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le Lun 22 Avr - 15:54
PNJ Himako Nakajima

Haru faillit glisser sur un peu de verglas, pendant le marché, se rattrapant de justesse à un poteau et serrant par réflexe leur petite Yuki dans ses bras pour qu’elle ne chute pas. La fillette, pas du tout perturbée que son père ait failli tomber et elle avec, riait en essayant de toucher les minuscules flocons de neige tombant doucement. Himako rit à son tour et demanda à son mari si ça allait, lui prenant un des sacs de course pour qu’il puisse mieux se déplacer. C’était bon, maintenant, ils allaient pouvoir rentrer à la maison. Ils avaient mis plus de temps que de coutume, au marché, aujourd’hui, il y avait plus de monde que d’habitude, le Nouvel An avait attiré pas mal de familles, parties travailler en ville et revenues pour quelques jours chez les parents et grands-parents. Ils se glissèrent dans la vague des passants pour quitter tranquillement le village et emprunter le chemin les menant jusqu’à chez eux. Plus d’une heure pour faire les courses, c’était bien trop long, même Yuki commençait à fatiguer. Son père la remit un peu mieux dans ses bras, contre les épaules, et dit qu’il lui fera prendre son bain en rentrant à la maison.

Ils arrivaient près de chez eux lorsque Himako vit, plus loin près de leur portail, une silhouette familière dont elle se serait bien passée. Que faisait-il là… ? Elle échangea un long regard avec Haru, sourcils froncés, s‘approchant un peu plus lentement. Lui non plus n’était pas très joyeux ou à l’aise, de prime à bord. La dernière fois qu’il avait parlé avec Josuke, et le reste de la famille, ça s’était incroyablement mal passé. La mère de Himako l’avait carrément insulté car il avait mis sa fille enceinte alors qu’ils n’étaient pas mariés et, pire que tout, qu’il ne s’était jamais présenté avant à la famille, que jamais il ne s’était manifesté avant le jour où ils avaient déclaré la grossesse et leur volonté de vivre ensemble. Josuke n’avait même pas mieux réagi, pour lui, Haru était d’un irrespect total et s’était moqué de tout le monde. Himako ouvrait la bouche, en arrivant, pour lui demander ce qu’il faisait là, mais il la devança, saluant avant de dire assez vite qu’il ne venait pas pour une autre dispute mais pour parler d’Eisen. Qu’avait-il, Eisen ? Ils s’étaient revus il y a très peu de temps.

Haru – On ne va pas faire de scènes dans la rue, de toute façon.

Il poussa le portail du pied, portant sa fille d’un bras et des sacs de course de l’autre. Yuki, elle, bien trop jeune pour comprendre la situation et ne reconnaissant pas non plus cette oncle qu’elle n’avait vu qu’une seule fois, âgée de deux ou trois mois seulement, ne réagit pas, s’endormant à moitié contre l’épaule de son père. Himako inspira un grand coup, pour calmer la montée de nerfs, puis marmonna à son grand frère qu’il pouvait entrer. Une fois à l’intérieur, elle déposa les charges dans la cuisine, pendant que Haru lui lançait qu’il allait préparer tout de suite le bain de la petite, avant de la mettre à faire la sieste dans sa chambre. Il la rejoindra toute à l’heure. D’accord, merci. En attendant, elle enleva son manteau, prit aussi celui de son frère pour les mettre dans l’entrée, puis l’invita à s’asseoir dans un coin du salon, sur des coussins. Pour le moment, elle était calme, même si voir son frère chez elle était déjà assez en soi pour l’agacer.

Himako – Que veux-tu exactement ? Après ton frère et ton fils, tu découvres qu’il y a encore d’autres membres de ta famille qui ne pensent pas comme toi ? Il te faut donc vraiment un drame ou une rupture à chaque fois, avant que tu n’ouvres les yeux.

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le Lun 22 Avr - 17:21
Josuke inspira un grand coup, lavant pour la dixième fois au moins le même bol depuis cinq minutes, dans la cuisine. Il était nerveux, préoccupé, et bénissait son frère d’avoir emmené les enfants aux sources chaudes. Genji était là avec Solène qui veillait sur lui, tout comme les autres membres de la famille d’ailleurs pour ceux qui n’étaient pas encore partis, donc il n’avait plus aucune excuse. Il y avait de cela plusieurs jours maintenant, le chef de famille avait envoyé une lettre à Himako pour lui demander de l’aide au sujet d’Eisen, expliquant dedans qu’il s’inquiétait vraiment pour son frère. Sans recevoir de réponses… Il doutait même qu’elle ait vraiment ouvert la lettre, que cette dernière n’ait pas terminé son chemin dans la corbeille immédiatement. Il avait bien spécifié que c’était pour Eisen, en gros, sur l’enveloppe, en plus ! Mais, visiblement, Himako refusait tout ce qui venait de lui. Et Josuke refusait d’user de tromperies pour se faire lire, il souhaitait être honnête avec elle, regrettant déjà ce qu’il avait fait par le passé avec elle. Il avait beaucoup changé, ces derniers mois, surtout avec ce don qui le contrôlait bien plus que la normale, et ne voyait plus les choses sous le même angle.

Emiko – Laisse ce bol tranquille, tu vas l’user à force de le nettoyer, dit-elle en lui attrapant la main pour arrêter son geste. Josuke, regarde-moi… Je suis sûre que tout va bien se passer, c’est ta sœur, il y a des tensions mais Eisen est important. Tu changes. Tu as changé. Et je suis sûre qu’elle en est déjà consciente. Le principal est que tu restes calme et diplomate.

Elle avait raison… Il le savait. Mais revoir sa sœur après qu’Akane a développé le don de l’eau, et toutes les conséquences que cela engendrait, l’effrayait. Il ne se le pardonnait pas, ne se le pardonnera probablement jamais pour tout ce que ce don signifiait, mais jamais Himako ne pourra le comprendre. Il avait été faible, enfant, et ce don revenait l’ennuyer et le changer sans qu’il n’en comprenne la raison. Assoiffé comme à chaque fois qu’il subissait une certaine pression depuis son retour de la France, il but deux grands verres d’eau d’une seule traite, recevant un regard inquiet de son épouse en retour. Tout allait bien. Son don était… stable, si on le voulait, alors il pouvait se rendre chez Himako sans risquer de déclencher une inondation. Et puis, Emiko surveillerait Genji, elle le lui avait dit et l’appellerait immédiatement s’il y avait le moindre problème. Donc… Il pouvait se rendre chez elle. Il fallait seulement qu’il lui demande de parler à Eisen, de l’épauler plus que lui ne le pouvait puisqu’il l’écoutait. C’est tout.

Josuke – Bon, tu as raison, je vais y aller, dit-il en s’essuyant les mains. Les enfants sont partis avec Munemori pour la journée, tu es là et je ne suis pas loin dans le pire des cas. Je reviens vite.

Josuke l’embrassa avant de chercher son manteau pour se couvrir, voyant qu’il neigeait et faisait donc froid dehors. Ne voulant pas tomber malade une nouvelle fois, ayant donné ces dernières semaines, il enfila même plus de couches que nécessaires avant de traverser la maison pour quitter le domaine et se diriger vers la maison d’Himako. Il n’y était allé qu’une fois, connaissait l’adresse par cœur mais depuis l’accueil glacial et les tensions… Elle vivait à l’écart du village, ayant ainsi moins de chance de croiser la famille sans doute, dans une maison traditionnelle du même style que la leur. Un muret de pierres l’entourait et un portillon fermé permettait l’accès à la maison. Seulement, pour l’instant, il était fermé et tout semblait silencieux. Personne. Sans doute étaient-ils partis pour faire les courses… En ville, il y avait beaucoup de monde et il avait pris les chemins les plus écartés pour se préparer mentalement à revoir sa sœur. Il avait besoin de calme, vraiment, pour éviter le stress et une nouvelle crise avec son don qui le hantait depuis son retour. Sa famille ne savait pas, cela ne devait pas commencer avec Himako.

Par chance, sa sœur et son beau-frère, ainsi que leur petite fille, ne tardèrent pas à arriver les bras chargés de courses. Il avait vu juste. Comme pour la tête que ferait Himako… De loin, Josuke la vit nettement changer d’air et de comportement, sa seule présence suffisant à la mettre sur les nerfs. Ne pas s’énerver, garder son calme, rester poli et courtois. Il avait seulement espéré qu’Haru et Yuki ne soient pas là pour éviter de se disputer, d’aborder ce sujet devant eux… Son beau-frère ne devait pas beaucoup l’apprécier depuis la dernière fois qu’ils s’étaient vus, ce qu’il regrettait encore aujourd’hui, mais il ne pouvait pas changer le passé. Tendu et nerveux, il resta stoïque lorsqu’ils se rapprochèrent, cherchant ses mots et s’apprêtant à se faire lyncher sitôt sa sœur près de lui. C’est pourquoi il prit les devants sans lui laisser l’occasion d’en placer une, les saluant et ajoutant assez vite qu’il ne venait pas pour une autre dispute mais pour parler d’Eisen. Et, vu l’air de sa sœur, elle n’était au courant de rien… Ou alors, elle savait mais sous-estimait l’état de leur frère. Ou Eisen le cachait, même à elle ? Non, impossible.

