Aller en bas
Victor de Matharel
Victor de Matharel
Affairiste
Fonction :
  • Membre
Récits : 16

Âge RPG : 41 ans
Points d'Orm : Non concerné

Le jeu des apparences Empty Le jeu des apparences

le Mar 6 Aoû - 8:10
Il y a des ces missions qui ne s’inventent pas. Des missions pourtant d’une importance capitale, des missions pouvant bouleverser le cours tout entier de la guerre ! Victor n’avait donc guère été surpris de la demande de la leader de la Rébellion, c’était on ne peut plus naturel et et ordinaire, au sein d’une guerre. C’était en sus son milieu, son excellence. Le jeu des apparences, de l’espionnage et des multiples alliances dont on devait jongler, voilà l’air qu’il respirait chacun des jours que Dieu faisait sur ce monde. Ce soir-là, le centre de formation était en ébullition, comme à son habitude, et des cours beaucoup plus particuliers que d’autres s’organisaient. Pour sa part, une fois n’est pas coutume, Victor avait affaire à une parfaite débutante. C’est pourquoi il avait pris soin de séparer leur salle de travail par quelques paravents et rideaux, pour ne pas être dérangés par les autres exercices.

Ainsi, il avait réquisitionné une partie de la grande salle, étant donné que toutes les autres pièces plus petites et plus propices étaient déjà prises pour le moment. Un fait rare mais aussi exceptionnel, étant donné que des équipes s’étaient organisée sur une sorte de grande chaîne de montage, à la façon d’une usine, pour monter de nouvelles armes, plus résistantes et performantes que celles équipant la Rébellion jusqu’ici. Les voler aurait été plus simple, hélas, on a pas toujours ce qu’on veut, n’est-ce pas ? Avoir obtenu les pièces avant qu’elles ne soient envoyées dans l’usine finale, bien plus sécurisée, restait une victoire conséquente. Soit, là n’était pas le sujet, pour le moment. Victor s’était préparé, lui aussi, et il avait même sous les yeux le dossier de sa « cliente » désignée. Une professeur, elle aussi, fait amusant.

Bien sûr, il aurait été plus facile d’orchestrer cette tâche avec une femme maîtrisant déjà les codes « de base » de la Haute Société et de ce qui l’attendait, enfin, ils feront avec. Lorsque sa cliente arriva, il la jaugea d’abord d’un regard rapide, avant d’aller vers elle. Tenue droite, juge ou robe, sage, petite manteau, pas de sourire, coiffure qui ne ferait pas rêver les hommes si on la laissait en état, maquillage très banal, quasiment inexistant. Il y avait certes pas mal de travail ! Il la salua tel le parfaite gentleman, avec un baisemain et une légère inclination, avant de l’inviter à s’asseoir sur une des trois petites chaises, et laisser retomber derrière elle les rideaux servant de portes improvisées.

Mademoiselle Dumoulin, je me présente dans les formes. Je me nomme Victor de Matharel, président de diverses sociétés et d’un groupe de finances, ici pour vous former aux joies et aux troubles de la mission qui sera la vôtre. Veuillez pardonner cet espace improvisé, il se trouve que les pièces fermées sont occupées par les chaînes de montage des nouvelles armes. Cela passera.

Ils allaient certes entendre les bruits causés, dans cette grande salle, par ceux s’entraînant au lancer de couteaux ou s’exerçant sur diverses compétences, mais ce n’était pas un si grand mal. Chacun était conscient, par ici, de l’importance de s’entraîner, que ce soit sur les activités les plus physiques ou les plus créatives. Il devait être aux alentours de dix-sept heures, l’activité battait son plein.

Les missions d’espionnage sont de la plus haute importance, d’une délicatesse infinie. Lorsqu’on part de rien, comme vous, l’entraînement est certes… assez long. Bien que cela dépende aussi du cœur que vous y mettrez. Vous devrez savoir charmer, vous faire remarquer dans un sens bien précis, discuter, maîtriser les codes du milieu où vous serez plongée… Tout cela passe par les connaissances, le mental, savoir se défendre avec ou sans armes, mais aussi, et ce sera le plus important, la maîtrise parfaite des apparences physiques. Il va y avoir un lourd travail… Cela vous arrive-t-il de porter des tenues pour plaire, de vous servir de votre corps pour amener votre compagnon au lit avec vous, ou vous contentez-vous de plus platonique ?

