentit obligé de plus resserrer son étreinte sur elle, pour la rassurer, en lui chuchotant que tout allait très bien se passer. Personne ne leur prêtait la moindre attention, n’est-ce pas ? Anne-Sophie murmura très faiblement, en réponse, qu’elle avait peur, son souffle chaud dans le cou du professeur. Allez, du calme, il était là pour la protéger. Les autres enfants aussi. Victor, de son côté, marchait en tremblant aussi mais il se contrôlait, gardant la tête haute. Quant à Mineh, il tenait tout aussi fort la main de leur confrère Résistant, regard baissé sur le trottoir. Évidemment qu’ils étaient terrifiés, ces petits bouts, après avoir échappé à une rafle et devoir se cacher pour ne pas être déportés. Loin de leurs familles, en fuit, avec deux parfaits inconnus, sans aucune idée d’où ils allaient aller ensuite, c’était terrible à vivre, surtout à cet âge.

Pas de patrouille en vue, ni même de barrages pour des contrôles. Curieux, alors que la police était bel et bien en train de rechercher ceux qui s’étaient échappés. Ils n’allaient bien sûr pas s’en plaindre mais c’était bizarre… Soit la police se moquait bien de ce travail ou n’avait pas envie de le faire, soit un piège était en train de se préparer et ils fonçaient droit dedans. Nicolas commença à prier mentalement pour que la première option soit la bonne, car il ne se voyait franchement pas combattre avec une fillette de six ans, blessée à la tête, dans les bras. Il le fera, s’il n’avait pas d’autre choix, mais espérait éviter. Il avait son don et possédait en plus une arme, un Mauser C96, un pistolet fabriqué en Allemagne. Il le portait contre la hanche, facile à saisir en cas d’urgence.

Haru les fit passer par une autre rue, plus discrète et avec une pente assez prononcée. Nicolas rehaussa la petite contre lui, tout de même rassuré par le poids, relativement lourd, de l’arme qu’il portait. Posséder un moyen de défense rassurait toujours et il avait mis beaucoup de cœur à s’entraîner. Contrairement à ce qu’on peut penser, viser correctement est loin d’être inné et la posture à adopter ne s’apprenait pas non plus en un bref claquement de doigt. Ils progressèrent sans encombre jusqu’à la sortie du centre-ville, avant d’arriver à leur point de chute. Un garage automobile, dont le propriétaire, monsieur Barraud, les attendait avec anxiété. Il les fit entrer bien vite, avant de refermer et barrer les portes derrière eux, lourdement. Les enfants respiraient déjà un peu plus librement. Nicolas déposa doucement la fillette par terre, qui resta accrochée à un pan de sa veste malgré tout.

– J’ai déjà préparé ce qu’il faut pour le voyage, déclara assez vite le garagiste. Partons assez vite, il ne faut pas perdre de temps.

Il leur désigna un des camions dans son garage, un camion de livraison, où ils grimpèrent à l’arrière avec les enfants. A l’intérieur, beaucoup de caisses, dont certaines laissées vide par précaution, des denrées serrées dans des sacs, des filets ou rangées dans des cageots, et une petite trappe qui accédait à la cabine. Le voyage sera très inconfortable mais au moins, ils seront à l’abri. Leur allié ferma derrière eux puis grimpa dans la cabine du camion, après avoir ouvert les grandes portes, prêt à démarrer. A l’arrière, ils étaient dans le noir complet, le rugissement des moteurs mis en route poussa d’ailleurs Anne-Sophie à revenir se réfugier contre lui. Nicolas referma les bras sur elle avec douceur, en lui massant un peu la nuque. Le garagiste referma les double-porte aussi, puis repartit. Ils sentaient tous les cahots de la route, alors qu’ils prenaient une certaine accélération.

– On va où ? chuchota doucement Victor.

– Rejoindre une cellule de la Résistance, puis vous serez amené en sécurité, avec d’autres enfants qui ont été cachés.

– Et nos parents ?

– On va s’en occuper… Ils vont être délivrés, je te le promets.

Trouver les camps et les familles déportées allait être l’objectif prioritaire de la rébellion, dorénavant. D’ici là, ce qui comptait, c’était de mettre ces petits bouts à l’abri.

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le Dim 9 Juin - 17:13
La seconde étape du projet s’était finalement bien déroulée et ils avaient atteints sans encombre le garage Barraud, où un des alliés de la rébellion les attendait avec nervosité. Haru était nerveux aussi, dans le fond, même s’il le cachait pour ne pas en rajouter ou donner le sentiment aux petits qu’ils n’étaient pas en sécurité. Le garagiste avait préparé leur départ de la ville, leur ouvrant les portes d’un camion devant servir habituellement pour les livraisons. Allez, hop, les enfants. Haru grimpa le dernier, alors que leur allié du jour refermait sur eux, les plongeant dans le noir. Ils s’assirent tout au fond, contre la paroi donnant sur la cabine, entre les lourds sacs, les cageots et les caisses. Mineh vint se blottir contre lui, tout comme Anne-Sophie qui retourna se loger dans les bras de Nicolas, comme toute à l’heure. Victor resta dans son coin, jambes repliées contre lui, tremblant toujours.

Les cahots les secouèrent pas mal, au vrai démarrage, une fois le camion sorti et le garage refermé derrière eux. Haru posa tête contre un bout de caisse derrière lui, les yeux fermés et le petit dans les bras, écoutant les premiers échos de la rue, le bruit des rues alors que le camion accélérait, parfois les bruits de voitures croisées dans la rue. C’était presque irréel… Il y a quelques jours encore, il menait une vie ordinaire à Orléans, une vie banale, une vie réglée comme une horloge, et le voilà devenu fugitif, dans ce pays adopté il y a des années. Il n’avait pas peur, pourtant… D’un caractère toujours très sereine, calme, voire froid pour beaucoup, il ne s’énervait que très rarement et n’avait pas non plus de grands accès de peur ou d’effroi. Somme toute, une humeur qui restait égale la majorité du temps, il tâchait de ne jamais se laisser abattre.

