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Solène Nakajima
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le Sam 27 Avr - 15:31
Laura était partie en trombe à l’instant pour aller retrouver Antoine, Jasper aussi était parti de son côté, et Genji devait encore se reposer, profiter de ce temps avant la rentrée. Quant à Kimmitsu, il était aussi parti pour son travail. L’appartement était donc très calme, et pour une fois, la jeune femme aurait beaucoup apprécié un peu plus d’activité. Elle devait retrouver Gabriella à neuf heures, à l’infirmerie, et appréhendait de plus en plus de voir dans quel état son grand frère allait être. Dans le coma, gravement blessé, ça voulait tout et rien dire… Et elle ne savait même pas ce qui lui était arrivé exactement ! Et c’était bien ça qui la rendait très nerveuse. Une fois prête, et s’être forcée à manger ce matin, Solène quitta l’appartement et partit en quête de l’infirmerie. Enfin, infirmerie… C’était plutôt devenu un hôpital de fortune, où les résistants étaient soignés avec les moyens du bord. Elle n’avait fait que se retourner dans tous les sens, cette nuit, malgré la présence de son mari, en se demandant ce qui était arrivé exactement à son frère. Comment il avait pu être blessé ainsi, pourquoi, où, et s’il allait s’en sortir sans séquelles…

En arrivant à l’infirmerie, et surtout en retrouvant sa grande sœur après d’aussi longues semaines dans l’incertitude la plus complète et la peur qu’elle ne soit tuée Solène lui souhaita presque dessus pour lui dire bonjour et l’embrasser sur la joie, tellement elle était soulagée de le retrouver bien vivante et entière. Elle aurait même pu en pleurer, rendue plus sensible à cause de sa grossesse et la panique engendrée par la situation. Tant pis pour ceux autour qui pouvaient la regarder bizarrement, elle s’en fichait, ce qui lui importait, c’était d’avoir tous les membres de sa famille dans les parages proches et être certaine qu’ils étaient tous en forme. A peu près en forme. Chaque jour, depuis que Gabriella et les autres avaient dû disparaître avec la Résistance pour ne pas être tués, Solène lisait chaque ligne des informations, dans e journal, par crainte de voir leurs noms dans la rubrique nécrologique. Ces derniers mois avaient été un long calvaire, à cause de ça, qu’il y avait-il de plus douloureux que d’attendre en espérant que vos proches ne soient pas tués à cause de leurs idéaux ? Plus la guerre civile avait enflammé le pays, plus son angoisse avait grimpé.

La première pièce, en entrant dans l’infirmerie, était « classique ». Un lit d’examen, le bureau d’Adrien, des placards, des ustensiles, bandages, outils, et ainsi de suite. Une pièce pour de petits soins, très classique et fonctionnelle, comme n s’attendait à en trouver dans toutes les écoles. C’était après que les choses prenaient un tour plus sérieux… Une porte donnait sur la salle qui servait aux opérations, arrachant un frisson à Solène lorsqu’elle en vit brièvement l’intérieur, au moment où une personne en sortit, les bras chargés de cartons. Les conditions à réunir pour une « vraie » salle ne pouvaient être tenues, dans un tel cadre, devoir se faire opérer ici relevait d’une question de vie ou de mort, lorsqu’on ne pouvait conduire une personne dans un vrai hôpital, sous peine que celle-ci ne ressorte que les deux pieds devant, pour rébellion et trahison envers le Gouvernement. L’autre salle, accessible par deux portes en battant, était plus grande et longue, cette fois avec un nombre élevé de lit et autant de matériel médical que les résistants avaient pu en récupérer. Et des patients, il y en avait… Un bon nombre, déjà.

– Attention, marmonna juste derrière une femme poussant un chariot rempli d’ustensiles et de bandages, avant de les dépasser.

Leur frère, Paul, était dans un des lits, à deux mètres de là. Ce qui effraya Solène fut qu’il respirait à peine… Les lèvres entrouvertes, sa poitrine ne se soulevait qu’à peine, il était livide. Une partie de son visage était enroulé dans un épais bandage, on ne voyait que son œil droit, clos, une large cicatrice dépassait du bandage pour courir jusqu’au menton. Son corps tout entier était presque entièrement pris dans des bandages blancs, des compresses et autres, et il semblait à la jeune femme qu’il avait perdu beaucoup de kilos. Elle s’assit près du lit sur une petite chaise, pour lui tenir la main, lui murmurer qu’elle était là.

– Que lui es-t-il arrivé, exactement ?

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Gabriella de Lizeux
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le Sam 4 Mai - 11:51
Les plus grandes villes du pays étaient les premières visées par les rafles. On en comptait pour le moment une dizaine, dans toute la France, la dernière en date s’était déroulée dans le quartier Sud de Bordeaux, là où une petite communauté vivait en paix et dans la plus grande discrétion depuis une bonne vingtaine d’années. Dix rafles et déjà plusieurs centaines de personnes déplacées dans des camps de « rééducation », dans la région Parisienne. Assise au coin d’un petit bureau, à l’infirmerie, Gabriella écoutait le récit d’une des personnes qui en avait réchappé. L’homme était tremblant, blessé et encore très choqué, tandis qu’il racontait cette nuit où il avait échappé aux forces de l’ordre avec ses deux enfants. Ils étaient arrivés à quatre heures du matin, tout le monde avait été surpris. Les habitants avaient été mis dans des cas et des camions, avant d’être emmenés, on ne les avait laissé prendre que quelques affaires avant de les enlever. S’ils savaient que ces camps étaient proches de Paris, on ignorait encore leur localisation exacte. Quand il eut terminé son récit, Gabriella le laissa retourner se reposer, rangeant son carnet de notes dans sa veste d’uniforme.