_________________
Le jeu des apparences U9qd
Céleste Dumoulin
Céleste Dumoulin
Réseau Osmosis
Cadet

Fonction :
  • Membre
Récits : 220

Âge RPG : 26 ans
Points d'Orm : 500/500

Le jeu des apparences Empty Re: Le jeu des apparences

le Ven 9 Aoû - 14:57
Céleste – Je vais y aller, dit-elle en se rapprochant de Cyprien et en l’embrassant. Si tu es fatigué, ne m’attends pas. J’ignore ce qui m’attend vraiment…

Un peu nerveuse, Céleste resserra sa veste sur elle et quitta l’appartement qu’elle partageait avec Cyprien, rejoignant l’extérieur en quelques foulées. Elle ignorait ce dans quoi elle s’engageait précisément, pour ces premières séances « d’entraînement », Gabriella lui ayant juste demandé si elle acceptait de séduire le Président pour dénicher des informations. Cyprien n’avait rien dit, à ce sujet, il acceptait et se doutait que sa compagne souhaite s’engager davantage dans la Résistance. Tant qu’elle ne les abandonnait pas… Ce que, de toute manière, Céleste refusait de faire. Lucas comptait beaucoup trop pour elle, maintenant, tout comme son meilleur ami. Elle serait formée et non pas lâchée dans la nature comme une novice, elle avait entièrement confiance à la ou les personnes qui lui apprendraient tout ce qu’elle devait savoir. Quant à l’assimiler… Aucun problème non plus. La jeune femme apprenait et répétait très vite.

Des mèches rebelles volant devant ses yeux à cause du vent froid de janvier, Céleste les remit derrière son oreille tout en se dirigeant vers le centre de formation, d’entraînement ou elle ne savait plus quel nom il avait exactement. Elle était en robe, simple mais celle qu’elle jugeait la plus adéquate à l’entraînement de ce soir. C’était… sobre, en soi, mais un minimum habillé. Un peu. Pour être honnête, elle n’avait absolument aucune belle tenue dans son armoire, ne sortant jamais et évitant les soirées en temps normal. Elle n'était pas une personne très excentrique, que du contraire, mais avait au moins fait un effort ce soir pour montrer ce qu'elle avait dans son armoire. S'étant coiffée très vite pour ne pas être dérangée par ses cheveux, Céleste avait fait de son mieux étant donné qu'ils faisaient... souvent n'importe quoi. D'autant plus qu'elle n'y passait pas énormément de temps, il restait tant à faire dans cette nouvelle école. Ils n'étaient pas ici depuis longtemps, à peine une dizaine de jours, tous prenaient encore leurs marques et essayaient d'aider les élèves du mieux qu'ils le pouvaient. Des six-cents inscrits initialement, il n'en restait que le tiers, les autres ayant préféré rentrer chez eux pour se cacher ou fuir. Cela en déstabilisait plus d'un...

La jeune professeure arriva au centre de formation, bâtiment qu’elle avait déjà eu l’occasion de voir récemment avec des collègues et militaires pour un « entraînement », et marcha jusqu’à la grande salle en cherchant la personne qui devait la former du regard. Pas trop difficile, en soi, puisqu’une grande partie de la salle était occupée par des machines, ou tables, avec des morceaux d’armes et il n’y avait pas grand monde qui semblait attendre quelqu’un ou quelque chose. Il y avait énormément d’agitation, dix-sept heures devant être l’heure des séances d’entraînement pour beaucoup de Résistants. Elle était arrivée à l’heure, comme à son habitude, et vit immédiatement un homme plus grand qu’elle avec moustache et cheveux bruns, courts, très soignés. Sa tenue témoignait d’un rang social plus élevé mais lui-même n’attirait pas spécialement le regard. Il était même très mince mais toujours avec cette même élégance.

Aïe. Ce premier contact allait coincer, Céleste faisait pâle figure à côté de lui, dans ces vêtements qui ne la mettaient pas spécialement à l’aise car peu portés. Ce n’était pas son style vestimentaire. Il la salua dans les formes que son rang social exigeait, avec un baisemain et une inclination, avant de l’inviter à s’asseoir sur une des petites chaises dévoilées par le rideau qu’il avait soulevé. Hum. Si elle pensait que ce rideau dissimulait quelque chose, jamais elle n’aurait pensé qu’il avait aménagé un coin pour cette formation. D’accord… Le remerciant, la jeune professeure patienta, attendant de connaître le nom de son interlocuteur et d’en savoir plus. Lui savait déjà tout d’elle, il était donc juste qu’elle en sache un peu plus sur lui, non ?