Pour la suite, il s’en remettait à Nicolas, pour les conduire à bon port, ainsi qu’au garagiste les emmenant. Lui-même ne faisait pas partie de la Résistance, en tout cas pas encore, et il ignorait où les trouver. Pour la suite… Rouvrant les yeux, même s’il ne voyait quasiment rien à cause de l’obscurité, il réfléchit à ce qu’il devait faire. Les rejoindre pour de bon et participer à leurs combats ? Retrouver où avaient été enfermées les familles de ces enfants et partir les délivrer ? Tout avait basculé si vite qu’il était assez perdu, sa vie lui avait comme brusquement échappée des doigts pour être mêlée à une intrigue qui le dépassait très largement. Sans doute ne réalisait-il pas encore ce qui était en train d’arriver… Le camion ralentit, tout à coup, et ils entendirent nettement le garagiste s’écrier, d’une voix étouffée, « la police ! ».

Haru ne perdit pas une seconde. Se redressant, il ouvrit les caisses laissées vides et fit rentrer dedans les enfants, en leur disant de s’y rouler en position fœtale. Et chut, on ne pleure pas ! Pas un bruit, pas un mot, pas un geste ! Ils eurent juste le temps de redéposer les couvercles dessus et quelques petits sacs, que la police ouvrait l’arrière du camion, les éclairant vivement de leurs lampes torches, armes pointées vers eux. Aveuglé, Haru détourna un peu la tête, yeux plissés, puis leva sagement les mains, priant pour qu’aucun des trois petits ne fasse le moindre bruit. Une prière que devait partager Nicolas… Descendant du camion, il faillit basculer en avant quand un de policiers l’agrippa vers le col pour l’écarter de là. Les autres secouèrent un peu les premiers sacs mais n’allèrent pas au fond du camion.

"Fouillez-les."

Le garagiste tremblait à son tour de la tête aux pieds, livide alors qu’on l’interrogeait, lui demandant pourquoi il les transportait ici, cachés, à l’arrière de son camion. Haru n’était pas recherché mais Nicolas, lui, devait l’être… Il lui lança un regard en biais, un peu alarmé, alors qu’on les fouillait. Seul bonheur, la police n’avait pas fouillé le chargement, les enfants n’avaient pas fait de bruit, ils allaient s’en sortir… Même si eux étaient arrêtés, Victor, le plus âgé, pourra tâcher d’emmener les plus petits hors de la ville, puis trouver de l’aide, quelque part. D’un coup d’œil, il évalua leurs chances. Ils étaient trois. Lui-même avait un don, la glace, il ignorait si les deux autres avaient aussi un pouvoir. Les policiers étaient une vingtaine, en plus de ceux au barrage sur la route. Et ils avaient en main l’arme à feu que Nicolas portait sur lui.

Une vingtaine, c’était beaucoup… Mais c’était soit ça, soit se laisser arrêter gentiment sans rien tenter. Il échangea u nouveau regard avec le résistant, hochant très lentement la tête.

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le Dim 9 Juin - 17:55
Hier matin, il donnait un cours à une classe remplie de gamins de quinze ans inattentifs et qui pensaient au déjeuner, hier après-midi, il discutait missions entre deux cours, hier soir, il prenait un rapide café avec ses collègues en parlant des élèves et des notes catastrophiques de certains, et ce soir, il était dans un camion en emmenant d’autres enfants terrorisés vers un semblant de liberté, alors que leurs familles avaient disparu. On appelait ça une vie bien remplie… La première partie du voyage, à pied dans les rues, s‘était très bien passée, ça ne pouvait évidemment pas durer ainsi. Il faillit gémir quand le camion s’arrêta, face à un barrage de police, les dents serrées. Haru réagit avant lui, ouvrant les caisses vides pour y faire rentrer les enfants et les cacher. Anne-Sophie commença à pleurer et Nicolas lui mit rapidement la main sur la bouche, chuchotant rapidement de ne plus faire aucun bruit. D’un ton impératif qui suffit tout net à faire taire l’enfant.

Les portes du camion furent grandes ouvertes, des armes pointées sur eux, avant que Nicolas ait eut le temps de saisir la sienne et les accueillir avec. D’accord, d’acccooord, les copains, on se calme, ils descendaient de là. A peine pied posé à terre qu’ils se firent brutalement tirés sur le côté, avec le garagiste, et que deux type se mirent à les fouiller. Mains levées, à hauteur d’épaule, Nicolas fit un petit sourire innocent au flic qui trouva son arme, sans répondre lorsqu’il lui demanda qui il était. Désolé, mon gars, il n’emmenait pas sa carte d’identité avec lui en mission, ce serait stupide. Il se retenait surtout de regarder le camion et ainsi laisser penser que des gens se cachaient dedans, mais les flics fouillèrent pas plus que ça, les petits ne firent pas de bruit. Comme quoi, les gamins sont bel et bien capables de se taire, quand ils le voulaient ! Même les tous-petits ! Faudra qu’il rappelle ça à ses élèves, tiens.

La présence du camion le gênait, autant l’avouer platement, impossible de déchaîner un pouvoir alors que trois gamins étaient si proches et pourraient être blessés dans l’affaire. Pourvu qu’ils restent planqués, peu importe qu’ils entendent des coups de feu ou autre chose ! Leur ami garagiste était terrorisé et Nicolas doutait qu’il possède le moindre don. Désolé, donc, mon ami, il devra s’arranger pour le pousser à l’écart… Haru lui envoya un regard, interrogateur, hochant la tête. D’accord. Le professeur remua doucement à son tour, rassemblant ses forces, ses esprits et son pouvoir. Puis frappa brutalement le type juste devant lui, les paumes brûlantes, le projetant plus loin alors qu’il poussait un hurlement de douleur. Il s’écrasa aussitôt au sol pour éviter les balles que tirèrent ceux derrière, puis poussa un peu brutalement leur allié du moment derrière une benne en lui criant de dégager de là.

Ils ne pouvaient pas laisser les enfants tous seuls ici mais… Haru lui évita la mort, tout à coup, grâce à un mur de glace, arrêtant les balles et faisant ricocher d’autres. Ah, merci, il possédait donc la glace, c’était très bon à savoir ! Il réussit à récupérer son Mauser C96 au sol, d’un geste souple, puis dû battre en retraite avec son confrère, les dents serrés, mais au moins, les flics s’éloignaient aussi du camion. Là, les gamins, c’était le moment de fuir aussi ! Nicolas voulait aussi s’éloigner des maisons, le plus possible, alors qu’une alarme sonnait déjà dans toute la ville, les renforts n’allaient pas tarder. Il tirait d’une main, sans toucher beaucoup de personnes et répugnant aussi à tirer pour tuer, encore. Son don lui servait surtout à maintenir éloigné ces hommes et leur donner du temps, tâcher de les attirer loin.

