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Laura K. Nakajima
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le Mar 30 Avr - 11:49
Laura ouvrit péniblement les yeux, les cheveux en bataille, dans son lit bien trop grand pour elle maintenant qu’elle était toute seule, à cause des rideaux que la gouvernante venait d’ouvrir en grands. Remettant la couverture sur ses yeux pour se protéger de la lumière du soleil, elle râla un peu lorsqu’on l’obligea à sortir du lit et à s’habiller malgré tout, ensommeillée et toute molle. Pas envie. On pouvait pas la laisser dormir un peu, pour une fois ? C’était le premier jour des vacances, en plus, mais sa mère n’avait pas accepté de la laisser sortir ces derniers jours à cause de la soi-disant vague de froid qui enveloppait la France depuis une semaine. Il y avait une tempête, au-dehors, rendant la lumière encore plus éblouissante à cause de la neige qui tombait mais les choses se calmaient depuis hier soir. Au moins, Laura pourrait mettre le nez dehors et éviter son frère ! Parce que oui, Jasper revenait aujourd’hui, tôt ce matin, peut-être était-il déjà là, d’ailleurs, mais elle n’avait pas envie de le voir. Il partait tout le temps, de toute façon, à quoi ça servait qu’elle se rapproche de lui ? Dans quelques jours, il allait encore partir puis l’oublier.

L’année passée, Laura pensait qu’il était puni, qu’il allait dans cette école, loin de Paris, pour qu’ils ne soient plus ensemble – ce qui était le cas, elle avait entendu leur mère le dire – mais ici, il y était retourné, encore. En septembre, elle avait tout fait pour le retenir, avait même montré qu’elle était triste, malheureuse, qu’elle n’allait plus travailler à l’école primaire s’il partait… Mais non. En septembre, il était de nouveau parti et elle ne l’avait plus revu avant novembre. NOVEMBRE. Tellement loin ! Et là, fin décembre, il revient et il croit qu’elle ne va pas le bouder ni lui en vouloir ? Il pouvait toujours rêver. Il la laissait tomber ! Pourtant, Jasper avait promis de ne pas la laisser toute seule, qu’ils seraient tout le temps ensemble, toute la vie, et il partait. Il ne savait pas tenir ses promesses, c’est tout. Et même si leurs parents l’avaient obligé à aller dans ce pensionnat tout moche, pourquoi est-ce qu’il ne s’enfuyait pas, hein ? Il n’avait qu’à pas y aller, il pouvait venir la chercher, et voilà.

Jasper pouvait bien faire le coup du « tu ne boudes pas vraiment, dans cinq minutes, t’as fini, t’es ma petite sœur adorée », cette fois, cela ne fonctionnerait pas. Laura tiendrait et il comprendrait à quel point elle lui en voulait ! Et puis quoi, encore ? Cela faisait plus d’un an qu’ils ne se voyaient plus tous les jours, qu’elle subissait les cours à l’école primaire et que sa mère ne cessait de lui répéter comment être présentable, respectable, et autant de mots qu’elle avait assez d’entendre aujourd’hui. Elle aussi, elle avait un don ! Tout petit, face à Jasper, et pas aussi important, mais elle en avait un ! L’eau, c’était bien, aussi. Alors, pourquoi elle était obligée de rester dans cette école sans Jasper ? Ruminant ses pensées en descendant les escaliers qui menaient à la salle à manger, Laura s’installa à table pour prendre le petit-déjeuner en saluant sa mère, son père étant à la caserne aujourd’hui. Elle mangea ensuite le plus silencieusement du monde, déterminée à ignorer son frère lorsqu’il arriverait et ouvrirait la porte d’entrée – ce qui ne devait pas tarder.

Mère – Tu ne te lèves que maintenant ? Je pensais que tu serais allée chercher Jasper, comme d’habitude.