Ils n’entendaient plus aucune histoire de massacre ouvert, comme celui des Alpes, par bonheur. En revanche, ces affaires de rafles n’étaient pas meilleures. On pouvait tout imaginer, de la part d’un gouvernement fasciste. Ils étaient capables du pire et l’avaient déjà prouvé plus d’une fois, ces camps, officiellement de rééducation, ne devaient qu’un moyen de plus de laver le cerveau ou elle ne savait quoi. Bradley avait une idée, là-dessus, il pensait que ces camps puissent aussi servir à retourner les élémentaires adultes contre les leurs, faire ne sorte que le pays dispose lui aussi de personnes possédant ces pouvoirs pour lutter à armes égales contre la Résistance, en plus des moyens armés plus habituels. Ce serait tout sauf idiot et peu difficile à réaliser. Il existait des dizaines de moyens de briser une personne et a reconditionner. Tous ceux clamant qu’ils ne pouvaient pas laisser leur liberté de penser se briser comme ça se trompaient, tout le monde pouvait être cassé, sans exception, si les méthodes employées étaient appliqués avec assez de force. La torture n’était pas la seule arme pouvant être utilisée.

Rien qu’aujourd’hui, dans leur hôpital de fortune, ils avaient des personnes sauvées juste à temps de ces manipulations et qui étaient encore dans un état très critique. Ces camps étaient vite devenus une de leurs priorités et pas seulement parce qu’avoir des élémentaires reconditionnés contre eux était une grosse menace. Si le conditionnement politique était bien mené, ramener la France à un état moins totalitaire et plus démocratique sera pire qu’un enfer. Voyant l’heure tourner, Gabriella rangea un peu ses notes et se leva, juste à temps pour recevoir dans les bras sa petite sœur qui était venue la rejoindre. Du calme, Solène… Ce n’était pas le moment de se laisser aller. Elle l’embrassa sur les joues et la serra un instant contre elle, avant de lui indiquer la porte menant à la salle des soins, de leur « hôpital ». Une grande pièce avait été aménagée pour les opérations d’urgence mais tout cela ressemblait plus à du bricolage qu’autre chose. Beaucoup étaient déjà morts de leurs blessures, ils ne pouvaient pas être aussi efficaces qu’ils le voudraient. Gabriella escorta sa jeune sœur dans la salle de soins, jusqu’au lit de leur frère, dans le coma et grièvement blessé.

– Que lui est-il arrivé, exactement ?

– D’abord un gros manque de prudence. De l’inconscience…

Car c’était ça, avant tout, le plus gros problème. Gabriella alla s’asseoir à son tour, de l’autre côté du lit, regardant longuement son jeune frère, aussi livide que les draps blancs le recouvrant. Ce n’était même plus de l’imprudence mais de l’inconscience, effectivement. Ils avaient envoyé Solène et les enfants dans un autre pays, au tout début de la tempête car ils savaient que ces deux premiers mois allaient être les plus violents. Gabriella avait aussi fait cacher ses parents, et lorsqu’elle avait voulu faire de même avec ses trois frères, ils avaient déclaré qu’ils pouvaient se débrouiller. Sûrement pensé qu’eux n’étaient pas si en danger que cela. Paul ne s’était pas caché comme il aurait dû, il avait presque continué à vivre comme si de rien n’était et ce qui devait arriver arriva. Il n’avait pas voulu comprendre que le seul fait de faire parti de cette famille faisait de lui une cible prioritaire, pour lui faire cracher des informations ou servir d’otage.

– Il a été enlevé, il y a un peu plus de trois semaines. Durant des jours entiers, les hommes de main de Leblanc ont tenté de lui faire avouer ce qu’il pouvait savoir de la Résistance et des élémentaires en fuite. Ils ont essayé de le retourner contre sa famille. Il a été torturé durant tout ce temps. Lorsque nous l’avons enfin retrouvé, il était déjà entre la vie et la mort. On ignore ce que ça va donner.

Ce qui rendait Gaby le plus malade, c’était bien de savoir que cette horreur aurait pu être évitée. Elle aurait dû… Elle ne savait pas… Obliger son petit frère à se cacher dans une des cellules de Résistance, ne pas lui laisser le choix, tant pis s’il était contre ou ne voulait pas se mêler aux résistants. Elle en avait un peu parlé avec Kimmitsu, il lui avait dit avoir aussi hésité à dire non à Solène si elle avait voulu rester en France quand même, près de lui, comme les enfants. Mais maintenant qu’ils avaient vu cela, il était clair qu’ils ne laisseront plus le choix aux personnes ainsi en danger. Paul flottait toujours quelque part entre la vie et la mort, ils n’avaient aucun moyen de savoir s’il allait se réveiller un jour ou s’il allait mourir.

– Personne ne peut prendre la situation à la légère, Solène. Toi aussi, tu te trouves sur leurs listes, comme tu es ma petite sœur. Peu importe ce qui doit arriver, tu ne dois jamais filer seule de ton côté, à l’extérieur. Y compris au Japon. On ne peut savoir quels espions sont envoyés et où, le gouvernement sait très bien que tu as de la famille là-bas, il peut y faire envoyer des hommes. J’espère que même là-bas, ni toi ni les enfants ne vous baladiez jamais seuls ?

