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le Mar 14 Oct - 12:17
- Pourquoi devons-nous y aller aussi ? marmonna Isabelle.
- J'allais poser la même question, colonel, renchérit l'adjudant-chef en relevant la tête de son journal. On ne va quand même pas aller surveiller les gosses jusqu'en voyage scolaire ?
- Nous ne sommes pas en service, soupira le colonel. Juste en permission. J'ai demandé un congé pour toute notre équipe, ça ne fera de mal à personne.
- Une permission pour aller aux sources ?
- Je me suis dit que c'était une bonne idée.

Il avait sourit, et le reste de l'équipe n'avait pu s'empêcher de lui répondre. Isabelle s'était replongée dans son roman, avec un léger soupir. Soit, pourquoi pas, après tout. Un peu de détente, sans les obligations de l'armée, pourquoi pas...


- Lieutenant ?

Isabelle rouvrit les yeux, et se rendit compte qu'ils étaient arrivés en gare. Elle se leva et prit ses affaires, descendant du train avec ses collègues, derrière le colonel qui avait bizarrement retrouvé à la fois la forme et le sourire. Elle le soupçonnait d'être venu ici pour rester dans le sillage des élèves de Ste Famille, comme lui-même n'avait jamais eu l'occasion de vivre ce à quoi eux avaient droit. Comme s'il voulait rattraper le temps perdu. Il avait emmené avec lui toute l'équipe... Isabelle, lieutenant, qui était sa collaboratrice directe et qui pouvait le remplacer en cas de besoin. Sébastien, adjudant-chef, le plus haut grade des sous-officiers, un homme un peu blasé qui passait son temps à concevoir des stratégies militaires. John, qui était sous-lieutenant, un homme plus âgé qu'eux tous, qui avait la manie de nettoyer sans cesse ses lunettes. Enrick, simple soldat, en charge des communications, un passionné de toutes les avancées technologiques. Et enfin, Alex, commandant ou major, le grade juste au-dessus d'Isabelle, qui faisait office, bien souvent, de garde du corps du groupe.

- Enfin arrivés ! s'exclama le colonel, qui marchait en tête. Vous ne trouvez pas ça merveilleux ?!
- Je trouve ça louche, son enthousiasme, lui chuchota Sébastien alors qu'ils se dirigeaient vers leurs chambres. Qu'est-ce qu'il a prévu ? C'est toi, son garde-fou, tu devrais le savoir.
- Dis plutôt que je suis sa baby-sitter.

L'adjudant-chef eut un rire nerveux, cachant sa main derrière sa bouche. John ôta ses lunettes pour les essuyer, demandant ce qu'ils devaient faire maintenant. Ce à quoi leur supérieur leur répondit "Rien, vous avez quartier libre !". Pourvu qu'il en se remette pas à boire dès aujourd'hui... Rentrant dans sa chambre, Isabelle se changea, prenant maillot et peignoir, puis se dirigea vers une des sources chaudes. Chacun s'était dispersé pour le moment. Elle se glissa dans une grande source, au soleil, dehors, plongeant dans l'eau chaude avec délectation. Là, on était bien... Elle allait fermer les yeux lorsqu'elle remarqua une bouteille d'alcool posée sur le rebord. Elle crut que le colonel était venu ici aussi et prit la bouteille pour la cacher, car elle doutait que le personnel n'allait pas apprécier. Et se rendit compte juste après que la bouteille appartenait à quelqu'un d'autre, rougissant légèrement. Un homme avec une tête de déterré, telle que pouvait l'avoir Fabrice dans ses grands jours.

- Vous ne devriez pas laisser ça en vue, on va vous mettre dehors, déclara-t-elle en déposant la bouteille.

Elle lui jeta un autre coup d'œil, plus long. Il avait l'air... Très mal. Les yeux cernés, le teint aussi frais que celui d'un cadavre, les joues creuses, comme s'il ne se nourrissait quasiment plus depuis une semaine.

- Vous êtes ici en cure de désintoxication ? demanda-t-elle, très franchement, au bout d'une minute.
Adrien de Sora
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le Mar 14 Oct - 19:02
Une vague envie de vomir prenait à nouveau le jeune infirmier, qui porta une main à sa bouche, les yeux fermés. Il cacha une bouteille sous son peignoir, contre lui, marchant dans les couloirs, vers les sources. Il évitait tout le monde, comme de coutume, comme s'il était venu seul ici, comme s'il n'était là qu'en cure, et pas avec les professeurs et le personnel du Pensionnat. Il n'était tenu à rien, mais avait bien remarqué qu'on lui fichait la paix, depuis une semaine. Il n'avait pas été appelé une seule fois à l'infirmerie... Alors que des élèves avaient forcément été malades ou blessés ! Peut-être voulait-on le ménager. Peut-être. Les yeux brûlants, il se rendit vers le coin où se trouvaient quelques sources chaudes en extérieur. Il ne voulait pas voir les profs, seulement passer un peu de temps seul. Et surtout ne pas la voir elle. Il ne voulait pas entendre d'explications, ni voir de larmes, ni quoi que ce soit. La trahison était encore trop grande, trop profonde, trop intense. Que les photos datent d'il y a trois semaines, ou de quelques années, il n'en savait plus rien, et peu importe. Il ne voulait simplement plus y penser, voilà tout.

Les sources… Il y avait encore très peu de monde, à cette heure. Il posa son peignoir près de sa serviette, et se glissa dans l’eau, posant sa bouteille sur le bord, au cas où il aurait envie de boire. L’eau chaude le détendit, et il s’y enfonça presque complètement, seul le nez et les yeux dépassant de l’eau. Il se sentait épuisé, et pas encore remis du voyage qui les avait conduits ici, la veille. Épuisé par cette première nuit à la station, une nuit courte, passée à mordre son oreiller pour que personne ne l’entende pleurer. Épuisé car il s’était à peine nourri, depuis son mariage, car il n’avait pas pris un seul véritable repas. Épuisé car pleurer le fatiguait, le vidait de ses forces. Épuisé car il savait que tout cela ne servait à rien. Il aurait dû savoir, dès le début, que cette aventure était condamnée à l’échec… Pourquoi avait-il continué, malgré tout ? Par besoin de retrouver l’amour, de retrouver un peu de stabilité, une chaleur humaine ? Peut-être… Ces raisons étaient légitimes, mais il aurait dû comprendre que cela ne pouvait marcher avec Sarah.

Les contraires s’attirent, certes, mais on dit également, qui se ressemble s’assemble, ce à quoi Adrien croyait le plus. Sarah était bien plus jeune que lui, pour commencer, elle commençait à peine à vivre, elle débutait à peine toutes les expériences que l’existence peut offrir, ou faire subir. Elle était encore très naïve, bien trop peut-être. Elle était… Elle était comme une enfant qui fait ses tous premiers pas dans le monde adulte, somme toute. Encore fraîche, vacillante, innocente, avec des touches d’immaturité et d’ignorance. C’était une enfant… Et lui avait déjà vécu, il ne pouvait raisonnablement penser que tout irait pour le mieux avec une femme de cet âge. Et en parlant de femme… Il en vit tout à coup une prendre sa bouteille, avec un air comme si elle voulait la jeter et la réduire en miettes. Elle croisa tout à coup son regard et rougit, reposant l’alcool.