Pour une fois, elle n’avait pas voulu aller avec le chauffeur pour le récupérer, les élèves du Pensionnat plus jeunes étant reconduits jusqu’à être en sécurité dans les mains de leurs parents. Laura répondit simplement qu’elle était fatiguée, qu’elle avait préféré dormir un peu plus longtemps. Forcément, sa mère voyait cela d’un bon œil, souhaitant que sa fille reste ici et qu’elle n’aille pas à ce Pensionnat, mais Laura l’ignorait. D’habitude, elle allait toujours retrouver son frère lorsqu’il revenait pour les vacances, même si cela ne durait qu’un week-end plus long. Elle lui sautait dans les bras et ne le lâchait plus, sa bonne humeur retrouvée. Mais ici, depuis qu’il était reparti en septembre, et même en novembre, elle se sentait abandonnée. L’année passée, elle en voulait à leurs parents, toute sa colère était concentrée sur eux et uniquement eux, elle essayait de profiter au maximum de Jasper lorsqu’il était là. Mais, cette année, il avait accepté d’y retourner et n’avait rien fait pour qu’elle sorte d’ici. Il y avait quoi, là-bas, qui soit plus important qu’eux deux ? C’était juste des cours, et rien de plus.

Une fois que Laura eût terminé son petit-déjeuner, son frère n’était pas encore arrivé et elle remonta dans sa chambre à la demande de sa mère pour travailler un peu. Même le premier jour de vacances, elle voulait que sa fille travaille… « Profites-en avant qu’il ne vienne », c’est cela. Faisant la moue, qu’elle cacha très rapidement, elle grimpa les escaliers pour aller travailler ses mathématiques, cette matière n’étant toujours pas son fort. Jasper lui avait dit qu’au Pensionnat, il y avait un cours complet qui tournait autour de cette matière, ils avaient souvent deux heures dans une journée pour UN cours. Deux heures de maths… Réprimant un frisson de dégoût, Laura se replongea dans ses devoirs et y resta un bon moment concentrée, une petite voix intérieure lui disant que ce n’était pas normal que son frère ne soit pas encore là. Elle s’efforça de l’ignorer mais, n’y tenant plus, elle se leva pour aller observer par la fenêtre, guettant le moindre bruit.

Laura – Où es-tu…, murmura-t-elle, inquiète.

La rue était verglacée, les gens marchaient tout doucement, en se tenant par deux, certains glissant… Pas une seule trace de Jasper. C’était sûrement à cause du verglas et du froid. Hein, oui ? Elle avait vu, à la télévision et dans le journal, qu’il faisait Ce n’est qu’au bout de très, très longues minutes passées à observer la rue, que Laura vit enfin la voiture de leur chauffeur. Si un sourire se dessina momentanément sur son visage, elle se maudit intérieurement de réagir et fila se réinstaller à son bureau pour se replonger dans ses devoirs. Elle ne bougea pas d’un millimètre en entendant la porte d’entrée s’ouvrir, les quelques voix en bas s’élever, ni même celle de son frère qui faillit la faire bondir de joie malgré tout. Elle resta immobile, à s’obliger à calculer un truc qu’elle ne comprenait même pas pour en finir avec ses devoirs, réfléchissant déjà à ce qu’elle allait dire à son frère. « Tu m’as abandonnée ». Non, trop facile. « Tu te souviens de moi ? »… Non plus. « Pourquoi t’es reparti ? », il allait lui dire qu’il devait aller à l’école. Elle devait trouver, et vite. Parce que, déjà, elle entendait les pas précipités de Jasper dans l’escalier qui n’allait pas tarder à entrer dans sa chambre, leur mère lui avait sûrement dit qu’elle travaillait ici et qu’elle était réveillée. Lorsque la porte s’ouvrit, sans qu’elle ne bouge d’un pouce, tout ce que Laura trouva à dire, pour marquer qu’elle lui en voulait, était :

Laura – Tu te souviens que t’as une sœur ? Je pensais que tes amis au Pensionnat étaient plus importants depuis que t’es reparti.