M. de Matharel – Mademoiselle Dumoulin, je me présente dans les formes. Je me nomme Victor de Matharel, président de diverses sociétés et d’un groupe de finances, ici pour vous former aux joies et aux troubles de la mission qui sera la vôtre. Veuillez pardonner cet espace improvisé, il se trouve que les pièces fermées sont occupées par les chaînes de montage des nouvelles armes. Cela passera.

Céleste hocha la tête pour signifier que cela ne la dérangeait pas, le bruit n’était pas incommodant pour elle. Professeure, elle en avait l’habitude durant les cours pratiques d’élément foudre, seuls cours où elle tolérait du bruit et des bavardages. En cours théorique, par contre, elle devait entendre les mouches voler et était intransigeante. On ne peut pas se concentrer dans le bruit ! Du moins, pas à l’âge qu’ont les adolescents. Et la foudre n’est pas un jeu. Concernant « l’espace improvisé », il était déjà très bien organisé à ses yeux et son formateur avait bien géré l’espace. Il en avait sûrement l’habitude, Céleste n’était pas la première personne qu’il formait à des fins de ce genre. Silencieuse, elle attendit la suite, attentive, ignorant les bruits qui résonnaient dans la grande salle.

M. de Matharel – Les missions d’espionnage sont de la plus haute importance, d’une délicatesse infinie. Lorsqu’on part de rien, comme vous, l’entraînement est certes… assez long. Bien que cela dépende aussi du cœur que vous y mettrez. Vous devrez savoir charmer, vous faire remarquer dans un sens bien précis, discuter, maîtriser les codes du milieu où vous serez plongée… Tout cela passe par les connaissances, le mental, savoir se défendre avec ou sans armes, mais aussi, et ce sera le plus important, la maîtrise parfaite des apparences physiques. Il va y avoir un lourd travail… Cela vous arrive-t-il de porter des tenues pour plaire, de vous servir de votre corps pour amener votre compagnon au lit avec vous, ou vous contentez-vous de plus platonique ?

Céleste – Je vous demande pardon ?, dit-elle immédiatement, sans même réfléchir à la personne qui se trouvait en face d’elle.

Dire que Céleste manquait d’expérience dans le milieu de la Haute Bourgeoisie, passe encore, elle le savait et ne l’avait jamais caché. Après tout, ses parents ne faisaient pas partie de ces familles qui participaient à de nombreuses soirées, portaient des vêtements incommensurablement chers, cherchaient à se faire bien voir des voisins ou familles plus riches… Non, c’était une famille avec un rythme de vie correct, pouvant sortir mais vivant avec ses acquis et le capital dont il disposait déjà. Son père, apothicaire, leur avait appris de ne pas dépenser l’argent à gauche et à droite, qu’une vie humble et sobre était meilleure parce qu’une fois entrés dans un rythme démesuré… Eh bien, il fallait l’entretenir. Donc, oui, Céleste était novice et ne connaissait absolument rien à ce milieu. Mais sa vie privée, comme le mot l’indique, était privée ! La maîtrise parfaite des apparences physiques, un lourd travail… Il ne pouvait pas simplement dire qu’ils devaient travailler le tout sans être médisant à ce point ? Céleste était capable de séduire, si elle le voulait ! Elle n’en avait juste pas eu le besoin avec Cyprien, ils s’étaient rapprochés naturellement parce qu’ils étaient amis, puis meilleurs amis, et voilà. Et puis, elle n’avait pas besoin de se justifier ! Surtout dans une école, où ils pouvaient se retrouver à se relever en pleine nuit pour n’importe quoi. Porter des tenue pour plaire n’était pas possible. Mais ce n’était pas pour cela qu’ils avaient une relation platonique, Cyprien et elle. Au contraire, vu comment les choses avaient commencées, sans oublier que son compagnon voulait un enfant…

Céleste – Je suis professeure. Je ne peux pas me permettre de porter des tenues « pour séduire » alors qu’il y a des adolescents, plus ou moins jeunes, dans l’établissement. Lorsque je suis arrivée au Pensionnat, les problèmes avaient déjà commencé, alors non, je ne peux rien mettre pour « séduire ». Imaginez qu’on soit amené à bouger en plein milieu de la nuit ? Mon compagnon et moi vivons notre vie sans avoir besoin de quelconque artifice. La tenue la plus « habillée » dont je dispose est celle-ci, je n’ai pas vraiment l’habitude de sortir.