Femme – Vous ne devriez pas laisser ça en vue, on va vous mettre dehors.

Elle parlait avec une autorité naturelle, qui le fit songer qu’elle travaillait sans doute dans un poste à responsabilité. Peut-être une banque, des assurances, ou chez les gendarmes ? Il ne répondit pas, trop las pour parler. Il ne l’avait même pas entendu arriver, ni vue avant qu’elle ne s’approche, se croyant seul dans la source. Elle semblait avoir son âge, peut-être même plus âgée que lui. Une grande blonde, avec des bras musclés. Tiens, ça, c’était bizarre. Elle semblait bien plus forte que lui… Gendarme, donc ? Il ne voyait pas quel autre métier pourrait pousser une femme à travailler sa condition physique.

Femme – Vous êtes ici en cours de désintoxication ?

En cure de… Il ne put même pas répondre, restant simplement là, la bouche entrouverte, comme un parfait imbécile. En cure de désintoxication… IL n’en avait jamais faite de sa vie, et même s’il était rongé par l’alcool, ce n’était pas la plus terrible de ses maladies. Il faudrait plutôt le guérir de sa malchance avec les femmes, et avec la vie en général. Il faudrait que le malheur se trouve une autre victime, pour le laisser souffler un peu. Il coucha machinalement la bouteille au sol, la cachant sous sa serviette, puis secoua la tête.

- Non, je suis ici car on m’a donné l’occasion, voilà tout, dit-il d’une voix rendue très rauque par tout ce qu’il avait avalé depuis quelques jours.

Il se racla la gorge, un peu gêné. Son interlocutrice allait sans doute le prendre pour un doux dingue, ou pour une loque en puissance, qui vivait par et pour le rhum. Bah, c’était à moitié vrai. Il se laissa aller contre le bord de la source, hésitant entre se laisser mourir par noyade ou se tuer d'une façon plus conventionnelle.

- Ne... ne faites pas attention à la bouteille... Je pensais boire, oui, mais si ça dérange, je ne le fais pas en public, je sais me tenir. Je rentrerais pour ça, pas de problème.

Homme – Hein, mais faut pas rester seul pour trinquer !

Adrien sursauta. Quelqu'un d'autre venait d'arriver. Un homme a l'air assez jeune, en maillot de bain lui aussi, qui jeta son peignoir par terre et se laissa glisser dans l'eau avec un sourire de contentement, avant de lui serrer vigoureusement la main et se présenter. Gavin, Fabrice Gavin, arrivé le matin même avec madame et quelques autres personnes. Il semblait détendu, renversant la tête en arrière, sur le rebord.

- Seul, c'est plus triste, mais il est vrai que c'est gênant pour les autres, dit faiblement Adrien. Au repas de ce midi, ce sera plus simple si vous souhaitez trinquer. D'où venez-vous ?

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le Mar 21 Oct - 19:24
Le type cacha sa bouteille, comme honteux d'avoir été pris sur le fait. Et bien ? S'il y avait bien une personne au monde qui ne dira rien sur le sujet, c'était bien Isabelle. Elle avait l'habitude, avec le colonel. Elle avait été le ramassé dans différents bars bien des fois, ou s'était rendue chez lui, dans son appartement de la caserne, pour l'aider un peu, le faire vomir, et le mettre au lit. Elle était vraiment sa baby-sitter... Mais savait qu'il comptait sur elle, et faisait donc de son mieux. Elle était la dernière personne dont il soit encore assez proche. Sa mère était décédée, il n'avait plus aucun contact avec son père violent. Son équipe était son dernier rempart contre al solitude. Et le lieutenant était la seule à être au courant qu'il possédait un don. Elle l'avait vu à l'œuvre plusieurs fois, et souvent couvert, afin que personne d'autre n'en sache jamais rien.

- Non, je suis ici car on m’a donné l’occasion, voilà tout, dit-il d’une voix rendue très rauque par tout ce qu’il avait avalé depuis quelques jours.

Bizarre, elle aurait pourtant juré une cure. Mais soit, ce n'était pas ses affaires. Elle s'enfonça un peu plus dans l'eau chaude, savourant le contact des vaguelettes contre sa peau, alors que son maillot de bain, qui recouvrait pourtant tout son cors du cou jusqu'aux genoux, sans les bras, semblait se resserrer, laissant voir ses formes. L'eau était aussi un rempart contre ça. Non qu'elle soit particulièrement pudique, mais elle n'aimait pas être reluquée. C'était son côté un peu garçon manqué, dure et sévère. Elle pouvait démarrer au quart de tour pour des bêtises, et ne se laissait jamais marcher dessus. Elle était un soldat, après tout. La discipline militaire vous forge un certain caractère.

- Ne... ne faites pas attention à la bouteille... Je pensais boire, oui, mais si ça dérange, je ne le fais pas en public, je sais me tenir. Je rentrerais pour ça, pas de problème.

– Hein, mais faut pas rester seul pour trinquer !

Isabelle leva les yeux au ciel. Le colonel. Il ne cessait jamais d'apparaître brusquement juste au moment où on s'y attend le moins. Il se glissa dans l'eau à son tour, se présentant. Elle nota qu'il "oubliait" de mentionner son grade, comme dans toute présentation ordinaire. Il ne voulait pas montrer ici qui il était ? Si c'était le cas, il faudra qu'elle en informe tout le monde, afin d'éviter les gaffes. Ou du moins, éviter de trop se faire remarquer. Personne n'ira baver sur l'armée, ici, mais mieux valait prévenir que guérir. Si le colonel était vraiment là pour être plus près des gens de Ste Famille, autant ne pas lui gâcher la vie. Elle eut un minuscule sourire, contente de voir qu'il parvenait à se détendre. Lui aussi avait droit à ça. Il était très tendu, pour plusieurs raisons : son âge le desservait, car il avait un grade assez élevé. Il devait veiller sur son équipe, accomplir son devoir, faire son travail. Et il devait faire en sorte que personne ne sache jamais la véritable raison pour laquelle il était surnommé le colonel de flammes.

- Seul, c'est plus triste, mais il est vrai que c'est gênant pour les autres, dit faiblement Adrien. Au repas de ce midi, ce sera plus simple si vous souhaitez trinquer. D'où venez-vous ?
- De Paris, répondit le lieutenant en détendant ses muscles dans l'eau. Nous sommes ici en vacances, si on peut dire ça.

Elle jeta un coup d'œil à son supérieur, pour bien lui signifier qu'elle avait compris, qu'elle ne fera pas de gaffe, s'il lui ne voulait pas divulguer qu'ils étaient militaires. Peut-être le dira-t-il plus tard, elle n'en avait aucune idée, cependant, pour le moment, silence.

- Si vous souhaitez porter un toast, le repas de midi sera plus que bienvenu, en effet, sourit-elle. Il serait indécent de boire en public en un autre moment. Vous nous accompagnerez bien ? Enfin, sauf si vous êtes venu avec votre femme ou vos enfants.

