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Haru Wakebe
Haru Wakebe
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le Jeu 18 Juil - 16:43
L’horreur pouvait vous glacer le sang. Même si les enfants étaient maintenant tous en sécurité et tous à l’abri, loin de leurs détracteurs, il n’en restait pas moins qu’un homme de plus était tombé aux mains des barbares, aux mains de cette soi-disant « police » politique. Et que la probabilité qu’il s’en sorte vivant diminuait chaque jour de plus où on ne pouvait le retrouver. Haru attendait avec une certaine anxiété de savoir ce qu’il allait être possible de faire, de réaliser, comment lutter et retrouver tous les disparus. Il n’était pas un chef de guerre, en revanche, il portait sa confiance en ceux qui dirigeaient la Résistance, aujourd’hui, et était prêt à les suivre, les aider avec toute la force de ses moyens. C’était plus qu’un Devoir à accomplir, une nécessité vitale.

Il était très tôt, la réunion entre les leaders et stratèges, ou commandants, de la Résistance venait juste de débuter. Haru, de son côté, était resté un moment dehors, dans le froid et la neige qui venait juste de cesser de tomber, appuyé contre le mur du QG, les mains dans les poches. Il ne craignait pas le froid, très loin de là, son don le « protégeait » de ce type de désagrément. Là où beaucoup grelottaient par ces températures si basses et portaient d’épais manteaux, il ne portait, pour sa part, qu’une simple veste, sans gants ou écharpe, sans frissonner. Parfaitement stoïque et impassible, malgré l’agitation, la colère et la peur qui le rongeaient intérieurement. Depuis toujours, dès la petite enfance, il avait appris à contrôler ses ressentis et ne pas les afficher. En apparence détaché de tout, tel un bloc de glace sans expressions.

Ne pouvant pour le moment rien faire au centre de commandement, il se déplaça vers l’école, cette nouvelle école, afin de voir par lui-même ce qu’il en était désormais. Les élèves se rendaient peu à peu vers leurs classes, la bibliothèque, les salles d’études… Il naviguait entre eux sans qu’on ne lui prête attention, ces enfants visiblement déjà habitués à croiser des adultes hors de leur cercle de professeurs ou personnel de l’école, qu’ils ne connaissaient pas. Haru marcha longuement au hasard, puis finit par s’approcher des classes destinées à accueillir les entraînements des élèves, pour leurs éléments. Un des professeurs, Eugène Landry de ce qu’il entendit, était justement en train d’enseigner la maîtrise de la glace à une petite poignée d’élèves. Haru en resta que cinq minutes à l’observer de loin mais ce qu’il vit et entendit suffit déjà le convaincre du ridicule de cet exercice.

"Quel manque de rigueur," murmura-t-il pour lui-même.

"Pardon ?"

Haru se retourna à moitié, pour faire face à un autre homme, les bras chargés de plusieurs livres et d’un pot de fleurs rempli à ras-bord en équilibre instable sur le dessus. Très mal coiffé. Le Résistant lui désigna le cours d’un léger signe de menton, répétant qu’il y avait là un manque de rigueur certain, ce qui fit froncer les sourcils du débraillé, avec un air indigné.

"Ce qui est fait ici va donner confiance en eux, aux enfants, c’est le plus important."

"La confiance est une chose, la maîtrise en est une autre. Sans apprendre cette maîtrise, la pratique sera instable."

"Le professeur Landry est un homme assez confirmé et compétent pour tenir une classe et amener ses élèves au meilleur niveau !"

"Je ne remets pas en cause ses capacités à calmer des élèves et leur donner confiance en eux. En revanche, je doute que sa méthode aide ces enfants à maîtriser leur pouvoir efficacement. Or, corrigez-moi si je me trompe, un manque de connaissance et de maîtrise d’un pouvoir ne sera qu’une faiblesse supplémentaire dans ce pays, à l’heure actuelle."