Une très vive douleur lui transperça tout à coup le côté du flanc gauche et il poussa un cri, tombant à moitié à genoux, plaquant une main contre son flanc. Une main qu’il remonta couverte de sang. Merde… Glissant derrière le coin d’un mur, il put jeter malgré tout une autre salve pour forcer les flics à battre en retraite à bonne allure, dressant un mur de feu entre eux, rangeant son arme pour garder la main plaquée contre la blessure et l’écoulement du sang. Serrant les dents très fort, il inspira à fond, puis écrasa la paume brûlante de feu sur la blessure pour la cautériser. La douleur lui vrilla le cœur à un point infernal, le faisant cette fois retombant complètement au sol, la tête tournante. Le souffle coupé, il parvint à se reprendre un peu, levant le regard vers son confrère.

– Les petits, dit-il très vite d’un ton un peu saccadé. Emmenez-les à Metz, la cathédrale.

Il pouvait contourner, se débrouiller pour rejoindre les petits sans se faire voir, allez ! Nicolas allait essayer de garder les flics sur lui, lui donner du temps. Il se redressa, à l’aide du mur, tenant debout en léger déséquilibre, puis se prépara. Allez, les cocos, acte trois, c’était parti !

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Les dés

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le Lun 10 Juin - 14:18
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Commandant Arnaud Morcet, de la DNS

Les rebelles de ce pays étaient autant habitués aux coups d’éclat vifs et discrets qu’aux anicroches violentes. Arnaud tourna légèrement la tête pour regarder, par la fenêtre de la voiture, les éclats qu’on voyait au loin, à l’autre bout de la ville. Son service, la Direction Nationale de la Sécurité, venait d’être averti, appelé pour récupérer le paquet que la police avait serrée. Une police qui détestait d’ailleurs autant la DNS qu’ils détestaient les résistants mettant à mal leurs efforts. Il est vrai que les hommes d’Arnaud avaient un pouvoir d’action plus bien plus large que ceux des militaires ou fonctionnaires de police, un pouvoir outrepassant les lois d’État et celles des Droits de l’Homme. En une telle période de crise, c’était un mal nécessaire, comme il devait souvent l’expliquer. Un État fort ne se met en place que s’il dispose d’une force de frappe conséquente, mobile et efficace. Si à quarante ans, Arnaud était déjà à la tête de la DNS, c’est qu’il avait su prouver rapidement son efficacité, autant pour les enquêtes que pour l’interrogatoire des prisonniers récalcitrants. Plusieurs points d’attache de la résistance avaient déjà été détruits grâce à lui.

La paisible ville d’Orléans… Elle le redeviendra une fois qu’ils auront débarrassé ces rues de tous les rats et de tous les parasites rongeant leur pays. En descendant de voiture, il dépassa le premier barrage de policiers sans difficulté. Il ne portait pas d’uniforme mais avait, en mission, un insigne accroché au col de sa veste, qui suffisait aux représentants de l’autorité pour comprendre qui ils étaient, ainsi qu’à leur faire comprendre de ne pas se mettre en travers de leur chemin. Ils s’écartèrent, d’ailleurs, les laissant accéder à l’homme qu’ils étaient venu chercher. Un homme blessé, visiblement, à genoux et à terre, les mains menottées dans le dos, tenu en garde par deux hommes braquant leurs armes sur lui. Les dégâts tout autour d’eux attestaient sans peine du pouvoir violent de cet homme. Les élémentaires, toujours à s‘agiter comme des chiens qu’on ne tenait pas assez fermement en laisse. Ils étaient mieux préparer, à présent, ces derniers mois, les laboratoires avaient pu mettre au point plusieurs drogues, pour empêcher ces hommes et femmes d’utiliser leurs dons destructeurs.

Il fit un petit signe à deux de ses hommes, qui allèrent forcer le prisonnier à s’allonger sur le sol, ventre contre terre, le temps qu’on le pique avec le produit, dans le cou. Arnaud attendit un instant que le produit agisse, les mains dans les poches, puis d’un autre signe sec à ses hommes, ordonna qu’on l’emmène. Pas un mot pour les policiers sur place, ni pour les blessés qu’il voyait. Pas un mot non plus sur les circonstances de cette arrestation, le reste de l’affaire n’était pas son problème. Le trajet retour se fit dans le calme, ils avaient eux aussi de multiples points de chute et des bureaux, dans des endroits tenus secret, autant, bien sûr, pour le grand public que pour le services de l’État. Seul le Président et certains de ses plus proches conseillers savaient où ils se trouvaient et à y faire quoi. Une fois arrivé, il dit à ses hommes d’emmener le prisonnier dans la salle de travail, puis se rendit tout d’abord dans la section archives avec son adjoint. La première étape était de vérifier l’identité de leur homme, s’il était déjà fiché ou non comme Résistant. Une étape toujours un peu chronophage mais indispensable.

Ils mirent quatre bonnes heures avant de définir avec certitude l’identité de leur prisonnier et assembler quelques informations supplémentaires sur lui. A minuit passé, Arnaud quitta ainsi son bureau pour rejoindre la salle de travail. C’était une large pièce, situé dans un vaste ensemble souterrain où aucun bruit ne pouvait filtrer à l’extérieur, très sécurisé, en béton armé. A l’intérieur de la salle, tout le matériel pour des interrogatoires étaient rassemblés. Marcoh était assis sur une chaise en bois, face à un bureau très sommaire et d’autres chaises, les mains fermement attachées dans le dos. Arnaud vint s’asseoir au bord du petit bureau, face à son prisonnier. Évidemment, avec les personnes coopératives, c’était plus facile, mais il se doutait que celui-là refusera de tout déballer gentiment.

"Monsieur Marcoh, je suis le commandant Morcet, de la Direction Nationale de Sécurité."

Tout en parlant, il alluma une petite cigarette, dont il tira une bouffée légèrement, crachant la fumée au visage de son prisonnier. Ils allaient passer toute la nuit à discuter ensemble, et bien plus s’il décidait de s’entêter à ne pas dévoiler tranquillement ce qu’il savait, donc autant commencer par des petites présentations, n’est-ce pas ?