Elle en doutait, il semblait plus seul qu'autre chose, mais ne pouvait être complètement sûre. Et puis, s'il était marié, viendrait-il se baigner seul ? Non, sauf s'il s'était discutée avec sa femme.

- Ou ce soir, si vous préférez.
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le Mer 22 Oct - 22:05
Isabelle - De Paris. Nous sommes ici en vacances, si on peut dire ça.

Il hocha la tête, en espérant ne pas avoir paru trop indiscret. Mais cela faisait du bien de pouvoir discuter avec des personnes qui ne le jugeaient pas, ou qui en cherchaient pas à lui déverser des paroles creuses de compassion, des conseils dont il n'avait que faire, ou des recommandations pour recoller le plus vite possible les morceaux avec Sarah. Il était assez grand pour savoir ce qu'il voulait, et devait, faire, donc personne n'avait besoin de se mêler de ses choix et décisions, merci beaucoup. Ce qui n'empêchait personne de le faire, d'ailleurs... Cela lui faisait une raison de plus pour éviter tout le monde, en ce moment. Il n'avait envie de rien, à part se bourrer la gueule le plus possible, jusqu'à en finir vautré lamentablement sur le parquet de ses appartements, incapable de se lever et pouvant juste dormir sur-place jusqu'au petit matin, où il se réveillera avec une gueule de bois monstrueuse et continuera malgré tout à boire. C'était son occupation depuis très exactement une semaine. Seule son arrivée ainsi l'avait obligé à se bouger un tantinet à ne plus chercher un ravin où se jeter.

Isabelle - Si vous souhaitez porter un toast, le repas de midi sera plus que bienvenu, en effet, sourit-elle. Il serait indécent de boire en public en un autre moment. Vous nous accompagnerez bien ? Enfin, sauf si vous êtes venu avec votre femme ou vos enfants.

Sa gorge se serra douloureusement. Femme et enfants... Dire qu'en ce moment-même, il aurait pu se baigner avec Sarah, la serrer amoureusement dans ses bras, tout en lui racontant comment ils feront pour contourner les règles et se retrouver au cours de la nuit pour deux heures d'amour. Tout avait été réduit en miettes... Il renifla, puis réfléchit sérieusement à l'hypothèse "passer un déjeuner tranquille et convivial avec les deux personnes qu'il venait de rencontrer". Pourquoi pas, après tout ? Ce serait mille fois préférable que de déjeuner avec les profs de Ste Famille, où personne ne sera capable d'interagir normalement avec lui. Alors, oui, pourquoi pas. Il pourrait, qu'est-ce qui l'en empêchait ? Et il n'avait pas non plus envie de finir seul dans sa chambre, à manger sur le pouce, très rapidement, presque en cachette, et boire, boire jusqu'à ce que l'inconscience le submerge. Qu'elle submerge à jamais.

Isabelle - Ou ce soir, si vous préférez.

- Ce midi, ce serait très bien parvint-il à articuler, tendu. Je n'ai ni femme ni enfants à m'accompagner, ici... En fait, je suis infirmier, et j'accompagne un groupe en voyage scolaire.

Il rajouta quelques mots en décrivant plus précisément son métier, et l'école où il travaillait. C'était un autre sujet que la famille, et bien plus simple à traiter ! Avec ça, le pensionnat était loin d'être inintéressant. D'ailleurs, Fabrice sembla lui très intéressé, ce qui poussa Adrien a finalement expliquer en détail comment se déroulait la vie à l'école, ce que faisaient les élèves, où ils dormaient, comment se répartissaient les cours, et les ateliers pour les éléments, régulièrement relancé par son interlocuteur. Ils discutèrent ainsi une bonne heure, en mêlant de temps à autre Isabelle au sujet. Ce ne fut que lorsque son ventre gargouilla qu'Adrien se rendit compte du temps qui filait. Il se tut, un peu abasourdi. Il venait de passer une heure à parler normalement, sans penser une seule fois à Sarah.

- Bien, je vous retrouve toute à l'heure, dit-il en se hissant hors de la source.

Il retourna dans sa chambre, se sécha, et enfila un pantalon léger avec une chemise blanche, se coiffant rapidement. Beaucoup restaient en peignoir pour déjeuner, mais il voulait sortir un peu dans les volcans aux alentours, après manger. Il se rendit à la grande salle où chacun mangeait, croisant plusieurs groupes d'élèves qu'il saluait avec un sourire en passant près d'eux. Ils eurent l'air étonné de le voir debout et à peu près en forme, ce qui était légitime. Il prit un plateau et à manger, avant de rejoindre la table où s'installaient ses compagnons du jour. Quelques autres hommes étaient arrivés. Il s'installa avec eux, sans se soucier des regards des élèves et professeurs.

- Ils savent vivre, ici, dit-il en humant l'odeur de la tartiflette. Je vous laisse déboucher, ajouta-t-il en jetant un coup d'œil à Fabrice.

Il se présenta au reste de la tribu, qui fit de même. Cela faisait un groupe qui paraissait très hétéroclite, à première vue. Ils échangèrent tout d'abord quelques banalités, sur l'endroit, le temps, puis les actualités du moment. Adrien était détendu, plus qu'il ne l'avait jamais été depuis une semaine. Vint peu à peu la question des dons et différents pouvoirs.

- J'en ai un aussi, acquiesça-t-il en prenant une bouchée. Le feu. Mais je n'ai jamais développé un tel pouvoir, ni le temps ni l'envie. Et vous tous, que pensez-vous de ça ?

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le Ven 31 Oct - 21:01
- Ce midi, ce serait très bien parvint-il à articuler, tendu. Je n'ai ni femme ni enfants à m'accompagner, ici... En fait, je suis infirmier, et j'accompagne un groupe en voyage scolaire.

Isabelle jeta un coup d'œil en biais à son supérieur, dont le regard s'était mis à briller. Et la conversation dériva tout naturellement sur le pensionnat, l'école, ce qui s'y trouvait, et ainsi de suite. Elle parla peu, par la suite, attendre et heureuse de voir le regard du colonel briller à l'évocation de cet endroit, de ce qui s'y passait. Il ne disait presque jamais rien sur l'école, et lorsqu'il en parlait, il apparaissait toujours très détaché et indifférent. Mais le lieutenant savait bien qu'au plus profond de lui, il regrettait ces moments qu'on lui avait volé. Qu'il regrettait de n'avoir pu être élève dans cette fameuse école, peu importe ce que les autres en pensent ou les rumeurs qui circulent. Sans doute ne serait-il jamais entrée dans l'armée s'il avait eu cette chance. Elle n'échangea que quelques mots, les laissant discuter entre eux. Elle se doutait que l'infirmier lui-même devait avoir un don, seulement à la manière dont il en parlait. Le temps filait sans qu'il s'en rendent compte, absorbés dans la conversation, baignant dans l'eau chaude qui détendait les muscles à un point incroyable. Adrien finit par se hisser hors de l'eau, constatant que le déjeuner approchait.

- Bien, je vous retrouve toute à l'heure.

Elle attendit qu'il se soit éloignée pour donner un léger coup de coude au colonel, souriante.