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le Mer 15 Mai - 11:59
Les derniers jours avant les vacances avaient été assez agités et Jasper revenait avec encore un bon nombre de mots dans son carnet, à l’attention de ses parents. Des vacances qui s’annonçaient, une fois de plus, très agitées et combatives, dans tous les sens du terme. Et encore une fois, il ne comptait pas répondre grand-chose. Se taire, encaisser les coups qu’il y aura sans rien dire de plus, sortir le plus possible avec sa sœur, fuir l’ambiance délétère de la maison, puis ce sera le retour au pensionnat. Pour le moment, ils entendaient surtout le brinquebalement du train et peu les conversations. Ils étaient un petit groupe dans le wagon, d’enfants du pensionnat, à rentrer à Paris. Lors du dernier jour, ceux qui avaient leurs familles en Franche-Comté ou à proximité étaient repartis directement avec eux, dans les camionnettes des grands-parents, les voitures pour ceux qui en avaient ou bien dans des trains de campagne. Puis les autres s’étaient peu à peu éparpillés vers tous les coins de la France, à mesure du trajet.

Jasper somnolait à moitié contre la vitre, un manteau ramené sur lui à la manière d’une couverture. Le voyage était toujours assez long, pour revenir à Paris, mais bon, ça l’était encore plus pour ceux qui habitaient dans le Sud de la France ou sur les côtes, comme Antoine. Au moins, vers Paris, il y avait pas mal de moyens d’y aller vite, beaucoup de routes. C’était dommage qu’on ne puisse pas plutôt faire venir deux ou trois membres de sa famille au pensionnat pour les vacances, rester là-bas… Jasper aurait bien voulu, plutôt que rentrer, faire venir sa sœur à Ste Famille. Ils auraient joué dans le village au moment de Noël et se seraient promenés partout, dans la campagne. On ne risquait rien, là-bas, les grandes villes étaient loin, le village assez calme, les habitants gentils envers les jeunes élèves du pensionnat. Un bel endroit, oui, il avait mis un peu de temps à l’apprécier, puis s’y était attaché. Tout le monde était comme lui, là-bas, tout le monde possédait un ou deux pouvoirs, personne n’était exclu à cause de ça. Ce sera mieux quand Laura y sera aussi, ils pourront explorer l’école ensemble.

Un peu plus tard, ils grignotèrent dans le train, pour se caler un peu l’estomac. Après des heures à rouler de nuit, tout le monde avait faim, attendre d’être de retour à Paris, dans la matinée, ce n’était pas terrible. Tout en mangeant, ils parlaient de ce qu’ils voulaient devenir, après les études à Ste Famille. Ils s’imaginaient encore des métiers un peu fantasques, seul Maxime était sérieux, en disant qu’il voulait être instituteur. Jasper, lui, n’en avait pas la moindre idée. Tout ce dont il était sûr, c’est qu’il ne voulait pas faire comme son père et s’engouffrer dans l’armée ! Ils bavardèrent jusqu’à l’arrivée à la gare Montparnasse, à Paris, immense fourmilière qui avait toujours eut le don de l’angoisser. Le jeune garçon repéra bien vite Arnold, le chauffeur de la maison, qui l’attendait. Comme d’habitude, ses parents n’avaient pas jugé nécessaire de se déplacer. Laura non plus, cette fois, elle était sans doute en train de se disputer avec leur mère au sujet des devoirs de vacances. Au moins, Arnold était très gentil et souriant, l’aidant à mettre ses valises dans le coffre avant qu’ils ne grimpent dans la voiture.

– Ce début de cinquième, qu’est-ce que ça donne, jeune homme ?

– C’est moins stressant que l’année dernière mais on s’ennuie, dans certains cours. Je n’aime pas les maths !