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le Dim 26 Mai - 11:20
– D’abord un gros manque de prudence. De l’inconscience…

Solène tressaillit, ce n’était pas la première chose qu’elle s’était attendue à entendre. Dans ce genre de situations, on prenait d’abord le temps de la compassion, celui de la colère contre les responsables directs de cette horreur, mais on ne pointait d’ordinaire pas aussitôt la responsabilité de la personne blessée gravement dans l’accident. Ou, en tout cas, on attendait toujours avant de le faire, on attendait d’avoir posé les circonstances… C’était une preuve flagrante que Gabriella l’avait extrêmement mal pris, peut-être même plus que si Paul avait été blessé alors qu’il se trouvait dans un espace particulièrement bien protégé. Reportant le regard sur son frère blessé, Solène glissa doucement un doigt contre sa joue, inquiète en voyant ses lèvres remuer si faiblement en prenant de l’air, en voyant la pâleur si prononcée de son visage. Il avait beau avoir toute l’assistance médicale possible, ce qui représentait finalement peu dans ce genre de situations, il était mourant et ça se voyait. Ça se ressentait. Plongé dans l’inconscience, si profondément qu’on ne savait même pas s’il se réveillera un jour. Le voir comme ça était comme un violent rappel de la réalité, dans laquelle ils vivaient.

– Il a été enlevé, il y a un peu plus de trois semaines. Durant des jours entiers, les hommes de main de Leblanc ont tenté de lui faire avouer ce qu’il pouvait savoir de la Résistance et des élémentaires en fuite. Ils ont essayé de le retourner contre sa famille. Il a été torturé durant tout ce temps. Lorsque nous l’avons enfin retrouvé, il était déjà entre la vie et la mort. On ignore ce que ça va donner.

La future mère était tout simplement incapable d’imaginer ce que son frère avait réellement subi. Le mot torture pouvait recouvrir tellement de choses ! Elle avait peur de demander, ce serait même… malsain… Et elle comprenait d’autant plus pourquoi Kimmitsu l’avait poussé à quitter la France, au moins quelques temps, alors que la situation prenait une tournure bien plus dangereuse et meurtrière. En voyant Paul ainsi… Livide… Flottant loin d’eux, proche de la mort… L’angoisse de réveiller un matin pour s’entendre dire qu’il les avait finalement quitté se glissait en elle à a façon d’un serpent. Elle ne voulait pas, elle refusait ardemment qu’il puisse mourir, alors même que cette possibilité la frappait en pleine figure avec force, impossible de véritablement la nier. C’était comme se battre pour retenir de l’air entre ses doigts alors qu’il ne cessait de vous échapper, quoi qu’il arrive. Ils étaient là, complètement impuissants, essayant de soigner Paul sans aucune garantie qu’il puisse survivre, que pouvait-il y avoir de plus horrible que ça ?!

– Personne ne peut prendre la situation à la légère, Solène. Toi aussi, tu te trouves sur leurs listes, comme tu es ma petite sœur. Peu importe ce qui doit arriver, tu ne dois jamais filer seule de ton côté, à l’extérieur. Y compris au Japon. On ne peut savoir quels espions sont envoyés et où, le gouvernement sait très bien que tu as de la famille là-bas, il peut y faire envoyer des hommes. J’espère que même là-bas, ni toi ni les enfants ne vous baladiez jamais seuls ?

– Nous étions prudents et la famille nous entourait beaucoup.

Bien sûr, des espions, il y en avait partout, mais dans le fond, entre eux qui avaient passé des jours dans un pays relativement en pays, entouré par toute une famille, et Gabriella, seule ou presque, qui avait combattu ici, qui avait été le plus en danger ?! Solène était toujours autant agacée qu’effrayée, sa sœur ne voyait même plus les risques mortels, uniquement la Cause ! Elle se moquait de mourir pour elle et ça rendait Solène dingue, même si elle arrivait à peu près à le comprendre, car elle avait peur de la perdre, tout simplement. Elle avait peu de perdre Paul et ses deux autres frères, elle avait peur de perdre Gaby, elle avait peur de perdre son mari, peur de perdre ses neveux et nièces, peur de perdre Jasper et Laura, peur de perdre ses parents, c’était quand même normal ! Et ce qui l’effrayait le plus, c’était de voir Gaby filer sans plus avoir cette même peur de la mort, et donc la voir prendre plus de risques, même si ça devait lui arracher la vie d’un seul coup. N’importe quand ! Comme pour Paul, à qui elle serrait la main.

– Je m’inquiète aussi pour toi, Gaby. Tu passes ton temps à te soucier des autres, à réfléchir comment combattre, comment mener cette guerre et tâcher de la terminer rapidement, mais, mais, tu, mais… Tu es enceinte, toi aussi, tu as deux enfants en bas âge, et tu peux…

Y rester. Pour cette cause. Pour la guerre. Sans même un regret ou un remord. Mourir même alors qu’elle avait deux enfants, un troisième en route, un homme qui l’aimait, toute une famille. Et partir tout de même sans regrets car elle aura mené son combat jusqu’au bout.

– Pourquoi tu ne pourrais pas laisser ce combat à d’autres ?

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Gabriella de Lizeux
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le Jeu 20 Juin - 16:22
Si seulement être prudent et avoir de la famille suffisait pour être en sécurité, personne ne serait mort, depuis le début de la guerre civile, ni dans ce camp ni dans l’autre. Gabriella ravala cette réplique assez amère pour ne pas braquer complètement sa petite sœur ou l’effrayer. Parfois, elle avait même l’impression de ne pas vivre dans le même monde qu’une partie de sa famille ou des professeurs. C’était stupide, pourtant, tout le monde était dans la même situation et il fallait faire avec. Dommage que tous ne l’aient pas déjà compris… Ils auraient pu éviter ça, éviter que Paul se retrouve agonisant dans ce lit, s’il avait su écouter et si eux l’avaient obligé à se cacher correctement. Sans l’aide « interne » qu’ils avaient reçu, sans trahison chez leurs adversaires, ils auraient pu ne découvrir que bien trop tard où il était retenu prisonnier, le retrouver déjà mort. Même à présent, c’était déjà beaucoup trop tard à ses yeux. Oui, ils l’avaient récupéré, mais dans cet état morbide, ce n’était pas une victoire, juste un bref sursis. Ils n’avaient aucun moyen de plus d’arranger sa santé, pas dans ces conditions, impossible de l’emmener dans un hôpital.