- Quoi ? murmura-t-il en répliquant, éclatant de rire. C'était si voyant que ça, que je voulais lui soutirer des informations ?
- Comme le nez au milieu de la figure. Vous devriez être plus discret que ça.
- Je suis discret, colonel, vous le savez bien...

Elle hocha la tête. Oui, sur certains sujets, il était on ne peut plus discret, c'était vrai. Elle quitta l'eau à son tour pour retourner à sa chambre. En chemin, elle croisa l'adjudant-chef Sébastien qui semblait très occupé à défaire des nœuds de son sac pour l'ouvrir. Elle l'aida avec un sourire compatissant, alors qu'il la remerciait d'une mono-syllabe. Toujours pas très causant. Elle se sécha, puis remit son peignoir, s'attachant les cheveux pour paraître un minimum présentable. Une fois prête, elle rejoignit la salle en manger, toujours en peignoir comme la majorité des patients. Les élèves de Ste Famille n'étaient pas trop difficiles à repérer, toute une troupe de jeunes réunis sur quelques tables, encadrés par quelques adultes. Elle s'assit à son tour avec ses collègues, en les observant. Certains professeurs avaient l'air vraiment revêches... Elle repéra une brune un peu petite mais qui avait un très beau sourire.

- Vous allez prendre du vin, lieutenant ?
- Non merci, je préfère garder les idées claires. Et vous, ne buvez pas trop.
- Et là, vous répondez "Oui, maman", glissa John en pouffant de rire, juste en avant de retirer encore ses lunettes pour les nettoyer.

L'infirmier les rejoint peu de temps après, et elle hocha la tête lorsqu'il s'assit avec eux. Il semblait aller un peu mieux, impression renforcée lorsqu'il fit un commentaire sur la cuisine, puis proposa au colonel de déboucher la bouteille. Le reste de la troupe se présenta aussi, et isabelle pouvait sentir à quel point ils étaient curieux. Le colonel n'était pas anti-sociable, mais il souriait rarement, et le voir détendu avec cet homme avait de quoi aiguiser leur curiosité. Elle se coupa du pain tout en balayant la salle du regard. Certains des professeurs les fixaient ouvertement. Elle fronça légèrement les sourcils, se détournant pour s'intéresser de nouveau à sa table.

- J'en ai un aussi. Le feu. Mais je n'ai jamais développé un tel pouvoir, ni le temps ni l'envie. Et vous tous, que pensez-vous de ça ?

Elle ne put s'empêcher de regarder le colonel en biais, frappée d'un seul par la ressemblance entre les deux hommes. Il avait un peu pâlit, mais fit mine de rien, surtout quel'équipe ignorait tout de sa petite particularité. John répondait déjà, parlant d'une ancienne petite amie qui pouvait manier l'eau et qui s'en servait pour des concours et amuser les enfants dans les foires. Elle mangea doucement pendant qu'il se lançait dans une anecdote très particulière, du jour où il avait bien faillit se noyer après une crise de nerfs de la copine en question, où elle avait inondé leur appartement. Cela avait d'ailleurs conduit à leur séparation. Isabelle rit avec les autres, l'imaginant nager au milieu de son propre appartement.

- Pour ma part, je n'en pense pas grand-chose, je côtoie très peu des personnes pourvues d'un don, dit-elle en buvant un peu d'eau. Mais je ne vois pas ça comme un drame ou une maladie, du moment que c'est n'est pas utilisé pour faire le mal. Un pouvoir est une arme au même titre qu'un fusil de précision.

Elle croisa brièvement le regard du colonel, qui avait un air impassible. La comparaison avec le fusil de précision n'était pas un hasard, car elle connaissait les pouvoirs dévastateurs mais non moins incroyable d'un don. Ils continuèrent de discuter, sur les avantages et les inconvénients d'avoir un don, et de choses et d'autres. A la fin du repas, et après un café, ils se levèrent ensemble, et Isabelle sentit comme un regard très lourd posé sur elle. Elle tourna la tête, croisant le regard de plusieurs professeurs, sans savoir d'où venait la tension.

- Vous avez un souci, lieu... Hum, Isabelle ?
- Non, tout va bien, merci. Quelle est la suite du programme ?
- Balade à cheval sur les sentiers des volcans. Le groupe part ce soir, à 18 heures.. Vous serez le bienvenu, monsieur l'infirmier, il reste des places de libre.

Elle allait répondre lorsqu'on lui tapota tout à coup l'épaule agressivement. n des professeurs s'était levé et venait de hurler en pleine salle qu'elle était un soldat, qu'il la reconnaissait, qu'elle était odieuse de se ramener jusqu'ici. Le silence se fit de façon assez spectaculaire, alors qu'elle soupirait légèrement. Décidément, il se trouvait toujours quelqu'un pour venir lui gâcher la vie. Le colonel s'était rapproché, souriant malgré la situation.

- Qu'une femme soit dans l'armée vous pose un problème ? demanda-t-il d'un ton très détaché. Pourtant, je vous assure que le lieutenant fait de l'excellent travail.

Pas sûr que ce soit exactement la bonne façon de calmer les choses, même si elle était contente qu'il dise cela d'elle. Qu'on remarque votre travail faisait toujours plaisir. Elle croisa les bras, alors que le prof levait les yeux au ciel, répondant d'une voix grinçante.

- Très drôle, vraiment. Je n'en doute pas, mais ce qui me dérange, voyez-vous, c'est que vous OSEZ venir parler comme si tout était normal alors que vous nous gâchez la vie depuis des mois !
- Un soldat doit obéir aux ordres, mon vieux. Contrairement à vous, si nous refusons d'obéir, nous passons en cour martiale. Tout le monde n'approuve pas ce qui se passe en ce moment, dans l'armée. Et ne crachez pas trop vite sur les soldats. Vous étiez heureux de nous voir vous défendre, lors de la Grande Guerre.

Cela, c'était bien vrai. Présenté comme ça... Le colonel, malgré son jeune âge, faisait bonne figure, dans ce cas de figure, bien campé devant leur "agresseur". Elle retint un sourire, se tenant coite. C'était à lui seul de parler, ici, pas à ses subordonnés. Ni elle, ni le reste de l'équipe. Les joies de la hiérarchie, ou lorsque vous devez parler au nom de plusieurs personnes.

- Les gens changent. Peut-être étions-nous heureux, mais vous vous servez d'enfants qui n'ont rien demandé, qui sont nés comme ça et qui veulent juste vivre. C'est facile, pour vous, de dire que vous exécutez simplement les ordres... Mais mettez-vous à leur place DEUX secondes. Et on en reparlera.
- Si seulement vous aviez fait preuve d'autant de verve dès le début... Pour ma part, je n'ai souvenir que d'une seule personne, venue défendre votre école à Paris. Une seule, dis-je bien. Avec ça, vous devriez adresser ces paroles au Gouvernement, trésor, l'armée n'est arrivée que plus tard.