Arnold éclata de rire, en démarrant, puis lui donna sur le trajet quelques nouvelles de Paris et de ce qui s’était passé depuis septembre. Le jeune garçon regardait en même temps par la fenêtre, glissant le regard sur les avenues familières de l’immense ville. C’était à la fois rassurant, car il connaissait les lieux, et oppressant, car la ville était très grande et qu’il préférait le petit village de Gray. Au départ, il avait d’abord cru qu’il ne s’y ferait jamais, comment passer comme ça de la capitale à une village de campagne ? Puis on s’y attachait. Pour le calme, pour la sécurité, pour le fait de se retrouver entre-soi. Arrivé à la maison, sa mère lui dit à peine bonjour sur le palier de la porte, indiquant plutôt qu’il devra profiter de ces vacances pour réviser. Oui, oui… Il s’esquiva dès que possible, grimpant les escaliers pour aller plutôt retrouver Laura, dans sa chambre. Rester dans cette maison était déjà étouffant ! Dès que sa sœur sera aussi à Ste Famille, il demandera à l’école si on pouvait ne pas rentrer chez soi pendant les vacances, comme ça, ils seront tous les deux en sécurité. Il y réfléchit en rentrant voir sa sœur, priant pour que la directrice soit d’accord.

– Tu te souviens que t’as une sœur ? Je pensais que tes amis au Pensionnat étaient plus importants depuis que t’es reparti.

– De quoi tu parles ?

Il n’avait écouté à moitié, trop occupé à espérer qu’on les laisse, plus tard, rester tous les deux loin de leur famille. Se reprenant, il tira plutôt sa sœur de la chaise où elle était assise pour la serrer dans ses bras et lui faire un énorme câlin. Quatre mois, quand même, c’était long, même s’ils s’étaient écrit souvent ! Il la garda comme ça dans ses bras de longues minutes, voulant juste profiter de cet instant-là d’abord, de leurs retrouvailles. Au moins, l’année prochaine, elle partira avec lui, ce sera quand même mieux !

– L’année prochaine, quand tu partiras avec moi, ce sera plus simple, sourit-il largement. J’ai plein de trucs à te raconter. Tu viens, on sort ? On peut aller se promener dans Paris, ce sera mieux que cette maison étouffante.

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le Sam 25 Mai - 20:01
Jasper – De quoi tu parles ?

Comment ça, de quoi elle parlait ? Parce qu'il n'avait même pas écouté ce qu'elle avait dit ? De mieux en mieux ! Donc, il partait des mois au Pensionnat dans son école super loin et ils ne pouvaient plus se voir, mais en plus, il ne l'écoutait pas quand il revenait à la maison ! Il se moquait d'elle, vraiment. Pire encore, il réagit comme si ce qu'elle n'avait dit n'avait aucune importance : sans crier gare, Jasper la tira de sa place alors que Laura ne le regardait toujours pas pour la serrer dans ses bras. Elle voulut se défendre et se tirer des bras de son frère pour lui prouver qu’elle lui en voulait, mais vraiment, sauf qu’il était bien plus costaud qu’elle et qu’il ne remarquait même pas ses vaines tentatives. Boudeuse, elle se laissa faire, rechignant un peu sur cette technique qu’elle détestait. Il savait qu’elle ne pouvait pas tenir longtemps, quand il faisait ça…  C’était bas. Et puis, c’était cruel ! Mais de longues minutes s’écoulèrent, ainsi, dans les bras l’un de l’autre, forçant la fillette à se calmer un peu et à rendre son étreinte à son frère. Il lui avait manqué, beaucoup. Mais il allait repartir…

Jasper – L’année prochaine, quand tu partiras avec moi, ce sera plus simple, sourit-il largement. J’ai plein de trucs à te raconter. Tu viens, on sort ? On peut aller se promener dans Paris, ce sera mieux que cette maison étouffante.

Laura – Si tu veux, dit-elle sans grande conviction.

Même si Laura s’était radoucie, elle en voulait toujours à Jasper. Il allait repartir pour de longs mois et n’aimait pas Paris, alors pourquoi ne restait-il pas dans cette école, là-bas, très loin ? Même pour elle, ce serait plus facile. Il n’y aurait plus le départ, la séparation, puis lui-même continuerait sa vie au Pensionnat. Ravalant ses pensées pour le moment, elle suivit son frère lorsqu’ils sortirent de la chambre puis descendirent les escaliers. Elle devait enfiler son gros manteau, son écharpe, son bonnet et ses gants pour braver le froid mais elle préférait être dehors, dans tous les cas. Leur mère n’allait pas être d’accord, comme elle refusait de la laisser sortir à cause du froid, mais elle doutait que Jasper se laisse dicter ainsi sa conduite aussitôt revenu. Aussi la prévinrent-ils qu’ils sortaient, Laura l’entendant vaguement vociférer des protestations inutiles alors qu’ils refermaient la porte de la grande maison. Peu importe, ce n’était pas elle qui allait leur courir après, elle craignait trop de tomber malade. Et se soucier de sa fille ? Bah, en vacances, aucun risque. Elle avait travaillé, après tout.