Et c’était bien cela le plus grave. Des personnes dépassées par leur propre don pouvaient être tuées très facilement, ou bien pouvaient avoir le cerveau « lavé », être conditionnées et se retrouver plus tard à combattre leur propre camp. On ne pouvait pas mener un entraînement à un don comme on menait un cours ordinaire à une salle de classe, enfin ! Ce n’étaient pas des jouets. Les conséquences d’un entraînement raté étaient bien plus graves et sérieuses que les conséquences d’une simple rêverie en cours de maths.

"Je suppose que vous pouvez faire mieux ? Vous êtes professeur d’élément ?"

"Je suis un soldat et je sais me servir de la glace sur le terrain, face à des ennemis vous couvrant de balles dans l’espoir de percer votre tête de nouveaux trous non naturels. Cela vous suffira comme expérience ? Par ailleurs, ce n’est pas une question de prétendre faire mieux ou pire, simplement d’adapter la méthode d’entraînement à la réalité des choses. Cette réalité, il s’agit de la guerre."

Le tout d’un ton neutre, très neutre, là où son interlocuteur avait déjà commencé à moitié à crier, indigné. Qu’importe. Il était plus que temps de voir les choses en face.

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Genji Nakajima
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le Mar 6 Aoû - 11:53
Comme chaque matin, le réveil sonnait toujours beaucoup trop tôt au goût de tout le monde. Les yeux un peu dans le vague, pas très vifs, les nez plongeant droit dans les bols au petit-déjeuner, un contraste effrayant lorsqu’on voyait pas mal d’adultes, dans les couloirs ou dehors, courir, parfaitement réveillés. Pas Genji qui allait courir, en tout cas. Il n’avait plus du tout mal au bras gauche, le droit allait mieux aussi, même s’il était un peu raide. Il avait en revanche toujours une jambe coincée dans une attelle, même si le plâtre avait pu être enlevé, et marchait avec des béquilles. Il pouvait poser doucement le pied par terre, à condition de faire attention et d’éviter les mouvements brusques. En bref, il se remettait doucement mais sûrement, au moins heureux de pouvoir de nouveau marcher et ne plus dépendre entièrement des autres. La rentrée était passée en douceur, dans un froid glacial, beaucoup des élèves en étaient encore à s’habituer à ce nouvel environnement, ainsi qu’aux nouvelles règles de sécurité. Ils étaient moins nombreux, pas mal de leurs amis et camarades de classe n’étaient pas revenus, restant à l’abri avec leurs familles ou carrément ayant quitté le pays.

C’est en prenant le petit-déjeuner qu’ils apprirent que des cours étaient de nouveaux annulés, pour certains, sans qu’on leur donne la raison. La classe de Genji était concernée, du coup, il se pressa un peu moins pour terminer de manger. A voir, ensuite, il n’avait pas de devoirs en retard, peut-être ira-t-il simplement à la bibliothèque, lire un peu. En attendant, les rumeurs avaient repris bon train, à table, sur l’annulation des ces deux ou trois cours. Le prof d’éducation civique leur avait dit dès le départ qu’il lui arrivera parfois d’être absent, qu’il avait aussi des responsabilités dans la résistance, sans leur dire exactement quoi. Pour mademoiselle Mirvan, là, ils savaient tous qu’elle était agent de terrain. Quant au prof d’élément eau, monsieur Loiseau, les élèves qu’il avait avaient répété qu’il avait lâché un laconique « Des fois, je ne serai pas là, les gosses, et faudra pas pleurer qu’on vous prévienne pas avant. » Au moins, ça avait le mérite d’être clair. Il y en avait pourtant toujours pour râler d’attendre pour rien près des classes, avant d’apprendre que personne ne viendra.