Ses collègues ne purent retenir un bref éclat de rire, et elle-même sourit. Voilà qui était dit, même si elle aimerait qu'il cesse de trop provoquer les gens, histoire de lui éviter des ennuis. Enfin, on ne le changera pas, et c'était grâce à cette insolence, aussi, qu'il était monté si haut en grade. Grâce à cela qu'il avait su tenir et passer entre les mailles du filet. Elle le respectait beaucoup pour cela, pour cette volonté. Pauvre Adrien, en revanche, il devait être largué. Il y eut un moment de silence, où elle ressentit clairement le malaise. Ambiance de fous, d'un petit coup, tout le monde les regardait, les dévisageait, les détaillait. Elle croisa le regard de quelques gamins, puis revint sur le professeur qui s'était levé.

- Au moins, nous ne changeons pas de camp pour aller dans celui qui a les plus grandes chances de gagner. Nous avons toujours soutenu la directrice, nous ne pensions simplement pas que le "Gouvernement" agirait ainsi. Ou, au moins, nous pensions que l'armée ferait quelque chose.
- Vous ignorez tout du fonctionnement de l'armée, mon pauvre. Nous ne pouvons changer de camps, car nous y sommes entrés bien avant cette histoire. Si vous croyez que ça m'amuse, d'aller surveiller des gosses...
- Alors arrêtez ! Laissez-nous tranquilles, tout simplement ! Ou, au moins, affichez-le clairement lorsque vous venez dans un endroit tel que celui-ci plutôt que de vous faire passer pour des civils... Je suppose que vous vous êtes bien gardés de dire qui vous étiez, naturellement ?
- Je suis en permission, mais soit, si vous voulez de l'officiel...

Il recula de deux pas, puis claqua des talons avant d'effectuer un salut militaire impeccable, puis de déclarer d'une voix forte :

- Colonel Fabrice Gavin, monsieur, dit-il en baissant la main et en la portant à son cœur avec une légère inclinaison, parfaitement ironique. Mais vous voulez sans doute que je vous le redise en uniforme ?

Ne pas rire, ne pas rire, ne pas rire. Elle parvint à rester sérieuse, au prix d'un immense effort de volonté, mais en fut pas aidé par l'air du professeur qui était littéralement scotché sur place. Le colonel, lui était resté très sérieux, comme en pleine réunion militaire. Elle souffla discrètement pour se calmer, éviter d'éclater de rire, mais c'était dur.

- Je suppose que vos... - il fit une sorte de salut royal avec des gestes ridicules - ... pirouettes vous ont souvent aidées, par le passé ? Parler peu mais parler bien et en mettre plein la vue pour déstabiliser l'adversaire ? Moi aussi, je peux en faire, regardez.

Il se mit à danser en faisant des claquettes. Isabelle s'inquiétait vraiment pour sa santé militaire, maintenant, et elle n'était visiblement pas la seule. Le colonel le regardait lui aussi d'un air très blasé, puis passa une main dans ses cheveux avec un soupir, avant de sourire.

- Dois-je appeler une ambulance ? Vous commencez à m'inquiéter... La vie civile devient dangereuse, elle aussi.

Elle échangea un regard avec ses collègues, qui eux aussi se retenaient de rire. Seul John semblait vraiment prêt à sauter sur un téléphone pour appeler les secours, persuadé que l'autre était devenu fou. Qu'il ne se gêne, ça ne ferait aucun mal au professeur. Il regarda tout à coup Adrien, avec un air halluciné.

- Qu'en dis-tu ? Tu crois que je suis malade ?

Il lui attrapa la main pour qu'il la pose sur son front, puis se retourna vers son supérieur.

- Je me sens parfaitement bien, cher Colonel. Mais je vous accorde que la vie civile devient dangereuse, nous avons tendance à croiser certains indésirables au quotidien et cela nous donne des cheveux blancs, voire pire.
- Quelle tristesse, en effet, déjà que votre santé mentale n'était pas des plus belles... Vous devriez songer à la retraite, si cela vous fatigue tant de "soutenir" une cause sans rien faire de concret.

Bien dit. Elle ne rajouta toujours rien, mais de toute manière, le colonel se défendait très bien comme cela, il n'avait pas besoin de plus d'aide. Ses collègues suivaient la joute avec un intérêt grandissant, et amusé face au professeur qui perdait ses moyens. Qui éclata d'ailleurs d'un rire de dément, ce qui inquiéta John encore plus qu'il ne l'était déjà.

- Sans rien faire de concret ? Et comment voulez-vous que nous fassions quelque chose de concret alors que toute personne ayant le malheur d'agir se fait enlever ou tuer dans l'heure qui arrive ? Allez-y, dites-moi ? - Il s'agita encore plus en se tournant vers la salle, alors qu'elle haussait un sourcil. - Nous sommes tout ouïe !
- Pourquoi l'accès au village a été rouvert, selon vous ? Ou non, c'est une question trop compliquée pour vous, je vous demande pardon. Plus simple, combien de personnes il y a-t-il dans l'armée ? Nous allons commencer par le début.

Il le fixa, avec air ahuri. Pauvre homme, il perdait peu à peu ses capacités. Et si c'était irrémédiable par la suite ? Les hôpitaux psychiatriques allaient recevoir un patient de plus, dans très peu de temps. Elle eut un regard navré pour Adrien qui se retrouvait pris dans le feu, comme tous les élèves et professeurs par ailleurs. Si cet idiot ne l'avait pas ramené...

- Vous êtes beaucoup trop pour être comptés, comme des fourmis qu'il faut écraser tant elles sont nombreuses, c'est tout ce que je sais et tout ce qui m'intéresse. Quant à l'accès au village, sûrement pour nous appâter et nous faire baisser notre garde pour mieux nous écraser par après.
- L'accès au village a été rouvert car des militaires se sont battus pour ça. Justement parce que l'armée a autre chose à foutre que de surveiller des gamins. Est-ce plus clair ? Et pour info, nous sommes 296 493... Dont 60 000 civils, sachez-le.
- Très impressionnant, Monsieur est capable de sortir des chiffres. Il y a donc 296 493 cafards prêts à dire amen au Gouvernement et qui nous rouvre simplement l'accès au village parce qu'ils ont autre chose à faire... Partez pour de bon, ça nous fera des vacances !

Le colonel sourit tout à coup, et Isabelle eut un mauvais pressentiment, croyant qu'il allait perdre patience et brûler l'autre imbécile sur-place. Cela dû d'ailleurs se sentir car elle en vit plusieurs qui eurent un mouvement de recul. Mais il se contenta d'hocher la tête, comme pour approuver son interlocuteur.

- Il y a en effet 296 493 cafards prêts à vendre leur âme au Gouvernement dans l'unique but de servir la France et ses habitants. Mais je ne vois pas comment expliquer clairement ça à un civil. Chacun entre dans l'armée pour une bonne raison.

Le prof lui jeta un air dédaigneux, qui eut le don d'agacer le lieutenant. Elle-même avait très envie de le frapper d'un coup de crosse, tout en sachant qu'elle ne pouvait pas. Et pourtant, un coup ne lui ferait pas de mal. Mais lorsqu'il se mit à rire bêtement, elle eut un sifflement agacé.