Au moins, Céleste avait dit les choses directement sans accuser son « entraîneur », restant polie même si elle avait envie de lui dire bien plus. Elle le fixait toujours droit dans les yeux, écoutant le bruit de la chaîne de montage d’armes derrière les rideaux en fond sans que cela ne la dérange le moins du monde. Droite, elle n’avait pas cillé une seule fois en parlant. Pour être honnête, seul Kimmitsu l’intimidait vraiment… Bradley était impressionnant, oui, mais depuis qu’elle savait que Gabriella ne lui en voulait pas, elle non plus ne l’effrayait pas. Après tout, la foudre, elle connaissait. Ça faisait beaucoup de bruit, pouvait effrayer, oui. Mais, une fois que l’on connaît les élémentaires de foudre et que l’on sait ce qui les calme ou non… Pas besoin de stresser. Donc, cet homme ne l’impressionnait pas, ne l’intimidait pas non plus. Il pouvait bien penser ce qu’il voulait, Céleste allait écouter ce qu’il lui dirait comme elle était là pour cela mais ne se laisserait pas marcher dessus non plus.

Céleste – Du reste, j’assimile assez vite ce que l’on me dit, même si ce milieu m’est étranger. Je suis prête à travailler dur et à y mettre le cœur qu’il faudra, j’ai été prévenue. Mais je n’ai aucun entraînement poussé au niveau physique, Kimmitsu Nakajima m’a dit que je devrais reprendre les bases à ce sujet-là comme les autres qui débutent. Mais vous connaissez sûrement déjà mon dossier, tout comme le contenu de ma garde-robe. Je suis disposée à écouter tout ce que vous me direz.

_________________
Le jeu des apparences 4i5h
Victor de Matharel
Victor de Matharel
Affairiste
Fonction :
  • Membre
Récits : 16

Âge RPG : 41 ans
Points d'Orm : Non concerné

Le jeu des apparences Empty Re: Le jeu des apparences

le Jeu 12 Sep - 20:22
Je vous demande pardon ?

Les mots choisis n’étaient-ils pas assez clairs ? Devait-il reformuler ? Victor s’appuya négligemment contre le bord de la table, derrière lui, en observant avec attention le patchwork étonnant de couleurs venus s’inviter sur le visage de son « élève » du jour. Du rouge, au blanc, puis de nouveau le rouge, bien qu’il soupçonne que cette teinte ne soit pas produite par la gêne mais plutôt par la colère. Il avait donc bien cerné cette femme, ce sera effectivement long, car elle ne maîtrisait visiblement pas encore les codes et es méthodes les plus basiques, dans les relations autant verbales que physiques. Non, hélas, elle parlait encore trop avec son cœur et ses sentiments, avant de songer à utiliser sa tête. Prévisible, bien entendu, c’était le cas du peuple ordinaire, celui qui n’avait jamais eu à apprendre le grand jeu des apparences et des relations publiques, à qui on ne demandait pas non plus de le faire. Bien au contraire, ce serait briser une large part de la manipulation.

Je suis professeure. Je ne peux pas me permettre de porter des tenues « pour séduire » alors qu’il y a des adolescents, plus ou moins jeunes, dans l’établissement. Lorsque je suis arrivée au Pensionnat, les problèmes avaient déjà commencé, alors non, je ne peux rien mettre pour « séduire ». Imaginez qu’on soit amené à bouger en plein milieu de la nuit ? Mon compagnon et moi vivons notre vie sans avoir besoin de quelconque artifice. La tenue la plus « habillée » dont je dispose est celle-ci, je n’ai pas vraiment l’habitude de sortir.

Oui, oui, peu importe. Victor se contenta de vaguement hausser les épaules, la partie « habillement » n’était guère la première dont il fallait se soucier. Ils y viendront – et ce sera là encore un beau travail si cette robe était vraiment ce qu’elle nommait une tenue habillée – mais immédiatement. Elle lui confirmait ce qu’il avait songé et donc par où ils devaient commencer. Une femme du peuple, peut-être issue de la petite bourgeoisie mais qui n’en maîtrisait pas les codes pour autant, ayant visiblement vécu de la même façon que la classe moyenne. Une femme qui n’avait pas encore été sérieusement touchée par la guerre, encore moins par les impératifs physiques et mentaux que cette dernière exigeait. En un sens, c’était presque touchant, il avait devant lui une âme encore vierge et propre, aucun sang sur les mains, ignorant ce que cela faisait d’en avoir.

