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le Sam 22 Nov - 15:31
- Oui, je suppose que ça va juste l'énerver de faire ça lui-même, marmonna Fabrice, appuyé contre le mur, les bras croisés. Après tout, on pourrait penser que ce serait mieux, qu'en tant que père, il aurait un poids d'autorité, naturellement, mais ce type est incapable de parler sans s'énerver.

Alex haussa les épaules, plongé dans le document qu'il venait de recevoir. Ils étaient seuls dans le couloir, attendant près du téléphone de la station que l'état-major les recontacte. Depuis plus d'un mois, les dégradations de matériel, les vols et autres s'étaient multipliés, au pensionnat. Tout le monde se doutait bien qu'il s'agissait d'un des gamins, un peu trop actif, mais il restait aussi la possibilité que ce soit un des militaires, en désaccord avec la politique menée actuellement, qui fasse du sabotage. Pour en avoir le cœur net, ils avaient listés les soldats, élèves et professeurs susceptibles de mener ces actes, puis avaient mené une enquête. Très vite, l'Etat-Major en était venu à soupçonner un des élèves. Puis un élève en particulier. Soupçons aiguillés par les propos du général, qui n'avait eu de cesse de hurler qu'il n'y avait que son crétin de fils pour faire ça, qu'il allait le frapper, le battre jusqu'à ce qu'il ne puisse plus se relever, etc... Fabrice, lui, l'aurait bien battu lui, ce gros lard, en entendant cela. Ou le brûler tout vif, au choix. Le commandant s'appuya lui aussi contre le mur, pliant ses papiers pour les fourrer dans sa poche.

- Ils sont sûrs que c'est son fils, le responsable de tout le bordel ?

- Quasiment, je pense... Il y a beaucoup d'éléments qui se recoupent. Et vu le caractère du gamin, ce serait très probable.

- Du coup, vous allez devoir l'interroger, pas vrai ?

- Oui.

- On vous confie toujours les boulots de ce genre, colonel. Mais là, je vois mal le môme parler.

Le téléphone sonna au même moment. On leur confirmait la mission d'arrêter et d'interroger le gamin Karinof, fortement jugé responsable des ennuis qui s'étaient déroulés. Après s'en prendre à une femme, faire des tests sur un homme dépressif, il fallait maintenant s'attaquer à un gamin de quinze ans. Le colonel soupira longuement puisse mit en route, envoyant le commandant réquisitionner un des bureaux de la station. En passant dans les étages, il croisa un gros noyau d'agitation, et apprit à la volée qu'une femme, la fameuse directrice de l'école, venait d'accoucher. Parfait, cela lui évitera de le faire à sa chère école, et se faire piéger du même coup.

Laissant tout cela derrière lui, accompagné de deux de ses hommes, il trouva le jeune homme, dans les jardins, et l'interpella. C'est lorsqu'il se retourna que le colonel eut un léger temps d'arrêt, frappé par son regard, exactement le même que son père. Il y avait une détermination tout à fait identique dans ses yeux, ce qui était assez étonnant. Sinon, il ne lui ressemblait pas, mais tout de même. Fabrice fit signe aux autres gamins qui l'accompagnaient de filer en vitesse, les chassant comme on chasse des mouches.

- Tu vas devoir me suivre, petit, j'ai des questions à te poser.

Le gosse se braqua aussitôt, refusant tout net, demandant ce qui se passait et ce qu'on lui voulait encore. Nouveau soupir. Pressé d'en finir et fatigué de devoir s'en prendre à des gosses, Fabrice lui attrapa un peu brusquement le poignet au vol et le serra, le rapprochant sèchement de lui. Il s'adoucit quelque peu en voyant sa grimace, sans le lâcher cependant. Il le traîna avec lui au pas de charge, très droit et martial, refusant d'un geste un de ses hommes qui lui proposa de menotter le gamin. Ce n'était qu'un gosse, justement, on avisera plus tard s'il devenait trop perturbant. En arrivant dans le bureau, il le poussa à s'asseoir, voyant d'un coup d'œil qu'il avait laissé une marque très rouge, presque violette, sur son poignet, en le serrant trop fort.

- Je ne te ferais pas menotter si tu restes tranquille, déclara-t-il en s'asseyant sur le rebord du bureau, à quelques centimètres de lui. Et tu aurais pu aussi t'éviter ça si tu m'avais suivi de suite bien gentiment.

Il indiqua son poignet du doigt, puis croisa les bras, restant silencieux un moment. Puis reprit la parole d'un ton moins formel et agressif, restant tout de même froid. Ses supérieurs voulaient qu'il lui fasse peur ou le secoue un peu, mais cela allait-il être vraiment utile ? Si ce gamin ressemblait autant à son père que Fabrice le pensait, il ne se laissera pas intimider si facilement. On pouvait reprocher beaucoup de choses au général, mais pas d'être un faible ou un couard. Au contraire, il possédait une très grande force de caractère, dont son aîné semblait avoir hérité. Il eut un faible sourire, tapotant le bureau du bout des doigts.

- Dis-moi, en tant que fils aîné d'un général, que penses-tu de tout ce qui se passe en ce moment ?
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le Lun 24 Nov - 10:57
Cela faisait presque une semaine qu'ils étaient là, et pour le moment, tout s'était bien passé, ou à peu près. Jasper s'assit par terre dans l'herbe et étendit les jambes, remontant un peu les manches de sa chemise sur ses bras. Il venait de sortir d'un atelier de maths, et n'était franchement pas mécontent de prendre enfin l'air ! La hyène était complètement hystérique, aujourd'hui ! Elle avait commencé l'atelier en leur criant dessus, en leur répétant de se dépêcher, de ne pas faire exprès de ne pas travailler, etc. Jasper avait fini par craquer et lui balancer qu'elle n'avait pas à passer sa mauvaise humeur sur eux, que ce n'était pas leur faute si elle avait trompé son mari comme ça. Viré direct du cours. Il eut un maigre sourire, attendant que ses amis ne le rejoignent au-dehors. Si elle croyait encore que cela allait lui faire le moindre effet... Il s'allongea, regardant les nuages, pensif. Nuages qui défilaient doucement dans le ciel, blancs et légers. Ils étaient libres, eux. Il plissa légèrement les yeux à cause du soleil, retenant un long bâillement.

Il repensait à cette histoire avec les militaires, dans la salle à manger, quelques jours plus tôt. Il se repassait toute la conversation, sourcils froncés, plongé dans ses pensées. Le prof n'avait pas été très malin, le contraste entre lui et son adversaire était impressionnant. Jasper reconnaissait que le colonel avait un sacré sang-froid, bien plus que lui-même n'en aura jamais, et qu'il savait se défendre. Bien sûr, il n'avait rien dit, rien avoué, rien fait, mais il aurait fallu être crétin pour ne rien deviner, même sans aucune preuve. Si le jeune homme avait été impressionné par son sang-froid, il avait aussi été très effrayé. C'était comme si... Comme si il se voyait, à l'âge adulte, après avoir obéit à son père. Comme si tout pouvait encore arriver. Il ferma les yeux un moment, un bras sur le visage. Ne pas se laisser faire, c'était facile à dire, mais il comptait bien tenir coûte que coûte.