- Une bonne raison, vraiment ? Parce que vous en avez une autre que celle de "servir la France" ? Je veux dire, une vraie raison se cache-t-elle derrière ces grands mots qui ne veulent rien dire ?
- Bien sûr. L'envie d'indépendance, pour commencer. Et bien d'autres. Vous ignorez qui entre dans l'armée et pourquoi. Je ne serais pas devenu colonel à mon âge si je me laissais emporter si aisément que vous.

Hum, ça, c'était bien vrai... Il ne serait même pas devenu capitaine avec un tel comportement. Il savait bien mieux se maîtriser que l'autre, c'était certain.

- Justement, voir des gamins comme vous avec ce grade n'est pas rassurant, loin de là... Pour être honnête, j'ai du mal à comprendre comment vos supérieurs ont pu vous confier un tel poste.
- Je ne le vous fais pas dire, c'est bien perturbant, n'est-ce pas ? répliqua le colonel d'un ton parfaitement insolent. Mais à quoi pensent mes supérieurs ? Comment peut-on laisser un "gamin comme moi" porter l'uniforme ? Vous avez une idée ?

Elle fit signe à John de ne rien dire, de ne pas intervenir. Pas maintenant du moins, cela ne servait à rien de s'en mêler. C'était un règlement de compte, à la base, mais qui tournait à l'affaire personnelle. Elle se redressa en retenant un soupir, blasée de ce genre d'accroche. L'idiot s'appuya sur le dossier d'une chaise avec un air condescendant.

- Je l'ignore, moi ! Pots de vin, pistons, examinateurs qui a besoin de lunettes, un accident qui vous a fait monter en grade, une mission qui vous a permis de passer comme un héros... Je peux continuer pendant des heures, si vous voulez, aucun problème.
- Les civils ont décidément des idées bizarres, dit le colonel en observant une de ses mains, avant de relever la tête. Si mon âge vous perturbe trop, je vous conseille d'en référer directement à mes supérieurs. Je peux même vous donner leurs noms pour gagner du temps.
- C'est ça, quand je vois la tête de certains de vos supérieurs qui n'hésitent pas à frapper leurs enfants... Vous avez raison, finalement, il n'y a pas que votre âge qui me perturbe. L'armée entière me semble un tantinet dérangée.

Elle pinça les lèvres, sachant de qui il parlait. On trouvait des hommes violents partout, pas seulement dans l'armée, mais c'était un fait, ce type là était... Elle l'insulta mentalement, bien droite.

- Vous ne m'entendrez pas dire à haute voix du mal de mes supérieurs, cher monsieur, je ne tiens pas à passer en cours martiale. Maintenant, si vous tenez à le savoir, je suis à ce grade en effet pour des missions victorieuses, entre autres. On m'appelle le colonel de feu.

Huum, oui, qu'il veille à ne pas trop en dire non plus ! Elle lui coula un regard aigu, discrètement, auquel il ne prit pas garde. Elle se prépara au pire, même si elle se doutait qu'il n'était pas assez bête pour se vendre d'une telle façon. S'il avait pu cacher et développer son don jusqu'à maintenant, ce n'était pas pour rien.

- Missions victorieuses ? Vous avez l'habitude de tirer les gens de maisons incendiées à votre âge ? Ou peut-être est-ce le contraire, vous provoquez les incendies et vous vous arrangez pour vous faire passer pour un héros.
- Tirer des gens du feu ? Je suis un soldat, pas un pompier. Et l'odeur de la chair grillée ne doit pas être très agréable non plus, n'est-ce pas ?
- Alors, pourquoi vous appelle-t-on comme ça ?
- J'adore jouer avec des allumettes, siffla le colonel d'un ton très hypocrite avec un ricanement. N'est-ce pas lieutenant ?

Elle hocha la tête, presque distraitement, recevant le clin d'œil qu'il lui lançait. Le professeur prit brutalement un air très choqué, la bouche grande ouverte, comme incapable de parler. Cela dura un moment, tout de même, assez longtemps pour que John recommence à s'inquiéter, et à jeter des regards vers le téléphone plus loin.

- Vous êtes contre nous alors que vous êtes comme nous ? Mais vous êtes...

Il se tint la gorge, alors que l'équipe oscillait entre être blasé ou désespéré. Puis se mit à hurler comme un véritable possédé.

- Vous êtes odieux ! Comment faites-vous pour ne pas aider les élèves alors qu'ils sont à côté de vous ?!
- Je ne vois vraiment pas de quoi vous parlez, soupira le colonel en lui jetant un regard dédaigneux. Je suis comme qui ? Vous-même ? J'espère que non, ou plus personne ne pourrait me suivre en guerre.
- N'essayez pas de vous défiler, vous m'avez très bien compris. Vous êtes un être répugnant...
- Que pensez-vous que je sois ? Un petit professeur ignare trop sur les nerfs ?
- Vous êtes comme nos élèves. Vous avez un don. Mais vous avez trop peur de l'armée, vous préférez tout nier en bloc pour garder votre place.

La tension était pire que palpable. Le colonel devait fulminer intérieurement, elle le sentait. Il ne craquera sûrement pas, mais il allait se passer bien des heures avant qu'il en retrouve son humeur habituelle.

- Réfléchissez, mon pauvre ami... Serais-je entré dans l'armée si j'en avais peur ? Ce serait le dernier endroit où un homme irait avec ce genre de secret.
- Je... fit-il avec air de doute.
- Vous ? Vous perdez vos idées ? Ou vous aviez encore autre chose à me reprocher, ou à nous reprocher ? Cela m'embête de gaspiller ma permission à discuter avec un imbécile.

Il ne répondit rien, mais se tourna de nouveau vers l'infirmier. Échec et mat.

- Bon, heu... Tu viens ou tu restes avec eux ?

Elle sourit franchement, cette fois, alors que le colonel revenait vers son équipe.

- Ça tient toujours pour ce soir, lança le colonel en guise de conclusion, pour l'infirmier. Après tout, je suis en permission, donc en civil. Et vous n'avez pas l'air d'avoir peur de voir des gens "comme moi".

Se retournant sèchement, il fit de nouveau le salut militaire pour le prof idiot, avec un très large sourire. Elle secoua la tête, retenant un sourire. Bien entendu, il ne pouvait pas s'en empêcher. John eut un rire nerveux, puis soupira, avec un sourire. Belle prestation, au moins, ils auront été bien divertis.
Adrien de Sora
Adrien de Sora
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Un bain chaud adoucit les mœurs Empty Re: Un bain chaud adoucit les mœurs

le Mar 11 Nov - 15:37
Visiblement, tout le monde n'avait pas que des horreurs à raconter sur les dons, en ce bas monde, car John parla avec beaucoup d'humour de son ex et de ses crises de nerfs légendaires.Adrien l'écouta, amusé, et un peu soulagé de voir q'il n'était as le seul à ne pas avoir de chances avec les femmes. Ici, la malheureuse fille en question semblait être une adepte des tsunamis, et il imaginait sans peine la scène, ce fameux jour où il s'étaient disputés. Isabelle prit la parole à son tour, pour donner un avis nettement plus posé et réfléchi. Elle lui semblait très calme et mature, comme une grande sœur qui veillerait sur le groupe. On rencontrait peu de femmes comme elle. En fait, il n'en connaissait qu'une, la directrice, qui avait ce genre de tempérament. Adrien n'était ni "pour" ni "contre", mais il était en revanche plus rassuré de savoir sa femme en sécurité chez elle, sauf si elle savait se battre, comme c'était le cas pour la directrice, et sans doute pour Isabelle. En général, les femmes de cette époque qui avaient un peu de répondant se reconnaissaient facilement.