Haru – On ne va pas faire de scènes dans la rue, de toute façon.

… Merci. Il ne s’y attendait pas, son étonnement marquant les traits de son visage, mais il remerciait intérieurement Haru pour cette réaction. S’il le détestait, en tout cas, il respectait la présence de leur fille et le fait qu’ils soient encore dans la rue. On ne se dispute pas devant les enfants et encore moins devant des inconnus, même s’ils vivaient à l’écart de la ville. Il passa le premier, poussant le portail du pied tout en tenant les courses dans une main, sa fille dans le bras disponible. Himako suivit sans que Josuke n’esquisse le moindre mouvement, espérant qu’elle accepte de le voir. S’il te plaît… Voyant sa tête, il devina qu’elle prenait énormément sur elle pour ne pas hurler, pour se calmer, et elle finit par marmonner qu’il pouvait entrer. Oh… Bon, très honnêtement, il ne s’y attendait pas, pensant qu’elle allait le remballer purement et simplement. Eisen comptait vraiment, à ses yeux, en voici la preuve concrète.

Une fois à l’intérieur, Haru porta les courses jusqu’à ce qui devait être leur cuisine, tout comme Himako, et annonça qu’il allait faire prendre son bain à la petite avant de la mettre au lit pour sa sieste. Il les rejoindrait plus tard… Josuke serait donc seul avec sa sœur au début. La nervosité grimpant d’un cran, il tâcha de respirer, ne bougeant toujours pas avant d’avoir reçu l’invitation explicite de sa sœur pour ne pas commettre d’impair. Se retrouver ici était étrange, et lui-même ne se sentait pas à sa place, mais il se concentra sur Eisen. C’était pour lui qu’il était ici… S’il devait répondre de certains actes, ou de la dispute qu’ils avaient eue tous les deux, eh bien, soit. Il le ferait. Tout ce qu’il espérait était que ses émotions n’allaient pas déclencher son don. Ce n’est qu’une fois débarrassée des courses que sa sœur revint vers lui, ôtant son manteau et prenant le sien en l’invitant à s’asseoir dans un coin du salon. Merci. Elle le rejoignit quelques secondes à peine après, ayant sûrement déposé leurs manteaux dans l’entrée.

Himako – Que veux-tu exactement ? Après ton frère et ton fils, tu découvres qu’il y a encore d’autres membres de ta famille qui ne pensent pas comme toi ? Il te faut donc vraiment un drame ou une rupture à chaque fois, avant que tu n’ouvres les yeux.

Josuke – Je te l’ai dit dehors, je viens pour Eisen. Je ne viens pas pour régler des comptes, c’est lui qui m’inquiète plus que toute autre chose. C’est pour cette raison que je suis venu, je t’ai envoyé une lettre qui est restée sans réponse et son état s’aggrave. Il ne va pas bien depuis son divorce et j’ai retrouvé de l’alcool dans sa chambre, l’autre jour. Il s’enferme et s’isole, il peut passer des heures sans mettre le nez dehors et a même sauté quelques repas.

Très honnêtement, Josuke avait failli réagir et se défendre avant de se rappeler les paroles d’Emiko. Diplomatie, bienveillance, Eisen… Il devait rester calme, s’aider de son don, pour une fois, pour ne pas s’opposer directement à sa sœur. Il venait ici pour parler avec elle et trouver des pistes pour aider leur frère. C’était le plus important, avant même leurs propres différends… Il voulait s’excuser, évidemment, lui dire tout ce qu’il avait sur le cœur, mais c’était impossible tant qu’il ne lui avait pas parlé du problème qu’Eisen rencontrait. Sa santé et son état mental étaient prioritaires, leurs discordes pourront être réglées plus tard si Himako préférait que Josuke s’en aille rapidement. Ce qu’il comprenait parfaitement. Pour reprendre dans l’ordre, le vieil homme tâcha de soutenir le regard de la jeune mère, restant calme et veillant à ne pas hausser le ton pour éviter les malentendus. Les discussions récentes avec Genji l’aidaient énormément, en cet instant précis, il devra le remercier en rentrant. Mais… Par où commencer ? Dire à Himako tout ce qu’ils avaient essayé était un début, elle aurait peut-être de meilleures idées pour l’aider comme Eisen se confiait sûrement à sa sœur.

Josuke – Je sais que c’est au chef de famille de régler ce genre de problèmes mais Eisen m’évite depuis plusieurs semaines, maintenant. J’ai dû m’absenter trois semaines pour rejoindre Genji en France, je suppose que tu connais toutes les tensions là-bas. Mais ça date d’avant… Et depuis, je ne le croise que très brièvement. J’ignore quand sa dépression a commencé, le retour au rythme normal a été assez long. Le fait est que je ne peux pas lui parler, il va se braquer et tout nier en bloc ou s’isoler encore plus, je crains le pire.

Il avait espéré que les enfants de Kimmitsu le sortent un peu de son inactivité mais… Non. Il était sombre, de plus en plus en retrait, seule la présence de son fils l’aidait à ne pas s’arrêter de vivre, selon lui. Ce qu’il ajouta pour sa sœur d’un ton grave. Il savait que la vie passée au Japon l’avait affectée, qu’il ne tolérait plus aucune forme d’autorité et le comprenait, maintenant, mais de ce côté-là… C’était trop tard. Il ne l’empêchait pas de partir, si Eisen le souhaitait, il pensait même ne pas revoir son frère après près d’un mois d’absence. Mais son divorce l’avait anéanti, complètement. Et Josuke lui-même avait été plus faible à son retour, ne pouvant pas réagir immédiatement… L’épisode de la France l’avait considérablement affaibli et il ne s’en était pas entièrement remis, étant plus âgé. Kimmitsu l’avait prévenu et lui avait dit de faire attention… Mais il n’avait pas vu le médecin depuis son retour au Japon, ne jugeant pas cela nécessaire.

Josuke – J’ai… aussi demandé à Solène si elle pouvait lui parler comme elle était extérieure à la famille, je me suis dit que cela l’aiderait. Mais elle ne le connaît pas, elle l’a vu seulement quelques fois avant les vacances et je doute que cela suffise si elle s’y met toute seule. D’où ma présence ici… Eisen te parle, se confie à toi et tu ne représentes pas tout ce qu’il déteste, au contraire. Je sais que tu as le caractère pour le faire réagir, peut-être même se reprendre en main, et je suis prêt à t’aider si je le peux. Mais j’ai besoin de toi. J’ai peur pour lui.

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le Ven 26 Avr - 11:40
PNJ Himako Nakajima

Une petite technique toute bête, pour Himako, afin d’éviter de s’énerver ou d’avoir un geste malencontreux à l’égard d’une personne qu’elle avait présentement beaucoup de mal à supporter, consistait à avoir quelque chose dans les mains, quelque chose pour y focaliser une partie de son esprit, le reste suivant la conversation, et ainsi éviter tout geste malheureux. Elle avait donc repris en main la broderie entamée la veille, soit des petits oiseaux qu’elle comptait coudre sur un des pyjamas de sa fille, pendant que son cher frère aîné embrayait sur le sujet l’ayant amené ici. C’est vrai, il lui avait bien adressé une lettre, qu’elle avait aussitôt brûlé dehors sans la lire, les cendres avaient dû être recouvertes par la neige, depuis. En silence, elle se retint de soulever la première ânerie qu’il pu lancer, que l’état d’Eisen s’aggravait alors qu’il s’était, au contraire, amélioré depuis deux semaines. Parce qu’il avait son fils avec lui et qu’il ne voulait pas se laisser totalement sombrer pour lui, pour être là. Ce bébé était le fil solide le reliant à la vie, Josuke ne l’avait pas encore réalisé ? Quoi que ça devait être bien trop lui demander ! Elle en arrivait même à se demander s’il aimait vraiment ses enfants, pour avoir réalisé aussi tard, bien trop tard, le malaise de son fils.