Mais, une fois dehors, Laura fut happée par le vent glacial soudain qui la surprit quelques secondes. Bon, là-dessus, difficile de nier la vague de froid… Ils ne passeront jamais plusieurs heures dehors sans problème, elle gelait déjà alors qu’ils venaient de sortir. Mais si Jasper était sûr de lui… Elle lui jeta un regard en biais, toujours partagée entre la joie de le retrouver et la colère qu’elle ressentait à son égard. Ça allait être comme à chaque fois depuis qu’il étudiait là-bas : ils allaient reprendre leurs habitudes pendant deux semaines, oublier qu’ils étaient séparés, puis Jasper retrouverait ses amis et ne penserait plus à cela. Alors qu’elle… Contrairement à son frère, elle ne pouvait pas montrer son pouvoir, leurs parents le refusaient. Tant qu’elle était à l’école, et tant que son pouvoir n’était pas dérangeant, elle continuerait des études normales. Elle avait tellement détesté sa mère, ce jour-là, que Laura avait tout simplement pris la fuite, se baladant dans Paris de nuit sans tenir très longtemps – des agents l’avaient retrouvée et ramené aussi sec chez elle après trois bonnes heures passées à l’extérieur, de nuit. Mais, visiblement, Jasper l’ignorait.

Laura – Je ne comprends pas pourquoi tu es revenu, finit-elle par lâcher. Je pensais que tu adorais le Pensionnat, il n’y a rien qui t’oblige à revenir ici. Et puis, ce n’est même pas sûr que je vienne, l’année prochaine…

Laura ne tenait jamais très longtemps, disant ce qu’elle pensait assez vite, au final. C’était une force face à sa mère mais une énorme faiblesse face à Jasper qui n’avait pas à la questionner très longtemps pour savoir ce qu’elle pensait. Ce qu’elle détestait par-dessus tout. Mais soit, puisque c’était dit, autant s’expliquer sur ce dernier point. Leur mère n’avait rien dit, Laura non plus dans ses lettres, et autant que son frère le sache assez tôt pour ne pas se faire de faux espoir. Parce que s’il continuait à imaginer qu’elle pouvait le rejoindre comme elle le voulait… Ses « devoirs de femme » l’appelaient, comme le lui assénait sa mère nuit et jour. Et ce n’était pas avec l’eau qu’elle représentait un danger, loin de là, elle pouvait juste ennuyer ses parents. Ce qu’elle faisait déjà, par ailleurs… Elle continua à marcher avec mille précautions sur le sol verglacé, préférant la neige même s’il s’agissait d’une fausse amie dans cette situation.

Se tenant à son frère, ou plutôt son frère la retenant depuis qu’ils avaient mis un pied dehors comme elle avait déjà failli glisser, elle tourna vite la tête pour expliquer, ne parvenant jamais à le regarder droit dans les yeux quand elle était en tort. Mais ça, inutile qu’il le sache. Elle comptait bien le garder pour elle, ce n’étaient que de petites escapades de rien du tout qui allaient bien finir par user leurs parents. Et puis, comme elle n’était pas importante à leurs yeux, ils n’en parlaient pas. Alors, oui, Laura lui en voulait quand même et s'en voulait de lui en vouloir parce qu'il était son frère, qu'ils ne devaient pas se séparer, et tout le reste. Se retrouver dans ses bras lui avait fait du bien, ses câlins lui manquaient. Mais les prochaines années ?

Laura – Mère ne veut pas que je vienne au Pensionnat. Mon don n’est pas dangereux, c’est que de l’eau. Je le retiens, et c’est tout. Elle préfère que je fasse de « vraies études » pour devenir une bonne épouse. J’ai déjà essayé de la faire changer d’avis mais c’est pas encore gagné. On sera tout le temps séparé, si j’y arrive pas. Et tu vas m’oublier. Je pensais même que tu reviendrais pas, ces vacances-ci, vu que tu aimes être là-bas et pas ici.

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le Jeu 18 Juil - 10:28
Rester dans cette maison étouffante avec des parents insupportables, même si par bonheur, son père n’était pas là ? Des clous ! Il avait assez entendu que sa sœur soit là pour qu’ils puissent aller se balader ensemble. Redescendant, il renfila en vitesse ce qu’il avait laissé toute à l’heure, assez vite pour que leur mère n’ait pas le temps de protester plus que ça, avant de filer dehors. De nouveau, le vent glacial, la neige et le verglas… Il n’y a pas à dire, Jasper détestait l’hiver, il avait toujours détesté l’hiver, d’aussi loin qu’il se souvienne ! Alors que l’été… L’été et ses jours brûlants, l’été, la liberté, les vacances au soleil, la chaleur écrasante, ça, c’était la vie ! En plus, pour lui, été devait rimer avec campagnes, sorties, longues randonnées, en montagne ou ailleurs, au milieu des champs et des hautes herbes. Tout sauf les immeubles gris de Paris. Il aurait donné n’importe quoi pour que lui et Laura ne soient pas nés dans cette famille.

Il tenait sa petite sœur tout en marchant pour qu’elle ne tombe par sur le verglas, se rangeant parfois le long du trottoir, pour laisser passer des passants plus pressés ou les bras chargées de marchandises, pour leur travail. Noël se préparait partout activement, certains commerçants en retard terminaient de préparer leurs magasins. Partout, on pouvait entendre au moins une personne chantonner un petit air de fin d’années, comme on voyait plus d’affichettes appelant à se rendre à telle et telle messe. Eux, comme chaque année, allaient sans doute se rendre à Notre-Dame avec leurs parents. C’était un moment que Jasper aimait bien, il avait toujours été impressionné par cette ferveur commune, qui animait ainsi la foule, et aimait entendre les chants dans la cathédrale, c’était toujours très beau. Surtout avec les centaines de bougies et les lumières, ça en valait la peine.

– Je ne comprends pas pourquoi tu es revenu, finit-elle par lâcher. Je pensais que tu adorais le Pensionnat, il n’y a rien qui t’oblige à revenir ici. Et puis, ce n’est même pas sûr que je vienne, l’année prochaine… Mère ne veut pas que je vienne au Pensionnat. Mon don n’est pas dangereux, c’est que de l’eau. Je le retiens, et c’est tout. Elle préfère que je fasse de « vraies études » pour devenir une bonne épouse. J’ai déjà essayé de la faire changer d’avis mais c’est pas encore gagné. On sera tout le temps séparé, si j’y arrive pas. Et tu vas m’oublier. Je pensais même que tu reviendrais pas, ces vacances-ci, vu que tu aimes être là-bas et pas ici.

– C’est vraiment méchant de dire ça… Si tu crois que je vais réussir à t’oublier, ou qu’on sera séparé, c’est que tu n’as même pas confiance en moi ?

Il n’avait pas pensé ça d’elle ! Et il était assez surpris. S’arrêtant, il alla d’abord s’asseoir sur le bord d’un petit muret, juste au-devant du parc St Christophe, une petite moue vexée aux lèvres. Que son père, ou maman, ne lui fassent pas confiance, soit, il pouvait encore vivre avec et apprenait, chaque jour un peu plus, à ne pas trop en être peiné malgré tout. Mais sa petite sœur ! Même elle n’avait pas confiance en lui… ? C’était super blessant… Il tâcha de ne pas trop le montrer, mais quand même, revenir pour entendre ça…

– Tu sais là-bas, il n’y a que des gens comme nous, qui ont des dons, et ceux qui n’en ont pas comprennent ce que ça fait. Les professeurs ne frappent personne, il n’y aucun châtiment corporel comme dans la majorité des écoles. C’est la campagne, il y a un village à côté où on peut aller le weekend, c’est la liberté. Alors oui, c’est mieux, là-bas ! Je sais que tu viendras quand même, mère peut dire comme elle veut mais père a trop peur qu’on lui fasse honte en ne contrôlant pas nos dons. En plus, c’est la seule école du pays où on peut apprendre à les manier.