Ils prirent un café après le repas, tout en continuant de bavarder. C'était le premier repas qu'Adrien passait en-dehors de sa chambre, à faire autre chose que boire et pleurer, et il eut parfois des moments d'absence, dès qu'il entendait la voix de Sarah s'élever de la table de ses collègues. Il fit tout pour se détacher, se concentrer sur le moment présent, ne pas imaginer ce qu'il pourrait être en train de vivre en ce moment-même, si tout s'était bien passé. Il avait presque peur que Sarah vienne lui parler, car il ne voulait entendre aucun mensonge, ne voulait pas d'une crise de larmes. Ils se levèrent ensemble, et il ne put s'empêcher de jeter un œil vers ses collègues. Isabelle demanda tout à coup la suite du programme, après avoir elle-même regardé les professeurs. Un souci ?

Fabrice - Balade à cheval sur les sentiers des volcans. Le groupe part ce soir, à 18 heures.. Vous serez le bienvenu, monsieur l'infirmier, il reste des places de libre.

Il allait répondre lorsqu'un de ses collègues, Vincent, bondit tout à coup de la table pour interpeller Isabelle, criant qu'elle était un militaire, qu'elle n'avait rien à foutre là... bouche bée, Adrien les fixa alternativement, tous les deux. Une militaire ? Il venait de déjeuner avec un groupe de soldat ? Un poids de culpabilité lui tomba tout à coup dans l'estomac et il recula légèrement. Mais, contrairement à ce qu'il croyait, ce fut Fabrice qui s'avança, sans laissant le temps à qui que ce soit de répondre à sa place.

Fabrice - Qu'une femme soit dans l'armée vous pose un problème ? demanda-t-il d'un ton très détaché. Pourtant, je vous assure que le lieutenant fait de l'excellent travail.

Vincent - Très drôle, vraiment. Je n'en doute pas, mais ce qui me dérange, voyez-vous, c'est que vous OSEZ venir parler comme si tout était normal alors que vous nous gâchez la vie depuis des mois !

Fabrice - Un soldat doit obéir aux ordres, mon vieux. Contrairement à vous, si nous refusons d'obéir, nous passons en cour martiale. Tout le monde n'approuve pas ce qui se passe en ce moment, dans l'armée. Et ne crachez pas trop vite sur les soldats. Vous étiez heureux de nous voir vous défendre, lors de la Grande Guerre.

Il passait de l'un à l'autre, fronçant légèrement les sourcils, et un peu tremblant. Il ne savait plus quoi faire, d'un seul coup. Oui, il était vrai que les militaires leur pourrissaient la vie depuis des mois, qu'ils faisaient tout pour les stopper, les freiner, les emmerder le plus possible, mais les arguments du jeune homme étaient tout aussi percutants, cette fois-ci. Personne ne pensait à ce petit détail de l'histoire, qu'un soldat doit suivre les ordres avant tout, qu'un militaire, un gendarme, n'a pas son mot à dire, ni le droit de faire grève ou de protester.

Vincent - Les gens changent. Peut-être étions-nous heureux, mais vous vous servez d'enfants qui n'ont rien demandé, qui sont nés comme ça et qui veulent juste vivre. C'est facile, pour vous, de dire que vous exécutez simplement les ordres... Mais mettez-vous à leur place DEUX secondes. Et on en reparlera.

Fabrice - Si seulement vous aviez fait preuve d'autant de verve dès le début... Pour ma part, je n'ai souvenir que d'une seule personne, venue défendre votre école à Paris. Une seule, dis-je bien. Avec ça, vous devriez adresser ces paroles au Gouvernement, trésor, l'armée n'est arrivée que plus tard.

"Trésor"... Adrien sourit malgré lui, mettant une main devant sa bouche. Il ne savait plus quel parti prendre, quoi dire ou faire, et se contenta donc de rester dans son coin sans bouger, sans intervenir dans cette joute verbale, en priant pour que personne ne fasse attention à lui. Il eut un coup d'œil vers les élèves et vers ses collègues, constatant que tous suivaient la scène avec beaucoup d'attention. Le malaise était profond, et surtout évident. Ce en devait être simple pour personne, et pourtant, tout le monde attendait depuis bien longtemps l'heure des règlements de compte, une bonne fois pour toute, surtout en public ! Et là, on avait un colonel, rien que ça, disposé à répondre aux attaques, et qui ne se laissait pas faire, quoi de mieux pour satisfaire une certaine curiosité malsaine ? Avec ça, le colonel était jeune, ce qui accentuait encore le côté pièce de théâtre. Personne n'aurait pensé voir un homme de son âge à ce grade.

Vincent - Au moins, nous ne changeons pas de camp pour aller dans celui qui a les plus grandes chances de gagner. Nous avons toujours soutenu la directrice, nous ne pensions simplement pas que le "Gouvernement" agirait ainsi. Ou, au moins, nous pensions que l'armée ferait quelque chose.

Fabrice - Vous ignorez tout du fonctionnement de l'armée, mon pauvre. Nous ne pouvons changer de camps, car nous y sommes entrés bien avant cette histoire. Si vous croyez que ça m'amuse, d'aller surveiller des gosses...

Vincent - Alors arrêtez ! Laissez-nous tranquilles, tout simplement ! Ou, au moins, affichez-le clairement lorsque vous venez dans un endroit tel que celui-ci plutôt que de vous faire passer pour des civils... Je suppose que vous vous êtes bien gardés de dire qui vous étiez, naturellement ?

Là, il n'avait pas tord. Adrien ignorait tout de la nature de leur travail avant cela, et ne l'aurait sans doute jamais su sans cette altercation. Il tourna un regard accusateur vers Fabrice, qui lui, pourtant, resta parfaitement à l'aise. Adrien crut même voir briller une lueur de malice et d'ironie dans son regard. C'était tout l'effet que ça lui faisait, d'être insulté de menteur ou de manipulateur en public ?

Fabrice - Je suis en permission, mais soit, si vous voulez de l'officiel...

Il recula, puis fit un salut militaire réglé au millimètre près, de façon martiale et très autoritaire, alors qu'Adrien ouvrait très grand la bouche, stupéfait, comme la moitié de l'école.

Fabrice - Colonel Fabrice Gavin, monsieur, dit-il en baissant la main et en la portant à son cœur avec une légère inclinaison, parfaitement ironique. Mais vous voulez sans doute que je vous le redise en uniforme ?