De toute façon, à quoi s’attendre d’autre, il avait été trop conditionné, preuve en était ce don disparu et revenu soudainement. Elle avait un peu échangé là-dessus avec Kimmitsu, d’abord pour comprendre comment et pourquoi un don disparu pouvait revenir de cette manière, ensuite pour comprendre comment une personne pouvait le perdre à cet âge, à quel point il fallait alors être malléable pour que ça puisse se produire. Et voilà qu’aujourd’hui, leur frère se demandait pourquoi Eisen l’évitait ! D’où sortait cette nouvelle question stupide ? Allons donc, mais oui, pourquoi Eisen tâcherait-il d’éviter un homme autant conditionné par leur défunt père, après avoir vu ce qu’il résultait de posséder un don, surtout le vent, dans cette famille ? Pourquoi aurait-il été se confier à lui alors qu’il voyait, depuis plus de deux ans, les relations entre son aîné et Genji se dégrader à ce point, alors qu’ils étaient père et fils ? La seule action intelligente qu’il ait pu faire, ces derniers mois, avait effectivement d’envoyer Genji chez son oncle. Même si le pays était en guerre, Kimmitsu restait l’un des plus à mêmes d’aider son neveu, dans une telle situation.

Ce qu’elle voyait, c’est que son frère aîné se défaussait, une fois de plus. Qu’au lieu de réfléchir à tous les moyens possibles pour renouer le dialogue, d’essayer, patiemment, encore et encore, il se contentait de relancer ça sur d’autres en leur demandant d’agir à sa place. Solène n’était pas « extérieure » à la famille, non, en revanche, elle ne connaissait pas encore bien leur petit frère. Et avait sûrement déjà assez à penser, avec ses propres frères et sa sœur en danger de mort en France.

Josuke – Eisen te parle, se confie à toi et tu ne représentes pas tout ce qu’il déteste, au contraire. Je sais que tu as le caractère pour le faire réagir, peut-être même se reprendre en main, et je suis prêt à t’aider si je le peux. Mais j’ai besoin de toi. J’ai peur pour lui.

Himako – Mon cher frère, l’état d’Eisen s’est amélioré. Je le vois déjà régulièrement depuis un peu plus d’un an, quand il a commencé à se sentir plus mal. Tu ne veux pas connaître les idées qu’il a pu avoir, durant une époque… Depuis la naissance de son fils, il s’accroche beaucoup plus. Oui, il boit, on le sait, ça ne soigne pas comme ça. Et ça n’ira pas mieux si ni toi ni les autres n’insistez pas beaucoup plus que ça.

Pourquoi lui demander ça, de toute façon, il était à la fois aveugle et ignorant ! Himako était vraiment exaspérée. Un long soupir lui échappa, tandis qu’elle poursuivait sa broderie avec des gestes un peu plus vifs qu’il ne le faudrait.

Himako – Concrètement, qu’es-tu capable de faire ?

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le Lun 29 Avr - 20:10
Himako – Mon cher frère, l’état d’Eisen s’est amélioré. Je le vois déjà régulièrement depuis un peu plus d’un an, quand il a commencé à se sentir plus mal. Tu ne veux pas connaître les idées qu’il a pu avoir, durant une époque… Depuis la naissance de son fils, il s’accroche beaucoup plus. Oui, il boit, on le sait, ça ne soigne pas comme ça. Et ça n’ira pas mieux si ni toi ni les autres n’insistez pas beaucoup plus que ça.

Insister ? Sa sœur voulait que Josuke insiste et soit davantage derrière Eisen pour l’aider à aller mieux ? Mais ils couraient au fiasco s’il agissait ainsi ! Elle poussa un long soupir, toujours occupée à sa broderie depuis qu’ils étaient entrés. Il ignorait comment aider leur frère sans être un poids, pour lui. Il avait compris comment agir avec Genji, ce qu’il ressentait, ils renouaient tous deux des liens plus forts à mesure que les semaines s’écoulaient et avaient beaucoup discuté ensemble. Mais Eisen… Depuis leur dispute, le vieil homme avait l’impression que quelque chose d’irréparable s’était brisé. Il n’osait plus obliger son petit frère à lui parler ou à agir contre son gré, conscient que toutes ces tensions l’étouffaient comme elles avaient étouffé Genji pendant toutes ces années – surtout les deux dernières. Naturellement, le reste de la famille n’allait pas insister, ce n’était pas son rôle. Et Josuke voulait bien, mais… comment sans que cela ne paraisse être une agression ? Ne pas pouvoir aider Eisen le rendait malade mais il craignait d’aggraver la situation en s’en mêlant.

Himako – Concrètement, qu’es-tu capable de faire ?

Josuke – Je… Tout ce qu’il faudra pour l’aider, dit-il, décontenancé. Je peux retirer ou contrôler pour les boissons, l’impliquer dans la maison mais il risque de ne pas bien le prendre… Je fais d’immenses efforts, je t’assure, mais la dernière fois que je lui ai parlé en voulant l’aider a été un désastre. Insister et lui imposer ma présence après les récentes tensions qui existent entre nous n’est peut-être pas la meilleure idée pour l’aider. Je suis sincère en te disant que je m’inquiète, je ne viens pas te trouver sans raison, je sais que tu ne me supportes pas.

Et encore, le mot était faible… Himako avait raison en disant qu’il s’était laissé faire, lui-même s’en voulait toujours pour ce don perdu – et retrouvé, mais elle l’ignorait – et ces années de supplice qu’avaient vécu Kimmitsu, Himako, Eisen et Genji. Il était désolé, vraiment, et chaque mot qu’il prononcera ne rattrapera pas le passé, ce qu’il dit à sa sœur, mais il ne pouvait rien changer. Il s’inquiétait pour son frère, ses frères, et son fils. Il ne pouvait rester inactif, tout était de sa faute et il en était parfaitement conscient mais là n’était pas le sujet. Pas entièrement, du moins. Et puis, qu’attendait Himako, exactement ? Qu’il dise qu’il était désolé, qu’il n’aurait jamais dû agir comme cela ? Le mal était fait. Il ne pouvait que modifier le futur, essayer de se rattraper et d’améliorer le quotidien des personnes à qui il tenait. Mais ensuite ?

Josuke – Je ne suis pas là pour faire mon mea culpa, je ne suis pas le sujet et ne te dérangerai pas plus que nécessaire. J’ignore seulement comment aider Eisen sans lui imposer mes choix et ma présence alors que je ne fais qu’aggraver les choses. La relation avec Genji et Kimmitsu s’est arrangée, grandement, mais vous deux, c’est… plus difficile. Vous avez raison, je ne dis pas le contraire ! Mais tu comprends Eisen plus que moi, il s’est confié à toi directement et tu sais ce qui le ferait bouger. Je suis disposé à agir de mon côté, mais j’ai vraiment besoin de toi pour savoir ce dont il a réellement besoin. La dernière fois était… catastrophique. Nous nous sommes tous les deux emportés, à tort, et je préfère éviter de réitérer l’expérience.

Il n’était pas là pour se disputer avec sa sœur, il cherchait seulement à aider Eisen, c’est tout. Pas là pour parler de lui ou de ce qu’il avait fait. Le sujet était leur frère. Leur frère, et rien d’autre. Et puis… Il ne voulait pas s’énerver, d’une parce qu’il espérait que cette discussion se passerait bien, de deux parce qu’il ne voulait pas que son don se déclenche sans crier gare. Elle ignorait qu’il s’était débloqué, plus fort qu’avant qui plus est, inutile de le lui apprendre de cette manière… Comment réagiraient les autres membres de la famille, s’ils le savaient ? Il tâchait de rester détendu, de respirer, mais sentait que la tension grimpait dans la pièce à mesure que les secondes s’écoulaient et cela ne lui plaisait pas du tout. En fin de compte, Himako était plus effrayante que Kimmitsu parce qu’elle était plus proche, plus colérique et moins diplomate. Son frère, en revanche, était plus énervant parce qu’il était un des seuls, si pas le seul, à réussir à le faire parler… Josuke plaça ses mains sur ses genoux, faillit même jouer avec mais se retint à la dernière seconde pour ne pas montrer son malaise. Se retrouver ici était étrange, être dans cette position était étrange, demander de l’aide à Himako et craindre une crise de colère était étrange. Il était prêt à l’écouter, vraiment. Et à ne pas la contrarier, surtout.