– Je m’inquiète aussi pour toi, Gaby. Tu passes ton temps à te soucier des autres, à réfléchir comment combattre, comment mener cette guerre et tâcher de la terminer rapidement, mais, mais, tu, mais… Tu es enceinte, toi aussi, tu as deux enfants en bas âge, et tu peux…

Oui, oui, elle pouvait mourir, elle le savait déjà très bien, et ce n’était pas une raison pour tomber dans la psychose, puisque tout le monde pouvait mourir violemment. Elle, les soldats, les résistants, les civils, les enfants, les bébés, les vieillards, tout le monde ! Et comment on pouvait tâcher d’éviter ça au maximum ? Justement en faisant en sorte que cette guerre se termine le plus rapidement possible. Rien de plus simple à comprendre. Rien de moins évident à mettre en œuvre. Gaby n’était pas non plus la seule à avoir une famille à protéger, des enfants, très loin de là, et ce n’était pas une raison d’avoir encore plus peur de combattre. Bien au contraire, c’était bel et bien leurs familles la raison principale les envoyant au front. Elle n’était enceinte que de quatre mois, cela se voyait encore peu, et ne la gênait pas pour s’entraîner. Cette grossesse était moins fatigante pour elle que l’avait été la première, avec ses jumeaux, moins stressante aussi car elle savait à quoi s’attendre. Ce qui l’inquiétait le plus, c’était surtout qu’un autre enfant doive venir au monde alors que la guerre avait éclaté. Ce n’était pas une vie.

– Pourquoi tu ne pourrais pas laisser ce combat à d’autres ?

– Les autres aussi ont des enfants en bas âge. Il y a d’autres femmes qui combattent, sur le front directement ou pas, alors qu’elles sont enceintes. Tout le monde ici, résistants comme civils, peut mourir lors d’une attaque, nous ne sommes pas entièrement à l’abri. Tous les résistants ou presque ont une famille et des amis qui s’inquiètent pour eux. Je ne peux pas arrêter comme ça, Solène. Et pour quelle raison ?

Sa petite sœur était encore bien naïve, décidément ! Elle devrait déjà savoir que Gabriella n’avait ni raison ni motivation à cesser tout ça, se retirer du jeu pour de bon et refaire sa vie en oubliant tout. Pour ça, il faudrait qu’elle change de pays, abandonne la France et sa famille, abandonne de même sa propre identité, ce qui était hors de question. De toute manière, il était bien trop tard, elle s’était engagée trop loin dans ce combat pour réussir ensuite à se faire oublier si facilement, qu’elle change de pays ou non, rien ne lui garantira que ses ennemis laissent tomber la partie et ne chercheront pas à la faire assassiner. Ou ses enfants, ce qui serait bien pire.

– Ne passe donc pas trop de temps à t’inquiéter, ça ne servira à rien et ça n’empêchera rien non plus d’arriver. C’est comme ça, c’est tout. Je sais que je peux mourir à tout moment et je suis loin d’être la seule dans ce cas, il faut vivre avec.

Ils ne pouvaient qu’éviter les erreurs les plus grossières et stupides, comme leur jeune frère dans ce lit n’avait pas su le faire. Gabriella soupira un peu et se leva pour aller chercher de l’eau et des gobelets, sentant que Solène était encore plus mal que toute à l’heure.

– Respire un peu… On ne peut plus revenir en arrière, maintenant, même si on le voulait. Et je sais me défendre.

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le Jeu 18 Juil - 10:47
– Les autres aussi ont des enfants en bas âge. Il y a d’autres femmes qui combattent, sur le front directement ou pas, alors qu’elles sont enceintes. Tout le monde ici, résistants comme civils, peut mourir lors d’une attaque, nous ne sommes pas entièrement à l’abri. Tous les résistants ou presque ont une famille et des amis qui s’inquiètent pour eux. Je ne peux pas arrêter comme ça, Solène. Et pour quelle raison ?

– Te protéger ?

Réponse un peu faible, qu’elle ne fut même pas certaine que sa grande sœur écoute, au passage. Elle savait bien que tout le monde était dans le même cas, mais, mais… Enfin, il n’y avait rien de rationnel là-dedans, elle avait juste peur, c’est tout ! Surtout en voyant dans quel était leur frère… Et s’il ne se réveillait jamais… ? Si… Comment fera-t-elle ? Et si elle perdait encore d’autres membres de sa famille ? Et si cette guerre leur arrachait tout ?! Parce que c’était plus que possible… Solène s’efforçait de ne pas trop trembler, surtout parce qu’elle savait que les enfants qu’elle portait pouvaient très bien ressentir son stress, et qu’elle ne voulait pas qu’ils soient mal à cause d’elle, et parce qu’elle tenait toujours la main de Paul. Fondre en larmes et trembler n’était pas le meilleur moyen de lui manifester du soutien. Surtout, surtout, surtout, ne pas s’imaginer qu’il pourrait simplement cesser de respirer, là, sous leurs yeux, comme… Comme ça, simplement, sans crier gare.

– Ne passe donc pas trop de temps à t’inquiéter, ça ne servira à rien et ça n’empêchera rien non plus d’arriver. C’est comme ça, c’est tout. Je sais que je peux mourir à tout moment et je suis loin d’être la seule dans ce cas, il faut vivre avec.