Les espions n’étaient pas les premiers à devoir en arriver là, évidemment… Il n’en restait pas moins qu’ils faisaient tout de même parti des plus exposés qui soit, si ce n’est les plus exposés, et que leur plus grande protection consistait en leur savoir-faire. Les mauvais et les maladroits ne faisaient pas long feu… L’espionnage était l’un des métiers les plus dangereux et les plus exigeant. Le mental devait être en acier trempé, sous peine de quoi, la personne perdait toutes ses chances dès le départ. On ne confiait pas de telles missions aux esprits faibles. Victor ignorait si cette femme avait conscience ou non de ce qu’on attendait d’elle ou si cela était aussi une partie de ce qu’il devait lui enseigner. Contrôle de soi, mental solide, maîtrise des apparences, connaissances en béton, sur de multiples sujets, le plan était vaste.

Du reste, j’assimile assez vite ce que l’on me dit, même si ce milieu m’est étranger. Je suis prête à travailler dur et à y mettre le cœur qu’il faudra, j’ai été prévenue. Mais je n’ai aucun entraînement poussé au niveau physique, Kimmitsu Nakajima m’a dit que je devrais reprendre les bases à ce sujet-là comme les autres qui débutent. Mais vous connaissez sûrement déjà mon dossier, tout comme le contenu de ma garde-robe. Je suis disposée à écouter tout ce que vous me direz.

La question sur le contenu de votre garde-robe m’a servi à juger votre niveau actuel de réactivité et la manière dont vous formulez vos réponses, votre mode de pensées. Vous débutez, effectivement. Nous allons donc commencer par les bases les plus simples. Vous devez certainement connaître le nom de Margaretha Geertruida Zelle… Ou plutôt Mata Hari, fusillée à Vincennes en 1917.


Il lui montra d’un geste souple une photo assez grande de la demoiselle, dans une tenue simple mais élégante. Une photo prise quelques mois à peine avant son arrestation puis sa mort, au beau milieu de la Grande Guerre. Son histoire avait fait un très grand bruit, à cette époque, un bruit qui avait fait naître également sa légende. Oh, bien sûr, certains faits avaient dû être enjolivés, depuis 1917, renforçant l’aura mystérieuse de la belle espionne. Mais que serait une légende sans cela ? Le fait était qu’il s’agissait d’une très belle femme. La beauté physique, surtout la beauté féminine, était une arme on ne peut plus redoutable.

Un espion ne combat pas mais est en première ligne, et surtout, il est seul. Trois aptitudes essentielles à ce métier, ma chère. Un, maîtriser le langage, ne tomber dans aucun piège verbale comme celui où vous venez de vous glisser, mais savoir en tendre aux autres. Deux, maîtriser le langage du corps et s’en servir comme d’une arme. Trois, posséder des compétences mentales et physiques fortes. On peut ajouter à ça un atout, être une femme. Le beau monde ne se méfie pas des femmes autant qu’il le devrait. Margaretha Geertruida Zelle en a joué, une espionne fameuse et une fin digne d’elle.

Oui, elle avait été fusillée, et justement. Elle avait été traitée, à son procès et pour sa mort, comme un soldat l’aurait été, comme un ennemi de valeur l’aurait été, et non pas comme on traitait habituellement les femmes à cette époque, même criminelles. Le juge aurait pu se contenter de la faire enfermer à vie, voire interner dans un hôpital psychiatrique comme ça se faisait, mais non. Il lui avait offert la fin d’un soldat. Il donna la photo à son élève pour qu’elle puisse la regarder de plus près. Un maquillage léger mais simple. Une robe de soirée au goût de 1915, tout comme la coiffure. Peu de bijou, car cette femme savait attirer l’attention sur elle-même par bien autre chose.

Elle a été jugée et tuée comme si elle avait été un homme, preuve de la considération qui lui avait été portée. Vous voyez, on ne peut discuter comme on le ferait avec des amis ou la famille. Avec votre copain, vous réagissez par instinct à ce qu’il vous dit, ce sont des mots qui vous sont adressés, mais plus important, des mots que vous prenez pour vous, personnellement. Pour un espion, il n’y a rien de personnel. Tout ce qui vous sera adressé ne sera pas pour vous, ce ne seront que des outils et des armes que vous devrez utiliser pour les retourner contre vos interlocuteurs, les manipuler ou approfondir votre couverture. Si un homme vous insulte sur votre tenue, vous devrez réagir non pas comme si vous vous sentiez réellement insultée, mais en donnant la réponse qui vous fera passer pour faible, forte, fragile, émotive ou détachée, suivant le plan que vous aurez décidé au préalable. Vous comprenez cela ?