Ses amis vinrent le rejoindre un peu plus tard, se déchaînant aussitôt contre la hyène qui leur avait fait vivre un enfer. Il rit avec eux, chassant ses idées noires, et se redressant. Antoine, surtout était particulièrement outré, et il était drôle de le voir dans cet état, lui qui ne s'énervait jamais. Voulant bouger, ils allèrent flâner dans les jardins, bavardant de tout et n'importe quoi. Il était occupé à détailler son prochain plan quand une voix forte lança son nom. Il se retourna et se retrouva nez-nez avec trois types, dont le colonel en tête. Il se raidit aussitôt, s'empêchant de justesse de reculer d'un pas, alors qu'il faisait signe aux autres de dégager. Jasper se mordit les lèvres, sentant les gros ennuis arriver.

Colonel - Tu vas devoir me suivre, petit, j'ai des questions à te poser.

C'est ça, des clous ! Il n'avait aucun compte à rendre à des soldats ni à personne d'autre, il avait déjà bien assez de son père sur son dos ! Il renvoya balader le type avec un geste de mépris, clamant qu'on avait rien à lui demander, qu'il ne savait pas ce qui se passait, ni ce qu'on lui voulait encore ! Le militaire soupira, puis attrapa tout à coup brusquement son poignet en le tirant. Jasper faillit lâcher un petit hoquet de douleur, mais ne put retenir une grimace. Sale type ! Ils se mirent en route, et il tenta tout le long du trajet de se dégager, sans tenir compte de l'autre fou qui proposait de le menotter. Ça ne les gênait pas, de s'en prendre à des enfants ?! Vraiment pas ? Il finit par cesser de se débattre et suivre, en maugréant, et en maudissant copieusement tous les militaires de l'armée française. Ils entrèrent dans un bureau qui devait appartenir au personnel de la station et le colonel le fit asseoir, le lâchant. Jasper frotta un peu son bras, les dents serrées.

Colonel - Je ne te ferais pas menotter si tu restes tranquille, déclara-t-il en s'asseyant sur le rebord du bureau, à quelques centimètres de lui. Et tu aurais pu aussi t'éviter ça si tu m'avais suivi de suite bien gentiment.

Jasper lui jeta un coup d'œil, redressant la tête. Menotté ou non, ça ne changeait pas grand-chose, vu la situation actuelle. Mais peu importe, que lui voulait-il, au juste ? Il n'était pas du tout à l'aise, voulant sortir tout de suite et partir le plus loin possible. Ce type était trop étrange pour lui inspirer confiance. Cette désinvolture apparente, son caractère... Son don. Son don, surtout. Jasper était convaincu qu'il en possédait un, ce n'était pas possible autrement, et cela plus que tout lui portait sur les nerfs. Il refusait de se voir dans cet homme, adulte, mais n'y parvenait pas. Il représentait tout ce que le lycéen refusait de devenir. Il ne décrocha pas un mot, détournant la tête, fixant un tableau accroché au mur derrière le bureau de bois. Un tableau qui n'était pas si mal, d'ailleurs représentant un paysage d'Auvergne. Le colonel tapota tout à coup le bureau des doigts, mais il se força à ne pas le regarder.

Colonel - Dis-moi, en tant que fils aîné d'un général, que penses-tu de tout ce qui se passe en ce moment ?

- Comment osez-vous poser une question aussi débile ?! s'enflamma-t-il aussitôt, en se retournant pour le fixer droit dans les yeux, oubliant toutes ses résolutions.

Voir son petit sourire ne fit que l'agacer un peu plus. Il s'amusait donc bien ?! C'était si marrant de s'en prendre à des gosses pour leurs dons quand on en possède un soi-même ? Il l'écœurait ! Il était là, bien droit et fier, se croyant au-dessus des autres à cause de son grade, et il se permettait de brutaliser des personnes qui étaient pourtant comme lui ! Le professeur avait eu raison, sur ce point, ce type était immonde. Le rouge montait aux joues de Jasper, qui serrait les poings, le couvant d'un regard très noir.

- Vous n'avez rien à foutre dans notre école, point final ! Nous sommes là pour étudier, rien de plus, rien de moins, alors pourquoi s'obstiner à vouloir nous surveiller ? Allez vous mettre dans tous les collèges et lycées de France, tant que vous y êtes ! C'est tout ce que je pense de vous, que vous n'êtes que des ordures qui se font plaisir à frapper des enfants !

Il reprit son souffle, le cœur battant à une vitesse folle. Autant il éprouvait une réelle répulsion face à cet homme, autant il avait aussi très peur de lui, car il craignait plus que tout de finir comme ça, de devenir un brave soldat à la solde du gouvernement, utilisant son don pour se comporter comme le pire des salauds.

- Qu'est-ce que vous me voulez, exactement ? Vous saviez déjà ce que je pense de tout ça !
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le Mar 25 Nov - 20:36
- Comment osez-vous poser une question aussi débile ?!

Rapide à réagir, le gamin. Un peu trop. Fabrice eut un petit sourire, les bras croisés. Lui-même était comme cela, lorsqu'il était tout jeune. A s'enflammer aussi, à prendre parti dans tout, à ne pouvoir rester calme. Il avait gardé une grande partie de ce caractère, le cynisme, l'arrogance, l'emportement, la volonté, mais il avait aussi appris à garder son sang-froid. Il n'en pensait bien sûr pas moins, mais il pouvait tout garder pour lui et n'afficher qu'une façade d'indifférence. Ce petit ignorait encore que cette incapacité à garder son calme ne faisait que lui jouer des tours, qu'à le piéger. Fabrice l'avait appris à ses dépends, et ce gosse devra faire la même chose. Il devra apprendre de lui-même que pouvoir garder un certain sang-froid est primordial. En attendant, le colonel devait faire son travail, et ce qu'il entendait là, en plus de ses réactions, était un aveu de culpabilité. Le corps pouvait parler, envoyer des messages, désigner le mensonge. Il l'observa plus attentivement, de plus en plus frappé par la ressemblance avec le paternel. Peu étonnant que les deux ne s'entendent pas. Deux caractères aussi forts ne pouvaient que s'entrechoquer avec violence.

Tiens, marrant, lui aussi devenait très rouge lorsqu'il était en colère. Enfin, à son âge, il était normal qu'il ne se maîtrise pas encore. Quel âge avait-il, déjà ? Il se remémora son dossier, puis se souvint qu'il approchait à grand pas de ses seize ans. A cet âge, Fabrice commençait à peine à s'entraîner, pour conserver son calme, trouver les bonnes répliques, et se débrouiller dans n'importe quelle situation. Il était alors au lycée militaire, à paris, déjà loin de son cher père. Il dissimula son sourire, le regardant s'énerver. Il aura moins de mal que prévu à le faire craquer. Il fallait appuyer sur le points sensibles, et le pousser un peu dans la direction qu'il voulait. Cela allait être plus rapide que prévu, cet interrogatoire... Et sans doute plus douloureux pour le gamin par la suite. Ses collègues militaires et médecins n'allaient pas le louper, à la rentrée des classes. Ils ne laisseront pas un gamin les narguer comme cela. En avait-il seulement conscience ? Savait-il ce qu'il risquait, surtout en sachant qu'il était déjà sur les listes ? Pas de chance, somme toute, il était à la fois assez vieux et assez puissant pour les intéresser. Seize ans était vraiment un âge critique. L'âge où le don se développait le plus.

- Vous n'avez rien à foutre dans notre école, point final ! Nous sommes là pour étudier, rien de plus, rien de moins, alors pourquoi s'obstiner à vouloir nous surveiller ? Allez vous mettre dans tous les collèges et lycées de France, tant que vous y êtes ! C'est tout ce que je pense de vous, que vous n'êtes que des ordures qui se font plaisir à frapper des enfants !

Très emporté, en effet. Il parlait avec son cœur, et point du tout avec sa tête, ce qui pouvait se révéler particulièrement gênant. Surtout pour lui. Le général n'exagérait finalement pas quand il se plaignait de son fils et de son caractère. Fabrice avait du mal à y croire, jusqu'ici, mais soit, c'était vrai. Pauvre gamin... Il ne pouvait pas se battre contre toutes les "ordures" qu'ils étaient, simplement parce qu'il était trop jeune, trop isolé, et trop emporté pour cela. Pas assez stratège et fin. Alors que des élèves du pensionnat, qui soutenait l'action militaire, savaient au contraire comment gagner par la ruse. Ce petit faisait pitié à Fabrice, tant il était naïf sur ce point-là, à ne pas se rendre compte du danger qu'il affrontait. Ce n'était pas un jeu ! Il jouait ici bien plus que sa vie tranquille au pensionnat à étudier. Et il en s'en rendait pas compte. C'était un enfant.

- Qu'est-ce que vous me voulez, exactement ? Vous saviez déjà ce que je pense de tout ça !

Fabrice hocha la tête, souriant plus largement. Bien sûr qu'il le savait déjà. Il se leva, fit le tour du bureau, puis s'y appuya des deux mains, regardant longuement le gamin. Par quoi commencer ? Il était déjà bien sur les nerfs, il n'en faudra pas beaucoup pour la suite. Maintenant, c'était au colonel de jouer, et de faire son travail. Il devait amener le gamin à parler plus, lui soutirer quelques informations, et en profiter pour le déstabiliser, assez pour qu'il reste tranquille un moment, et ait plus de doutes au moment de repasser à l'attaque. C'était le but principal. Jouer avec ses nerfs et ses émotions pour le troubler, le pousser à réfléchir un peu avant de faire quoi que ce soit d'autre. Il songea à lui faire passer les menottes pour lui donner une plus forte impression d'emprisonnement, mais se retint. Pas tout de suite.

- Ce que je te veux ? Te faire comprendre que tes petits jeux de sabotage n'amusent plus personne, dans mes supérieurs. Et je ne parle pas seulement de ton père.

Se redressant, il revint derrière le siège et posa ses deux mains sur les épaules du jeune homme, le tenant bien fermement. Il pencha la tête, avec un léger sourire, puis soupira, secouant la tête.

- Je suis sûr que tu t'amuses bien, mais tu ne dois pas te rendre compte des conséquences. Et sans aucune discrétion, ce qui est bien pire ! Ton père nous parle souvent de toi, tu sais... Il est amusant de voir à quel point vous avez le même caractère. Je comprend mieux pourquoi il veut que tu suives ses traces, tu lui ressembles tellement...

Il accentua légèrement la pression, avec un petit rire. Il fallait connaître les points faibles d'une personne si on voulait la faire craquer. Il revint au-devant de Jasper, s'appuyant sur le rebord du bureau, avec un soupir. Ses supérieurs voulaient qu'il le trouble et le rende malade ? Très bien. Autant y aller franc coup, puisqu'il avait le dossier en main, et qu'il connaissait son sujet.

- Regarde pour ta sœur... Elle a été agressée car tu n'as pas su te tenir tranquille, car tu n'as pas été capable d'arrêter tes conneries. Résultat, c'est elle qui souffre. Ce n'est pas ça que tu voulais, n'est-ce pas ? Je sais que tu ne veux pas faire souffrir ta sœur... Et jusqu'ici, c'est que tu fais. A cause de toi, elle vit dans la crainte d'être de nouveau agressée, en plus d'avoir la pression pour qu'il ne t'arrive rien à toi. Elle n'est plus en paix, juste parce que toi, tu n'arrives pas à rester tranquille. Tes actes contre l'armée rejaillissent directement sur elle.

Fabrice se moquait bien qu'on le prenne pour une ordure. Suivre les ordres, oui, mais il suivait ses propres objectifs. Ce gosse se mettait trop en danger, et s'il fallait ça pour qu'il se calme, Fabrice n'allait pas hésiter, quitte à passer pour le pire des salauds. Quelle importance d'être craint ou haït du moment qu'il pouvait aider dans l'ombre ? Et il fallait que le petit se calme, c'était vital pour lui. Il n'écoutait pas les avertissements de ses proches, ça ne fonctionnaient pas ? Soit, autant y aller par la méthode dure, puisque la douceur était impuissante.

- Tu mets aussi en danger ton propre avenir, siffla-t-il se penchant légèrement. Continue comme ça, continue ainsi, et l'armée s'intéressera de plus en plus à ton cas. Laisse-moi te raconter une petite histoire... Il était une fois un jeune homme, à l'école militaire. Il avait seize ans, et obtenait des résultats remarquables. Tant et si bien qu'il attira la confiance de beaucoup de monde. Ce jeune homme s'appelait Georges Karinof. Un étudiant modèle, sans histoires.

Il lui lança un regard aigu, puis tapota sur le bureau, un léger sourire aux lèvres.

- Colérique, mais ce n'était pas un lâche. Il avait du mal à se soumettre aux ordres, et c'est ce qui le rendit fort, car il prenait des initiatives, il devint fort, et respecté. Il gravit les échelons. Il gagna une réputation solide. Puis il devint général, l'un des plus hauts grades de l'armée française, à seulement quarante ans. Ce qui l'avait porté si haut ? Son insolence. Sa combativité. Son refus de se soumettre.

Il pencha la tête pour sourire au jeune garçon, puis continua.

- Puis le temps passant, ses collègues et amis commencèrent à s'intéresser à la lignée de ce général. Car oui, il avait eu des enfants. Un fils. Un fils qui présentait les mêmes traits de caractère que lui, mais qui, en plus, était né avec un don plutôt puissant. Et tous ces messieurs se sont dit "pourquoi pas ?".

Il fit une nouvelle pause, se levant, marchant derrière le siège où était assis son jeune interlocuteur. Allait-il enfin comprendre et se calmer ? Vraiment ? Fabrice l'espérait, car il ne voulait pas faire tout ça pour rien. Si enfin il arrêtait de se mettre en danger comme ça...

- Et toi, tu es là, à les conforter dans leurs idées... Ton père serait très fier, s'il voyait tous les efforts que tu fais pour lui ressembler.

Il posa une main sur sa tête, se penchant sur lui.

- Alors qu'il te suffirait d'apprendre à mener les autres en bateau pour t'en sortir...

Il glissa son bras autour de ses épaules, plaçant sa main près de son visage, puis fit jaillir des flammes au creux de sa paume. Il les fit un peu grandir et danser, illuminant sa paume d'une lueur orangée, presque surnaturelle, diffusant une chaleur très douce. Il referma les doigts dessus, façonnant quelques formes, en sifflotant légèrement.

- On peut se battre dans l'ombre, même si le monde entier vous prend pour un salaud, rajouta-t-il d'un ton léger en accentuant les flammes. Se battre, et gagner, en se dissimulant. Ce que tu ne sais pas encore faire. Alors ? Tu vas poursuivre tes conneries, inutiles, ou devenir sérieux ?
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le Mer 26 Nov - 0:04
Le militaire se contenta d'hocher la tête en souriant. Il approuvait, en plus ? Mais il se foutait bien de lui ! Jasper le détesta encore plus, le regardant d'un air noir faire le tour du bureau. Il n'avait pas que ça à foutre, lui, qu'il déteste les soldats n'était un secret pour personne ! C'était à cause de l'armée que son père lui pourrissait la vie, et il devrait se réjouir de la présence de militaires au pensionnat ? Même pas en rêve ! On pouvait bien le frapper ou l'enfermer, il ne se laissera pas faire pour autant, il n'était pas débile au point d'accepter de courir vers la mort les yeux fermés. Peu importe que son père le haïsse, qui pourrait se soucier de ça ?! Il était libre et comptait le rester ! Il refusait d'être un brave toutou du gouvernement, agitant la queue dès qu'on lui en donnerait l'ordre. Il n'était as comme ça, point final, fils de général ou pas ! Son père pouvait bien aller se faire voir, il ne rentrera pas dans son délire, ni maintenant ni jamais, que cela se sache. Peut-être lui avait-il accepté de renier tout honneur, mais ce n'était pas le cas de son fils. Comment pourrait-il se regarder dans un miroir s'il accepter de se plier aux ordres de tyrans ?

Colonel - Ce que je te veux ? Te faire comprendre que tes petits jeux de sabotage n'amusent plus personne, dans mes supérieurs. Et je ne parle pas seulement de ton père.

Ses petits jeux... Mais ils ne pouvaient pas prouver qu'il était derrière tout ça. Ou si ? Il se raidit quelque peu, alors que le colonel bougeai de nouveau, pour venir se placer derrière lui. Jasper sursauta quand il sentit deux mains dures se poser sur ses épaules, juste au moment où il avait voulu se retourner pour savoir ce qu'il fichait. Il détestait avoir quelqu'un dans son dos comme ça, surtout un type de ce genre, et détestait encore plus quand on le tenait ainsi. Cela lui rappelait trop son père, quand il le forçait à l'accompagner voir son bureau, des manœuvres de l'armée ou il ne savait quoi. Il hésita à se lever ou repousser l'autre, se demandant à quel degré de "manque de tranquillité" le colonel lui ferait passer les menottes. Il avait peur d'être de nouveau enchaîné ou enfermé. Il se tint donc toit, malgré son envie de s'agiter et de retrouver sa liberté de mouvement.

Colonel - Je suis sûr que tu t'amuses bien, mais tu ne dois pas te rendre compte des conséquences. Et sans aucune discrétion, ce qui est bien pire ! Ton père nous parle souvent de toi, tu sais... Il est amusant de voir à quel point vous avez le même caractère. Je comprend mieux pourquoi il veut que tu suives ses traces, tu lui ressembles tellement...

Il. Lui. Ressemblait. Tellement ? Pardon ?! Jasper eut un brusque hoquet, comme s'il allait vomir, et ne se retint qu'à grande-peine de ne pas hurler. Le même caractère, vraiment ?! Il voudrait bien voir ça ! Lui au moins n'était pas un psychopathe cinglé qui ne rêvait que de frapper ses enfants ! Que son père parle souvent de lui, grand bien lui fasse, mais ça ne changeait rien. Il n'était son père que par le sang, rien d'autre, ce qui ne représentait rien, autrement dit ! Un père, c'est celui qui prend soin de vous, qui vous élève ! Ce n'est pas un homme qui vous frappe car vous ne l'écoutez pas et que vous ne partagez pas les mêmes valeurs que lui. En quoi Jasper pourrait-il lui ressembler ?! Il regarda le colonel s'appuyer contre le bureau, juste devant lui. Il était pathétique. Jamais Jasper ne s'abaissera à devenir comme lui. Qu'il accepte de vendre son âme à l'armée, si ça lui chante, mais lui-même refusait de se soumettre comme ça. Peut-être n'était-il pas discret, mais c'était toujours mieux que de rester les bras croisés à ne rien faire !

Colonel - Regarde pour ta sœur... Elle a été agressée car tu n'as pas su te tenir tranquille, car tu n'as pas été capable d'arrêter tes conneries. Résultat, c'est elle qui souffre. Ce n'est pas ça que tu voulais, n'est-ce pas ? Je sais que tu ne veux pas faire souffrir ta sœur... Et jusqu'ici, c'est que tu fais. A cause de toi, elle vit dans la crainte d'être de nouveau agressée, en plus d'avoir la pression pour qu'il ne t'arrive rien à toi. Elle n'est plus en paix, juste parce que toi, tu n'arrives pas à rester tranquille. Tes actes contre l'armée rejaillissent directement sur elle.

Jasper eut l'impression qu'une lourde chape de plomb lui tombait dans l'estomac. Il pâlit et se raidit, les mains crispées sur son siège. Il... était... horrible... Mais n'avait pas tord, en revanche. C'était bel et bien à cause de lui que sa petite sœur avait été frappée. Une immense vague de culpabilité s'écrasa sur lui, comme si on lui jetait des pierres pour l'assommer, et il eut envie de fuir, de disparaître dans le premier trou venu. Laura. Sa petite sœur. Elle avait eut mal à cause de lui. Il avala douloureusement sa salive, plein de honte et de remords. C'était à cause de lui si elle avait eu si mal. Et peur. Il s'était juré de la protéger, et elle avait pleuré à cause de lui. Il baissa la tête, avec une immense boule à la gorge en imaginant sa petite bouille couverte de larmes. Les mots du colonel tournaient en boucle dans sa tête, alors qu'il essayait de trouver une solution pour épargner sa petite sœur. Il ne l'emmenait déjà plus avec lui, mais ce  n'était pas assez.

Colonel - Tu mets aussi en danger ton propre avenir, siffla-t-il se penchant légèrement. Continue comme ça, continue ainsi, et l'armée s'intéressera de plus en plus à ton cas. Laisse-moi te raconter une petite histoire... Il était une fois un jeune homme, à l'école militaire. Il avait seize ans, et obtenait des résultats remarquables. Tant et si bien qu'il attira la confiance de beaucoup de monde. Ce jeune homme s'appelait Georges Karinof. Un étudiant modèle, sans histoires.

Jasper releva péniblement la tête, à bout de nerfs. Il avait vraiment l'art et la manière d'appuyer là où ça faisait mal... Pourquoi l'armée s'intéresserait-elle à lui, alors qu'il faisait tout pour la pourrir ? C'était illogique ! Avec ça, il ne voyait vraiment pas pourquoi le colonel reparlait de son père. Il se mordit les lèvres, presque jusqu'au sang, en essayant de ne pas pleurer, tant il s'en voulait pour Laura. Si ça se trouve, elle lui en voulait pour ça mais n'avait pas osé lui dire.

Colonel - Colérique, mais ce n'était pas un lâche. Il avait du mal à se soumettre aux ordres, et c'est ce qui le rendit fort, car il prenait des initiatives, il devint fort, et respecté. Il gravit les échelons. Il gagna une réputation solide. Puis il devint général, l'un des plus hauts grades de l'armée française, à seulement quarante ans. Ce qui l'avait porté si haut ? Son insolence. Sa combativité. Son refus de se soumettre.

Jasper détourna le regard, blêmissant au fur et à mesure du "récit". Il voyait où le colonel allait en venir... Il prit une longue inspiration les mains moites, et le cœur au bord des lèvres. Il ne pouvait pas ressembler à son père tant que ça, c'était impossible ! Il n'osait plus regarder le colonel en face, la peur revenant le frapper de plein fouet. Peur de finir comme son père, peur d'être enrôlé, peur que sa sœur souffre de nouveau à cause de lui, peur... Il posa une main sur sa poitrine, comme si cela allait l'aider à calmer les battements effrénés de son cœur. Il se concentra aussitôt pour apaiser sa respiration, qui devenait hiératique. Il devait se calmer, voilà tout.

Colonel - Puis le temps passant, ses collègues et amis commencèrent à s'intéresser à la lignée de ce général. Car oui, il avait eu des enfants. Un fils. Un fils qui présentait les mêmes traits de caractère que lui, mais qui, en plus, était né avec un don plutôt puissant. Et tous ces messieurs se sont dit "pourquoi pas ?".

Il se leva, marchant de nouveau derrière lui, alors que Jasper baissait la tête, blême. Ce n'était pas possible... Il avait toujours cru que seul son père voulait qu'il entre dans l'armée, et n'avait jamais songer que d'autres le veuillent aussi. Qui, précisément, soutenaient son géniteur ? Avaient-ils, oui ou non, les moyens de l'empêcher d'exercer un autre métier ? Pourraient-ils pourrir sa vie professionnelle jusqu'à ce qu'il n'ait plus aucun autre choix ? Sa gorge se serra, alors qu'il imaginait ce qui pourrait découler de tout cela. Et il y avait Laura. Laura qu'ils pouvaient menacer pour le faire obéir. Il se redressa, ne pouvant plus contrôler sa peur. Elle l'envahissait, sortant par chacun des pores de sa peau.

Colonel - Et toi, tu es là, à les conforter dans leurs idées... Ton père serait très fier, s'il voyait tous les efforts que tu fais pour lui ressembler.

C'est bon, là, il avait sa dose ! Qu'il arrête un peu... Jasper était au bord de la crise de la nerf, et sursauta violemment quand le colonel posa une main sur sa tête. Stop, là, ça suffit, il ne pouvait pas en supporter plus. Il n'avait pas les nerfs pour cela. Il mourrait d'envie de pleurer comme un gamin de trois ans, ne se retenant que par pure fierté. Il reprit son souffle, serrant les poings.

Colonel - Alors qu'il te suffirait d'apprendre à mener les autres en bateau pour t'en sortir...

Le colonel fit glisser son bras autour de ses épaules, l'étouffant un peu plus, puis ouvrit la main. Une lueur sembla y briller, puis Jasper vit, sidéré, une flamme jaillir. Alors c'était vrai. Il avait bel et bien un don ! Sa dernière phrase atteignit péniblement son cerveau, alors qu'il avait le regard rivé sur les flammes. Comment ça, apprendre à mener les autres en bateau pour s'en sortir... ? Mais il s'était mis à la solde du gouvernement alors qu'il était comme eux ! Pourquoi était-il entré dans l'armée, alors ? Jasper ne comprenait plus rien la tête commençait à lui tourner.

Colonel - On peut se battre dans l'ombre, même si le monde entier vous prend pour un salaud, rajouta-t-il d'un ton léger en accentuant les flammes. Se battre, et gagner, en se dissimulant. Ce que tu ne sais pas encore faire. Alors ? Tu vas poursuivre tes conneries, inutiles, ou devenir sérieux ?

Il acceptait... Qu'on le haïsse... exprès ? Il ne put bouger d'un pouce, encore très secoué. Alors il ne lui avait dit tour cela que pour lui faire comprendre qu'il ne faisait que des conneries et ne se battait pas bien ? Non. C'était pire que ça. Tout ce qu'il avait dit était vrai, Jasper le sentait. Sur son père, sur les autres soldats, sur tout... Il voulait remuer mais en était incapable, assaillit par des centaines de questions, secoué brutalement par la peur et la culpabilité. Il ne savait plus quoi dire, ni quoi faire, cela faisait bien trop d'un seul coup. Et il n'en revenait de voir comment se comportait le colonel. Ce qu'il disait, ce qu'il cachait ! Il était là, en uniforme, semblant se moquer du monde entier, et pourtant, tout prouvait qu'il se battait en secret. Le lycéen se sentait complètement oppressé, d'abord parce qu'il était assis, puis à cause du colonel, son bras autour de lui, ces flammes dans sa main.

- Je ne veux pas entrer dans l'armée, réussit-il à articuler alors que des larmes coulaient sur ses joues. Je ne veux pas devenir comme mon père ! Ni même comme vous, je ne peux pas...

Il se tut, la gorge trop serrée pour continuer. S'évanouir était tentant, mais il refusait de devenir aussi vulnérable sous le nez du colonel. De quoi aurait-il l'air, ensuite ? Il avait été assez humilié comme ça, en plus de se mettre à chialer comme un môme. Il tenta de se reprendre mais ne put que baisser la tête, fixant ses mains. Il n'en pouvait plus, il en avait trop entendu, et ne voyait aucune porte de sortie.

- Comment je pourrais... Mon père me bat depuis que je suis tout petit, et j'ai envie de vomir rien qu'à l'idée de lui ressembler ! Je ne vois pas ce que... Des soldats ou des scientifiques pourraient trouver d'intéressant chez moi...

Il essuya ses larmes avec sa manche, l'autre main crispé sur son pantalon.

- Laissez-moi partir...
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le Dim 7 Déc - 20:19
Fabrice attendit patiemment que le gosse réagisse à ce qu'il venait de lui dire et de lui montrer. Les liens commençaient-ils enfin à se tisser dans sa petite tête ? Prenait-il enfin conscience de l'énorme marasme dans lequel il s'enfonçait, jour après jour, du gouffre qu'il creusait lui-même pour s'enterrer ? Le militaire était très patient, et il lui laissa donc tout loisir de réfléchir sans plus rien ajouter, sans interrompre le fil de ses pensées. réfléchir un peu, voilà ce qui lui fera le plus grand bien ! Il était né avec un cerveau, alors autant qu'il s'en serve, ne serait-ce qu'un peu. le colonel jouait toujours avec les flammes qui lui chatouillaient le creux de la paume,détendu, presque blasé. Il y a des jours où il fallait vraiment y aller durement pour que les gens comprennent certaines choses ! Et il espérait que le petit Jasper ait bien compris ce que le colonel avait voulu lui dire. De se calmer, d'apprendre à se battre d'une autre façon, et détourner les soupçons de lui. Il n'était jamais trop tard, n'est-ce pas ? Du moins, si ça l'était déjà, il était donc plus que temps de tout mettre en œuvre pour rectifier le tir, avant d'être si bien pris dans le piège qu'il ne restait plus aucun espoir de s'en tirer.

- Je ne veux pas entrer dans l'armée. Je ne veux pas devenir comme mon père ! Ni même comme vous, je ne peux pas...

Il pleurait, à présent, tremblant de tous ses membres. Signe qu'il avait enfin compris ? Bien sûr qu'il ne voulait pas devenir soldat, plus personne ne l'ignorait, mais c'était à lui de tout faire pour conserver sa liberté. Pour le moment, il n'agissait qu'en gosse immature incapable de réfléchir. Il faisait le jeu de son père et de toute l'armée ! S'il avait dix ans, cela n'aurait aucune importance. mais il approchait de ses seize ans... L'âge critique, l'âge où un don évoluait le plus. Fabrice lui jeta un long regard, un sourire blasé aux lèvres. Il faudrait pourtant qu'il devienne comme lui sur certains points, pour qu'il sache se maîtriser et se battre un peu mieux que ça. Oui, ce n'était qu'un enfant, mais il ne pouvait pas grandir tranquille, pas en ce moment, pas avec son pouvoir. Pas avec son don... Être puissant, aujourd'hui, avec ce gouvernement, était tout sauf un gage de sécurité.

- Comment je pourrais... Mon père me bat depuis que je suis tout petit, et j'ai envie de vomir rien qu'à l'idée de lui ressembler ! Je ne vois pas ce que... Des soldats ou des scientifiques pourraient trouver d'intéressant chez moi...

Il ne voyait toujours pas ? Il n'avait donc pas été assez clair sur le sujet ? Il se retint de lever les yeux au ciel, secouant la tête, les dents mordant ses lèvres. Bon, soit, puisqu'il fallait en rajouter une petite couche pour qu'il saisisse enfin ce qu'il risquait... Sa main libre voleta jusqu'à sa ceinture, caressant la paire de menottes qui y était accrochée, cachée par sa veste réglementaire. Il ne voyait pas, hein ? Qu'il se rassure, le colonel allait se charger de lui ouvrir les yeux et vite fait.

- Laissez-moi partir...

- Bien sûr, dit-il en se redressant et en faisant disparaître les flammes. Quand je serais bien assuré que tu as tout compris.

Il tira les menottes d'un geste vif et attrapa les poignets de Jasper pour les lui passer, l'air parfaitement impassible, comme s'il avait en face de lui un prisonnier tout à fait ordinaire, un otage politique, ou même un criminel, puis fit lever le gamin, le tenant par l'épaule. Il ne souriait plus, ouvrant la porte où attendait deux gardes. Il les congédia d'un geste, et attendit qu'ils soient repartis avant de pousser le gamin en avant, avec lui.

- Tu ne vois pas ce que des scientifiques pourraient trouver d'intéressant chez toi, pas vrai ? Je vais te montrer, moi...

Il le prit par le bras pour le tirer dans un escalier, descendant avec lui dans la buanderie, puis dans une pièce qui servait de débarras. Il referma la porte et alluma la lumière. L'airs entait la lessive, et beaucoup de chariots et de balais étaient entassés dans un coin. Laissant le gamin appuyé contre un meuble, il se planta devant lui, les mains sur les hanches.

- Que crois-tu que l'armée puisse vouloir faire avec les personnes possédant un don, dis-moi ? Tu as des idées ? Pourquoi ton père veut que tu entres dans l'armée ? Ou tu penses juste que ce n'est que pour s'amuser ?!
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le Mar 9 Déc - 12:50
Colonel - Bien sûr, dit-il en se redressant et en faisant disparaître les flammes. Quand je serais bien assuré que tu as tout compris.

Mais c'est bon, il avait compris, tout allait bien ! l avait parfaitement compris, et ce n'était vraiment pas la peine d'en rajouter, pas vrai, il pouvait sortir et se faire oublier, plus personne n'entendra parler de lui avant un bon moment ! Il ouvrait la bouche pour le signifier au militaire lorsqu'il lui attrapa tout à coup les poignets pour lui mettre des menottes. Eh, non ! Non, non, non ! Il n'avait rien dit, il ne s'était même pas débattu ! La pression monta encore d'un cran alors que le colonel le faisait se lever. Il allait encore être enfermé ? Il dû faire un effort surhumain pour cesser de trembler, détestant sentir le métal froid contre ses poignets. Trop de pression, trop de tension, il n'en pouvait plus. C'était la première fois de sa vie qu'il tombait sur une personne capable de jouer aussi bien avec ses points faibles, et surtout d'appuyer dessus comme il n'était même pas permis de le faire. Il suivit le mouvement, quand ils sortirent du bureau, et que le militaire renvoya d'un geste ses deux collègues. Jasper n'osait plus rien dire, par peur d'en rajouter ou de s'enfoncer encore. mais comment avait-il pu l'énerver ? En disant quoi ? Il le poussa tout à coup et il faillit trébucher, les dents serrées.

Colonel - Tu ne vois pas ce que des scientifiques pourraient trouver d'intéressant chez toi, pas vrai ? Je vais te montrer, moi...

Il le prit par le bras et l'entraîna en avant. Adieu, douce vie, adorable vie, qu'il aura beaucoup aimé. Il se jura que s'il sortait de là vivant, il fera un tour nocturne dès la nuit suivante pour se défouler. Et au diable les profs qui les surveillaient ! Un moment tranquille avec sa sœur, voilà qui sera très bien, il n'attendait plus que ça. Il fit de son mieux pour suivre le rythme, avec une pensée émue pour son groupe d'amis, avec qui il pourrait se trouver en ce moment même, à rire et bavarder. Au lieu de ça, il avait été arrêté et marchait avec un soldat qui avait le don de coller une pression effroyable aux gens et qui le traînait il ne savait où. Et pour faire quoi ... ? Les pires scénarios possibles défilaient dans son esprit, lui donnant une vague envie de vomir. Il s'attendait à tout, surtout au pire, et ne pouvait calmer son imagination débridée. Ils passèrent deux grandes portes et s'engouffrèrent dans un escalier. Il essayait discrètement de faire glisser ses mains hors des menottes, mais elles butaient toujours contre l'os du poignet. Mais rah ! Ils entrèrent finalement dans une espèce de débarras, dont l'air était imprégné par l'odeur de la lessive. Le colonel le poussa contre un meuble, puis referma la porte, allumant la lumière.

Colonel - Que crois-tu que l'armée puisse vouloir faire avec les personnes possédant un don, dis-moi ? Tu as des idées ? Pourquoi ton père veut que tu entres dans l'armée ? Ou tu penses juste que ce n'est que pour s'amuser ?!

Il s'était planté devant lui, les deux mains sur les hanches. Jasper prit une petite inspiration, sans oser le regarder dans les yeux. Il jouait avec ses mains, les menottes cliquetant légèrement à chaque mouvement. Il ne pensait pas du tout que c'était pour s'amuser ! Il secoua donc la tête, un peu plus pâle, et se mordit les lèvres. En ce moment-même, il aurait presque été heureux de voir son père à la place du colonel. Et puis, que pouvait-il répondre ? Il n'en savait rien, lui, des plans finaux de l'armée et du gouvernement ! Comment le pourrait-il ? Personne ne leur avait fait une conférence pour tout leur expliquer, à ce qu'il sache... Il avait bien sûr voulu deviner, chercher des indices, mais à chaque nouvelle découverte, le mystère ne faisait que s'épaissir un peu plus.

- Je n'en sais rien, moi ! finit-il par rétorquer. Vous ne l'avez jamais fait savoir, et je n'ai quasiment rien trouvé non plus de mon côté. Mais je sais que ce n'est pas pour s'amuser, je ne suis pas idiot à ce point. Pour mon père, je...

Depuis tout petit, Jasper avait cru que son père voulait qu'il devienne soldat pour qu'il suive ses traces, mais était-ce la seule raison ? Il n'avait vraiment commencé à lui en parler qu'à ses sept ou huit ans. L'âge de raison, diraient certains. L'âge où un don apparaît... Il baissa la tête, observant ses mains. Son père travaillait-il sur ce projet depuis si longtemps ? Depuis combien de temps l'armée traquait-elle certaines personnes, combien étaient déjà tombées entre leurs mains ? Il repensa à ceux qu'il avait vu, enfermés à l'hôpital de Gray. Il songea à Emilie. A nouveau, la peur de finir comme elle l'envahit. mais que cherchait à faire le gouvernement ?! Il leva enfin les yeux vers le colonel, le regard troublé.

- Sur quels critères vous basez-vous pour cibler une personne et pas une autre ? Je n'ai jamais rien fait d'exceptionnel avec mon don ! Vous... Toutes ces personnes, à Gray, depuis combien de temps les tenez-vous enfermées ?!

Il avait voulu reculer mais s'était buté au meuble derrière lui, et avait faillit lâcher un grognement, se sentant de plus en plus pris au piège.

- Et vous, qu'est-ce que vous fichez dans l'armée alors que vous êtes comme nous ?!
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le Dim 21 Déc - 22:21
Le colonel croisa les bras, alors que le gamin secouait la tête en jouant avec ses mains. Qu'il réfléchisse un peu, pour une fois, ça ne lui fera aucun mal ! Il était grand temps que quelqu'un se charge de lui remettre la tête à l'endroit et de lui faire prendre conscience du danger. Plus que temps que quelqu'un soit là pour lui mettre des limites et définir les règles. Il n'avait aucune idée de la situation dans laquelle il était fourré, ce pauvre gosse... Et s'il voulait s'en sortir, il faudra qu'il se bouge un peu mieux que ça ! Terminée, l'enfance, il était temps de prendre des responsabilités d'adulte. Et peu importe que ça ne lui plaise pas... Le colonel n'était pas du genre à lâcher comme ça une personne qu'il devait aider, conseiller, ou guider, quitte à être lourd, menaçant, ou même cruel, et ce gamin allait l'apprendre à ses dépends. Il ne sortira pas de cette pièce tant que Fabrice ne l'aura pas décidé, et aucune pleurnicherie ou supplication ne parviendra à l'attendrir. Pas non plus de traitement de faveur sous prétexte de son âge. Alors, gamin, des idées, enfin ? Les liens commençaient à se faire ? Ou fallait-il que Fabrice en rajoute encore pour lui faire comprendre ? Il pouvait, il avait tout le temps devant lui.

– Je n'en sais rien, moi ! finit-il par rétorquer. Vous ne l'avez jamais fait savoir, et je n'ai quasiment rien trouvé non plus de mon côté. Mais je sais que ce n'est pas pour s'amuser, je ne suis pas idiot à ce point. Pour mon père, je...

Et bien qu'il le montre, s'il n'était "pas idiot à ce point", le colonel en attendait encore la preuve ! Qu'il le montre enfin ! Ce n'était pas pour rien si, à la naissance, on naissait avec un cerveau, et pas un petit pois. Allez, ce n'était quand même pas si difficile... D'après lui, pourquoi son père tenait tant à ce qu'il entre dans l'armée ? La réponse "suivre ses traces" n'était pas suffisante. Peut-être le colonel était-il trop dur avec ce gosse, mais s'il ne lui remettait pas les idées en place, personne ne le fera. Il le fixa longuement, alors que le gamin regardait ses mains. Il devrait se douter de ce qui se tramait... Fabrice ne pouvait tout révéler, sous peine de finir en cour martiale, mais le gamin pouvait deviner, par ses propres moyens. Il releva enfin les yeux, et Fabrice retint un soupir. Il n'avait plus le droit l'erreur, à présent.

– Sur quels critères vous basez-vous pour cibler une personne et pas une autre ? Je n'ai jamais rien fait d'exceptionnel avec mon don ! Vous... Toutes ces personnes, à Gray, depuis combien de temps les tenez-vous enfermées ?!

Il commençait enfin à comprendre... Fabrice savait qu'il avait fait un tour forcé à Gray, et avait tenté de s'en échapper une petite dizaine de fois. Enfin, peu importe. Il pensait n'avoir jamais rien fait d'exceptionnel avec son don ? Mais ce n'était pas ce qui importait le plus. On regardait à la fois le niveau et le caractère d'une personne avant de "l'embaucher". Et Jasper avait fait ses preuves, sur ce terrain-là. Après examen de son dossier, il s'était révélé apte à ce qu'on voulait lui faire faire.

– Et vous, qu'est-ce que vous fichez dans l'armée alors que vous êtes comme nous ?!

– Calme-toi un peu, tu vas te remettre à pleurer, sourit-il en en se rapprochant et en posant une main sur son épaule. Tu perds un peu trop facilement ton sang-froid... Tu ne supportes pas trop d'être pris au piège, visiblement, cela donc seul suffit à te troubler ?

Il prit la chaîne des menottes et les souleva, forçant le gosse à suivre le mouvement. Il ne supportait pas d'être emprisonné, d'avoir ses gestes entravés ? Si c'était une grosse faiblesse, il devra apprendre à s'en détacher, ou au moins compenser, sinon il sera trop simple de le faire céder.

– Je t'ai déjà dit pourquoi l'armée s'intéressait à toi. Si ça peut te rassurer, tu n'es pas le seul, mais certains élèves, ou adultes, nous rejoignent de leur plein gré, cela leur évite des ennuis.

Il le prit par le bras et le traîna jusqu'à une chaise non loin où il le fit asseoir. Se mettant derrière lui, il reposa les deux mains sur ses épaules, appuyant fortement au cas où il lui prendrait l'envie de se lever ou de se débattre. Il devait absolument apprendre à garder son sang-froid, c'était une question de survie. De simple survie ! Mais finira bien par le comprendre, n'est-ce pas ? Il avait plutôt intérêt.

– Ce que je fiche dans l'armée ne regarde que moi, mon garçon. Tu peux me considérer comme un ennemi si ça te fait plaisir. On va même dire que c'est le cas, ça va nous aider pour la suite. Nous allons faire un petit exercice, veux-tu ?

Se penchant, il enleva les menottes pour les remettre ensuite dans son dos, resserrant les pinces pour lui tordre un peu les bras, sans lui faire trop de mal, cependant. C'était juste histoire de lui mettre la pression. Il lança une poignée d'étincelles brillantes vers l'ampoule, qui éclata avec un grésillement, plongeant la pièce dans le noir absolue. Parfait. Il revint à sa position initiale, souriant.

– Alors, imagine... Tu es à Gray, enfermé et attaché dans le noir, Comment vas-tu t'en sortir, sans te comporter comme un enfant ou un crétin ?
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le Lun 29 Déc - 11:34
Colonel – Calme-toi un peu, tu vas te remettre à pleurer, sourit-il en en se rapprochant et en posant une main sur son épaule. Tu perds un peu trop facilement ton sang-froid... Tu ne supportes pas trop d'être pris au piège, visiblement, cela donc seul suffit à te troubler ?

Il lui leva les mains en tirant sur les chaînes des menottes, alors que Jasper s'efforçait de ne pas répliquer, ni répondre. Il perdait peut-être facilement son sang-froid, mais après tout ce que le Colonel venait de lui balancer, il estimait avoir le doit ! Ce type venait de le pousser à bout, avant de le traîner dans les sous-sols puis de le menotter, donc il avait parfaitement le droit de craquer un peu, merci bien ! Oui, il détestait ça, mais qui pouvait se vanter d'aimer se faire arrêter et menotter, face à un militaire qui pouvait vous jeter en prison s'il lui en prenait l'envie ? Il avait quinze ans ! Il n'était pas adulte, et même plus âgé, il stresserait et serait mort de peur à l'idée d'être emprisonné. Il grimaça, sous l'air du militaire, sentant encore moins la suite. Il pouvait le lâcher, maintenant, il en avait assez dit, assez fait. C'est bon, Jasper avait compris, il faut se calmer et ne plus foncer dans le tas sans réfléchir, c'était stupide. Il avait très bien compris, merci ! Donc il pouvait partir, maintenant ? Tout de suite ?

Colonel – Je t'ai déjà dit pourquoi l'armée s'intéressait à toi. Si ça peut te rassurer, tu n'es pas le seul, mais certains élèves, ou adultes, nous rejoignent de leur plein gré, cela leur évite des ennuis.

...

Quoi ?

Des élèves les rejoignaient de leur plein gré ?! il voulut répliquer mais le militaire l'attrapa par le bars pour le traîner sur une chaise plus loin. Eh ! Une minute, là, il avait bien dit que des élèves les suivaient ?! Il dû s'asseoir, le souffle court, alors que le colonel appuyait des deux mains sur ses épaules. Il croyait qu'il allait tenter de s'enfuir ou quoi ? Même s'il le pouvait, ce serait très dur tant il avait les jambes en coton. Des élèves qui les rejoignaient de leur plein gré... Il y avait vraiment des élèves qui... Mais comment était-ce possible ?! Enfin, des élèves qui... Mais non ! Non, non, non, ça ne pouvait pas être vrai ! La tête lui en tournait, tant il trouvait cela incroyable et irréel. Il remua un peu, se tordant les mains pour contrôler sa nervosité. Il avait l'impression qu'il perdait tous ses alliés, que le monde entier se rangeait du côté du gouvernement. C'était cruel.

Colonel – Ce que je fiche dans l'armée ne regarde que moi, mon garçon. Tu peux me considérer comme un ennemi si ça te fait plaisir. On va même dire que c'est le cas, ça va nous aider pour la suite. Nous allons faire un petit exercice, veux-tu ?

De quoi ? Il ne se débattit même pas lorsque le colonel lui remit les menottes dans le dos, grimaçant juste lorsqu'elles claquèrent sur ses poignets. Ce type n'était pas un "ennemi" à ses yeux, mais Lucifer en personne, arrivé tout droit des enfers pour le tourmenter. Il n'avait jamais eu aussi peur d'une personne, pas même de son propre père. Il baissa la tête, serrant les lèvres. Si son père, d'ailleurs, se présentait maintenant dans la pièce, il n'hésiterait pas à courir se cacher derrière lui pour échapper au Colonel. Il sursauta lorsque ce dernier fit exploser l'ampoule avec une poignée d'étincelles. La pièce se trouva plongée dans le noir, et Jasper respira un peu plus vite. Il entendit le militaire revenir derrière lui et ferma très fort les yeux, pas du tout rassuré. Un petit d'aide, ce serait bien. Même un tout petit coup de main, quelque chose... Il rouvrit les yeux, essayant de s'habituer à l'obscurité. Qu'est-ce qu'il voulait ? Qu'entendait-il par "un petit exercice" ?

Colonel – Alors, imagine... Tu es à Gray, enfermé et attaché dans le noir, Comment vas-tu t'en sortir, sans te comporter comme un enfant ou un crétin ?

Il rêvait ou il était en train de l'entraîner, là ? Jasper ouvrit la bouche mais aucun son n'en sortit, tant il était stupéfait. Il fit un effort pour se reprendre, bien qu'il ignore à quoi jouait le Colonel et où il voulait en venir. En plus, que voulait-il qu'il fasse ?! Il avait les mains menottées dans le dos, et ne pouvait donc même pas utiliser son don sans se brûler lui-même. Il resta silencieux un long moment, réfléchissant à ce qu'il pouvait faire, mais son cerveau tournait à vide, les idées ne venaient pas. Juguler sa peur lui prenait déjà toute son énergie. Il baissa la tête, respirant doucement.

– Je ne sais pas, avoua-t-il dans un murmure. Je ne sais pas comment utiliser mon don, dans un cas pareil, sans me blesser tout seul. Je n'ai que quinze ans.

Il redressa la tête, les yeux fermés, cherchant toujours une idée. Savoir le militaire dans son dos avait le don de lui coller une pression incroyable. Il tira sur ses menottes mais ne réussit qu'à se faire mal. Mauvaise idée, déjà. Il regarda autour de lui, essayant de distinguer ce qu'il pouvait. Il se leva tout à coup, espérant trouver quelque chose qui lui permettrait de forcer ses entraves. La peur fit vite une place à l'agacement, mêlé à une certaine panique.

– A quoi vous jouez ?! siffla-t-il. Votre boulot, ce n'était sûrement pas ça ! Qu'est-ce que ça peut bien vous faire, à vous, la façon dont je me comporte ?
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le Lun 2 Fév - 16:42
Fabrice croisa doucement les bras, attendant. Donc, allait-il trouver le moyen ? Il en existait plusieurs, assez simples lorsqu'on y songeait, mais qu'on ne pouvait trouver lorsqu'on paniquait ou qu'on se laissait subjuguer par ses émotions. c'était ainsi que lui-même s'exerçait avec son don. Provoquer des situations volontairement difficile puis chercher une solution. D'accord, Jasper était jeune, mais il devait apprendre dès maintenant. Personne n'allait le ménager sous prétexte de son âge, et encore moins lui faciliter la tâche. Il se fera dévorer par le système s'il n'apprenait comment es débrouiller et toujours trouve un moyen de s'en sortir. Alors réfléchis... Son don pouvait lui servir ici, s'il parvenait à se calmer suffisamment pour le contrôler. Il pouvait produire une chaleur douce, la concentrer sur un des cercles métalliques, puis augmenter peu à peu la chaleur pour dilater le métal, tout en le maintenant droit pour éviter de se brûler la peau à vif. Et lorsqu'on était trop épuisé pour faire ça, ou qu'on avait été drogué, il restait toujours la possibilité de chercher un objet ou quelque chose, dans la pièce, pour forcer les menottes. Et d'autres solutions encore. Pose-toi et réfléchit. Ne jamais se laisser perturber par l'enfermement, l'obscurité, la peur. Se concentrer sur une personne que l'n aimait et qui savait nous détendre, ne penser qu'à elle et ainsi se calmer. Il attendit, impassible, que le gamin applique une solution.

– Je ne sais pas, avoua-t-il dans un murmure. Je ne sais pas comment utiliser mon don, dans un cas pareil, sans me blesser tout seul. Je n'ai que quinze ans.

Fabrice faillit soupirer. Faillit. Se retint à la dernière seconde. Il était capable d'exercices de ce genre, il l'avait déjà prouvé en cours et lors de ses entraînements personnels, c'était bien noté et souligné dans le dossier que l'armée avait sur lui. Mais il n'arrivait pas à se calmer assez pour réfléchir. Soit... Il est vrai qu'après tout ce que le colonel lui avait dit, il devait être un peu tendu, un peu sur les nerfs, un peu à cran. Peut-être arrivera-t-il mieux une prochaine fois ? En tout cas, il avait tout intérêt à prendre soin de s'entraîner, chaque fois qu'il le pouvait, ou il allait se retrouver très tôt dans des situations bien pires que celles-là.

– A quoi vous jouez ?! siffla-t-il. Votre boulot, ce n'était sûrement pas ça ! Qu'est-ce que ça peut bien vous faire, à vous, la façon dont je me comporte ?

– Ce que ça me fait ? Cela me désole de voir des jeunes comme toi se faire piéger, encore et toujours, car ils ne savent pas se contrôler. Mais soit, ça suffit pour le moment.

Il fit jaillir ses propres flammes pour éclairer la pièce et lui enleva les menottes, les fourrant dans sa poche. Il lui dit qu'il pouvait partir, à présent, qu'ils en avaient terminé pour aujourd'hui. Il regarda le gamin sortir de la pièce, pensif. Il devait s'entraîner... Lui, comme d'autres jeunes de cette école, avaient été pris pour cibles. S'ils ne se méfiaient pas, ils seront tous pris.
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