"Quel est le but de votre visite à Orléans ?"

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le Jeu 20 Juin - 16:32
Il avait gagné autant de temps que possible, Haru avait dû pouvoir récupérer les enfants et fuir. A Metz, l’évêque en poste était acquis à leur cause, il pourra tout organiser pour transférer les enfants en sécurité, au QG de la résistance, enfin, au pensionnat, ainsi qu’Haru. Navré, il faudra qu’ils trouvent aussi un remplaçant pour ses cours, il allait être absent durant quelques temps. A genoux au sol, un policier lui serra les poignets dans le dos avec une paire de menottes, qu’il ferma aussi étroitement que possible, pinçant la peau, puis une seconde arme fut braquée juste contre sa tête. Pour le moment, même si c’était assez bizarre, Nicolas n’avait pas peur. L’adrénaline coulait encore trop fortement dans ses veines, l’empêchant de réaliser pleinement sa situation. Ce sera très différent une fois « à froid », loin de ce champ de bataille, il était plus que conscient qu’il devait se tenir prêt.

D’autres types arrivèrent assez vite, en voiture, des flics de plus, sans doute, même si ceux-là ne portaient pas leurs uniformes. Toute la ville devait être réveillée, à cette heure, ils avaient assez de dégâts. Demain, dans les journaux, attention, l’arrestation d’un dangereux résistant qui avait fait brûlé une partie des abords de la ville, hourra ! Que demandait le peuple ? Les types vint le forcer à s’allonger contre la terre et l’herbe, tirant sur le col de sa veste, alors qu’il se débattait. Eh, les gars, il était déjà menotté, que voulaient-ils de plus ?! Une seringue passa tout à coup dans son champ de vision et il écarquilla les yeux, prêt à se débattre un peu plus mais une main lui écrasa la tête dans l’herbe, l’empêchant de bouger. L’instant d’après, il sentit la pointe de l’aiguille rentrer dans sa nuque, on ne peut plus crispé.

Son cœur s’emballa brusquement, avant que le rythme ne redescende, suivi d’une forte impression d’étouffement. Il trembla violemment, avec la sensation que son pouvoir… s’endormait… se rétractait, au fond de son esprit, plutôt, comme un animal blessé et en colère, léchant ses plaies avant d’attaquer de plus belle. Pris d’un lourd vertige, il ne put même pas se débattre quand les deux hommes le soulevèrent avant de le traîner vers la voiture plus loin, et l’y jeter à l’arrière. Des drogues… Contre les dons… Ces enfoirés avaient réussi à… Et Haru ne pouvait pas le savoir ou prévenir ! Complètement sonné, il essaya tout le trajet de lutter contre les effets de la drogue mais rien à faire, il avait en partie perdu contact avec son pouvoir. Ça commençait à sentir mauvais. Sans son arme, attaché, son don restait sa dernière défense, comment s’y prendre même sans lui ?

Au petit jeu du « Jusqu’où pousseras-tu ta résistance physique ? », le professeur ne savait pas du tout où il plaçait la barre. Il pouvait assez bien encaisser la douleur, mais l’alliance douleur et torture mentale, impossible de savoir sans l’avoir vécu. Il entendait encore Bradley dire que se laisser envahir par la peur était déjà une attaque qui pouvait vous annihiler, vous détruire, que c’était elle qui faisait la moitié du travail. Pensant à ça, il s’obligea à la chasser, se répéter qu’il pouvait faire face à ça, comme à autre chose. Et qu’il trouvera un moyen de s’en sortir, tôt ou tard. A l’arrivée, on l’emmena directement dans des sous-sols, puis dans une salle bétonnée, tout à fait charmante, comme on les imaginait des salles d’interrogatoire des gouvernements fascistes. Les deux hommes le firent assis sur une chaise en bois, à nouveau les mains liées à en faire mal dans le dos, puis reculèrent. Le silence retomba.

Il ferma les yeux, tête légèrement baissée, pour ne pas voir ce qu’il entendait mais se souvenir plutôt d’un des instructeurs, à l’entraînement, qui lui aussi avait vécu ce genre de situation. « Il est humain de se crisper face à la douleur, » disait-il, « mais le problème vient aussi de là. Plus vous serez crispé, plus vos muscles seront tendus et donc d’autant plus à vifs. Au cours d’un interrogatoire d’un tel type, il ne faut pas résister, au contraire, il faut se relâcher. Accepter entièrement la douleur, détendre son corps, pour la rendre plus supportable. Si votre corps supporte, votre mental tiendra et vous n’avouerez rien. Détendez de même votre esprit. La douleur physique est une chose, la pression mentale en est une autre. Tout cela se travaille. » Nicolas rouvrit les yeux, respirant doucement, s’appliquant à respecter ces consignes. Détends-toi. Profondément.

Il n’y avait pas d’horloge, ici, mais il avait déjà dû s’écouler au moins trois ou quatre heures avant que le type de toute à l’heure n’arrive dans la salle et ne vienne s’asseoir devant lui, contre le petit bureau en bois. Les effets de la drogue étaient toujours là mais l’adrénaline, elle, était entièrement retombée, il avait réussi à se calmer. Quant à savoir s’il était assez détendu, c’était une autre affaire. Même avec tous les conseils du monde, personne ne pouvait dire « Moi, je réagirai comme ça ! ». Car c’était impossible. Et il ne souhaitait à personne de le vivre pour pouvoir ensuite raconter les réactions.

– Monsieur Marcoh, je suis le commandant Morcet, de la Direction Nationale de Sécurité.

La DNS, il aurait dû s’en douter, rien qu’en voyant la gueule de leurs locaux. Il tourna un peu la tête pour ne pas trop respirer la fumée de la cigarette que cet abruti venait de lui cracher dessus, avant de reporter le regard sur lui. Il avait déjà entendu parler de l’organisation, oui, la police politique de ce pays, créée il y a peu de temps, quelques mois tout au plus, mais dont la réputation n’était déjà plus à faire. Forcément, sur qui d’autre aurait-il pu tomber, étant donné les relents d’extrémisme pourrissant ce pays. La peur recommençait à gagner du terrain, malgré toute sa volonté, insidieuse, se glissant dans son esprit comme un serpent. Pour se calmer, il pensa alors à Estelle, qui était là, quelque part au-dehors, et qu’il voulait revoir. S’il mourait ici, il ne la reverrait jamais sourire, il fallait tenir.