_________________
Le jeu des apparences U9qd
Céleste Dumoulin
Céleste Dumoulin
Réseau Osmosis
Cadet

Fonction :
  • Membre
Récits : 220

Âge RPG : 26 ans
Points d'Orm : 500/500

Le jeu des apparences Empty Re: Le jeu des apparences

le Dim 27 Oct - 15:36
M. de Matharel – La question sur le contenu de votre garde-robe m’a servi à juger votre niveau actuel de réactivité et la manière dont vous formulez vos réponses, votre mode de pensées. Vous débutez, effectivement. Nous allons donc commencer par les bases les plus simples. Vous devez certainement connaître le nom de Margaretha Geertruida Zelle… Ou plutôt Mata Hari, fusillée à Vincennes en 1917.

Son formateur lui montra une grande photo de Mata Hari, que Céleste connaissait naturellement tant cette femme était devenue une légende. L’espionne était vêtue d’une robe élégante au décolleté plongeant sans tomber dans le vulgaire. Quelques bracelets fins ainsi que des bagues ornaient ses poignets et ses mains. Un collier, des boucles d’oreille… Rien ne laissait sous-entendre qu’elle était une espionne. Ses cheveux, attachés en chignon large et soigné, accompagnaient sa tenue sans tacher. Avec du recul, la jeune professeur voyait que tout était calculé, chaque élément, la posture… Mais, sans le savoir, n’importe qui aurait pu se méprendre sur la véritable identité de cette femme. Elle était belle, lumineuse, inspirait la confiance et avait un certain regard… comment le qualifier ? Un regard qui ne laissait pas présager son intelligence.

M. de Matharel – Un espion ne combat pas mais est en première ligne, et surtout, il est seul. Trois aptitudes essentielles à ce métier, ma chère. Un, maîtriser le langage, ne tomber dans aucun piège verbale comme celui où vous venez de vous glisser, mais savoir en tendre aux autres. Deux, maîtriser le langage du corps et s’en servir comme d’une arme. Trois, posséder des compétences mentales et physiques fortes. On peut ajouter à ça un atout, être une femme. Le beau monde ne se méfie pas des femmes autant qu’il le devrait. Margaretha Geertruida Zelle en a joué, une espionne fameuse et une fin digne d’elle.

Céleste hocha la tête, écoutant avec attention ce que lui disait monsieur de Matharel. En revanche, elle ne comprenait pas pourquoi Gabriella avait pensé à elle pour espionner le Président… Elle n’avait rien de tout ce qu’il fallait, de toutes ces compétences qui rendent un espion redoutable. Bien sûr, elle savait dissimuler ce qu’elle pensait, elle était capable de manipuler un minimum les gens. Mais le reste… Cela s’apprenait vraiment ? Se maîtriser, elle en était parfaitement capable. Tout ceci n’était qu’un… rôle à jouer, au final, savoir manier les mots et les gestes, tout contrôler sans le montrer. Doucement, Céleste comprenait l’enjeu de cette mission. Elle comprenait tout ce que cela impliquait, autant dans les dangers que les bénéfices si elle parvenait à ses fins. Ne pas se méfier des femmes… Oui, il avait entièrement raison. Mais, aujourd’hui, le climat était différent : il y avait Gabriella. Elle était recherchée et le gouvernement avait sûrement appris à être davantage méfiant des femmes. Logiquement. Non ? Relevant le regard vers son interlocuteur, Céleste prit la photo qu’il lui tendait maintenant, toujours silencieuse. Elle s’était laissée emporter… Honteusement. Et elle avait foncé, tête baissée, dans le piège que lui tendait monsieur de Matharel.