Une mentalité sans doute logique pour le monde dans lequel elle évoluait, mais une mentalité incompréhensible et terrifiante pour ceux et celles vivant encore dans un monde où la possibilité de mourir brutalement à chaque seconde n’était pas la première pensée qui vous venait, lorsque vous vous leviez le matin ! C’était… Elle suivit du regard Gaby lorsqu’elle se leva, pour aller chercher de l’eau et des verres, la remerciant du bout des lèvres lorsqu’elle lui en donna un. Solène savait déjà tout ça, en plus, la peur n’évite pas le danger, pour autant, comment s’en empêcher ?

– Respire un peu… On ne peut plus revenir en arrière, maintenant, même si on le voulait. Et je sais me défendre.

– C’est bien à cette idée que je m’accroche pour ne pas paniquer complètement.

Elle but une longue gorgée d’eau, les yeux fermés, profitant de ce court instant de répit pour se reprendre un peu. Il y avait de ces moments où sa grande sœur était proprement terrifiante, que ce soit avec son pouvoir ou une arme entre les mains, c’était sûr… Et, bizarrement, cette image rassurait tout de même la jeune femme, car elle se disait que si tout ce qui avait déjà pu se produire jusqu’ici n’avait pas réussi à tuer sa grande sœur, elle ne voyait pas ce qui pourra bien le faire. Il y avait tout de même moins de crainte, même inconsciemment, pour une personne sachant très bien se battre et défendre sa peau, coûte que coûte, que pour une personne parfaitement inoffensive et qu’on jetait au milieu d’un combat.

– Qui fait ça à Paul ? Vous avez retrouvé les coupables ?

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le Dim 4 Aoû - 11:36
– C’est bien à cette idée que je m’accroche pour ne pas paniquer complètement.

Bien, au moins une chose qu’elle avait compris vite. Gabriella soupira légèrement en haussant les épaules, avant de boire son propre verre. Rassurer les autres n’était pas sa spécialité première, elle se souciait bien plus de comment s’y prendre pour les protéger, et plus encore, comment faire pour en terminer au plus vite avec cette guerre. Solène passait bien trop de temps à s’inquiéter, sa sœur ne savait pas comme lui faire arrêter ça. Si elle tentait, elle lui ferait sans doute comprendre la réalité, la dure, mais pas de quoi calmer ses angoisses pour autant. Mmh.. Gaby renonça même à essayer, reposant son verre sur le bord de la table de chevet avant de retourner s’asseoir. Elle tâchait de passer tous les jours voir Paul, vérifier si son état s’améliorait un peu ou si ça restait stable. Adrien disait d’être patient, que pour le moment, on ne pouvait rien faire de plus, ils ne pouvaient que donner les soins nécessaires et espérer que le jeune homme finisse par se réveiller. Ou par les quitter pour de bon… Deux autres personnes étaient actuellement dans le même état, ici même, dans leur hôpital improvisé. Si seulement ils pouvaient… Pour récupérer plus de ressources et supports médicaux… Tapotant des doigts contre le rebord du lit, Gaby y réfléchit, pensive.

– Qui fait ça à Paul ? Vous avez retrouvé les coupables ?

– Oui, il s’agissait de membres de la police politique. Ne t’inquiète pas, ils ont été pulvérisés.

Elle les avait pulvérisé. Littéralement. Solène ne comprendra peut-être pas qu’elle parlait au sens propre du terme, mais soit, peu importe. Frapper des hommes faits prisonniers n’était absolument pas moral, pourtant, un détail qui ne l’avait pas gênée lorsqu’elle les avait exécuté, après avoir vu l’état dans lequel était son jeune frère. La moralité, on s’asseyait de plus en plus souvent dessus… Leur camp avait parfois autant à se reprocher que celui d’en face, par leurs actes, et Gaby était très consciente d’être effectivement une terroriste et un assassin de sang-froid, ces accusations-là étaient véridiques. La culpabilité était passée avec le flot de la guerre civile et des actions s’enchaînant… La guerre était sale, des deux côtés… Elle ne comptait pas liquider des villages entiers ou tuer des civils innocents, mais exécuter des ennemis, des policiers politiques, des soldats, sur le champ de bataille, ne lui posait plus le moindre problème. Il devenait, à mesure que les semaines défilaient, de plus en plus rare de ne pas trouver un agent rebelle de terrain qui n’ait pas de sang sur les mains. Les gamins de cette école ne réalisaient pas non plus que certains de leurs professeurs avaient déjà tué.

Tout le monde n’était pas logé à la même enseigne, cela dit. Certains avaient accepté, s’étaient efforcé de laisser les principes moraux de côté, le temps de la guerre, autant que possibles. D’autres ne parvenaient pas à surmonter, moralement, d’avoir accompli un tel acte. Ceux-là étaient ensuite écartés des premières lignes et envoyés sur d’autres types de missions. Kimmitsu, par exemple, avait encore du mal à accepter de blesser quelqu’un sur un champ de bataille, par peur de mettre fin aux jours de cette personne. Il y venait lentement, en réalisant que parfois, il n’avait tout simplement pas le choix. Il devait bien défendre sa propre vie et celles des autres. Ça non plus, ce n’était pas la peine d’en parler maintenant à Solène, elle n’était pas encore prête à tout entendre. Après un moment passé au chevet de Paul, Gabriella finit par se relever et faire sortir avec elle sa petite sœur. Rester ici des heures ne servira qu’à lui mettre le moral en berne et l’effrayer, d’autant plus qu’elles étaient impuissantes, dans cette situation. Elle l’entraîna dehors, dans le cloître, sous les alcôves. Le patio au centre était calme, quasiment vide, à cette heure.