– Quel est le but de votre visite à Orléans ?

Tiens. C’était l’ordre, à partir de maintenant. Il ne répondit pas et la réaction du commandant fut une brusque gifle à vous en arracher la tête des épaules. Nicolas fut surpris mais le geste était plus humiliant que douloureux, il put ne rien dire. Ce n’était sans doute que la mise en bouche, de toute manière. Restant silencieux, crispé malgré ses efforts, il ferma les yeux et serra très fort les dents pour ne pas lâcher non un seul son lorsque le type tira sur son col et lui écrasa sa cigarette contre l’épaule. Son cœur avait fait un bon violent, mais il parvint à ne rien dire du tout, rouvrant les yeux pour fixer son bourreau qui lui souriait. Un sourire doucereux, à la manière d’un serpent venimeux prêt à mordre. « Le corps doit être entièrement relâché, ne craignez pas la douleur. » Il ne comptait rien dire.

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le Ven 5 Juil - 8:25
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Commandant Arnaud Morcet, de la DNS

S’il voulait jouer au jeu du silence, dans un premier temps, il restait à savoir combien de temps il réussira à tenir avant de se mettre à hurler. Arnaud transféra sa cigarette de la main droite à la gauche, puis se servit de la première pour coller une gifle des plus magistrales à son prisonnier, y laissant une large marque d’un rouge vif. Il s’était pourtant contenté d’une question simple, pour ce charmant début, ces rebelles étaient décidément incapables de comprendre vite où se trouvait leur intérêt. Le commandant tira un peu sur la cigarette, puis tira le col de son prisonnier, lui écrasant le bout brûlant de la cigarette contre l’épaule, pendant plusieurs secondes. Pas un mot, il ferma les yeux sur le coup, avec un sursaut, mais ne cria pas. Les hommes et femmes avec un peu de résistance physique étaient toujours plus amusant à traiter. Le commandant se redressa calmement, en lui souriant.

"Tout homme possède une limite, monsieur Marcoh. Nous allons jouer à un petit jeu, voulez-vous bien ? Le but est de trouver la vôtre."

Par expérience, le commandant savait que les prisonniers eux-mêmes ignoraient où se trouvaient leurs propres limites, car une très grande majorité n’avait tout simplement jamais vécu ce type de situation. C’était là où ça devenait amusant, lorsque eux-mêmes se découvraient, au mieux des ressources cachées, au pire une faiblesse insurmontable ou une très faible résistance face à la douleur. Ils allaient commencer par l’un des plus grands classiques des méthodes d’interrogatoire traditionnelles et fit signe à ses hommes d’y traîner le prisonnier. La méthode était simple, on lui liait les mans fortement serrées le dos avec des menottes, puis on lui plongeait la tête dans une baignoire remplie d’eau glacée, jusqu’à la quasi-noyade. On le relevait en le tirant par les cheveux, et s’il refusait toujours de parler, on l’y replongeait. Lui faisant vivre de nombreuses fois par la plus horrible des sensations, celle de la noyade.

Lorsque la victime était véritablement au bord de l’évanouissement complet, il fallait cesser, on lui faisait boire un truc chaud, ou de l’alcool, pour la « réveiller » suffisamment, avant de reprendre la séance de torture. Le commandant se tint à deux mètres de la baignoire en observant ses hommes y plonger Marcoh, fumant doucement, les yeux plissés. Cet homme avait au moins le mérite de savoir à peu près à quoi il devait s’attendre, ce n’était pas le cas de tout le monde. Entre chaque plongeon forcé, il attendait trente secondes pour laisser son prisonnier se décider à parler, et s’il ne se décidait pas, ordonnait à ses hommes de recommencer. Au bout d’un moment et de plusieurs baignades forcées, ils le jetèrent sur le sol en béton, crachant de l’eau et suffocant. Il est certain que ce traitement faisait encore moins de bien à un élémentaire feu qu’à un homme ordinaire.

L’un de ses hommes lui lança un premier et violent coup de pied en plein dans l’estomac, l’autre enchaîna en le frappant dans les côtes, puis les deux se déchaînèrent sur l’homme à terre, en lui cassant sûrement une ou deux côtes au passage. Arnaud jeta le mégot plus loin, patientant quelques minutes avant de leur faire signe de cesser et de faire rasseoir le prisonnier sur la chaise. Les personnes ordinaires, sans aucune préparation physique ou mentale, étaient déjà prêtes à parler à ce stade, pour la plupart. Les plus têtues d’entre elles avaient besoin de plus de temps en leur compagnie. Les soldats plus confirmés et les personnes entraînées à faire face ne craquaient pas avec si peu, loin de là. Le commandant se rassit à son tour à son bureau, reprenant les documents trouvés sur le prisonnier avec lui.

"Les instituteurs comme vous ne se mêlent pas à une bande rebelle qui n’a aucune chance de l’emporter, d’ordinaire. Dommage que vous n’ayez pas réussi à comprendre plus tôt que vous occuper simplement de votre petite école paumée en campagne vous aurait évité tant d’ennuis. Vous êtes fils unique, n’est-ce pas ? Une mère secrétaire sous-payée, un père ouvrier dont même ses collègues ne doivent pas se rappeler du nom, une maison tenant encore debout par on ne sait quel miracle… Vous êtes l’archétype même du citoyen bas de gamme qui a cru survivre dans une histoire trop importante pour lui."

Un type issu de la classe ouvrière, qui n’avait eu aucune éducation sérieuse dans sa jeunesse, qui n’avait décroché qu’un emploi minable dans une école minuscule du nord-ouest de la France, et qui se retrouvait maintenant embarqué dans une affaire qui le dépassait entièrement. Méprisable.

"Je me demande si votre père ne serait malgré tout pas plus empressé que vous de répondre à nos questions. Même les petits rats sans talent de ce genre tiennent aux rejetons qu’ils ont pu pondre dans ce pauvre pays. Que diriez-vous de le tester ?"

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le Jeu 11 Juil - 13:42
– Tout homme possède une limite, monsieur Marcoh. Nous allons jouer à un petit jeu, voulez-vous bien ? Le but est de trouver la vôtre.