M. de Matharel – Elle a été jugée et tuée comme si elle avait été un homme, preuve de la considération qui lui avait été portée. Vous voyez, on ne peut discuter comme on le ferait avec des amis ou la famille. Avec votre copain, vous réagissez par instinct à ce qu’il vous dit, ce sont des mots qui vous sont adressés, mais plus important, des mots que vous prenez pour vous, personnellement. Pour un espion, il n’y a rien de personnel. Tout ce qui vous sera adressé ne sera pas pour vous, ce ne seront que des outils et des armes que vous devrez utiliser pour les retourner contre vos interlocuteurs, les manipuler ou approfondir votre couverture. Si un homme vous insulte sur votre tenue, vous devrez réagir non pas comme si vous vous sentiez réellement insultée, mais en donnant la réponse qui vous fera passer pour faible, forte, fragile, émotive ou détachée, suivant le plan que vous aurez décidé au préalable. Vous comprenez cela ?

Céleste – Oui, je le comprends, dit-elle après un moment de réflexion. Mais ne pensez-vous pas que l’on se méfiera davantage de moi aujourd’hui ? Avec Gabriella, Mata Hari, et toutes ces autres femmes qui ont causé du tort, il faudra être plus rusé encore que pour arriver à nos fins et avoir les informations tant convoitées. Ils se sont fait avoir plusieurs fois à cause de femmes, quel est le motif pour lequel ils continuent à nous voir comme faibles, fragiles et inoffensives ? Tout être humain apprend de ses erreurs.

Céleste fit une brève pause, n’attendant pas de réponse tout de suite car elle avait encore d’autres questions. Questions qui lui vinrent assez vite, d’ailleurs, et qu’elle ne tarda pas à prononcer. Baissant les yeux sur la photo de Mata Hari, elle la rendit à monsieur de Matharel en reposant ses mains sur ses genoux. Elle n’était pas comme cette femme et ils avaient besoin de quelqu’un assez vite. Si elle avait tout à apprendre, tout à assimiler assez vite… Était-ce seulement possible ? Elle voulait s’impliquer, aider, mais pensait-il que c’était faisable ? C’était lui, l’expert, elle-même n’y connaissait absolument rien.

Céleste – Et, autre question plus… pratique. C’est une vraie question, ce n’est pas un signe de démotivation. Vous qui avez l’expérience et qui avez formé plusieurs personnes, je suppose, vous pensez que c’est possible dans des délais raisonnables avec quelqu’un comme moi qui débute ? Il y a tout à apprendre, je suis consciencieuse, mais je pensais que ce serait… urgent. Avons-nous le temps matériel pour cela ? Si oui, par quoi commencerons-nous ?

_________________
Le jeu des apparences 4i5h
Victor de Matharel
Victor de Matharel
Affairiste
Fonction :
  • Membre
Récits : 16

Âge RPG : 41 ans
Points d'Orm : Non concerné

Le jeu des apparences Empty Re: Le jeu des apparences

le Dim 27 Oct - 18:41
Un léger claquement de veste, en s’asseyant sur le rebord de la table, mains posées contre son rebord sans serrer, une attitude détendue. Un léger sourire faisant suite à la question jaillie de la bouche de son élève du jour. « Toutes ces autres femmes », c’était charmant, mais naïf. Non, hélas non, peu de femmes s’étaient fait remarquer de cette façon. Il serait plus juste de parler des femmes ayant fait progresser la science et les recherches technologiques, plus nombreuses que leur société admettait de l’admettre, dont les exploits étaient ou étouffés, ou volés par des hommes pour leur propre renommée. Elles étaient assez nombreuses, pour autant, personne n’en parlait, car on ne les considérait pas comme importantes été encore moins capables de compétences. Malheureux, certes, mais le monde était ainsi, on ne changeait pas les choses en quelques années, il fallait parfois des décennies entières.

Les femmes qui ne se laissaient pas faire étaient une chose, les femmes prenant leur affaire en main et à une échelle plus grande en était une autre. La seule femme pour qui cela avait été accepté en Europe, du moins aujourd’hui, sans exagérer, était Jeanne d’Arc, ni plus ni moins. Très rares, très, très rares, étaient celles, depuis lors, qui avaient été des espionnes reconnues, des leaders de rébellion, et si cette demoiselle prenait la peine d’étudier son Histoire, il ne lui faudra que quelques minutes pour le réaliser. Leurs sociétés Européennes, comme c’était le cas sur d’autres continents, étaient taillées pour voir les faibles comme de petits êtres fragiles et doux, qu’on devait protéger, qui ne savent pas réfléchir, encore moins prendre des décisions d’importance. Il récupéra la photo d’un petit geste, sans se départir de son sourire.