– Si tu veux, on pourra tâcher que quelques membres de la famille de Kimmitsu soient présents, quand tu accoucheras, pour t’aider durant la naissance et un peu après. Tant que ça se prépare assez longtemps à l’avance pour qu’ils viennent en suivant les règles, pour la sécurité. Ces enfants auront de faux papiers, bien sûr. Tu as pu commencer à te préparer à l’accouchement ?

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le Lun 12 Aoû - 8:16
– Oui, il s’agissait de membres de la police politique. Ne t’inquiète pas, ils ont été pulvérisés.

Ah, parfait, s’ils avaient été capturés, c’était bien tout ce qu’ils méritaient ! La jeune femme fut soulagée d’apprendre ça et elle remercia sa grande sœur d’un petit sourire, avant de finir son verre d’eau et le reposer à côté de l’autre. Inutile de demander où étaient ces hommes, par contre, ça n’avait aucune importance, tant qu’ils ne pouvaient plus faire de mal à qui que ce soit. Elles restèrent encore un moment auprès de Paul, parlant peu, lui tenant la main. Solène ne pouvait détacher ses yeux de cette pâleur si extrême, des blessures dont il était recouvert, tous ces bandages épais, de faibles perfusions, qui ne pouvaient pas grand-chose face à un état si grave… Elle ne comprenait pas non plus que sa famille ne l’ait pas appelée, alors qu’elle était avec leur famille au Japon, pour lui dire ce qui était arrivé. Pourquoi attendre son retour ?! C’était aussi son frère ! Elle ne se serait pas précipitée en France comme une parfaite idiote sans prendre la moindre précaution… Même si ce n’était pas vraiment le genre de chose qu’on annonçait comme ça, au téléphone, c’était vrai aussi. Sa sœur la couvait beaucoup alors qu’elle-même ne prenait qu’à peine attention à sa propre santé.

Avant de devoir quitter l’infirmerie, Solène embrassa longuement son grand frère sur le front, en lui promettant de revenir très vite le voir, puis suivit Gaby à l’extérieur. Elle remit son manteau, avant de passer sous les alcôves du patio, frissonnant un peu. Définitivement, le froid, ce n’était pas son truc. Même au Japon, pendant les vacances, elle avait toujours préféré rester bien au chaud. Là-bas, les hivers étaient vraiment rudes ! La proposition que fit sa sœur la fit légèrement tiquer, ensuite. Devait-elle comprendre, dans ce sous-entendu, que ni elle, ni Kimmitsu, ni personne d’autre ne pourront être là au moment de l’accouchement …. ? Qu’ils risquaient d’être en prison, à ce moment-là, ou bien m… Solène se gifla mentalement en pensant ça, blêmissant, puis prenant une grosse inspiration, à demi étranglée. Pas question d’imaginer que son mari puisse mourir avant même la naissance de leurs bébés ! Quant à l’accouchement, hm, et bien, elle, et bien, elle… Oui et non. Enfin, elle en avait beaucoup parlé avec ses belles-sœurs, étant donné qu’elles étaient déjà mères, et s’était renseignée sur ce qui l’attendait. Emiko lui avait aussi montré comment prendre soin d’un bébé…

– J’ai pouponné un de mes neveux, au Japon, on m’a montré comment s’occuper des bébés. Puis j’ai parlé à mes belles-sœurs, elles m’ont expliqué quels signes annonçaient l’accouchement, les contractions, ce qu’on ressentait… Elles m’ont appris les exercices de respiration à faire, puis dit comment ça se passait, une fois que le bébé arrivait.

Tout ce qu’elle aurait pu demander à sa propre sœur, qui avait déjà deux enfants et était enceinte du troisième, mais ça, hein, ce serait si ladite sœur n’était pas à la tête de la Résistance et se préoccupait d’habitude beaucoup plus de la guerre que de se poser dans un coin pour materner. Ce qui tuait Solène, c’était de voir que sa sœur, même si elle adorait ses enfants et faisait tout pour qu’il ne leur arrive rien, était pour autant incapable de se retirer de la guerre et simplement vivre en paix avec ses petits. Trop tard pour faire demi-tour, peut-être, mais… Mais… Bah, elle ne savait plus quoi lui dire sur ce sujet… C’était bel et bien trop tard. Depuis longtemps.

– Je ne comprends pas, par contre, si la résistance remporte cette guerre, que deviendra le pays ensuite ? Les élémentaires pourront vivre au grand jour, avec un gouvernement plus démocratique ? Comment être sûrs de ça ?

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Gabriella de Lizeux
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le Mar 27 Aoû - 7:50
– J’ai pouponné un de mes neveux, au Japon, on m’a montré comment s’occuper des bébés. Puis j’ai parlé à mes belles-sœurs, elles m’ont expliqué quels signes annonçaient l’accouchement, les contractions, ce qu’on ressentait… Elles m’ont appris les exercices de respiration à faire, puis dit comment ça se passait, une fois que le bébé arrivait.

Bien, au moins, elle n’aura pas perdu de temps. Gabriella aurait d’ailleurs référé que sa petite sœur reste pour de bon au japon, avec sa famille. Elle aurait pu y accoucher en toute sécurité, être entourée à la naissance, avoir de l’aide pour bien s’occuper de ses enfants et s‘habituer. Mais pour ça, il aurait aussi fallu qu’elle reste éloignée de son mari pour de longs mois… Ils n’allaient pas non plus exiger de Kimmitsu qu’il ne puisse pas avoir ses enfants avant encore de longues semaines, voire bien plus. Enfin bref, c’était comme ça. Gaby s’approcha un peu des bords des alcôves, observant un court instant le patio, puis surtout le ciel. Il devait se mettre à neiger à nouveau, très bientôt, ça l’ennuyait… Non pas à cause de la neige elle-même mais plus car leurs traces étaient plus pénibles et longues à recouvrir, autour du domaine et sur certaines routes. Elle repassa mentalement en revue les élémentaires eau et glace pouvant être appelés en renfort, ces prochains jours, afin de régler le problème. Très vite, la saison sera assez avancée pour déclencher des tempêtes de neige sans que personne dans la région ne trouve ça bizarre, ce sera idéal pour recouvrir les zones ciblées. Dans un spectre assez large pour que ça ne se remarque pas.