Josuke – Je suis prêt à t’écouter, à faire tout ce qu’il faut, à défaut d’avoir agi correctement par le passé. J’ignore comment lui parler pour ne pas le braquer et faire pire… Avec son don, il a forcément besoin de plus de liberté mais cette liberté, sans soutien, ne l’aide pas pour l’instant. Mais que veux-tu que je fasse devant la boisson ? Je ne vais pas lui prendre les bouteilles des mains, tout de même, ce sera pire ! Et je n’ai pas envie de déclencher une autre dispute, les choses risqueraient de dégénérer, cette fois-ci. Il y a beaucoup d’événements qui sont arrivés, depuis la dernière fois. Alors, le rentre-dedans, il vaut mieux éviter…

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le Jeu 4 Juil - 14:46
Aucun effort ne parvenait encore à chasser la colère la brûlant toujours. Et tout ce que disait son grand frère comme réponse, pour le moment, ne servait qu’à jeter de l’huile sur le feu. Il ne savait pas quoi, il ne savait pas insister, il ne savait pas diriger, il ne savait pas être ce chef de famille qu’on attendait de lui, il ne savait même pas comment comprendre sa propre famille, sans parler de l’aider. Ça l’énervait, autant que ça le blessait, car elle avait toujours eu l’impression qu’il avait toujours cherché à être le « bon élève » avec leur père, sans plus, il s’était laissé mener, et aujourd’hui, il était là, sans être là, il… Elle en avait assez. Il ne proposait aucune solution concrète ! Il restait planté là, comme une ombre, qui attende que les autres valident ses maigres solutions. Elle avait envie de le secouer, de crier, de pleurer, ou elle ne savait quoi encore, cette situation l’exaspérait. Pourquoi ne voyait-il pas ses responsabilités en face ?! On ne s’occupe pas d’une famille comme on s’occupe de sa petite entreprise. Surtout lorsque la famille s’était déjà déchirée de cette façon.

Le pire, c’est qu’il ne comprenait même pas que s’emporter était parfois utile. La colère aidait à faire sortir les mots, à agir, prendre des décisions ! C’était bien à cause de la colère qu’elle avait enfin décidé de partir, de ne plus écouter ni sa mère ni les autres pour enfin obtenir la vie qu’elle souhaitait, sans entraves. C’était par colère contre leur père que Kimmitsu était parti, lui aussi ! S’emporter, ne plus se retenir, c’était aussi enfin lâcher la pression et la vérité, ses véritables envies. Craquer, c’était ne plus pouvoir garder en soi, comme un poison, tout ce qui vous rongeait ! C’était se libérer et Josuke était incapable de comprendre ça. Forcément, s’il avait eu le don de l’eau, ce n’était pas pour rien… Passif, renfermé, ne se révélant que dans les moments les plus agités, avant de redevenir lisse. Ils n’étaient sans doute pas faits pour s’entendre. Pouvait-il seulement comprendre ? Elle respira doucement, les mains légèrement tremblantes, alors que son instinct lui intimait de se lever et partir. Mais c’était impossible, pas pour le moment. « Si ta nature est faite de feu, c’est la loi, tu brûleras ».

Josuke – Je suis prêt à t’écouter, à faire tout ce qu’il faut, à défaut d’avoir agi correctement par le passé. J’ignore comment lui parler pour ne pas le braquer et faire pire… Avec son don, il a forcément besoin de plus de liberté mais cette liberté, sans soutien, ne l’aide pas pour l’instant. Mais que veux-tu que je fasse devant la boisson ? Je ne vais pas lui prendre les bouteilles des mains, tout de même, ce sera pire ! Et je n’ai pas envie de déclencher une autre dispute, les choses risqueraient de dégénérer, cette fois-ci. Il y a beaucoup d’événements qui sont arrivés, depuis la dernière fois. Alors, le rentre-dedans, il vaut mieux éviter…

Himako – Tu ne comprends toujours pas ce qui fonctionne pour les élémentaires vent et feu ? Tu l’as pourtant vécu il y a quelques mois. Donc…

Elle inspira à nouveau, plus profondément, pour ne pas se mettre à crier comme une hystérique et ne pas inquiéter sa famille, puis reposa broderie sur le côté. On allait faire un effort… Un gros effort… Histoire de gagner un peu de temps pour ne pas se laisser déborder par ses émotions, elle se leva et alla d’abord préparer rapidement du thé. Avoir quelque chose de chaud à boire fera du bien à tout le monde, n’est-ce pas ? Sans y mettre les formes, tant pis… Elle se contenta du plus simple et le rapporta dans le salon, avant de se rasseoir, cette fois un peu plus près de son frère. Allez, pour le moment, du calme, zen, sérénité, soleil, petits oiseaux, tout va très bien. Elle prit la tasse brûlante et fumante entre ses mains, toujours réconfortée par la chaleur. Les journées telles aujourd’hui, avec la neige, étaient lin d’être ses favorites.

Himako – Rester lent, agir doucement, garder ce qu’on pense pour soi, lorsqu’on possède un don offensif, c’est une mauvaise idée. Une très mauvaise idée. Tu dois avoir compris que ce sont des dons, contrairement à l’eau, qui influencent, non ? La colère, les passions, les disputes, le rentre-dedans, tout ça, mon cher frère, est justement le plus efficace pour faire sortir ce qui ne va pas ! Plus un élémentaire vent ou feu se repliera sur lui-même, moins il parlera, moins il ira de l’avent, et plus son pouvoir se débattra, jusqu’à arriver à un niveau dangereux. Tu réalises que c’est ce qu’il s’est passé pour Genji, au moins ? Il s’est renfermé sur lui-même. Ce n’est qu’avec les disputes et la colère qu’il a pu se libérer et enfin se sentir mieux. C’est la même chose pour Kimmitsu et pour moi, c’est la colère qui nous a fait partir.

La rancœur, le dégoût, la lassitude, le mépris, tant de sentiments très négatifs, mais qui, une fois exposés, vous lâchaient et vous laissaient vivre en paix. Mieux, les exprimer leur avait permis à tous les deux de se détacher assez de leurs sources respectives de problèmes pour fuir, vivre en les ignorant ! Elle but un peu, les yeux fermés, avant de soupirer.

Himako – Le rentre-dedans et la provocation marchent très bien. Les élémentaires offensifs ont besoin d’être secoués, quand quelque chose ne va pas. Car c’est ça qui fera prendre les décisions. Ça a fonctionné pour Kimmitsu, pour moi et pour ton propre fils. Donc pourquoi pas Eisen ? Et ça te ferait sûrement du bien à toi aussi, de relâcher ton pouvoir.

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le Dim 14 Juil - 10:52
Himako – Tu ne comprends toujours pas ce qui fonctionne pour les élémentaires vent et feu ? Tu l’as pourtant vécu il y a quelques mois. Donc…

De q… Pardon ? Mais de quoi Himako parlait-elle ? Josuke l’avait vécu il y avait de cela quelques mois… Les disputes avec Genji, ses frères, les problèmes en France ? Il s’était passé tellement d’événements en l’espace de quelques mois que, très sincèrement, il ne voyait pas à quoi sa sœur faisait référence. Et, surtout, en quoi lesdits événements étaient susceptibles d’aider Eisen à ne plus boire, à aller mieux et à sortir de cette phase dépressive. Cependant, il ne prononça pas un mot et attendit la suite, se doutant qu’elle allait expliquer dans les secondes qui venaient. Ou pas… Au lieu de continuer sur sa lancée, Himako inspira une fois encore, posa sa broderie sur le côté et se leva pour… préparer du thé. En général, ce n’était pas bon signe lorsqu’elle agissait de cette manière, il sentait qu’elle était en train de bouillir intérieurement alors qu’il faisait tout son possible pour éviter de se faire hurler dessus. Il faisait de son mieux, vraiment ! Qu’attendait-elle de lui ? Il était perdu, voilà tout, il n’arrêtait pas de faire ce qu’il pensait être le mieux pour sa famille et se plantait lamentablement à chaque fois. Du moins, pour les élémentaires faisant partie de leur famille… Pour les autres, tout allait bien tant que le sujet des dons n’était pas évoqué. Ce qu’il voulait, précisément, changer.

Mais discuter de ce sujet avec Himako, la plus colérique de toute la famille, était synonyme d’explosion imminente au moindre mot prononcé de travers. Et, des paroles malencontreuses, Josuke avait l’impression d’en avoir prononcées déjà un bon nombre depuis qu’il était entré dans cette maison… Et il continuait de s’enfoncer, encore, et encore. Preuve en était avec ce besoin qu’avait sa sœur de prendre de longues inspirations et de faire du thé. Il savait que les élémentaires de Feu s’emportaient vite, mais tout de même ! Au fond, peut-être Himako et lui n’étaient-ils pas destinés à s’entendre… S’il possédait à nouveau le don de l’eau, ce serait logique. Mais cela, elle l’ignorait. Il resta droit, sans oser faire de gestes au cas où quelque chose l’énerverait davantage, attendant simplement qu’elle dépose le plateau sur lequel elle avait déposé l’essentiel pour le thé – mais il ne s’en formalisa même pas, notant qu’elle était clairement sur le point de craquer, de hurler, qu’elle se contenait depuis le moment même où il s’était montré à elle. Finalement, c’était une mauvaise idée… Josuke voulait aider Eisen, oui, mais énerver Himako et en subir les conséquences, était-ce vraiment indispensable ? En parler à Kimmitsu, sinon… Cependant, il ne bougea pas, laissant sa sœur servir le thé et prendre une tasse entre ses mains, la chaleur la réconfortant sans doute.

Himako – Rester lent, agir doucement, garder ce qu’on pense pour soi, lorsqu’on possède un don offensif, c’est une mauvaise idée. Une très mauvaise idée. Tu dois avoir compris que ce sont des dons, contrairement à l’eau, qui influencent, non ? La colère, les passions, les disputes, le rentre-dedans, tout ça, mon cher frère, est justement le plus efficace pour faire sortir ce qui ne va pas ! Plus un élémentaire vent ou feu se repliera sur lui-même, moins il parlera, moins il ira de l’avant, et plus son pouvoir se débattra, jusqu’à arriver à un niveau dangereux. Tu réalises que c’est ce qu’il s’est passé pour Genji, au moins ? Il s’est renfermé sur lui-même. Ce n’est qu’avec les disputes et la colère qu’il a pu se libérer et enfin se sentir mieux. C’est la même chose pour Kimmitsu et pour moi, c’est la colère qui nous a fait partir.

Oh… Josuke lança un regard à sa sœur, toujours silencieux, pensant à ce qu’elle venait de dire. En règle générale, plus on était rendre-dedans, plus la personne réagissait : et ce, même sans être un élémentaire. Mais jamais il n’aurait pensé qu’il était primordial d’agir de la sorte avec Eisen… D’un coup, même sans vraiment y prêter attention, il comprenait mieux la réaction du jeune Jasper avec qui il avait essayé la douceur pour éviter de le braquer. Eisen était comme lui, en fin de compte… Himako but un peu de thé avant de soupirer sans que lui-même ne réponde quoi que ce soit, ni même ne la regarde d’ailleurs. « Contrairement à l’eau ». Ah, ah. La pique gratuite, merci bien, histoire de dire qu’elle savait bien pour Akane mais que ce n’était pas le sujet, ici. Heureusement, en un sens… Il n’avait jamais envisagé d’agir plus durement avec Eisen, encore moins avec Genji qui le trouvait déjà dur, alors comment penser que c’est ce dont ils avaient besoin ? Le pousser à bout pour qu’il exprime tout ce qu’il ressentait était donc la seule solution ? Et lui qui préférait le tact, merci… Il n’était même pas sûr de pouvoir le faire.

Himako – Le rentre-dedans et la provocation marchent très bien. Les élémentaires offensifs ont besoin d’être secoués, quand quelque chose ne va pas. Car c’est ça qui fera prendre les décisions. Ça a fonctionné pour Kimmitsu, pour moi et pour ton propre fils. Donc pourquoi pas Eisen ? Et ça te ferait sûrement du bien à toi aussi, de relâcher ton pouvoir.

Josuke – De quel pouvoir parles-tu ?, lâcha-t-il immédiatement, plus pâle néanmoins. J’en ai eu un par l…

Himako l’interrompit directement en lui disant qu’elle savait pour son don et qu’il ne devait pas la prendre, une fois de plus, pour une conne. Vu le geste qu’elle avait eu, elle se retenait visiblement de lui jeter le contenu de sa tasse à la figure, Josuke se taisant aussitôt avec un léger geste de la main instinctif pour se protéger. Pendant quelques secondes, il s’efforça difficilement de soutenir son regard mais tourna sa tête pour éviter de croiser la fureur dans les yeux de sa sœur. Comment savait-elle… ? Il… Il n’avait rien dit, à personne. Les seuls au courant étaient Munemori, Solène, Genji et Emiko. Qui ne parlaient pas ou plus à Himako, ignorant même peut-être l’endroit où elle vivait. Le seul qui aurait pu lui dire… Oh. Kimmitsu. Il lui demanda si c’était bien leur frère qui l’avait mise au courant, sans vraiment attendre de réponse puisqu’il était la seule personne susceptible de la prévenir. Il… Il ne s’attendait pas à cela en venant trouver sa sœur. Il laissa un silence s’installer, réfléchissant à ses paroles et à la manière d’agir maintenant. Il ignorait ce que son frère avait dit à Himako mais il sentait que, s’il mentait face à elle, les choses seraient bien pires. Et, d’un autre côté… Il était aussi là pour Eisen. Même si, apparemment, la solution était toute trouvée. Le rentre-dedans. Josuke prit une petite inspiration, jetant un bref regard à sa sœur. Ce n’était plus le chef de famille qui s’adressait à elle, cette fois, mais juste le frère qui voulait s’excuser.

Josuke – J’ignore ce que Kimmitsu t’a dit… Mais ce n’est pas normal que ce don revienne comme cela chez moi après toutes ces années, surtout aussi puissant. J’ai été « malade » plusieurs semaines en France, seuls Munemori, Solène, Genji, Emiko et Kimmitsu savent la vérité pour cette longue absence. Ce n’est pas une question d’assumer ou non ce pouvoir, il est présent et le nier serait dangereux d’après ce que j’ai compris, mais… Je ne peux pas le dire aux autres membres de la famille. A cause de ma place. Quant au fait de relâcher un pouvoir, comment veux-tu que je sache le faire ? J’ai vieilli sans don, Himako. Il est revenu au milieu de la nuit, en France, et je me suis réveillé après avoir inondé l’ancienne chambre de mes neveux. Cette rencontre n’encourage pas à relâcher ce pouvoir dont je ne connais rien, surtout la puissance.

Le père de famille ajouta, plus bas, que la priorité était Eisen, que lui-même ferait avec, du moins le temps de tout arranger. Au fond, même s’il n’allait pas l’avouer à sa sœur, ce don l’effrayait parce que trop puissant, réveillé alors qu’il se rapprochait des cinquante ans à un moment de l’Histoire où les élémentaires étaient, plus que jamais, pointés du doigt. Sans oublier la place que leur père lui avait attribuée… Il avait toujours détesté les dons, avait poussé ceux qui en avaient à quitter la famille. Comment le prendraient les autres s’ils apprenaient que celui qui les guidait avait un don, puissant, et n’en avait jamais parlé ? La première réaction serait « il a menti » et la deuxième, en plus du souhait de quitter la famille, serait « c’est dangereux ». Alors qu’il essayait de les faire accepter de plus en plus, depuis que Genji et lui s’étaient gravement disputés… L’eau, ce n’était pas dangereux. Tout au plus retomberait-il encore malade mais, avant cela, il aura eu le temps d’arranger un peu les choses. Mais soit, c’était son problème, il devait gérer ce pouvoir seul. Pour Eisen… Faire du rentre-dedans suffirait selon elle. Donc il prendrait les bouteilles et le mettrait devant le fait accompli, si c’est ce qu’elle jugeait nécessaire.

Josuke – Pour Eisen… Quand tu dis « faire du rentre-dedans », prendre les bouteilles et le mettre devant le fait accompli est suffisant ? Ou tu avais une autre idée derrière la tête ? Je ne vais pas t’ennuyer plus longtemps, tu as ta famille qui t’attend.

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le Mer 7 Aoû - 8:25
Josuke – De quel pouvoir parles-tu ? J’en ai eu un par l…

Qu’il arrête un peu de la prendre pour une énorme conne ! Si elle put ne pas le hurler trop fort, elle ne se retint par contre que d’extrême justesse de ne pas lui jeter le contenu de sa tasse de thé à la figure. Il venait aussi soi-disant pour demander son aide, puis il essayait de lui mentir ?! Il pouvait, de son côté, lui reprocher son tempérament colérique, le manque de discipline et tout ce qu’il voulait, mais elle ne mentait jamais ! Lorsque leur mère, par exemple, lui avait demandé pourquoi elle sortait si souvent, Himako lui avait répondu sans détours qu’elle fréquentait quelqu’un et avait aussi dit sans se cacher qu’elle comptait épouser ladite personne, que ça plaise ou non à sa chère famille. Elle hocha la tête avec raideur lorsqu’il demanda si c’était Kimmitsu qui lui en avait parlé. Bien évidemment ! Ils continuaient d’avoir une correspondance régulière, depuis son départ du pays, car elle était sans doute la plus à même, à cette époque et encore aujourd’hui, de comprendre ce qu’il vivait. Jetant un regard en biais, pour vérifier si Haru avait fini, elle entendit quelques petits échos de voix dans la salle de bain. Il devait encore y être occupé avec leur fille. Dommage.

Josuke – J’ignore ce que Kimmitsu t’a dit… Mais ce n’est pas normal que ce don revienne comme cela chez moi après toutes ces années, surtout aussi puissant. J’ai été « malade » plusieurs semaines en France, seuls Munemori, Solène, Genji, Emiko et Kimmitsu savent la vérité pour cette longue absence. Ce n’est pas une question d’assumer ou non ce pouvoir, il est présent et le nier serait dangereux d’après ce que j’ai compris, mais… Je ne peux pas le dire aux autres membres de la famille. A cause de ma place. Quant au fait de relâcher un pouvoir, comment veux-tu que je sache le faire ? J’ai vieilli sans don, Himako. Il est revenu au milieu de la nuit, en France, et je me suis réveillé après avoir inondé l’ancienne chambre de mes neveux. Cette rencontre n’encourage pas à relâcher ce pouvoir dont je ne connais rien, surtout la puissance.

Pas la peine de lui faire un long discours simplement pour avouer qu’il avait la trouille et pour faire semblant d’ignorer qu’il y avait, dans le village et ailleurs, assez de personnes capables de lui expliquer comment on relâchait et maîtrisait un pouvoir. Il fera avec, hein … ? Bien sûr ! C’est évidemment très facile de se débrouiller seul avec un pouvoir lorsqu’on n’y connaît rien ! Il pouvait lui rappeler un peu ce qui s’était passé avec son propre fils… ? Car s’il pensait que ce n’était « que de l’eau », il était loin, si loin du compte ! Avec une puissance assez élevée, l’eau pouvait emporter des maisons entières sur son passage ! Un élément furieux, peu importe lequel, avait obligatoirement un potentiel de risques très élevé. Terminant sa tasse en deux gorgées, elle retint un long soupir, jouant avec en la faisant tourner entre ses doigts. Ce n’est pas tant qu’elle voulait rester fâchée à jamais avec sa famille, cependant, il y avait des choses qu’elle ne pouvait pas accepter, certaines anciennes, d’autres récentes, passer au-dessus lui était impossible.

Josuke – Pour Eisen… Quand tu dis « faire du rentre-dedans », prendre les bouteilles et le mettre devant le fait accompli est suffisant ? Ou tu avais une autre idée derrière la tête ? Je ne vais pas t’ennuyer plus longtemps, tu as ta famille qui t’attend.

Himako – Je suis sûre que tu vas réussir à te débrouiller, grinça-t-elle des dents d’un ton cynique. Tu sais comment provoquer les gens, après tout. Souviens-toi juste de toutes les fois où tu lançais à Kimmitsu d’arrêter ses caprices ou de vouloir blesser sciemment notre père, en refusant de lui obéir ou en lui manquant de respect. C’est pile le genre de petites phrases qui énerve assez les gens pour les faire réagir. Atténue quand même un peu, par contre. Comme ça, Eisen mettra peut-être moins de dix ans à revenir vous voir, lui.

Une pique parfaitement gratuite, quoi que pas tant que ça, puisque la scène méritait largement, selon elle, la peine qu’il remarque combien c’était cruel. Du haut de ses douze ans, elle avait entendu, et vu de loin, la dispute entre Kimmitsu et leur père, une de plus, à peine un ou deux mois avant qu’il ne quitte la maison. Puis Josuke qui lui avait ensuite balancé d’arrêter de vouloir sans cesse déshonorer leur père et refuser de lui obéir alors qu’il avait toujours tout fait pour eux, qu’il devrait arrêter ses caprices. Et ce alors que Kimmitsu comptait tenter de lui expliquer pourquoi il agissait vraiment comme ça. Himako s’en souviendra sans doute toute sa vie, tant le moment l’avait marquée, pas juste par la violence verbale de la scène mais parce que c’était bien ce jour-là qu’elle avait réalisé que les dons étaient et resteront des moteurs essentiels et incompris.

Himako – Quant à ton don, ne t’inquiète pas ! Tu peux essayer de le cacher à tout le monde et faire avec sans aucun souci, ce n’est que de l’eau, n’est-ce pas ? Rien de dangereux. Jamais, dans ce monde, on a vu qui que ce soit perdre le contrôle après avoir voulu écarter un pouvoir ou ne pas tenter de le maîtriser, pas vrai ? Les seuls à dire que ce n’est « que de l’eau », ce sont ceux qui ne savent pas s’en servir. Tu as peur d’être rejeté ? Ce sera le cas si tu le caches et si ce don finit par leur exploser à la figure au pire moment qui soit. Comme si c’était dur de trouver une personne avec le même élément, dans le coin, qui puisse t’apprendre à le contrôler.

Elle s’interrompit lorsque Haru revint finalement dans la pièce, en lui disant que la petite était couchée pour faire sa sieste, puis s’assit à côté d’elle. Himako lui demanda s’il voulait du thé aussi et il secoua la tête, avec un petit sourire. Vrai qu’il n’en buvait pas beaucoup, d’habitude, il préférait l’eau, parfois un pue de jus de fruit frais, sans plus. Il salua ensuite plus poliment et formellement son beau-frère, d’un ton presque forcé. Ce devait être la… deuxième fois qu’ils se voyaient face à face ? La première fois, trois mois après la naissance de Yuki et alors que le couple venait de se marier, ils s’étaient croisés par hasard et Josuke l’avait pas mal tancé. Naissance avant le mariage, irrespect, déshonneur, etc.

Haru – Relâcher complètement un pouvoir au moins une fois permet d’en évaluer correctement la puissance, ça aide aussi à l’apaiser. Il ne faut pas en avoir peur.

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le Jeu 8 Aoû - 20:53
Himako – Je suis sûre que tu vas réussir à te débrouiller, grinça-t-elle des dents d’un ton cynique. Tu sais comment provoquer les gens, après tout. Souviens-toi juste de toutes les fois où tu lançais à Kimmitsu d’arrêter ses caprices ou de vouloir blesser sciemment notre père, en refusant de lui obéir ou en lui manquant de respect. C’est pile le genre de petites phrases qui énerve assez les gens pour les faire réagir. Atténue quand même un peu, par contre. Comme ça, Eisen mettra peut-être moins de dix ans à revenir vous voir, lui.

C’était… mérité. Josuke ne pouvait même pas s’offusquer ou crier à la pique gratuite et méchante. Himako avait raison et il s’était préparé à ce genre de phrases de sa part. Il n’avait pas espéré venir ici, discuter avec sa sœur, et ne pas se prendre de remarques sur le passé. Que pouvait-il y faire ? Il ne pouvait rien réparer, rien effacer. Il faisait de son mieux pour arranger les choses mais se retrouvait démuni face à ses frères et sœur parce qu’il avait trop traîné. Et… Honnêtement, sans Genji, il n’aurait absolument rien changé. Il pouvait se voiler la face, dire qu’il aurait fini par ouvrir les yeux, mais ce serait mentir. Seul son fils était responsable du changement radical de comportement qu’il avait eu depuis le mois d’août, et c’était tant mieux. Depuis, Josuke avait appris à connaître les dons, au moins un minimum, et comprenait bien mieux les réactions de Kimmitsu. Rien n’était de sa faute, c’était plus fort que lui et… Comment lui en vouloir ? Leur père s’était attaqué à lui, constamment, et avait fait la même chose avec son fils aîné. Jusqu’à étouffer son pouvoir…

Himako – Quant à ton don, ne t’inquiète pas ! Tu peux essayer de le cacher à tout le monde et faire avec sans aucun souci, ce n’est que de l’eau, n’est-ce pas ? Rien de dangereux. Jamais, dans ce monde, on a vu qui que ce soit perdre le contrôle après avoir voulu écarter un pouvoir ou ne pas tenter de le maîtriser, pas vrai ? Les seuls à dire que ce n’est « que de l’eau », ce sont ceux qui ne savent pas s’en servir. Tu as peur d’être rejeté ? Ce sera le cas si tu le caches et si ce don finit par leur exploser à la figure au pire moment qui soit. Comme si c’était dur de trouver une personne avec le même élément, dans le coin, qui puisse t’apprendre à le contrôler.

Himako s’interrompit en voyant Haru revenir dans la pièce, annonçant que leur fille était couchée pour la sieste, avant de s’asseoir à côté de sa femme. Jamais Josuke n’aurait cru être aussi heureux de voir quelqu’un débarquer… Maintenant que sa sœur en avait fini avec le sujet « Eisen », elle attaquait de nouveau sur le sujet « pouvoir ». Mais pourquoi ? Ce n’était pas essentiel, même si elle avait… sans doute raison pour l’importance d’utiliser ce don. Kimmitsu avait insisté là-dessus aussi lorsqu’il l’avait appris. Sauf que, contrairement à ce qu’assurait Himako, si, c’était difficile de trouver une personne avec le même élément dans le coin susceptible de lui apprendre à le contrôler. Déjà, parce qu’ils ignoraient la puissance de ce don : Josuke avait tout de même inondé toute une pièce et tout détruit par la même occasion en une nuit, d’un coup ! Et la maladie, on en parle ? Rester allongé pendant trois semaines, ne pas pouvoir bouger, ne plus avoir de force… Oui, il avait peur et ne voulait pas connaître la puissance de ce don. Et c’était parfaitement normal. Il avait quarante-cinq ans !

Himako demanda à Haru s’il voulait un peu de thé mais il secoua la tête en souriant, saluant ensuite poliment et formellement Josuke. C’est vrai qu’ils ne s’étaient pas vraiment salués, en fin de compte, sa sœur ayant presque hurlé en le voyant ici… Il faut dire que se pointer et attendre devant chez elle qu’elle revienne avec son mari et sa fille n’était pas très délicat. Mais c’était la seule manière de se faire écouter étant donné les tensions. Et là… La situation était particulière. Josuke n’osait pas répondre à Himako, se disant qu’elle n’avait pas terminé et que ce n’était pas très poli de parler ainsi alors que Haru n’avait pas suivi la discussion. Surtout qu’ils ne se voyaient que pour la deuxième fois… La première ne s’étant pas très bien passée. A cause de Josuke et de leur mère. Il était furieux, le jour-même, trouvant que Haru s’était moqué d’eux avec Himako et qu’il leur avait manqué de respect. Visiblement, tout allait bien pour sa sœur, elle ne manquait de rien et vivait très bien. Si, à l’époque, la colère avait parlé pour lui, il pensait tout ce qu’il lui avait dit mais avait également peur qu’elle ne se fasse avoir par cet inconnu. Et, aujourd’hui, maintenant, ils étaient assis dans la même pièce. Avec sa sœur furieuse, cette histoire de pouvoir remis sur la table et une petite fille qui dormait tout près. Mais… Tout va bien.

Haru – Relâcher complètement un pouvoir au moins une fois permet d’en évaluer correctement la puissance, ça aide aussi à l’apaiser. Il ne faut pas en avoir peur.

… D’accord. Donc il avait tout entendu et, en plus, il rejoignait Himako et Kimmitsu. Josuke se retenait à grand peine de désespérer et lever les yeux, les bras et la tête au ciel en se demandant si ce n’était pas une blague. A la place, il resta un moment coi sans savoir que dire. Il ne pouvait pas nier avoir peur et ne pouvait pas l’admettre. C’était ridicule. Quant à relâcher son pouvoir complètement… Et s’il se retrouvait dans le même état que pendant ces trois semaines en France ? A ne plus pouvoir bouger, à être malade et parfaitement inutile à la vie quotidienne. En France, il avait un soutien et ne devait pas faire attention aux apparences. Ici… Il ne pouvait pas se permettre de tout relâcher. En plus, il ignorait comment faire. Et aller voir quelqu’un pour que tout le monde soit au courant ? Dans les personnes discrètes et de confiance, il ne pouvait que demander à Maître Shigeyuki mais cette simple pensée le faisait frissonner. Il connaissait bien les dons mais n’en possédait pas. Seulement, il pourrait peut-être le guider… un peu ?

Josuke – Je…, commença-t-il en regardant son beau-frère et sa sœur. Vous vous êtes tous les trois donné le mot pour parler de ce pouvoir, c’est ça ? Je ne peux pas le relâcher complètement, c’est impossible, même si je sais que c’est dangereux. Kimmitsu n’a cessé de me le répéter depuis qu’il est au courant. Seulement, si je le relâche, qui sait dans quel état je serai juste après ? Je n’avais plus aucune force, je pouvais à peine me mettre assis sans l’aide de Solène. J’étais inutile à cause de ce pouvoir. Alors, oui, c’est dangereux, oui, il peut exploser, comme tu dis Himako, mais le relâcher entièrement…

Ce n’était pas possible. Il fallait y aller progressivement, à la limite, mais Josuke ne comprenait pas pourquoi Kimmitsu, Himako et encore moins Haru s’y mettaient pour qu’il utilise ce don. Ce n’était pas comme s’ils s’inquiétaient pour lui, alors quoi ? Il n’allait pas non plus faire de mal au reste de la famille, qu’ils ne s’en préoccupent pas. Son frère, oui… D’accord, lui s’inquiétait vraiment pour Josuke. Mais Himako et Haru ? Certainement pas. Quel intérêt ? Ils le détestaient tous les deux et il ne pouvait leur en tenir rigueur vu les querelles passées. C’était normal. Mais leur faire la remarque le conduirait à se faire griller sur place, au sens propre, et à se faire jeter dehors immédiatement. Donc… Quelles réponses pouvait-il donner sans se faire hurler dessus ? Haru l’avait bloqué avec sa réponse, là ! Jamais il n’aurait imaginé qu’il dise cela un jour. Jamais. Et maintenant, il devait faire avancer la discussion pour ne pas se prendre une nouvelle remarque acerbe et impatiente de sa sœur. Il ne voulait pas rester alité, pas maintenant alors que Kimmitsu pouvait avoir besoin de lui à tout moment. D’ailleurs, même lui avait dit que les dons réagissaient de manière étrange.

Josuke – Je ne peux pas me permettre de rester alité si un relâchement complet de mon pouvoir me met dans le même état. Comment ferait Kimmitsu s’il a besoin de quelqu’un ? Je lui ai dit qu’il pouvait compter sur moi à tout moment, il a besoin d’un soutien, d’une personne qui puisse épauler Solène si lui est absent longtemps. Et je ne peux plus entraîner Munemori avec moi dans ces voyages, sa femme a besoin de lui. Tu me reproches de ne pas agir… Eh bien, j’agis, là. Sauf si vous me dites que vous avez une idée, je vous suis, mais je ne m’y connais pas suffisamment que pour aller trouver quelqu’un qui me prendrait d’abord pour un fou avant de m’aider. Et la seule personne qui aidait vraiment Kimmitsu avec son don est morte.

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le Dim 15 Sep - 11:32
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Pnj Himako

Josuke – Je… Vous vous êtes tous les trois donné le mot pour parler de ce pouvoir, c’est ça ? Je ne peux pas le relâcher complètement, c’est impossible, même si je sais que c’est dangereux. Kimmitsu n’a cessé de me le répéter depuis qu’il est au courant. Seulement, si je le relâche, qui sait dans quel état je serai juste après ? Je n’avais plus aucune force, je pouvais à peine me mettre assis sans l’aide de Solène. J’étais inutile à cause de ce pouvoir. Alors, oui, c’est dangereux, oui, il peut exploser, comme tu dis Himako, mais le relâcher entièrement…

Oui, bien sûr, il avait raison, entre rester alité un moment ou bien risquer de détruire sa propre maison et tous ceux qui étaient dedans avec à cause d’un pouvoir mal contrôlé, le choix était rapide. Quel imbécile ! Et pourquoi ça l’étonnait encore… ? Même Eisen avait compris plus vite que ça qu’il ne pouvait pas renfermer complètement son pouvoir, qu’il avait besoin de le relâcher de temps à autre, même si c’était en secret ou très à l’écart. Elle retint un soupir, puis souffla légèrement sur sa tasse de thé avant de boire, doucement, appréciant la chaleur ressentie, voire la brûlure. L’hiver était on ne peut plus désagréable, néanmoins, il y avait toujours des petites « aides », comme celle-ci. Ça l’aidait également à ne pas vouloir jeter le contenu de cette tasse sur son frère aîné ! Après tout, il avait l’eau, il pourra bien s’en servir pour apaiser la brûlure. S’il en était capable sans se noyer dedans.

Josuke – Je ne peux pas me permettre de rester alité si un relâchement complet de mon pouvoir me met dans le même état. Comment ferait Kimmitsu s’il a besoin de quelqu’un ? Je lui ai dit qu’il pouvait compter sur moi à tout moment, il a besoin d’un soutien, d’une personne qui puisse épauler Solène si lui est absent longtemps. Et je ne peux plus entraîner Munemori avec moi dans ces voyages, sa femme a besoin de lui. Tu me reproches de ne pas agir… Eh bien, j’agis, là. Sauf si vous me dites que vous avez une idée, je vous suis, mais je ne m’y connais pas suffisamment que pour aller trouver quelqu’un qui me prendrait d’abord pour un fou avant de m’aider. Et la seule personne qui aidait vraiment Kimmitsu avec son don est morte.

Himako – Durant un instant, j’ai cru que tu pensais pouvoir aider vraiment Kimmitsu, plutôt que sa femme. De toute façon, tu réalises que tu ne pourras pas retourner en France seul ? La sécurité, le secret, ça te parle ? Tu peux essayer, cela dit, la belle-sœur de Kimmitsu n’aura plus qu’à t’assassiner sur place lorsque tu arriveras.

Haru – Quand même… Elle ne ferait pas ça.

Himako – Je te promets que si.