Et, autre question plus… pratique. C’est une vraie question, ce n’est pas un signe de démotivation. Vous qui avez l’expérience et qui avez formé plusieurs personnes, je suppose, vous pensez que c’est possible dans des délais raisonnables avec quelqu’un comme moi qui débute ? Il y a tout à apprendre, je suis consciencieuse, mais je pensais que ce serait… urgent. Avons-nous le temps matériel pour cela ? Si oui, par quoi commencerons-nous ?

La vie à l’écart, durant des années, dans votre pensionnat vous a rendue bien naïve sur le monde. Les femmes ayant vraiment fait parler d’elle comme reines de la manipulation ou leaders rebelles se comptent sur les doigts d’une seule main. Ce sont des exceptions, qui font peur, qui rendent furieux, qui dégoûtent. Mais ces quelques femmes ne représentent en rien l’image qu’en a la société aujourd’hui. Petit point rapide de société, qu’est-ce qu’une femme aujourd’hui ?


Il lui laissa une petite minute, si elle avait envie d’y réfléchir ou de donner un semblant de réponse, puis leva tout d’abord un doigt. Il déclama qu’en premier lieu, en France comme ailleurs, une femme est comme une belle plante obéissante, que le père doit cultiver, avant de passer le relais à un époux. Deuxième point, deuxième doigt levé. Une femme est par nature évidemment fragile, insouciante et incapable de s’en sortir seule, il faut un homme pour la guider, dans la vie. Troisième point, troisième doigt. Une femme ne peut prendre aucune décision plus importante que choisir la couleur du papier peint dans la maison ou celle des teintures de draps. Quatrième point, quatrième doigt. Une femme est une maîtresse de maison et est une mère. Son rôle est purement domestique. Il reposa main contre le rebord de table, légèrement penché vers l’avant.

Bien sûr, les codes de conduite évoluent selon la classe sociale. Les femmes comme votre ex-directrice sont vues comme des anomalies, voilà tout. La société ne va pas évoluer sur ce terrain juste à cause d’elles, ce serait bien trop beau. Quant à la situation qui nous occupe, ne mélangez pas tout. On peut se presser à former un soldat, pas pour un espion. Les compétences exigées sont différentes. Même s’il ne faut pas des années pour y arriver. Cette guerre, de toute manière, ne se terminera ni demain ni dans un an.

Il lui fit signe de se lever, puis repoussa les quelques meubles de leur espace pour libérer l’endroit. Tout en faisant, il lui expliqua que les espions étaient parfois plus à l’aise sur certaines missions plutôt que d’autres, selon leurs facultés personnelles à rentrer dans tel ou tel rôle. Mais qu’on assignait aussi les missions aux agents selon leurs apparences physiques, car c’est bel et bien l’apparence qui faisait la moitié du travail.

Il manque des personnes pouvant se glisser sans peine dans la Noblesse et les milieux de la finance, des milieux qui comptent, autrement dit, les milieux de pouvoir. Avoir un Nom, notez bien la majuscule, compte comme un atout. Les codes de la Bourgeoisie sont bien moins lourds que ceux de la Noblesse. On va d’abord voir comment vous marchez et dansez.

Il lui fit un autre signe et s’écarta, pour qu’elle marche devant lui. Il voulait observer sa posture et sa gestuelle, tout comptait. Autant où se portait le regard en marchant, que l’endroit où elle plaçait ses mains, ainsi que sa démarche. Marcher pouvait paraître simple, mais un regard extérieur décelait très vite si une personne était à l’aise, angoissée, apeurée, pressée, joyeuse, stressée ou en colère à sa simple démarche. Pour une très grande majorité de personnes, cette démarche se faisait de manière inconsciente. Pour un espion, il devait savoir s’en emparer et l’adapter suivant ses besoins. Il l’observa avec une très grande attention, alors qu’elle devait faire quelques tours de la pièce improvisée. Trop peu de légèreté. De la rapidité. Le maintien de la poitrine et de la tête restait néanmoins bon. Une fois fait, il lui tendit la main.

La danse est une compétence obligatoire pour n’importe quelle personne de pouvoir ou gravitant autour. Les fêtes et façons de dresser un bal évoluent avec le temps mais le besoin de base ne change jamais. Une femme s’affirme en société en attirant sur elle les regards grâce à son talent et son maintien. Je vous laisse conduire, montrez-moi ce que vous savez faire.

_________________
Le jeu des apparences U9qd
Contenu sponsorisé

Le jeu des apparences Empty Re: Le jeu des apparences

Revenir en haut
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum