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La coopération avant tout, n'est-ce pas ? Empty La coopération avant tout, n'est-ce pas ?

le Mar 4 Nov - 13:50
- Ce ne sont pas des excuses, que je veux, murmura Victor alors qu'il était penché de tous son long sur le cadavre, caressant les blessures, recousues à la va-vite, du bout des doigts, le palpant, doucement, presque amoureusement. Je veux savoir pourquoi je n'ai pas plus de données que cela.

Soldat - Nous avons manqué de médecins acquis à notre cause. La plupart des expériences ont été interrompues à cause de cela. Et mener les premières recherches a souvent été difficile et perturbé, à cause de la directrice, un ou deux profs, et des élèves qui sèment la pagaille.

- Je vois...

Il pencha la tête, planant presque au-dessus du corps, qu'il continuait d'examiner, dans des mouvements qui seraient apparus très gracieux dans un tout autre contexte. Mais ici, dans la morgue froide, vide et impersonnelle, la beauté de ses gestes contrastait trop violemment avec le contexte, avec le corps rigide dont on devinait que la mort avait dû être particulièrement longue et affreuse. Il avait le nez à trois centimètres au-dessus de la peau, tirant dessus, soufflant, grattant, l'examinant avec un soin tout particulier, qui finit par mettre le soldat mal à l'aise. lui ne comprenait ce que le docteur trouvait de si intéressant à ce cadavre, pourquoi il était dessus depuis approximativement une heure, ce qu'il pouvait bien en tirer. C'était le corps d'un homme, en pleine force de l'âge, tué pour il ne savait quelle raison. Il l'avait simplement étendu sur la table de la morgue sur la demande du médecin, sans comprendre pourquoi celui-là, et pour en faire quoi. il resta silencieux, son dossier serré contre lui, tout ne fixant obstinément un mur vide, pour ne plus voir l'homme en blouse blanche et le cadavre qu'il examinait. Cette base militaire était devenue très glauque, ces temps derniers.

- Qui a déjà été sujet d'expérience ? demanda Victor en prenant un petit scalpel, avec lequel il entreprit d'inciser la peau gelée.

Soldat - Dans les adultes, il y a eu la directrice de l'école, ainsi qu'un professeur de sport, un jeune, et des débuts d'expérience, non aboutis, avaient été menées sur un Japonais, qui vient d'arriver à l'école. Chez les gamins, il y a avait deux principaux sujets. Le fils du général, et un gosse Russe qu'on avait pris pour un espion, à un moment.

- Bien, préparez-moi leurs dossiers. Il est temps de reprendre sérieusement le travail. Je vais chercher mes produits et ma valise.

Soldat - Vous partez ?!

- Bien sûr. Je suis mes sujets moi-même. Et il paraît qu'une équipe est déjà sur place, si j'ai besoin d'assistance.

Soldat - C'est exact, mais sils sont en permi...

- Peu m'importe, l'interrompit Victor d'un ton las. Contentez-vous de faire ce que je vous demande.

Il termina son inspection, nota tout sur le carnet dont il ne se séparait jamais, même pour dormir, puis sortit de la morgue. il était temps de passer aux choses sérieuses, en effet, maintenant qu'il se trouvait dans la place, il allait reprendre ce qui avait été laissé en plan et faire bouger tout cela. il allait retrouver les cobayes définis, et suivre leur évolution. Il comptait bien le faire lui-même, car laisser un autre se charger du travail serait un risque de manquer une information essentielle. Même le plus infime des détails peut modifier toute une théorie scientifique, un détail auquel personne n'aurait pu songer. Il prépara avec soin ses bagages, ce qu'il devait emporter avec lui afin de travailler, rangeant avec soin chacune de ses affaires. Le train lui paraissant trop long, il réquisitionna un véhicule et un chauffeur pour se faire emmener à la station. Durant le trajet, il relut ses notes, pensif, travaillant en silence.

Il manquait certaines données encore cruciales, à ses yeux. La base était là, mais il fallait agir, développer, se mettre en tête que tout était à refaire pour mieux avancer. Il se fit passer pour un client, afin d'entrer en toute tranquillité. De quoi aurait-il pu s'inquiéter, de toute manière ? Il avait toute la force de frappe du Gouvernement derrière lui. Gardant une tenue plus décontracté, il s'installa dans un des salons de détente proposée par la station, observant ceux qui s'y trouvaient. Repérer deux ou trois gamins ne fut pas trop difficile, ils étaient bruyants, agités, et indisciplinés. Il se passa deux heures avant qu'il ne voit passer un homme dont il allait avoir besoin. Se levant, il alla à sa rencontre, l'arrêtant un peu sèchement dans sa marche.

- Colonel, dit-il d'un ton à la fois morne et blasé en lui présentant sa carte. Je suis le docteur Victor Rochard. Vous avez déjà dû entendre parler de moi par vos supérieurs ?

Sans attendre de réponse à cette question qui n'en était pas vraiment une, il lui indiqua deux fauteuils près d'une grande fenêtre, l'invitant à s'asseoir avec lui. Il sortit un petit flacon de la poche intérieur de sa veste, le faisant tourner entre ses doigts, ses yeux fixés sur le colonel.

- L'armée a assez perdu de temps, souffla-t-il avec un sourire. Je n'aurai jamais lâché mes cobayes si aisément, simplement à cause d'un manque flagrant d'organisation. Vous voyez ceci ? c'est un petit traitement à base de plantes, que j'ai conçu il y a quelques jours de cela. Il se verse dans la nourriture, et s'avale sans problème, si ce n'est un goût un peu étrange lors des premières bouchées.

Il mit le flacon entre les mains du colonel, toujours détendu et parfaitement à l'aise. Il ne dit pas un mot de plus concernant les effets du produit, désirés ou indésirables, le militaire n'avait pas besoin de savoir ça. Il devait se contenter de la fermer et d'obéir, comme le brave toutou du gouvernement qu'il était, et qu'il avait accepté de devenir en endossant son uniforme.

- Quelques gouttes dans une assiette suffisent, indiqua-t-il en pointant le flacon du doigt. Vous pourrez vous en resservir plusieurs fois. Et voici la personne sur qui vous devez donner discrètement la première dose.

Il fit glisser une petite fiche vers lui, puis se redressa dans son fauteuil, souriant.

- Il serait bon aussi que vous puissiez neutraliser cette même personne en cas de besoin.
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La coopération avant tout, n'est-ce pas ? Empty Re: La coopération avant tout, n'est-ce pas ?

le Sam 8 Nov - 14:00
Le soleil filtrait à travers les rideaux, l'aube pointait doucement le bout de son nez. Fabrice gardait les yeux à demi-ouvert, fixés vers la fenêtre et le pâle rayon jaune qui s’infiltrait à l'intérieur de la petite chambre. C'était le quatrième ou cinquième jour qu'il passait ici, il ne savait plus. Ou peut-être le troisième ? Blotti dans son lit, il ne bougeait pas d'un pouce, attendant que le jour se lève. La nuit avait été particulièrement mauvaise. Son altercation avec l'autre imbécile de prof avait ravivé quelques souvenirs, et porté un bon coup au moral, même s'il faisait tout pour le cacher en public, et qu'il en l'avait avoué à personne. Il n'avait pas vraiment tord, ce crétin... Fabrice était effectivement inutile, face aux élèves du pensionnat. Ils étaient comme lui, et il ne pouvait quasiment rien faire pour les aider. Tout ça parce qu'il était le petit chien du gouvernement.

Un léger rire nerveux le secoua un instant. Il ne cessait de repenser à cet échange houleux, à ce qui s'était dit, et devant tout le monde. Pourquoi avoir endossé cet uniforme... Pourquoi être entré au service d'une armée qui méprisait les gens "comme lui", en effet ? Tous... Ils ignoraient tous pourquoi. Il chercha à tâtons sa bouteille qui avait roulé au sol durant la nuit, quand il s'était finalement écroulé de fatigue, puis porta le goulot à ses lèvres. Il but lentement, puis reposa la bouteille par terre, se redressant dans son lit. Il avait l'impression de n'être qu'une affreuse loque, incapable de faire quoi que ce soit de bien. Il prit une longue inspiration, pour faire cesser ses tremblements, une main à son cœur. Dans ces moments-là, il en revenait toujours à se demander pourquoi son équipe le suivait tout de même. Pourquoi, et comment on pouvait lui faire confiance. Pourquoi l'armée le gardait. Certains de ses chefs n'ignoraient rien de son addiction à l'alcool, et on l'avait plusieurs fois menacé de l'envoyer en cure de désintoxication, pour il ne savait combien de temps.

"Justement, voir des gamins comme vous avec ce grade n'est pas rassurant, loin de là... Pour être honnête, j'ai du mal à comprendre comment vos supérieurs ont pu vous confier un tel poste."

Il renifla, repoussant ses couvertures. La vraie raison était sans doute que ses supérieurs le croyaient assez cruel et ambitieux pour endosser certaines responsabilités et tuer sans sourciller quand on lui en donnait l'ordre. Se levant, il entreprit de s'habiller, respirant profondément pour bien es réveiller et chasser ses cauchemars. Sa vie aurait été si différente, sans son don. Il ne serait même jamais entré dans l'armée. Il aurait eu la vie de monsieur tout le monde, avec une femme, des enfants, un travail de bureau sans histoires. Au lieu de ça, il était colonel, à 34 ans, et participait à des exactions qu'il n'aurait jamais cru commettre, surtout dans son propre pays. Enfilant ses chaussures et une chemise brune, il sortit de sa chambre, et passa la matinée réfugiée dans quelques sources, pour ne croiser personne, le temps de se remettre sur pied. Après le déjeuner, il passa dans les petits salons, déjà fatigué, alors qu'il n'avait rien fait de particulièrement stressant.

Il se rendait vers un coin ensoleillé et paisible quand un homme se dressa tout à coup sur sa route, si brusquement que Fabrice faillit lui rentrer dedans. Il allait le renvoyer balader, mais s'arrêta en voyant son visage, un visage déjà familier bien qu'il ne l'ait vu qu'en photo, à une ou deux reprises. Et on n'oubliait pas une tête de ce genre, tellement il semblait vicieux et cruel. Plus petit que lui, certes, mais pas moins dérangeant. Le colonel recula d'un pas par instinct, dégoûté. Il détestait ce genre de personne, qui faisait passer la "science" avant tout le reste, avant toute déontologie humaine ou morale.

- Colonel, dit-il d'un ton à la fois morne et blasé en lui présentant sa carte. Je suis le docteur Victor Rochard. Vous avez déjà dû entendre parler de moi par vos supérieurs ?

En effet... L'armée était censée soutenir et protéger ce type, quoi qu'il arrive. Fabrice s'assit en face de lui, se demandant ce qu'il pouvait bien lui vouloir. Il sortit un flacon rempli d'un liquide rouge de sa poche, jouant avec en le faisant tourner entre ses doigts. Et donc ? Que voulait-il faire de ça ? Fabrice avait de plus en plus l'impression que sa permission allait finir en catastrophe ou en opération d'espionnage.

- L'armée a assez perdu de temps, souffla-t-il avec un sourire. Je n'aurai jamais lâché mes cobayes si aisément, simplement à cause d'un manque flagrant d'organisation. Vous voyez ceci ? c'est un petit traitement à base de plantes, que j'ai conçu il y a quelques jours de cela. Il se verse dans la nourriture, et s'avale sans problème, si ce n'est un goût un peu étrange lors des premières bouchées.

Fabrice fronça les sourcils en recevant le petit flacon. Perdu temps ? Et les personnes enlevées dans toute la France, les gamins martyrisés, la directrice de l'école enlevée, tout ça, c'était pour rien ? Il se contint, cependant, ne laissant pas transparaître son agacement, et revint au sujet qui les occupait, posant le regard sur la fiole. Si ce n'était pas du poison, à quoi cela servait-il ? Il se méfiait comme de la peste des "traitements" mis au point par l'armée, surtout ceux venant d'un type pareil. Et qu'il lui donne cette potion du diable signifiait que.... Il se raidit, le regard plus dur. A qui devra-t-il donner ce truc ? Et qu'est-ce que cela allait produire ?

- Quelques gouttes dans une assiette suffisent, indiqua-t-il en pointant le flacon du doigt. Vous pourrez vous en resservir plusieurs fois. Et voici la personne sur qui vous devez donner discrètement la première dose.

Fabrice jeta un coup d'œil à la fiche qu'il venait de recevoir et pâlit légèrement, en voyant le nom. Pas ça... Il releva la tête vers le médecin, ayant envie de le tuer tout de suite, mais il ne fit rien, se contentant de rester là, assis bien droit, la main crispée sur le flacon. Adrien. Adrien de Sora. Sa photo figurait en haut à droite de la petite fiche, une photo où il semblait bien plus jeune et heureux qu'aujourd'hui. Une photo où il posait, souriant à l'objectif, vêtu d'une blouse blanche. Le flacon sembla tout à coup plus lourd dans sa main. Il ne pouvait pas faire ça. Mais il le devait. Pour quels effets ? Ce ne sera pas mortel, mais l'infirmier n'avait vraiment pas besoin qu'on vienne lui infliger des soucis supplémentaires. Il songea à jeter le flacon, mais se ravisa au dernier moment.  Il n'avait pas le choix. Il était militaire, et devait obéir. Il ne pouvait es permettre de mourir ou d'être pris avant d'avoir atteint son objectif le plus secret.

- Il serait bon aussi que vous puissiez neutraliser cette même personne en cas de besoin.

La neutraliser ? Il ne faudra pas grand-chose, au vu de l'état dans le quel se trouvait l'infirmier actuellement. Fabrice rangea la fiole dans une de ses poches, avec soin, et une lenteur délibérée. Il savait qu'il devait faire son devoir. Agir maintenant et refuser d'obéir serait juste un coup à se faire enfermer lui-même et remplacé par un autre pion qui exécutera les ordres sans broncher. Ce n'était pas le bon moment pour agir... Parfaitement impassible, il hocha donc la tête, signifiant au docteur qu'il avait très bien compris. Il prit aussi la fiche pour la glisser dans la poche intérieure de sa veste.

- C'est entendu, je le ferais dès ce soir, durant le repas, vous pouvez compter sur moi, déclara-t-il d'une voix naturelle et posée. Mais neutraliser ce monsieur ne posera pas de très grandes difficultés, il est déjà affaibli actuellement.

Toute sa vie était un double-jeu, mais ils avait comment procéder. Peu importe qu'on le voit comme un homme cruel et avide de sang, aimant brûler vives ses victimes, par simple plaisir de voir souffrir. Peu importe qu'on le haïsse. Il savait ce qu'il avait à faire.

- Et ne pensez pas que l'armée a traînée, nous avons simplement manqué de médecins, ces derniers temps. Il y aura-t-il d'autres personnes à qui je devrais administrer ce traitement ? Toutes ne seront pas aussi simples à avoir... Et je dois prévoir certaines choses si vous visez des cibles plus coriaces.

Il lui jeta un coup d'œil interrogateur, attendant un peu plus d'information, ou pour le moins de clarté.

- Et quels sont les effets que je devrais surveiller sur les personnes concernées ?
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La coopération avant tout, n'est-ce pas ? Empty Re: La coopération avant tout, n'est-ce pas ?

le Ven 5 Déc - 12:07
Le colonel rangea la fiole dans une de ses poches,a lors que le docteur se renversait sur sa chaise, se détendant. Bien, au moins, il ne infligeait pas des commentaires inutiles sur ce médicament. Beaucoup de militaires avaient des freins et des préjugés idiots, refusant d'administrer les doses qu'il prescrivait sans savoir exactement ce que cela allait engendrer. Comme s'ils avaient besoin de sa voir ! Ils devaient se contenter d'obéir sans ouvrir leur grande gueule, et suivre tout ce que leur disait le gouvernement. C'était le devoir d'un soldat, et chacun des militaires le savaient lorsqu'ils avaient endossés leurs uniformes. Alors pourquoi venir parfois se plaindre de certains ordres, en criant qu'ils étaient odieux ou inhumains ? C'était d'une bêtise ! Si l'armée se rebellait, cela allait conduire le pays tout entier à l'anarchie. Si eux n'obéissaient pas, qui le fera ? ils ne devaient penser qu'à la force de la France et à rien d'autre. Telle était l'ordre naturel des choses, tel était ce qui devra toujours être.

Mais ce colonel semblait sérieux. On lui en avait dit beaucoup de bien, de ce type, et Victor espérait qu'il n'ait pas usurpé sa réputation. Il aimait les hommes qui suivaient leurs objectifs quoi qu'il arrive, et ne dérogeaient jamais à leurs principes. Ils 'agissait là d'hommes de confiance, de valeur, d'hommes sur qui on pouvait compter en toutes circonstances ! Et Dieu sait qu'ils en avaient besoin, en ce moment-même. Mais le colonel fera l'affaire... Les avis étaient fortement partagés, sur lui, mais le médecin se fiait à ce que racontaient les supérieurs de ce type, qui le décrivaient comme un bon élément, prêt à travailler dur et prendre des risques. Un jeune loup ambitieux, somme toute, qui n'hésitait pas à se mouiller les mains. Mais chez les autres militaires... Il avait une réputation somme toute cruelle et glaciale.