Il s’était souvent demandé pourquoi, d’ailleurs… Une seule école, dans un pays entier, c’était suffisant ? Pourquoi n’y en avait-il pas plus ?

– J’avais prévu plein de trucs à te montrer, pour quand tu viendras, mais maintenant, si tu penses que je pourrai t’oublier, ça vaut la peine ?

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le Lun 12 Aoû - 15:05
Jasper – C’est vraiment méchant de dire ça… Si tu crois que je vais réussir à t’oublier, ou qu’on sera séparé, c’est que tu n’as même pas confiance en moi ?

Bien sûr que si, Laura avait confiance en Jasper ! C’était son grand frère, elle ne pouvait pas ne pas lui faire confiance, c’était impossible. Mais elle croyait qu’il allait l’oublier, évidemment. Il voyait plein de personnes tous les jours et adorait le Pensionnat, alors pourquoi ne l’oublierait-il pas ? C’était normal. A force de ne plus voir certains amis, ou membres de la famille, eh bien… On oublie. Non ? Jasper n’aimait pas leurs parents – elle non plus, mais bon. Alors, l’oublier… Oui, c’était possible. En tout cas, selon elle. Mais son frère s’arrêta soudain de marcher, allant s’asseoir sur un petit muret devant le parc St Christophe, la laissant plantée là sans qu’elle ne comprenne pourquoi. Lorsqu’elle se tourna vers lui, sans bouger tout de suite néanmoins, elle vit, sur son visage, qu’il était vraiment vexé et surpris. Pour ça ? Mais c’était normal, qu’elle le pense ! Elle avait peur. Maintenant, Jasper disait qu’il ne l’oublierait pas, mais dans quelques années ? Jamais Laura ne pourrait aller au Pensionnat… Et il se ferait de nouveaux amis, là-bas, puis fondera sa famille, et tout ce que font les adultes, tout ce dont ils parlent à longueur de journée. Pas le temps pour une petite sœur, clairement.

Jasper – Tu sais là-bas, il n’y a que des gens comme nous, qui ont des dons, et ceux qui n’en ont pas comprennent ce que ça fait. Les professeurs ne frappent personne, il n’y aucun châtiment corporel comme dans la majorité des écoles. C’est la campagne, il y a un village à côté où on peut aller le weekend, c’est la liberté. Alors oui, c’est mieux, là-bas ! Je sais que tu viendras quand même, mère peut dire comme elle veut mais père a trop peur qu’on lui fasse honte en ne contrôlant pas nos dons. En plus, c’est la seule école du pays où on peut apprendre à les manier.

Là, c’était lui qui était méchant. Jasper lui racontait tout ce qui était bien, et mieux, dans son école alors qu’il savait que Laura ne pourrait jamais y aller. D’accord, il y avait la peur qu’eux-mêmes fassent honte à leurs parents… Mais cela ne suffirait pas. Elle regarda le parc enneigé, devant eux, les arbres dont ils ne voyaient plus que les branches sans feuilles mais avec leur manteau d’hiver. Certaines branches avaient même des stalactites tellement il faisait froid et glacial. Sans parler du sol verglacé sur lequel peu de personnes s’aventuraient pour le moment, par crainte de glisser et d’être ridicule devant « tout Paris ». Laura avait déjà entendu plusieurs adultes le marmonner en se tenant par le bras, ayant retenu un rire par respect et parce que sa mère n’était pas loin.

Jasper – J’avais prévu plein de trucs à te montrer, pour quand tu viendras, mais maintenant, si tu penses que je pourrai t’oublier, ça vaut la peine ?