Un autre prof qui n’était plus là, depuis quelques jours, c’était monsieur Marcoh, un des nouveaux profs, qui enseignait pour le feu autre chose, Genji ne savait plus. Au début, tout le monde avait cru qu’il était en mission, puis, ce matin, ils avaient vu sur le journal sa photo avec la mention « Un dangereux terroriste arrêté à Orléans ! ». Une photo où il était dans un sale état… Encadré par deux policiers, menotté, prêt à grimper dans une camionnette. On voyait clairement, même si le cliché n’avait pas été pris de près, qu’il avait été violemment frappé… La photo avait provoqué un émoi, lorsque le journal était passé de mains en mains, car là, il s’agissait d’un de leurs profs ! C’était encore plus réel, si on pouvait dire ça, c’était un homme qu’ils avaient tous déjà vu au moins une fois, et un homme qui souriait sans cesse, plaisantait avec les élèves, et leur affirmait que ça ira, que la Résistance n’allait pas laisser tomber. Le voir, maintenant, à moitié évanoui et blessé, sur une photo, pour être emmené on ne savait où… Même les adultes qu’on voyait forts pouvaient se faire piéger.

Après le petit-déjeuner, Genji reprit ses béquilles et se dirigea vers la bibliothèque. Ceux qui avaient toujours cours filaient vers leurs classes, les autres s’éparpillaient à droite et à gauche. Très vite, il se fit distancer, mais bon, pas que ça le gêne. Plus loin, il entendit de brefs échos de voix, comme une dispute, puis croisa ensuite le prof de SVT qui partait d’un pas furieux. Bah ? Continuant sa route, Genji eut d’un coup la très grande surprise de voir monsieur Wakebe. C’était un du village, au pays, avant, il le voyait à peu tous les trois ou quatre mois, revenir voir sa famille. Le trouver ici le laissa complètement bouche bée, il savait qu’il vivait d’ordinaire à l’étranger, mais pas en France. Depuis quand était-il dans la Résistance ?!

– Qu’est-ce que vous faites là ? bafouilla-t-il, complètement éberlué. Vous… heu, bonjour, pardon. Vous faites partie de la Résistance ?

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Haru Wakebe
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le Lun 26 Aoû - 11:53
Il n’avait guère fallu de temps avant que cet homme ne grogne et ne reparte, avec ses livres, dans le sens inverse. Qu’importe. Haru reporta le regard, de loin, sur le cours, les bras croisés et en silence. Ce n’était définitivement pas ainsi que ces enfants allaient apprendre à défendre leurs vies… Les écoles de ce type étaient parfaites en temps de paix et manquaient de bien des choses en temps de guerre. Un bruit de pas et de claquements le tira ensuite de ses pensées, il tourna très légèrement la tête pour voir qui arrivait. S’il fut un peu surpris de reconnaître le fils du chef de famille des Nakajima, il ne le montra guère, comme à son habitude. Ce n’était guère la meilleure année pour envoyer un enfant étudier en France. Il était en béquilles, d’ailleurs, blessé à la jambe. Il ne devait guère avoir cours, étant donné les très récents remous.

"Qu’est-ce que vous faites là ? bafouilla-t-il, complètement éberlué. Vous… heu, bonjour, pardon. Vous faites partie de la Résistance ?"

"Bonjour à toi aussi. Il est possible lutter un long moment avant même de faire partie d’un réseau officiel, sous couvert d’anonymat, Genji."

Puis certains événements malheureux vous forçaient à rentrer dans les ténèbres, pour protéger votre vie et celle des autres. Haru avait toujours vécu à Orléans, depuis son arrivée en France il y a environ vingt ans, il trouvait malheureux d’avoir dû abandonner la ville de cette façon, même pour une cause juste. Perdre une partie de son existence de cette façon n’était jamais très agréable, temporairement ou non. S’écartant de l’entrée de la salle d’entraînement, il proposa au jeune homme de s’asseoir, plutôt, étant donné qu’il était blessé. Il avait déjà vu ce garçon quelques fois, lors de ses visites régulières au pays, car sa famille habitait non loin du lycée, au village, il avait ainsi croisé plusieurs fois le chemin des enfants de la famille, ainsi que de leurs parents. Sans plus, néanmoins, il n’était pas ami avec eux.