Se relâcher, se relâcher, c’était tellement plus facile à dire qu’à faire. Il savait très bien que le jeu en question n’allait pas lui plaire ! Les deux gorilles derrière vinrent le tirer de la chaise, puis le traîner jusqu’à une baignoire remplie d’eau. Nicolas savait très bien ce qui l’attendait et ne put s’empêcher de se débattre autant que possible, ayant à peine le temps d’attraper une grande goulée d’air avant qu’ils ne lui jettent la tête la première dans l’eau, en l’y maintenant. Le simple instinct de survie et l’adrénaline vous obligeaient à vous débattre et vous sortir de là, même si c’était stupide car vous gaspilliez ainsi de l’air. Il était au bord de l’étouffement lorsqu’ils lui tirèrent violemment la tête en arrière par les cheveux, en lui ordonnant de parler. Allez tous vous faire foutre !

Plusieurs fois de suite, Nicolas eut littéralement l’impression que ses poumons allaient céder sous la pression, s’étouffant et luttant pour respirer. Il ignora combien de temps ça dura et combien de fois ils le plongèrent tête la première là-dedans, suppliant presque mentalement son pouvoir, assommé par la drogue, de se montrer, même sans qu’il ne le contrôle ! Sa tête cogna un peu contre le sol en béton armé lorsqu’ils l’y jetèrent, toussant et crachant de l’eau, incapable encore de se lever et riposter. Un bref cri de surprise et de douleur lui échappa lorsqu’un des types lui balança un violent coup de pied en plein dans l’estomac et il se plia en deux, vomissant. Un autre coup suivit, cette fois dans le dos, puis ce fut une avalanche. Ravivant brutalement des blessures plus anciennes dans le dos, qui avaient eu tant de mal à guérir.

Un de ses instructeurs lui avait un jour dit que le corps était capable d’encaisser bien plus qu’on ne pouvait le croire, le mental jouait aussi un grand rôle là-dedans. Ça, c’était la théorie. Dans la réalité, encaisser lesdits chocs vous faisait plus penser à une mort imminente qu’à renforcer votre mental. Comment réussit-il à ne pas lâcher le moindre gémissement de douleur lorsqu’ils le firent rasseoir, il n’en eut aucune idée, ce n’était peut-être que le côté têtu. La douleur se confondait en un grand tout, sans qu’il puisse dire où exactement il était blessé. Les deux hommes l’avaient frappé sur tout le corps, et son dos, déjà gravement blessé en septembre, lui donnait envie de hurler. Colère, fierté, refus de se laisser faire… Il ignorait encore combien de temps ces sentiments allaient le soutenir. Mais s’il parlait, c’était le QG de la Résistance qui tombait. Mieux valait mourir.

– Les instituteurs comme vous ne se mêlent pas à une bande rebelle qui n’a aucune chance de l’emporter, d’ordinaire. Dommage que vous n’ayez pas réussi à comprendre plus tôt que vous occuper simplement de votre petite école paumée en campagne vous aurait évité tant d’ennuis. Vous êtes fils unique, n’est-ce pas ? Une mère secrétaire sous-payée, un père ouvrier dont même ses collègues ne doivent pas se rappeler du nom, une maison tenant encore debout par on ne sait quel miracle… Vous êtes l’archétype même du citoyen bas de gamme qui a cru survivre dans une histoire trop importante pour lui.

Cette histoire était devenue trop importante pour eux tous, pas juste lui, ça dépassait tout le monde, à moins qu’ils ne s’y mettent en groupe et se soutiennent entre eux. Nicolas laissa filer une légère grimace, plus à cause de la douleur que du mépris dont le couvrait le commandant. Ce n’est que maintenant qu’il comprenait le sous-entendu de l’instructeur… Le « relâchement complet lorsqu’on ne pouvait plus tenir au cours d’un interrogatoire », c’était la mort… Accepter la mort, si on ne pouvait plus accepter la douleur. Ce qu’il devait protéger était bien trop précieux pour se permettre de le perdre. Il ne voulait pas mourir, pas comme ça, pas aussi vite, pas…

– Je me demande si votre père ne serait malgré tout pas plus empressé que vous de répondre à nos questions. Même les petits rats sans talent de ce genre tiennent aux rejetons qu’ils ont pu pondre dans ce pauvre pays. Que diriez-vous de le tester ?

– Hélas, mon père est parti pour de très longues vacances sur la Lune et il ne reviendra pas avant longtemps, il n’a plus d’essence pour faire le trajet retour.

Le coup reçu par derrière en plein dans la nuque faillit bien lui faire perdre connaissance. Sa vue se remplit un instant de petites lumières et il crut qu’il allait s’évanouir. Ou vomir. La nausée le reprenait. Et son don qui ne revenait pas encore, bon sang ! Il tenta, une fois de plus, de l’appeler, le secouer, l’invoquer, le réveiller, peu importe, mais qu’il soit là ! Mais rien à faire…

– Je préfère crever que vous dire quoi que ce soit, marmonna-t-il.

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Dés de pouvoir : 6

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le Ven 9 Aoû - 9:09
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PNJ Arnaud Morcet, commandant de la Direction Nationale de la Sécurité

Hélas, mon père est parti pour de très longues vacances sur la Lune et il ne reviendra pas avant longtemps, il n’a plus d’essence pour faire le trajet retour.

Derrière le rebelle, Vik réagit aussi sec, en lui flanquant un grand coup dans la nuque, sans avoir eu besoin de recevoir des ordres. Bien, bien… Arnaud ne réagit pas, il n’aurait pas non plus tiqué si le type s’était mis à vomir sur le coin du bureau, cette pièce en avait vu d’autre. Vomi, larmes, sang… Tout cela parce que les personnes qu’ils interrogeaient n’étaient pas capables de réaliser aussitôt que parler leur vaudrait moins de coups. Arnaud tira une autre cigarette de son petit étui, puis l’alluma, très posément. Il ne réagit pas non plus à la remarque marmonnée par leur homme. Il préférait mourir, n’est-ce pas ? C’est qu’ils disaient, tous, avant de céder sous la torture. Ce n’était pas si souvent qu’ils obtenaient des résultats dès la première nuit, soit parce que les interrogés résistaient, soit parce que les interrogateurs tenaient à faire durer le plaisir.