L'infirmier était bien trop cloué pour rire, même s'il sentait que les autres militaires, derrière lui, avaient les plus grandes difficultés au monde pour ne pas céder. Et le fait que le colonel ait un air tout à fait sérieux ne l'aidait en rien à se reprendre. Le choc et le rire se disputaient, en lui, sans qu'il cède d'un côté ou de l'autre. Le professeur fut le premier  se reprendre, mais... Comment dire... Adrien fut tout à coup très inquiet pour sa santé mentale. Il se mit à danser sur place en faisant des claquettes, sous l'air ahuri de la salle. Mais qu'est-ce qu'il foutait ... ? Il ne put qu'approuver Fabrice, lorsqu'il demanda s'il fallait appeler une ambulance. Et eut un mouvement de recul lorsque l'enseignant se tourna vers lui. Halte-là, il n'avait rien dit, lui !

Vincent - Qu'en dis-tu ? Tu crois que je suis malade ?

Il lui attrapa la main pour qu'il la pose sur son front. Adrien aurait été presque soulagé de sentir de la fièvre, à vrai dire, car là... Il recula d'un pas alors que la dispute repartait de plus belle, se demandant s'il ne vaudrait pas mieux fuir dès maintenant. Où était le calme de sa chambre, sa bouteille cachée sous son matelas, son vieux livre qu'il emmenait toujours en voyage ? Enfin, où était le calme ? Même en voyage, il fallait toujours que quelque chose leur tombe dessus ! Il soupira légèrement, regardant le colonel et le prof comme il regarderait un match de tennis. Il avait peur que tout ne se termine très mal, somme toute, et se préparait à intervenir en cas de dérapage.

Vincent - Une bonne raison, vraiment ? Parce que vous en avez une autre que celle de "servir la France" ? Je veux dire, une vraie raison se cache-t-elle derrière ces grands mots qui ne veulent rien dire ?

Fabrice - Bien sûr. L'envie d'indépendance, pour commencer. Et bien d'autres. Vous ignorez qui entre dans l'armée et pourquoi. Je ne serais pas devenu colonel à mon âge si je me laissais emporter si aisément que vous.

On pouvait effectivement se demander ce qui poussait vraiment une personne à intégrer l'armée... Quelles raisons, derrière la phrase habituelle "je veux servir mon pays" ? A quoi bon se contraindre à la discipline militaire, et à suivre toute sa vie les ordres de ses supérieurs, à quoi bon se mettre soi-même à la botte du gouvernement, à engager toute sa vie dans une armée ? Et surtout, autre point sensible, comment avait-il pu être à ce grade alors qu'il devait avoir le même âge que lui ... ? Il était jeune, enfin ! Peut-être même plus jeune que ce qu'il pensait. Un colonel, ce n'était pas censé être un vieux schnock radoteur qui passait son temps à crier sur ses subordonnés ?

Vincent - Justement, voir des gamins comme vous avec ce grade n'est pas rassurant, loin de là... Pour être honnête, j'ai du mal à comprendre comment vos supérieurs ont pu vous confier un tel poste.

Fabrice - Je ne le vous fais pas dire, c'est bien perturbant, n'est-ce pas ? répliqua le colonel d'un ton parfaitement insolent. Mais à quoi pensent mes supérieurs ? Comment peut-on laisser un "gamin comme moi" porter l'uniforme ? Vous avez une idée ?

Adrien frotta sa nuque dans un geste machinal, tout en les regardant se disputer. Il admirait le sang-froid du jeune homme... Pendant que le prof s'énervait et s'excitait, il restait parfaitement calme et posé. Adrien, lui, aurait déjà craqué depuis un bon moment, comme la grosse majorité de la population, par ailleurs. Et personne n'osait intervenir, que ce soit d'un côté ou de l'autre. Par peur, respect, ou amusement ? Il ne saurait le dire, mais lui-même éprouvait un mélange de respect et d'amusement.

Fabrice - Vous ne m'entendrez pas dire à haute voix du mal de mes supérieurs, cher monsieur, je ne tiens pas à passer en cours martiale. Maintenant, si vous tenez à le savoir, je suis à ce grade en effet pour des missions victorieuses, entre autres. On m'appelle le colonel de feu.

Le léger sourire d'Adrien se fana, comme de la neige qui fond au soleil. Il n'était pas... Mais non, c'était impossible. C'était un militaire, enfin. Les militaires qui étaient contre les dons, alors impossible que l'un d'eux en soit pourvu.... Ce n'était pas possible, n'est-ce pas ? Il l'observa bien plus attentivement, d'un seul coup, sans plus écouter les grognements du professeur qui en rajoutait une couche. Il chercha des cicatrices, ou des traces de l'entraînement qu'il pourrait suivre. Sans en trouver. Soit il les cachait bien, soit l'infirmier hallucinait. Ce qu'il pensait n'était pas crédible.

Vincent - Alors, pourquoi vous appelle-t-on comme ça ?

Fabrice - J'adore jouer avec des allumettes. N'est-ce pas lieutenant ?

Il intercepta le clin d'œil qu'il lui lança, alors qu'Adrien blêmissait de plus en plus. Il était comme... Sous le coup de la surprise, il ne réussit même pas à faire autre chose qu'à rester là, la bouche ouverte, les bras ballants, incapable de bouger le moindre orteil. Mais qu'est-ce qu'il foutait dans l'armée ?! Et comment s'était-il débrouillé, jusqu'ici, pour que personne ne sache rien de lui ? Comment faisait-il pour s'entraîner ? Des dizaines d'autres questions tournaient en boucle dans son esprit, il avait l'impression d'étouffer. Il y avait des centaines de personnes pourvues d'un don, dans ce pays, et pourtant, il était choqué comme jamais de voir un homme, un seul, posséder un don, car il était en uniforme.

Vincent - Vous êtes comme nos élèves. Vous avez un don. Mais vous avez trop peur de l'armée, vous préférez tout nier en bloc pour garder votre place.

Adrien était partagé, regardant l'un et l'autre. Ça ne collait pas... Oui, il fallait être odieux pour approuver les actes de l'armée quand on avait soi-même un pouvoir. Mais pourquoi y restait-il, dans ce cas ? Ou plutôt, pourquoi y était-il entré tout court ? C'était stupide ! On n'allait pas sciemment dans le pire endroit pour se cacher quand on possédait ce genre de pouvoir. Il recula d'un pas, assez effrayé à présent.

Fabrice - Réfléchissez, mon pauvre ami... Serais-je entré dans l'armée si j'en avais peur ? Ce serait le dernier endroit où un homme irait avec ce genre de secret.

Qui était ce type, au juste ? Rien ne collait, chez lui. Son âge, son grade, et maintenant ça... Adrien n'eut qu'un regard vague quand on lui demanda ce qu'il faisait maintenant, regardant comme un automate le colonel les saluer puis quitter la salle. Tout le monde le fixa alors qu'il passait les portes, dans un silence de mort. Silence qui resta encore un moment ensuite, lourd, écrasant, presque abrutissant. Et Adrien réalisa alors qu'il n'avait rien dit, rien avoué. Aucun d'entre eux ne pouvait être certain qu'il pouvait manier le feu, et encore moins le prouver. Il avala difficilement sa salive, alors que les autres militaires partaient à leur tour, rejoindre leur chef.

- On ne peut rien prouver, au final, sur lui, marmonna-t-il à Vincent. Mais tu t'es juste rendu complètement ridicule...

Il quitta la salle à son tour; blasé et désespéré.

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