Lui-même s’appuya, plus loin dans le patio, dans les alcôves, contre le mur, posément. Il y a quelques temps, il avait pensé rentrer au Japon, dans sa famille, le temps que les choses se calment, en France. Puis ce qui était arrivé non loin de chez lui l’en avait dissuadé, il n’aurait pu partir en abandonnant ainsi les élémentaires qu’il connaissait, ici, et dont il s’était fait des amis. Il avait deux pays, désormais, et il ne comptait pas partir sans lutter. Désormais, il intégrait un plus large mouvement, mais ses principes étaient identiques. La France était entrée dans son cœur, il n’en avait bien sûr pas la nationalité, mais il appréciait ce pays. Il tira son paquet de cigarettes de sa poche intérieure puis en alluma une, le visage toujours très neutre et indéchiffrable.

"Que t’est-il arrivé, tu t’es cassé la jambe ?"

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Genji Nakajima
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le Dim 22 Sep - 11:13
– Bonjour à toi aussi. Il est possible lutter un long moment avant même de faire partie d’un réseau officiel, sous couvert d’anonymat, Genji.

Oui, mais… Enfin, le trouver ici, c’était… Bizarre. Il hocha la tête lorsque Haru lui proposa de s’asseoir, plutôt, serrant un peu ses béquilles avant de bouger. Ces sols en pierre n’étaient pas les plus réguliers du monde et il avait toujours peur de se casser la figure un peu plus. Enfin, il ne fallait pas se plaindre, ça allait quand même beaucoup mieux. De longues semaines à ne même pas pouvoir se déplacer seul, puis la rééducation… Il avait vraiment hâte de pouvoir laisser ses béquilles. Une fois assis, il observa un peux mieux Haru, le regard plissé, tandis que ce dernier s’allumait une cigarette. Il n’avait pas vraiment changé… Genji le croisait peut-être deux ou quatre fois par an au village, au pays, lorsqu’il venait rendre visite à sa famille, mais ne lui avait jamais dit plus que bonjour et au revoir. C’était quelqu’un de très calme et qui ne laissait pas transparaître ce qu’il pensait, jamais le jeune homme ne l’aurait imaginé rentrer dans la résistance ! Qu’est-ce qui avait bien pu le pousser ? Et quand ? S’en était même un peu perturbant… Enfin, perturbant, dans le sens où Genji avait du mal à l’imaginer se battre, même s’il savait qu’il pouvait le faire.

– Que t’est-il arrivé, tu t’es cassé la jambe ?

– J’ai eu un accident, il y a quelques mois. Un problème avec mon don, le vent, et j’ai fait une chute du troisième étage. Mais ça va bien mieux, maintenant.

Il aurait aimé aller mieux plus vite, mais eh, lorsque les os devaient se ressouder, ce n’était pas vous qui choisissiez le rythme, c’était votre corps, vous aviez juste à la fermer et patienter. Même chose lorsqu’on était malade ou fatigué, le cerveau avait beau dire et se plaindre, ça restait le corps qui décidait du moment où ça ira mieux. Bref, ce n’était pas ce qui l’intéressait le plus, mais il doutait d’avoir des réponses à ses questions… Pas bavard, cet homme, il avait déjà eu l’occasion de le tester. Lors d’une de ses visites au Japon, il y a deux ou trois ans, le propre père de Genji avait essayé d’engager la conversation, lors d’une fête de village, si sa vie en France se passait bien, comment il vivait, etc. En tout et pour tout, il avait reçu… Deux ou trois phrases complètes, à peu près ? Ou bien des réponses vagues, évasives, qui ne répondaient finalement à rien.

– Depuis combien de temps faites-vous parti de la Rébellion ? Je ne vous avais encore jamais vu ici, ni dans l’ancienne école, ou bien je n’ai pas fait attention. Vous avez eu des problèmes ?

Il testait tout de même, oui. Après tout, ils étaient dans un contexte radicalement différent et il n’y avait rien de mal à se renseigner.

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