Commençons par un petit rappel à l’ordre. Poursuivre le test de sa résistance à la douleur, Arnaud voudrait voir jusqu’où il était capable de tenir sans hurler ou s‘évanouir. Ses hommes l’arrachèrent de nouveau à son siège et le jetèrent à terre. Vik prit ensuite un léger élan et lui donna deux coups de sa botte renforcée, l’un après l’autre, en plein dans la cage thoracique, juste sous les poumons. Des coups assez forts pour envoyer valser leur prisonnier un peu plus sur le sol en béton. Il enchaîna en le frappant de nouveau, cette fois-ci dans le foie, puis lui infligea un autre coup en plein dans les reins. Arnaud observa le tout en fumant sa cigarette et en détaillant avec attention toutes les réactions de leur prisonnier. N’importe qui, après ça, restait par terre, et c’était là la juste place de ce sale chien de résistant.

Et si on jouait à un petit jeu, maintenant ? Vik retourna d’un coup de pied l’homme par terre, sur le dos, le temps que le commandant se prépare et approche. Il braque son pistolet vers le torse du prisonnier avec un large sourire. L’arme était vide, mais ça, leur homme ne pouvait le savoir… Arnaud lui expliqua que son arme possédait actuellement une seule balle, qu’il allait lui poser de nouveau quelques questions, et qu’à chaque mauvaise réponse, ou refus de réponse, il allait appuyer sur la gâchette. Avec de la chance, rien n’en sortira. Avec peu de chance, il recevra un coup. Il y survivra peut-être… ou pas. Arnaud glissa qu’il ne voulait pas parier là-dessus, ce serait un trop grand risque de perdre.

Première question. Où se cachent vos amis résistants ?

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le Ven 9 Aoû - 15:04
Molosse numéro un le saisit par le col pour le jeter par terre, Nicolas retenant un bref grognement en retombant contre des parties déjà douloureuses du corps. Puis il reçut deux violents coup de pieds en plein dans le ventre. La douleur lui coupa le souffle et il se plia en deux, avec un gémissement, avant qu’un troisième coup de pied ne lui arrache un petit cri. L’autre coup, dans le dos, dans les reins, lui fit pousser cette fois un véritablement hurlement. En position fœtale, par terre, les poignets à vif à cause des menottes, dans son dos, il s’efforça de reprendre son souffle, le cœur battant à très vive allure. Mal… Si mal… L’autre molosse le retourna sur le dos d’un coup de pied et Nicolas sentit le fer des menottes s’enfoncer encore un peu plus dans la chair des poignets.

Le commandant se tenait maintenant au-dessus de lui, le braquant avec son pistolet. Il comptait l’achever ? Mais non, pas déjà… Non, il voulait visiblement jouer à la roulette russe. Une seule balle chargée, des questions, plus aucune chance de s’en sortir vivant. Nicolas avait eu beau faire tout son possible pour se préparer, rien, finalement, ne pouvait réellement préparer à ça. Lèvres pincées, larmes aux yeux, il essayait juste de ne pas montrer sa peur, par pure fierté. Même s’il était abattu ici, comme un chien, il voulait au moins mourir sans leur avoir donné la moindre satisfaction, ni le moindre début de réponse. Il ne répondit donc rien, à la première question, et ne put s’empêcher de sursauter violemment quand ce sale type appuya sur la gâchette. Aucune balle n’en sortit. Idem la seconde fois. Nicolas se mordit l’intérieur des joues pour réfréner au maximum la panique. La peur de mourir.

Le commandant de la DNS fit finalement tourner tout son chargeur avec des coups à blanc. Ce n’est que là que le professeur réalisa qu’il n’avait en réalité chargé aucune balle. Un brusque élan de haine lui vint et il allait l’insulter, s’interrompant parce qu’il reçut un autre coup en plein visage. Il se sentit comme partir en arrière, perdant à moitié connaissance, avec la sensation d’avoir le visage enflé et si lourd. Une odeur de fer le réveilla, accompagnée par un long filet de sang, lui faisant comprendre qu’il avait l’arcade sourcilière fendue. Les deux molosses le relevèrent, puis le traînèrent hors de la pièce, le portant à moitié. Nicolas était de toute façon bien trop sonné pour réagir à quoi que ce soit, tout son corps n’étant plus qu’une immense plaie. Quand ils sortirent, dehors, il fut surpris par la lumière soudaine d’un flash, mais ne put voir ce qui se passait vraiment.

Il fut juste jeté comme un sac à l’arrière d’une camionnette de police, puis emmené. Incapable de bouger, il resta comme ça durant tout le voyage, secoué par les chaos, jusqu’à l’arrivée. Une sorte de prison… A nouveau traîné, il fut emmené cette fois-ci dans une pièce toute blanche, sans fenêtres, sans mobilier, si ce n’est une maigre couche elle aussi blanche, par terre, et un saut. Même la porte était blanche, avec une petite trappe. La lumière, blanche, était très forte. Les types lui enlevèrent les menottes et le laissèrent là. L’instant d’après, alors que les bruits de pas s’éloignaient dans le couloir, une série de sifflements, plus ou moins aigu et plus ou moins forts, se firent entendre. Emplissant la pièce. Nicolas se ramassa de nouveau en position fœtale, sur la couche au sol, en se tenant la tête les mains, les nerfs déjà vrillés par cette série de sifflements.

– Stop, murmura-t-il très bas.

Il se mit à pleurer comme un enfant, pendant une bonne dizaine de minutes, avant de se reprendre un peu et se concentrer sur Estelle. Toujours la tête entre les mains, les yeux fermés, il s’efforça de faire abstraction des sifflements en continu pour ne penser qu’à elle. Les heures défilèrent, il ne bougea toujours pas. Incapable de se reposer, encore moins de s’endormir, il ne cessait de penser à Estelle, et à son père, pour faire abstraction du reste. Parfois, il se parlait même toute seul, pour essayer de couvrir le bruit des sifflements. Le temps passait… Mais il en avait perdu toute notion… Le jour, la nuit, impossible de le dire. Perclus de douleur et ne pouvant pas se reposer, harcelé par le bruit permanent, il crut bien sombrer dans la folie. Même se frapper la tête contre le mur jusqu’à s’évanouir lui apparaissait comme une idée géniale !