Colonel - C'est entendu, je le ferais dès ce soir, durant le repas, vous pouvez compter sur moi. Mais neutraliser ce monsieur ne posera pas de très grandes difficultés, il est déjà affaibli actuellement.

Brave toutou. Enfin un homme qui ne rechignait pas à l'ordre d'empoisonner quelqu'un et qui agissait vite. Dommage que l'armée actuelle ne compte pas plus de soldats de cette trempe dans ses rangs... Victor eut un léger sourire, assis confortablement dans son fauteuil. Il avait beau être satisfait, maintenant qu'il avait le colonel en face de lui, il ne pouvait s'empêcher d'être un peu choqué par son très jeune âge, pour un grade aussi élevé. Comment cela se faisait-il ? Une ascension aussi rapide était rare, très rare... Il ne connaissait que le général Karinof qui avait connu pareil succès dans sa carrière militaire. Mais lui avaient eu de grands faits d'arme à son actif, et avait participé à la Grande Guerre. Une expérience qui manquait à ce jeune colonel. Alors comment avait-il pu s'attirer une telle confiance de ses supérieurs ? Il nota mentalement de creuser quelque peu le sujet, car ce détail le perturbait. Et il détestait laisser une question sans réponse, peu importe sa nature ou le temps qu'il faudra pour y répondre. Il était un scientifique avant tout, et voulait connaître chaque chose de l'univers, quelle qu'elle soit, dans son intégralité, dans toute sa profondeur.

Colonel - Et ne pensez pas que l'armée a traînée, nous avons simplement manqué de médecins, ces derniers temps. Il y aura-t-il d'autres personnes à qui je devrais administrer ce traitement ? Toutes ne seront pas aussi simples à avoir... Et je dois prévoir certaines choses si vous visez des cibles plus coriaces.

Il ruait dans les brancards, ce type. Il venait d'avoir une mission et demandait déjà qui seront les prochaines victimes ? Ah, ces jeunes trop impatients... La science n'était pas une science rapide, elle nécessitait beaucoup de temps et d'efforts. Le médecin avait déjà, bien entendu, visé ses prochains cobayes, mais il devait observer les effets de ce médicament, suivre l'évolution, ajuster si besoin, avant de recommencer. Patience et longueur de temps étaient les maîtres mots lorsqu'on désirait effectuer une étude un peu sérieuse. Victor ne répondit pas tout de suite, frottant légèrement son menton, les yeux plissés. Le colonel devait déjà se douter de deux ou trois choses s'il parlait de "cibles plus coriaces". Il y allait en avoir, en effet, mais toutes ne seront pas approchées de la même façon. Et il y en avait une qu'il se réservait, personnellement.

Colonel - Et quels sont les effets que je devrais surveiller sur les personnes concernées ?

- Vous êtes vraiment direct, vous, sourit Victor en appuyant sa joue contre son poing, posant le coude sur la table. Je viens à peine de prendre contact avec vous pour ça, et vous songez déjà à la suite. Je comprends pourquoi vos supérieurs parlent de vous d'une telle façon.

Il ricana une brève minute, tout en le dévisageant. Bien... Au moins, il saura qu'il pouvait s'appuyer sur cet homme en cas de besoin, il était prêt à tout, et c'était tant mieux. Victor sortit un paquet de cigarette de sa poche et en alluma une, faisant craquer une allumette, sans se soucier du regard désapprobateur d'un des employés qui, outré, semblait vouloir lui arracher la cigarette pour la jeter dehors et lui avec. Victor lui lança un regard méprisant, tout en fourrant son paquet dans sa poche.

- Ne vous souciez pas des effets, je surveillerais moi-même, c'est mon travail. Pour le reste... Je suppose qu'avec votre entraînement militaire, vous êtes à même de vous défendre et esquiver en cas de besoin ? De toute façon, vous avez une arme, autant vous en servir.

Il tira une longue bouffée de sa cigarette et cracha la fumée dans la salle, les yeux fermés durant une bonne minute, silencieux.

- Je vous recontacterais... Je compte sur vous, colonel.

Il le salua de la tête, puis le laissa, repartant vers les jardins, les mains dans les poches.
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