Son mari avait souri et un peu secoué la tête, avec un air amusé. Lui n’y croyait pas du tout, mais il ne l’avait jamais rencontrée non plus. Alors que Himako, si, et elle savait de quoi elle parlait. Enfin bref… Là-dessus, Josuke n’avait pas tort, il est vrai qu’il fallait des personnes de la famille pour accompagner Solène, car rien ne leur garantissait que Kimmitsu pourra être auprès de sa femme durant son accouchement. Même les frères et la sœur de Solène ne pourront peut-être pas être là. Ils ne pouvaient pas imaginer ce que c’était, de vivre dans un pays rongé par la guerre civile, où tous les membres de votre famille risquaient de mourir d’un instant à l’autre. Mais ça permettait aussi de relativiser leurs propres problèmes. Himako adressa une moue un peu vexée à son mari, reposant son thé par terre et croisant les bras. En seule réponse, il l’entoura d’un bras et l’attira contre lui avec un sourire, avant de se pencher pour l’embrasser. C’était de la triche ! Il savait que… Mmmh… Plus vraiment envie de protester, d’un seul coup… Si son frère n’avait pas été juste à côté d’eux, elle aurait bien passé un moment très privé avec son époux.

Himako – Tu triches, marmonna-t-elle avec une petite moue lorsqu’il laissa respirer.

Haru – Et tu m’aimes aussi pour ça. Les femmes colériques sont les plus mignonnes.

Mais il ne… Encore une fois, il l’interrompit d’un baiser, alors qu’elle ouvrait la bouche pour protester, coupant une fois de plus son envie de râler. Elle n’était pas si colérique ! Ou juste un petit peu. Bon, bref, ce n’était pas le sujet, de toute façon. Haru continuait à lui sourire, sûrement très content de lui. Il laissa un bras autour de sa taille, assis près d’elle, alors qu’elle s’était calmée par la force des choses.

Himako – Donc, Josuke, tu seras capable de gérer à la fois Eisen et ton futur neveu en France ?

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Josuke Nakajima
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Mettre les choses à plat Empty Re: Mettre les choses à plat

le Jeu 17 Oct - 8:22
"Durant un instant, j’ai cru que tu pensais pouvoir aider vraiment Kimmitsu, plutôt que sa femme. De toute façon, tu réalises que tu ne pourras pas retourner en France seul ? La sécurité, le secret, ça te parle ? Tu peux essayer, cela dit, la belle-sœur de Kimmitsu n’aura plus qu’à t’assassiner sur place lorsque tu arriveras."

"Quand même… Elle ne ferait pas ça."

"Je te promets que si."


Eh bien… Il en savait très peu sur la belle-sœur de son frère mais la pensait malgré tout capable de ça, en y réfléchissant bien. Il ne voulait pas non plus compromettre ce qu’ils auraient pu mettre en place pour la sécurité de tous, donc… Mais qui viendrait avec lui ? Pendant que sa sœur et son beau-frère se fondaient tout à coup dans un petit moment intime, Josuke détourna la tête, baissant un instant les yeux sur la tasse de thé fumante. Les petites volutes de vapeur formaient de très jolies arabesques, avant de se dissiper dans l’air. Même ici, auprès d’une famille avec qui il avait des relations tendues, l’ambiance restait tout de même très sereine et tranquille. Il n’y avait pas de guerre, ici. Pas encore.

Devrait-il faire revenir les enfants ici, pour leur épargner les troubles, comme Solène ? Il ignorait si eux aussi étaient déjà engagés, en quelque sorte. Solène, de son côté, ne voudra sans doute pas filer si loin en oubliant son mari et sa famille derrière elle. De toute façon, il ne sera pas question pour elle de faire un si grand voyage avant encore un moment. On ne pouvait pas emmener des bébés à peine sortis du ventre de leur mère dans cette aventure. Ah, bon sang, il ne savait ce qui était le mieux. Passant la main dans sa nuque, il frotta doucement du pouce, une légère raideur l’avait pris, puis reposa la main contre son genou, l’autre tenant la tasse. Il avait peur pour son fils, mais aussi confiance, car il n’était pas seul.

Bon, bon, bon, soyons pragmatiques. Même si des enfants participaient, ce ne sera pas sur des missions au beau milieu du front ou d’une bataille sanglante, on ne leur demandera pas non plus de prendre un couteau et aller assassiner quelqu’un. Les adultes, par contre… Un très long frisson lui descendit dans le dos alors qu’il imaginait dans quel état d’esprit devait se trouver une personne en devant en arriver à ça. Quelle horreur.

"Donc, Josuke, tu seras capable de gérer à la fois Eisen et ton futur neveu en France ?"

"Oui. C’est mon devoir."


Il avait bien failli dire plutôt "C’est mon métier", puisqu’il avait avant tout été formé par leur père pour cela. C’était, en quelque sorte, son véritable métier, avant celui qu’il avait appris au cours de sa jeunesse. Il prit un instant pour boire une longue gorgée de thé encore brûlant, rasséréné par cette chaleur, puis reprit la parole, approuvant sa sœur sur le fait qu’il ne pouvait effectivement pas se rendre seul en France. Il n’oubliait pas le… léger problème… que lui causait son don ravivé. S’il s’effondrait au milieu du voyage, ou sur place, sans aide, comment fera-t-il pour aider qui que ce soit ? Il ajouta qu’il ne savait pas, en revanche, qui pouvait l’accompagner.

"J’ignore si Munemori va encore accepter, je l’ai déjà emmené plusieurs fois. Alors qu’il vient d’avoir un bébé et a deux autres enfants encore tous jeunes. Pour ma part, ma femme et nos filles comprennent mieux car Genji est là-bas."

Son petit frère et lui étaient aussi les seuls à avoir parler à parler couramment le Français. Eisen, un peu, mais était moins à l’aise qu’eux. Les autres membres de la famille parlaient Japonais, bien sûr, Anglais à un bon niveau pour certains, et quelques mots de Français grâce aux passage de Solène et des enfants, cet été et au Nouvel An, sans plus.

"Dans tous les cas, il faudra que je parte… On ignore si notre frère pourra être là à la naissance de son enfant."

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le Ven 1 Nov - 18:08
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PNJ Himako Nakajima

Josuke – Oui. C’est mon devoir.

Himako – Mmh…

Bon, au moins, il trouvait logique et normal de ne pas pouvoir aller là-bas seul, c’est qu’il restait donc un peu de jugeote là-dedans ! Quel miracle impressionnant. Himako haussa légèrement les épaules à sa question, qu’en savait-elle, pour sa part ? Il avait plus l’habitude de partir avec Munemori, lorsqu’il le fallait, car il parlait lui aussi Français et qu’il était moralement assez solide pour encaisser ce qui arrivait, et ce malgré son caractère de grand gamin qu’il avait parfois. Il aurait été mieux que ni Solène ni les enfants ne reviennent en France, dans une situation pareille… Ils risquaient tous leurs vies, là-bas, et n’étaient pas encore prêts à combattre. Aucun des enfants n’avait commencé à s’entraîner, comment pourraient-ils déjà s’en sortir seuls ? Quant à Solène, elle accouchera dans le stress, la peur, peut-être même les larmes, si elle perdait un membre de sa famille… On ne pouvait pas nier cette réalité. En ce moment même, où était leur frère, que faisait-il, allait-il bien ? Combattait-il et où ? Avait-il été blessé ? Personne ne pouvait même espérer avoir des nouvelles, bonnes ou mauvaises, régulièrement.

Josuke – J’ignore si Munemori va encore accepter, je l’ai déjà emmené plusieurs fois. Alors qu’il vient d’avoir un bébé et a deux autres enfants encore tous jeunes. Pour ma part, ma femme et nos filles comprennent mieux car Genji est là-bas. Dans tous les cas, il faudra que je parte… On ignore si notre frère pourra être là à la naissance de son enfant.

Himako – Commence donc par lui en parler, voir ce que lui en dit.

Au lieu de sans cesse ressasser les mêmes questions, il pourrait les poser, tout simplement ! Il devait se reprendre, un peu. Il avait sa famille à gérer, protéger, guider, il devait veiller sur Eisen et lui apporter de l’aide, il devait aussi être beaucoup plus solide que cela s’il comptait retourner en France. Ce pays était en guerre, cher frère, on ne s’y rendait plus en parfait touriste lambda. Himako en profita d’ailleurs pour lui rappeler qu’il ne devra pas utiliser son vrai nom, là-bas, à moins d’être dans un environnement sécurisé. Kimmitsu étant considéré comme un criminel en fuite, il serait trop facile pour les intégristes locaux d’emprisonner Josuke pour faire pression sur son petit frère. Il devait faire attention. De toute manière, en attendant ce départ, il y avait beaucoup à faire. Une fois le th terminé, et la conversation tendue allant avec, elle le raccompagna à la porte. « Merci » d’être venu. Non, elle ne reviendra pas à la maison familiale dans l’immédiat. Le regard et les remarques de leur mère l’étouffaient bien trop.

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