Deux jours étaient passés, peut-être trois, quand il commença à moins ressentir les effets de la drogue dans son organisme et contre son pouvoir. Il était dans un état physique et mental lamentables, mais il trouva quand même la force de se lever en chancelant. Il s’approcha de la porte et s’y appuya, conjurant son don, l’appelant, mais il ne réussit qu’à se brûler lui-même le poignet, avec un léger cri de douleur. Retombant à genoux, le front appuyé contre la porte, Nicolas s’effondra en sanglots, relâchant une partie de la pression accumulée. Respire… Respire… Il ne pouvait pas mourir aussi ou devenir fou dès le premier emprisonnement… En trop mauvais état pour utiliser son pouvoir, que lui restait-il ? Calme-toi… Il se rassit contre le mur, par terre, le cœur au bord des lèvres.

S’il ne pouvait pas se reposer, il allait finir par vraiment devenir cinglé. Son seul espoir était d’attendre, et de tenir, jusqu’à ce qu’on revienne le chercher, pour un nouvel interrogatoire. Là, il essaiera de nouveau de lâcher son don. Sans se retenir, peu importe si c’était dangereux…

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Résistance mentale 1er jour : 10
2ème jour et nuit : 10
3ème jour et nuit : 2

Tentative contre la porte, avec malus : combat 19, Pouvoir 8, échecs

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le Lun 12 Aoû - 17:32
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Commandant Arnaud Morcet, de la DNS

Le colonel prenait le temps de lire le rapport, en détails et en silence, tandis qu’Arnaud patientait, debout face à son bureau, bien droit, les mains dans le dos. Il était habitué, son supérieur hiérarchique était un homme de patience et avide de détails, contrairement à beaucoup d’autre, il prenait le temps de lire les fiches et les rapports, de se renseigner, d’écouter ses subalternes, même ceux du plus bas de l’échelle, avant de fixer une ligne de conduite. Il finit par relever la tête, toujours impassible mais avec ce regard satisfait que le commandant lui connaissait bien. Bien qu’ils n’aient eu de résultats immédiats, ce qui était logique avec ce type de prisonniers, ils avaient bien entamé le travail et le tenait au bout d’une corde. C’était une capture on ne peut plus heureuse, car il était certain que ce type en savait beaucoup.

Suite aux coups et à ces trois jours passés dans un environnement de sur-stimulation, avec privation de sommeil, ils lui avaient de nouveau redonné de la drogue dans le peu de nourriture accordé, afin de briser ses pouvoirs et ce don affreux. Puis le passage à tabac avait repris, sous différentes formes et variantes, sans jamais d’heures fixes afin de faire durer l’incertitude et le stress. Il s’agissait de trouver la limite de cet homme, le moment où il deviendra incapable de tenir et lâchera des informations, volontairement ou pas. En ce moment même, les hommes du commandant s’occupaient de lui. Ils l’avaient mis nu, l’avaient arrosé d’eau salée, puis lui donnaient des décharges électriques, de diverses électriques. Eau, électricité et sel sur les plaies, c’était un mélange très efficace. Le commandant précisa cette dernière donnée, trop fraîche pour être dans le rapport, à son supérieur.

Quand songez-vous qu’il parlera ?

Je suis certain que ce sera très bientôt, colonel. Nos méthodes ont fait leurs preuves.


Dès lors qu’il aura avoué, ils pourront passer à une stratégie bien plus offensive et agressive, en s’en prenant au cœur même du pouvoir résistant. A leur quartier général. L’abattre ne fera pas tomber la Résistance toute entière d’un seul coup, bien évidemment, mais cela portera un rude coup au moral de ces rebelles, tout en prouvant à tout le pays, ainsi qu’aux pays voisins, que le gouvernement ne se laissait pas marcher sur les pieds par une poignée de ridicules fanatiques et terroristes. L’objectif ultime serait de capturer leurs leaders vivants et de s’en servir d’exemples. Bien sûr, Arnaud serait heureux de leur mort, mais pour la propagande, il était toujours bon de se servir tout d’abord d’une personne respirant encore. Pour un « procès », par exemple, et attiser la ferveur de la vindicte populaire !

Le colonel semblait réfléchir, lui aussi, le regard légèrement plissé, en consultant de nouveau le rapport. Le plus important à préparer sera, bien entendu, l’attaque contre le QG. Bien que pressé de voir le sang s’écouler, le commandant Morcet n’était pas idiot et savait bien qu’ils auront affaire à très forte partie. Mais ils s’étaient préparés… Les rafles n’avaient pas à but unique la rééducation morale et politiques, elles avaient aussi pour but de récupérer des éléments utiles. Récupérer des adultes bien ou peu formés, pour leur laver le cerveau, les conditionner, les entraîner, et les retourner contre les membres de la Résistance. Puisqu’ils ne pouvaient supprimer ces pouvoirs, tous les essais s’étaient soldés par des échecs, ils pouvaient au moins les utiliser contre leurs ennemis. Il échangea encore quelques mots avec son chef, puis le salua d’un signe de tête avant de quitter le bureau.

Voyons voir où en était leur ami, à présent. Dès lors qu’on s’approchait des blocs de détention et interrogatoires, aux sous-sols, les cris se faisaient entendre de plus en plus fort et de plus en plus désespérés. Le commandant pénétra dans la pièce où était interrogé Marcoh, la scène était des plus pathétiques. Arnaud avait un coup à jouer… Il attendit que ses hommes terminent d’envoyer une autre décharge à ce type, puis fit entrer un gamin terrifié dans la pièce, ramassé pendant la rafle. Un gosse qu’il désigna à leur prisonnier, en s’agenouillant à côté de lui, sourire aux lèvres. Ce gamin, de six ou sept ans, s’était fait prendre au cours d’une des rafles, sa vie n’avait aucune valeur.

L’emplacement de votre QG. Ou bien le laisser subir les mêmes tortures que vous. Choisissez.

Il tira le résistant par les cheveux pour lui relever la tête et bien lui montrer le mioche terrifié. Il s’écoula plusieurs instants, dans un silence complet, puis le rebelle marmonna de faibles mots, étranglé par les larmes. Arnaud se pencha, ayant mal entendu, et lui fit répéter plus clairement. Un sourire bien plus torve lui vint ensuite et il laissa retomber la tête de l’homme contre le sol en béton. Parfait. S’il avait menti, ils sauront quoi lui faire subir ensuite…

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Jet Nicolas - Résistance mentale : 18

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