– Je ne comprends pas, par contre, si la résistance remporte cette guerre, que deviendra le pays ensuite ? Les élémentaires pourront vivre au grand jour, avec un gouvernement plus démocratique ? Comment être sûrs de ça ?

– On ne peut être sûrs de rien. Nous pouvons très bien perdre cette guerre dès ce soir et le pays s’enliser dans cette situation, jusqu’à ce que d’autres se relèvent et reprennent la lutte. Et si nous l’emportons, les élémentaires ne pourront pas vivre dès le lendemain au grand jour. Ça fait des années que la propagande dure, il faut du temps avant de faire évoluer les mentalités. Ce n’est de toute manière pas non plus une très bonne idée de trop montrer ces éléments en public, ils effraient très vite. Tout ça peut se travailler, avec le temps. Ce sera de la politique.

Un terrain de jeu cette fois complètement différent, où mieux valait savoir s’entourer correctement. Si Solène voulait vraiment en parler… Gabriella lui lança un rapide coup d’œil en biais, pour déchiffrer son expression, peu sûre que sa jeune sœur arrive à la suivre si on partait sur ce terrain, étant donné son état. Pourtant, y réfléchir et s’y préparer était très bien, car dans le cas où ils remportaient cette guerre, ils ne se retrouveront pas au pied du mur le moment voulu. Dans le cas contraire, ça n’aurait été que du temps perdu, dont ils n’auront plus à se soucier car ils seront tous morts. Là encore, elle ne l’ajouta pas à haute voix, ce qu’elle aurait énoncé si naturellement avec d’autres ne pouvait pas l’être avec Solène, sans provoquer une nouvelle crise d’angoisse.

– Si nous l’emportons, il y aura un gros chantier. Pour commencer, de nouvelles élections présidentielles seront organisées et les lois fascistes seront abolies. Ensuite, nous devrons travailler à contrer la mentalité instaurée par la propagande, depuis des années. Quant à cette école, si elle existe toujours, elle devra sans doute rester cachée un temps, au moins pour une période de transition. Voire pour de bon, si ça permet de calmer les esprits, il faut savoir faire des concessions.

Enfin, ils n’en étaient pas encore là. Gabriella ne parlait pas volontairement de l’énorme travail mental qui attendait tous ceux et celles qui auront participé à ces combats, du chantier que ça allait être, entre la peur encore présente, les troubles purs et durs liés aux batailles auxquelles chacun et chacune aura participé, à la douleur de la perte et les deuils. Il faudra des années encore avant que tout ne revienne à la normale.

– Nous verrons bien ce que deviendra ce pays. Admettons que la guerre se termine demain, tout devrait revenir à la normale d’ici quelques années, peut-être même une décennie complète. Mais ce sera différent, la population ne sera pas touchée de la même façon.Il reste aussi à voir comment le pays, entre-temps, va se dessiner, quelles alliances extérieures vont se faire. Si certaines se nouent avec des pays comme l’Italie, on ne pourra pas revenir à un État démocratique sans que ça ne déclenche une guerre bien plus importante, étant donné les tensions à l’étranger. Celles de France ne sont pas notre seul problème.

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le Jeu 5 Sep - 10:19
La jeune femme devait être très naïve, en réalité, car elle avait bel et bien supposé que remporter cette guerre permettrait aux élémentaires de nouveau vivre au grand jour, quasiment du jour au lendemain… Comme si une victoire suffisait à prouver à tous que c’était bien ce camp qui était détenteur de la vérité, alors qu’en y réfléchissant, non, évidemment que non, l’emporter ou perdre ne prouvait rien du tout. On était pas dans un roman, où en arrivant à la fin, le héros n’avait qu’à faire un discours inspirant pour enfin convaincre tout le monde qu’il avait raison depuis le début et que c’était bien ceux d’en face, les méchants. La vraie vie n’était pas si simple, hélas… Le simple mot « politique » démontrait à lui seul qu’il sera long et compliqué de travailler sur tout cela, malheureusement. Enfin… Elle n’y connaissait pas grand-chose… Dans un peu moins d’un mois, elle aura dix-neuf ans, autrement dit, elle était encore loin d’avoir une grande expérience de la vie. Quoi que ça ne dépendait pas vraiment de l’âge mais plutôt de ce qu’on avait vécu, comment et pourquoi… Solène n’était pas certaine que toutes les expériences étaient bonnes à prendre, malgré tout…

– Si nous l’emportons, il y aura un gros chantier. Pour commencer, de nouvelles élections présidentielles seront organisées et les lois fascistes seront abolies. Ensuite, nous devrons travailler à contrer la mentalité instaurée par la propagande, depuis des années. Quant à cette école, si elle existe toujours, elle devra sans doute rester cachée un temps, au moins pour une période de transition. Voire pour de bon, si ça permet de calmer les esprits, il faut savoir faire des concessions.