Laura – Cette fois, c’est toi qui es méchant, dit-elle avec une moue triste et blessée. Je ne pourrai jamais aller au Pensionnat, Mère m’a déjà demandé de garder mon don pour moi, je te l’ai dit, et elle m’a interdit de l’utiliser. Elle ne l’a dit à personne, tu sais ? Pour toi, ils savent parce que c’est le feu. Mais je le garde pour les cours, et tout se passe bien. J’ai… juste une petite gêne, parfois, c’est tout.

Laura réalisa, un peu tard, qu’elle n’avait jamais dit à son frère pour ce dernier détail, et détourna très vite le regard avec l’impression d’avoir fait une bêtise. Elle ne voulait pas qu’il s’énerve ou s’inquiète ! Il la surprotégeait déjà tellement… Dans les lettres, ou au téléphone beaucoup plus rarement, elle lui parlait de banalités ou d’événements anodins qui se passaient dans sa vie de petite fille. Ses notes, ce qu’elle apprenait, ses amies… Ses cours de piano, de chant, toutes ces choses que leur mère voulait que sa fille apprenne. Mais jamais, jamais Laura n’avait parlé à Jasper de l’interdiction qu’elle avait reçue d’utiliser son don sous peine de ne plus voir son frère. Elle avait juste dit, quelques secondes plus tôt, qu’elle le retenait. Elle l’utilisait en cachette, évidemment, parce qu’elle aimait défier l’autorité de sa mère… Mais l’eau n’était pas suffisamment développé chez elle que pour justifier l’envoi dans une école spéciale. Tous les enfants n’allaient pas à l’école, si ? Ceux qui avaient l’eau comme la fillette devaient sans doute le cacher et ne pas s’en servir, c’était très probable s’il n’y avait qu’une seule école pour un pays aussi grand que la France. Et les enfants ne mouraient pas pour autant. Peut-être, qu’après tout, si elle se tenait tranquille… Laura avait peur de ne plus voir Jasper si elle n’écoutait pas sa mère.

Laura – Je suis désolée, ajouta-t-elle d’une petite voix rauque. J’aurais dû te le dire, mais je ne voulais pas que tu t’énerves inutilement. Je… J’ai peur qu’elle nous sépare pour de bon si j’utilise mon don. Il est tout petit, je ne peux rien faire avec, contrairement à toi. Si je veux qu’on reste ensemble…

Autant Laura pensait déjà comme une fillette plus grande que son âge, autant ses réactions prouvaient qu’elle n’avait que dix ans. Sans qu’elle n’y prête vraiment attention, des larmes avaient commencé à couler le long de ses joues, bêtement, se blottissant spontanément dans les bras de son frère. Cette fois, elle ne chercha même pas à l’éviter tant ses câlins lui avaient manqués. Elle avait peur et travaillait dur mais son frère… Et en plus, il lui parlait de toutes ces choses fabuleuses qu’il vivait au Pensionnat et tout ce qu’il pouvait faire. A la fois, cela permettait à Laura de rêver, et à la fois cela lui donnait l’envie de pleurer. Mais pleurer n’était pas digne d’une Bourgeoise, comme le répétait sans cesse sa mère. Elle passa sa manche sur ses yeux pour les essuyer, s’excusant auprès de son frère avant de se relever en frissonnant un peu. C’était à cause de l’inactivité, il fallait qu’elle bouge un peu, c’est tout. Puis, ils voulaient se balader, non ? Elle tourna la tête vers le parc ouvert et plutôt calme, par ce temps, le désignant de la tête en espérant changer de sujet. Peut-être son frère laisserait-il son petit oubli de côté… ? Elle était en droit d’espérer, à dix ans ! En plus, si elle montrait vouloir faire des bêtises, c’est qu’elle allait bien. Non ? Et que ce n'était pas très grave, ce qu'elle avait avoué. Pas trop.

Laura – Dis… Tu veux bien ? Il y a plein d’endroits assez hauts ou peu fréquentés, dans le parc, on pourra faire des glissades super longues sans faire tomber d’autres personnes. Puis, si on déchire ou salit nos vêtements, c’est mieux.

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