– Oh…

La jeune femme avait quelque peu buté sur le « si elle existe toujours », regardant autour d’elle avec une mauvaise impression, les bras serrés autour de sa poitrine. Là encore, c’était une possibilité qu’elle n’avait, tout simplement, pas envisagé une seule seconde. Ce refuge était sûr ! Non… ? Il l’était, n’était-ce pas ? Laguerre ne pouvait pas arriver ici ? Son regard balaya le patio, puis les coursives sous lesquelles elles se trouvaient, en essayant de se rassurer. Tout paraissait si calme… Loin de tout, comme si tous ici étaient enfermés dans une petite bulle. En sécurité, loin de la guerre.

– Nous verrons bien ce que deviendra ce pays. Admettons que la guerre se termine demain, tout devrait revenir à la normale d’ici quelques années, peut-être même une décennie complète. Mais ce sera différent, la population ne sera pas touchée de la même façon.Il reste aussi à voir comment le pays, entre-temps, va se dessiner, quelles alliances extérieures vont se faire. Si certaines se nouent avec des pays comme l’Italie, on ne pourra pas revenir à un État démocratique sans que ça ne déclenche une guerre bien plus importante, étant donné les tensions à l’étranger. Celles de France ne sont pas notre seul problème.

D’accord… Donc, finalement, la guerre civile, c’était la petite étape, le danger moindre, le petit accro dans leur vie, alors qu’il pouvait y avoir bien plus important et dangereux ? Bon, bon, soit, d’accord… Jusqu’ici, la jeune femme s’était toujours concentrée sur les tensions internes à la France, sur les problèmes dans le pays même, elle ne s’était pas vraiment interrogée sur les tensions en Europe et encore moins sur la façon dont lesdites tensions pouvaient impacter leurs vies. Il y avait déjà eu la Grande Guerre mais… Non… Les hommes et femmes en Europe n’étaient pas assez idiots et suicidaires pour laisser faire ça, pour laisser se déclencher une nouvelle guerre mondiale ! L’Humanité n’était pas perdue à ce point. Sur une impulsion, Solène se rapprocha de sa grande sœur et se blottit dans ses bras, sans le lui demander, avec un besoin un peu soudain d’être rassurée et réconfortée. De toute manière, on pouvait dire que c’était le moment ou jamais, en quelque sorte… Elle avait bien vu, avec leur malheureux frère, à quel point vous pouviez vous retrouver si soudainement entre la vie et la mort.

– Si ça dégénère encore en guerre ouverte, qu’allez-vous faire, tous ?

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le Ven 4 Oct - 7:47
Solène, qu’est-ce que… Gabriella répondit avec une seconde de retard, lorsqu’elle vint d’un coup se fourrer dans ses bras. Plus habituée, ces derniers temps, à attraper les gens au corps à corps pour les renverser au sol lors d’entraînements musclés, enceinte ou pas enceinte, faire des câlins était presque devenu une étrangeté. Elle tapota un peu le dos de sa sœur, puis posa la main derrière sa tête, la laissant faire pour le moment. Si elle avait besoin de réconfort, après tout… Elle était plus jeune et n’avait pas encore pris tous les réflexes de survie, c’était normal. Allez, allez, on respire un bon coup, et on se calme ! Il n’y avait que ça à faire, Gaby pourrait lui redire encore que tout ira bien, mais ce n’étaient que des paroles creuses et complètement vides de sens, qui ne servaient qu’à peine à réconforter un tantinet la personne les entendant. Bien évidemment que ça n’ira pas bien. Ça ne faisait même qu’empirer, depuis des mois.

– Si ça dégénère encore en guerre ouverte, qu’allez-vous faire, tous ?

– C’est un peu délicat à dire encore. Nous ne pourrons pas simplement laisser tomber, mais il faudra revoir notre stratégie toute entière. Un chaos plus grand serait aussi l’occasion de mettre d’autres cartes en place et pouvoir se placer, peu à peu, pour reprendre le contrôle global de la situation.

Une nouvelle guerre de cette ampleur aurait malgré tout des avantages, cela leur permettrait, avec le rapport de forces bouleversé, de faire accéder certains de leurs propres hommes à des postes clés, d’influencer les milieux qui comptent, l’économie, la finance, la politique, le commerce de grande échelle… Et, peu à peu, de s’immiscer assez loin pour obtenir une influence assez forte pour faire bouger les lois, les mentalités, les décisions prises. Le chaos, malgré son horreur, avait aussi le pouvoir de faire table rase des règles établies et autoriser la construction de nouvelles, faire naître un nouveau type de société. Cela s’était déjà produit des centaines, voire des milliers de fois, depuis la naissance de ce monde ! L’exemple le plus récent était bien entendu la Grande Guerre. Que ce soit un chaos militaire, politique ou économique, aucune importance, à partir du moment où cela faisait germer des nouvelles idées, et donc une nouvelle influence sur la société toute entière. C’était bien pour cela que Gabriella ne craignait pas profondément une nouvelle grande guerre. Un choc de cette ampleur, s’ils parvenaient néanmoins à bien l’utiliser, pouvait faire chuter le fascisme.

Elle embrassa sa sœur sur le front, puis lui dit avec un sourire que ce n’était de toute manière pas à elle se laisser envahir par ce genre de questions et de réflexions. A dix-huit ans, bientôt dix-neuf, enceinte jusqu’au fond des yeux, non entraînée pour ces conflits, elle devait se concentrer sur autre chose. Tout le monde ne pouvait pas, et ne devait pas, se lancer dans la guerre, la résistance, les combats ou que savait-elle encore, sans quoi ils auraient perdu de vue ce pour quoi ils se battaient. Même s’ils ne pouvaient plus maintenir une réelle illusion d’une vie de paix et en sécurité, en ces lieux… Gabriella l’incita à la suivre, pour la raccompagner au chaud, chez elle. Qu’elle tâche de ne plus penser aux soucis, au moins une journée ou deux, et se repose, ce sera meilleur pour elle et le bébé qu’elle attendait.

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